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lundi 26 février 2018

Outina, roi Indien Timucua de Floride, triomphe de son ennemi Potanou



Le roi Outina, aidé des Français, triomphe de son ennemi le roi Potanou
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XIII.

"Il [le magicien] dit à son roy, qu'il n'estoit bon de passer outre, et que Potavou, accompagné de bien deux mil Indiens, l'attendoit en tel et tel lieu pour le combattre : qui plus est, que tous lesdits Indiens estoient fournis de cordes pour lier les prisonniers qu'ils s'asseuroient de prendre. Ce faict causa qu'Outina ne voulut passer outre. Surquoy mon lieutenant, fasché le possible d'avoir tant travaillé sans faire quelque chose de mémorable, luy dit qu'il n'auroit jamais bonne opinion de luy ne de ses gens, s'il ne se hazardoit : que s'il ne le vouloit faire, au moins qu'il luy donnast une guide pour le mener, luy et sa petite troupe, au lieu où les ennemys estoient campez. Outina eut honte, et voyant la bonne affection du seigneur d'Ottigny, delibéra de passer outre : aussi ne faillit-il de trouver ses ennemis au lieu mesme que le magicien avoit nommé, où l'escarmouche s'attaqua, qui dura bien trois grosses heures, en laquelle veritablement Outina eust esté deffait, n'eust esté que nos harquebusiers portèrent tout le faix du combat, et tuèrent un grand nombre de soldats de Potavou, qui fut cause de les mettre en route. De laquelle Outina se contentant pour l'heure, feit retirer ses gens, et reprendre la route de sa maison, au grand mescontentement du seigneur d'Ottigny, qui rien ne desiroit que poursuyvir sa victoire."
René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 143. Dans le texte Potavou pour Potanou.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.

samedi 24 février 2018

façon dont les Indiens Timucua de Floride délibèrent des affaires


De quelle façon les Indiens Timucua de Floride délibèrent des affaires sérieuses
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XXIX.

"Ils ne font d'entreprise qu'ils n'assemblent par plusieurs fois leur conseil, et conseillent fort bien une affaire devant que le resouldre. Ils s'assemblent tous les matins en la grande maison publique, là où le roy se trouve et se met seul sur un siege qui est plus haut que les autres, là où les uns après les autres le viennent saluer, et commencent les plus anciens leur salut haussans les deux mains par deux fois à la hauteur de leur visage, disans ha, he, ya, ha, ha, et les autres respondent ha, ha. Ainsi qu'ils saluent, chacun s'assiet sur les sieges qui sont tout à l'entour du dedans de la maison. S'il y a quelque chose à traicter, le roy appelle les jaruars, c'est à dire leurs prestres et les plus anciens, et leur demande leur advis ; puis il commande que l'on face du casiné, qui est un breuvage composé de fueilles d'un certain arbre ; ce casiné se boit tout chauld. Il boit le premier, puis en fait donner à tous l'un après l'autre dedans le vase mesme, qui tient bien une quarte, mesure de Paris. Ils font si grand cas de ce breuvage, que nul ne peut boire en ceste assemblée s'il n'a fait preuve de sa personne à la guerre. Davantage ce breuvage a telle vertu, qu'incontinent qu'ils l'ont beu ils deviennent tous en sueur, laquelle estant passée, oste la faim et la soif pour vingt-quatre heures après."
René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 9-10.

mardi 20 février 2018

châtiment de deux guetteurs Indiens Timucua de Floride


Planche XXXI


Châtiment consécutif à la négligence des guetteurs
(Excubitorum socordia ut punitur)
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
planche XXXII
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Les deux guetteurs sont châtiés à la suite de leur indolence (ils se sont probablement endormis) qui a causé l'incendie du village par des ennemis (pl. XXXI).
Le Moyne précise qu'il a vu deux hommes subir un tel supplice.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XXXII.

vendredi 16 février 2018

sacrifice du premier-né chez les Indiens Timucua de Floride


Les premiers-nés sont sacrifiés au roi lors de cérémonies solennelles 
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Chez les Indiens Timucua c'est la coutume d'offrir au roi comme victime le premier-né de sexe masculin. Devant le billot sur lequel doit avoir lieu le sacrifice, la mère de l'enfant pleure la mort imminente de son fils, pendant que des femmes dansent en chantant. Une femme présente l'enfant tenu dans ses bras.
Le chef Timucua présente la cérémonie à Laudonnière qui semble avoir une attitude de recul. 
Jacques Lemoyne précise  qu'il n'a assisté qu'une seule fois à un tel sacrifice.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XXXIIII.

vendredi 9 février 2018

transport de vivres chez les Indiens Timucua de Floride


Transport de toutes espèces de gibiers, de poissons et des restes de l'année
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Les femmes remplissent les paniers et les hermaphrodites les portent dans les réserves.
Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XXIII.



mercredi 7 février 2018

préparations des festins chez les Indiens de Floride


Préparations des festins
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XXVIII.


mardi 6 février 2018

cérémonies des femmes indiennes de Floride après la mort de leurs maris


Cérémonies des femmes indiennes de Floride en deuil de leurs maris défunts 
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Sur les tombes de leurs maris, elles y  placent les armes qu'ils portaient et les conques dans lesquelles ils buvaient, puis elles répandent leurs cheveux qu'elles ont coupés sous les oreilles.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XIX.

femmes suppliant un chef Timucua de Floride


Femmes, dont les maris ont été tués à la guerre ou emportés par la maladie, 
supplient le roi
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Avec des cris et des lamentations, les femmes demandent au chef vengeance pour leurs maris morts.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591, pl. XVIII.


jeudi 1 février 2018

rites des Indiens Timucua après une victoire



Trophée et rites solennels après la victoire sur les ennemis
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591

A gauche, au premier plan, le cacique Outina et des Français, dont certains sont armés d'arquebuses. En arrière plan, sept pieux où sont placés les scalps, bras et jambes des ennemis. A droite, sur un sol aplani, hommes et femmes, disposés en demi-cercle, assistent à la fête. Au centre, un sorcier dansant tient une figurine dans la main droite. Devant lui, trois musiciens, l'un tape avec une massue sur une pierre plate (planum lapidem dans le texte latin)), les deux autres agitent des maracas (comme les Indiens du Brésil).
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Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry,... in lucem edita : latio vero donata a C. C. A. , Francfort, 1591, pl. XVI.

"Estans de retour de la guerre, ils font assembler tous leurs sujets, et d'allégresse ils sont trois jours et trois nuicts à faire bonne chere, dancer et chanter."
René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 8.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.


vendredi 8 décembre 2017

comment les guerriers du chef Outina traitaient les corps des ennemis


Comment les guerriers du chef indien Outina traitaient les corps des ennemis
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry,... in lucem edita : latio vero donata a C. C. A. Pl. XV.


"Le jour estant venu, le camp des Indiens s'achemina jusques à trois lieues près de Potavou : puis le roy Outina requist mon lieutenant de luy bailler quatre ou cinq de ses hommes pour aller descouvrir, qui tout à l'heure partirent : et ne s'estoient encor fort advancez, qu'ils appperceurent sur un estang, distant du village de Potavou environ trois lieues, trois Indiens qui peschoient  dans une canoa. Or, la coustume est que quand on pesche en cest estang, il y a tousjours aux aguets une troupe d'hommes armez d'arcs et de flesches pour la garde de ses pescheurs. Nos gens, advertis par ceux de la compagnée, n'osèrent passer outre, de peur de tomber en quelque embuscade. Parquoy ils revindrent devers Outina, lequel soudainement les feit retourner en meilleure troupe pour surprendre les pescheurs, avant qu'ils peussent se retirer et advertir leur roy Potavou de la venue de ses ennemis. Ce qu'ils ne sceurent executer si sagement que deux ne se sauvassent : encore le 3. se mettoit en devoir de le gaigner à nage, quand on l'arresta à coups de flesches, et tout mort ils le tirèrent à bord, où nos Indiens luy escorchèrent la peau de la teste, luy coupèrent les deux bras sur le chemin, reservans les cheveux au triomphe qu'il esperoit faire de la deffaicte de son ennemy."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 141-142.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.




mardi 28 novembre 2017

le chef indien Satouriona et sa femme partent pour une promenade


Le chef indien Satouriona et sa femme partent pour une promenade
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Le soir, de temps en temps, le chef et sa femme principale sortaient pour une promenade dans les bois. Il portait une peau de cerf si magnifiquement apprêtée avec des décorations peintes de couleurs variées, que vous n'auriez vu quelque chose de plus beau nulle part. Près du chef marchaient deux jeunes hommes portant des éventails pour produire une douce brise. Derrière eux, se tenait un troisième jeune homme qui portait de petits disques d'or et d'argent qui pendaient de sa ceinture, et il tenait haut la peau de cerf du chef afin qu'elle ne traîne pas par terre.
La femme du chef et ses servantes étaient toutes habillées avec une sorte de mousse spéciale tombant de leurs épaules et autour d'elles comme une guirlande. Cette mousse poussait sur beaucoup d'arbres et pendait comme une chaîne avec sa couleur verdâtre et azurée, luisant comme de la soie. Et sur les plus haut arbres, elle était belle à voir, car elle pendait jusqu'au sol.
Quand, avec mes compagnons, je sortais pour chasser dans les bois près du village de Satourioana, je (Jacques Le Moyne) le voyais sortir avec sa femme pour une promenade, habillés de cette façon.

Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry,... in lucem edita : latio vero donata a C. C. A, Pl. XXXIX. 

lundi 27 novembre 2017

comment les Indiens recueillaient l'or dans les rivières descendant des monts Appalaches


Comment les Indiens recueillaient l'or dans le courant des rivières
des monts Apalatci (Appalaches)
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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"Entre autres choses me raporta qu'il (un gentilhomme nommé Grotauld) avoit veu un lieu nommé Hostaqua, que le roy estoit si puissant, qu'il pouvoit mettre trois ou quatre mil sauvages en campagne ; avec lequel si me voulois joindre et entendre, nous mettrions tout le reste du peuple en nostre obeissance : joint que ce roy sçavoit les adresses de la montagne de Palassi (Apalatci, Appalachian Mountains), laquelle les François avoient si grand désir d'aborder, et où l'ennemy d'Hostaqua faisoit sa demeure, lequel estoit facile de surmonter, pourveu que nous fussions liguez ensemble. 
Ce roy (d'Hostaqua) m'envoya quelques lames de cuivre, tiré de ceste montagne, du pied de laquelle il sort un ruisseau d'or ou de cuivre, comme pensent les sauvages, auquel avec une canne de roseau creuse et seiche ils puisent le sable, jusques à ce que la canne soit remplie, puis la secouent et trouvent que parmy ce sable il y a force petits grains de cuivre et d'argent  : ce qui leur faict cognoistre qu'il doit avoir quelque mine en la montagne."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 138-139
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.
Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591. Pl. XLI.


dimanche 26 novembre 2017

Pierre Gambie tué par deux Indiens de Floride


Le destin de Pierre Gambie
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591

Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry,... in lucem edita : latio vero donata a C. C. A. Pl. XLII
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"Un de mes hommes, nommé Pierre Gambye, lequel avoit demouré long temps auparavant en ce païs, pour apprendre les langues, et trafiquer avec les Indiens, finallement arriva au village d'Edelano, où ayant amassé une quantité d'or et d'argent, et voulant retourner vers moy, pria le roy du village de luy vouloir prester une canoa (canoë), qui est un vaisseau fait tout d'une pièce, duquel les Indiens s'aident coustumièrement à la pesche, et en navigeant sur les rivières, ce que ce seigneur d'Edelano lui octroya. Mais estant envieux de la richesse qu'il emportoit, commanda aux deux Indiens qu'il avoit chargez de le conduire dans la canoa, de le tuer, puis de luy apporter la marchandise et l'or qu'il pouvoit avoir : ce que les deux traistres executèrent inhumainement, car ils l'assommèrent d'une hache, ainsi qu'au meilleu de la canoa il souffloit le feu pour cuire du poisson."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 139-140.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.
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Jacques Le Moyne, dans son court  récit (Brevis narratio...), relate l'histoire de Pierre Ganmbie d'une façon légèrement différente de celle rapportée par René de Laudonnière. Gambie était marié avec la fille du chef du village d'Edelano et ce dernier l'avait honoré en lui déléguant son commandement quand il partait. En ces occasions, Gambie s'en servait pour punir les Indiens quand ils ne pouvaient pas satisfaire ses brutales demandes de marchandise (or et argent, sans doute) et ils le tuèrent pour se venger de ses mauvais traitements. 
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"Aujourd'hui, il [Jacques Le Moyne] a délaissé le chantier naval pour dessiner le meurtre de Gambie, un de leurs compagnons parti en solitaire l'automne dernier pour faire fortune en troquant avec les Indiens des bagatelles parisiennes - perles de verre, couteaux en acier de pacotille ou étoles aux teintes criardes. Il s'était établi sur une île fluviale en forme de bateau et avait pris pour épouse la fille d'un chef indigène.
Sur le dessin de Le Moyne, Gambie est agenouillé au centre d'une pirogue creusée dans un tronc de cyprès. Il souffle sur un petit foyer de racines embrasées et de la fumée brouille son visage. Devant lui, un Indien pagaie debout, tourné vers le Français qu'il contemple d'un air triste. Derrière, un autre indigène est accroupi et brandit une hache au-dessus de sa tête. Le fer semble sur le point de s'abattre sur le crâne de Gambie. Ses yeux sont écarquillés , presque désolés, et tous ses muscles, ornés de tatouages, sont bandés."
Taylor Brown, Le Fleuve des rois, Paris, Éditions Albin Michel, 2021, p. 300-301.

le chef indien Outina consulte son sorcier avant d'attaquer


Le chef indien Outina consulte son sorcier avant d'attaquer
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Ayant envisagé de partir en guerre contre son ennemi, le chef indien Outina demanda à Laudonnière de l'aider avec plusieurs arquebusiers. Laudonnière envoya 25 de ses hommes avec le lieutenant d'Ottigny. Quand ils arrivèrent, le chef les accueillit avec joie parce qu'il fut persuadé qu'ils l'aideraient à obtenir la victoire. Le bruit de leurs armes à feu avait causé la terreur dans toute la contrée. 
Quand le chef fut pleinement préparé, ils partirent immédiatement et progressèrent bien le premier jour. Le second jour, ils coururent dans les marais et à travers des buissons épineux, aussi les Indiens portèrent les Français sur leurs épaules. Ce fut un soulagement pour les Français, car il faisait très chaud, mais ils arrivèrent en fin de compte à la limite du territoire de leur ennemi. Alors le chef commanda à sa troupe de s'arrêter et demanda au sorcier, qui était vieux de plus de 120 ans, de venir à lui et de prédire les chances de l'ennemi.
Le sorcier dégagea un espace au milieu de la troupe et quand il vit le bouclier d'Ottigny, porté par son écuyer, il le demanda. Alors, il le posa sur le sol, traça autour un cercle de cinq pieds de large, avec plusieurs caractères et symboles. Il s'agenouilla sur le bouclier, puis s'accroupit sur ses talons, de manière à ce qu'il ne touche pas le sol (ce que ne montre pas la gravure).
Je [Jacques Le Moyne, auteur du récit] ne sais pas ce qu'il murmura, mais il avait l'apparence de quelqu'un disant une fervente prière. Après environ un quart d'heure, il parut si épouvanté qu'il n'était plus un être humain, se tortillant et faisant tourner ses membres si anormalement qu'on pouvait entendre ses os craquer aux articulations. Quand cela fut passé, il revint à sa condition normale, mais il semblait épuisé et terrifié. Il quitta le cercle et dit au chef indien la position et l'effectif de l'ennemi. 

Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry,... in lucem edita : latio vero donata a C. C. A., Pl. XII.

samedi 25 novembre 2017

la cérémonie d'entrée en guerre d'un chef indien de Floride


R. Saturiona (le roi Satouriona)


Comment le chef indien Satouriona accomplissait sa cérémonie de guerre
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Les guerriers s'assemblaient en un  cercle rapproché autour de leur chef. A sa gauche, un feu brûlait, à sa droite, deux grands récipients plein d'eau. Le chef roulait ses yeux et, gesticulant beaucoup, grognait comme s'il était pris d'un accès de colère. Quelquefois, il poussait des cris terrifiants qui étaient répétés par ses guerriers, et ceux-ci frappaient bruyamment leurs armes contre leurs cuisses. Ensuite, il prenait un bol qu'il levait vers le soleil, plein de respect et d'humilité, demandant la victoire sur ses ennemis, que leur sang soit répandu comme l'eau de ce bol. Alors, il jetait l'eau dans l'air afin qu'elle éclabousse ses guerriers, déclarant "faites ce que j'ai fait avec le sang de vos ennemis". Puis, versant l'eau de l'autre récipient dans le feu, il s'écriait " c'est ainsi que vous devez exterminer vos ennemis et prendre leurs scalps".

Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry,... in lucem edita : latio vero donata a C. C. A., Pl. XI.
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"La cérémonie dont usa ce sauvage (Satouriona) avant de s'embarquer ne mérite d'estre mise en oubly : car s'estant assis au long de la rivière, environné de dix autres Paracousis, il commanda que promptement on luy apportast de l'eau. Ce fait, jettant la veuë au ciel, se mit à discourir de plusieurs choses en gestes, ne monstrant rien en luy qu'une ardente cholère, qui tantost luy faisoit bransler la teste ça et là, tantost, par un courroux je ne sçay quel, tourner sa veue vers la part de ses ennemis, et les menacer à mort. Il jettoit souvent son regard au soleil, luy requerant victoire glorieuse de ses ennemis. Ce qu'ayant fait par l'espace d'une demie heure, il versa avec la main sur les testes des Paracousis quelque portion de l'eau qu'il tenoit en un vaisseau, et jetta le reste, comme par furie et despit, dans un feu, lequel estoit là préparé tout exprès. Ce faisant, il s'écria par trois fois : He Thimogoa ; et fut suivy de bien cinq cens Indiens qui là estoient assemblez, lesquels crièrent tous d'une mesme voix : He Thimogoa. Cette cérémonie, à ce qu'un Indien m'en a familièrement recité, ne signifioit autre chose que Satouriona suplioit au soleil de luy octroyer victoire si heureuse, qu'il peust espandre le sang de ses ennemis, ainsi qu'il avoit espandu ceste eau à son plaisir : davantage que les Paracousis, arrousez d'une partie de cette eau, peussent retourner avec les testes de leurs ennemis, qui est le seul et souverain triomphe de leurs victoires."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 98-99.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.

mardi 21 novembre 2017

comment les Indiens de Floride brûlaient les villages de leurs ennemis


Dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Quand les Indiens voulaient prendre leur revanche sur leurs ennemis, ils venaient quelquefois de nuit aussi silencieusement que possible pour voir si les gardiens étaient endormis. S'il n'y avait aucun mouvement, ils rampaient vers l'autre côté du village (1) et allumaient  la mousse sèche attachée à leurs flèches et les tiraient sur les toits des maisons qui étaient faits de feuilles de palmier qui avaient séché au soleil. 

1. Devant l'entrée du village, il y avait une petite maison où se tenait un ou des gardiens.


Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591., Pl. XXXI.

dimanche 19 novembre 2017

comment les Indiens de Floride traversaient les rivières


Comment les Indiens de Floride du nord traversaient les rivières
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Cette région a un nombre inhabituel de belles îles. Les eaux sont propres et claires, peu profondes, atteignant jusqu'à la hauteur de la poitrine. Dans leurs temps de loisir, les Indiens aiment traverser les rivières pour aller dans les îles avec femmes et enfants. Certains nageaient, et à cela ils étaient très habiles, lesquels passaient la rivière avec des bébés. Une mère pouvait porter trois enfants en même temps ; le plus petit sur ses épaules, la mère tenant sa main et, pendant que les deux autres s'accrochaient à ses bras, elle utilisait sa main libre pour porter au-dessus de l'eau un panier de fruits et autres nourritures à manger de l'autre côté. Pour se protéger d'une attaque ennemie, les hommes portaient arcs et flèches. Pour empêcher de les mouiller, ils nouaient le carquois au-dessus de leur tête avec leurs longs cheveux, pendant que l'arc et une flèche, prêts pour la défense, étaient tenus au-dessus de l'eau.
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"La disposition des femmes est si grande qu'elles peuvent passer à nage de grandes rivières, tenans leurs enfants sur un bras, mesmes elles montent fort dispostement sur les plus hauts arbres du païs."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 12-13.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591. Pl. XXVII.

vendredi 17 novembre 2017

un typique village indien de Floride


Un typique village indien de Floride du nord
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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Les Indiens de Floride construisaient habituellement leurs villages de la façon suivante. Ayant choisi un emplacement convenable près d'une rivière au cours rapide, ils l'aplanissaient au mieux qu'ils pouvaient. Alors, ils creusaient un fossé circulaire et y plantaient côte à côte de gros pieux ronds en bois, de deux fois la hauteur d'un homme. 
A l'entrée du village, la ligne de pieux continuait plus loin que le cercle, comme une coquille d'escargot, mais si étroitement que pas plus de deux personnes pouvaient entrer de front.
Puis, ils faisaient dériver le lit de la rivière vers cet endroit.
Devant et derrière l'entrée, ils construisaient une petite maison ronde. Ces deux maisons avaient beaucoup de trous et une baie rectangulaire, construites dans la belle tradition de cette région. Dans ces maisons, ils mettaient des gardiens qui étaient capables de dépister les traces des ennemis à une grande distance. Dès qu'ils avaient trouvé la piste d'un intrus, ils sortaient pour le trouver et criaient, et ceux du village ramassaient rapidement arcs, flèches et massues, et se ruaient pour défendre le village.
La maison du chef était située dans le milieu du village et légèrement enfoncée dans le sol pour la protéger de l'ardeur du soleil. Autour de celle-ci étaient construites les autres maisons couvertes de minces couches de feuilles de palmier, parce qu'ils utilisaient ces maisons seulement neuf mois par an, séjournant dans les bois les trois autres mois.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591. Pl. XXX.

comment les Indiens de Floride semaient le mil, c'est à dire le maïs


Comment les Indiens de Floride semaient le mil (maïs)
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
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"Ils sement leur mil deux fois l'année, c'est à scavoir en mars et en juin, et tout en une mesme terre. Le dit mil, depuis qu'il est semé jusques à ce qu'il soit prest à cueillir, n'est que trois mois. Les six autres moys, ils laissent reposer la terre."
"Ils labourent leur terre d'un instrument de bois qui est fait comme une mare ou hoüe large, dequoy l'on laboure les vignes en France ; ils mettent deux grains de mil ensemble."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 11.
Réédition de René de Laudonnière, L'Histoire notable de la Floride situee es Indes Occidentales, Paris, 1586.
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"Ils n'ont pas de blé, mais ils ont le Mil en abondance, et croist à la hauteur de sept pieds : il a son tuyau gros comme celui d'une canne, et son grain est gros comme un pois, l'espi long comme d'un pied, sa couleur est aussi que celle de la cire recente. Le moyen d'en user est premierement de le froisser et resoudre en farine, puis apres le deffont par meslinge, et en font leur migan, qui ressemble le ris que l'on sert en ce pays : il faut le manger aussi tost qu'il est fait, pour ce qu'il se change incontinent, et n'es point de garde."

Deuxième voyage du Dieppois Jean Ribaut à la Floride en 1565. Relation de Nicolas Le Challeux, précédée d'une notice historique et bibliographique par Gabriel Gravier, Rouen, 1872, p. 19-20.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591. Pl. XXI.





jeudi 16 novembre 2017

les Indiens hermaphrodites de Floride


Indiens hermaphrodites transportant des blessés
gravure de Théodore de Bry, XVIe siècle
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Ceux qui avaient à la fois des attributs mâles et femelles, appelés hermaphrodites, étaient communs parmi les Indiens et étaient utilisés comme des animaux de bât pour porter de lourdes charges car ils étaient très forts. Quand les chefs partaient en guerre, les hermaphrodites avaient à porter les approvisionnements. Quand un Indien mourrait de ses blessures ou de maladie, ils prenaient habituellement deux longues perches avec des bâtons mis en travers, auxquelles étaient attachés des joncs tressés, et ils y étendaient le corps. 
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"Il y a en tout ce païs grande quantité d'hermaphrodites, lesquels ont tout le plus grand travail, mesmes ils portent leurs vivres quand ils vont à la guerre. Ils se peignent fort le visage et s'emplissent les cheveux de dumel (1) pour apparoistre plus effroyables."

René de Laudonnière, L'histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales : contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines et pilotes français / descrits par le capitaine Laudonnière ... ; mise en lumière par M. Basanier,.... à laquelle a esté adjousté un Quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues, Paris, P. Jannet, 1853, p. 9.
1. Dumel viendrait de dum, refait sur plume. Dumel, dumet, petites plumes du duvet des oiseaux.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591. Pl. XVII.