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samedi 12 avril 2025

Didier Rykner, Mauvais genre au musée


Les musées ne sont pas épargnés par la tendance actuelle à la déconstruction. Dans les pays anglo-saxons, mais également en France, un mouvement profond attaque leurs fondements même, réinventant l’histoire comme elle aurait dû être, et non comme elle a été, se débarrassant de ce qui paraît aujourd’hui choquant au regard de la morale, jusqu’à détruire les œuvres.
Ce livre n’a pas pour objet de disséquer les causes de cette évolution : d’autres s’y sont attelés et ont retracé son histoire. L’objectif est de montrer, par de multiples exemples, comment bien loin de faire reculer ce qu’ils prétendent dénoncer – racisme, sexisme, homophobie… - ceux qui prônent cette politique contribuent en réalité à les promouvoir.
Ce mouvement, qui va de la littérature aux arts, en passant par les sciences, est en réalité une négation des faits.
Après avoir rappelé quel est le rôle des musées et la raison de leur création, Didier Rykner montre comment certains dévoient leurs missions en cherchant à transformer les collections et leur présentation. Il élargit le débat au patrimoine et à l’histoire de l’art, devenus des outils de cette entreprise de réécriture du monde tel qu’il est en un monde tel qu’ils voudraient qu’il soit, et qui n’est pas éloignée d’un certain totalitarisme.

vendredi 17 février 2023

Sylvain Maillard plus fort qu'Anne Hidalgo

 Sylvain Maillard plus fort qu'Anne Hidalgo

Aller plus loin dans la disparition de Paris que la municipalité actuelle, voilà le projet que nous promet Sylvain Maillard, pensant qu’il va « emmener les Parisiens » et croyant sans doute que ceux qui s’opposent à la première lui feront une ovation. Il n’est même pas encore officiellement candidat que nous n’en voulons déjà pas. Paris est décidément une ville maudite.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 14 février 2023

vendredi 13 janvier 2023

Roselyne Bachelot et le patrimoine du XIXe siècle

Dans son livre qu'elle vient de faire paraître sur son passage au ministère de la Culture, Roselyne Bachelot se livre à d'inquiétantes considérations  sur le patrimoine et la politique patrimoniale.
Dans l'évocation de son rôle de ministre de la Culture, Roselyne Bachelot n'a tout simplement pas le droit d'émettre un tel point de vue [en s'exprimant à la télévision, elle a dévalorisé la patrimoine cultuel du XIXe siècle], et de recommander l'abandon et la destruction de tout un pan du patrimoine, en ignorant étrangement que l'histoire de l'art est faite de constants oublis et redécouvertes, et de permanentes réévaluations qui devraient inviter, tout comme le fait la loi de 1913, à ne mépriser aucun héritage artistique.
Finalement, madame Bachelot aura réussi à rappeler son impuissance à la tête du ministère de la Culture, puisque faute de solutions pour le patrimoine, elle propose de le détruire [celui du XIXe siècle].
Florence Portelli, vice-présidente de l'Association des maires de France.

La Tribune de l'Art du jeudi 12 janvier 2023.

vendredi 21 octobre 2022

Champollion, Bartholdi et la falsification de l'histoire

Auguste Bartholdi (1834-1904), Jean-François Champollion, 1867
Plâtre - H. 240 cm - Grenoble, Musée
Photo : Rama (CC BY-SA 3.0)
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Didier Rykner dans La Tribune de l'Art du 14 octobre 2022.

vendredi 3 décembre 2021

messieurs les évêques de France, le patrimoine n'est pas coupable



La décision des évêques français de financer le fonds d’indemnisation des victimes de pédocriminalité dans l’Église avec la vente de biens lui appartenant ne doit pas être l’occasion d’une vague de vandalisme qui pourrait être terrible. Le président de la conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, a en effet déclaré : « les évêques de France s’engagent à abonder selon la nécessité le fonds SELAM en se dessaisissant de biens immobiliers et mobiliers de la CEF et des diocèses ».
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 29 novembre 2021

vendredi 19 novembre 2021

contre l'épuration des œuvres d'art

On connaît les ravages de ce que les Américains appellent cancel culture. Heureusement nous sommes encore nombreux à résister grâce à notre rapport à l’Histoire qui est aujourd’hui la cible de tous les extrémistes, l’objet de leur haine et de leur désir d’épuration, ainsi qu’on le voit à travers ce qui se passe à la Villa Médicis. En effet, certains des pensionnaires de l’Académie de France à Rome (mais pourquoi alors sont-ils là ?) et leurs amis, demandent que l’on décroche les tapisseries des Indes ornant le grand Salon de la villa Médicis comme d’autres déboulonnent les statues, taguent des œuvres ou brûlent des livres tels de vulgaires talibans.

Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 17 novembre 2021.

vendredi 5 novembre 2021

la Cancel culture infiltre la Villa Médicis


Nous publions ce texte de Jérôme Delaplanche, ancien responsable de l’histoire de l’art à la Villa Médicis dans la rubrique Débats, mais pour La Tribune de l’Art, il n’y a en réalité pas de débat. La cancel culture, ce mouvement venu des États-Unis et qui commence à s’implanter fortement en France jusque dans son système éducatif - Sciences-Po représente un exemple typique de cette dérive - n’a rien à faire dans le domaine du patrimoine, de l’histoire de l’art et des musées, pas davantage qu’il n’est légitime dans quelque autre discipline. Il va sans dire que La Tribune de l’Art s’y opposera toujours avec force comme nous l’avons déjà fait par exemple avec les destructions ou le déboulonnage des sculptures dans l’espace public.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 3.11.2021.

vendredi 1 octobre 2021

Lunéville, près de vingt ans après, par Didier Rykner

Lunéville, près de vingt ans après

Alors que nous disons par ailleurs tout le bien que nous inspire l’exposition du château de Lunéville sur la sculpture du XVIIIe siècle, couplée à celle de Nancy sur les Adam, il est impossible de ne pas évoquer l’état du monument, près de vingt ans après l’incendie qui l’a frappé en janvier 2003.
Contrairement en effet à ce qu’affirme sa page Wikipedia, la restauration totale du château ne sera pas terminée en 2023. Bien loin de là. Même la chapelle, qui avait pourtant été restaurée entièrement - une restauration d’ailleurs exécrable, avec des couleurs absurdes - se délite déjà, le plafond étant couvert de filets. On pourra néanmoins y admirer, en lien avec l’exposition, les têtes de chérubins sculptées par François Dumont.

vendredi 28 mai 2021

un poste créé pour Jean-Luc Martinez à son départ du Louvre !!!


Le communiqué du ministère de la Culture nous apprend que « compte tenu de sa grande expertise dans ce domaine et de la légitimité que celle-ci [la réussite du Louvre Abu Dhabi] lui vaut sur le plan international, Jean-Luc Martinez sera nommé, sur décision du Président de la République, ambassadeur, en charge de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine à partir du 1er septembre 2021 ». Quand on connaît le peu d’estime de la plupart des conservateurs français et étrangers pour la politique de Jean-Luc Martinez (ce qu’ils n’ont jamais exprimé publiquement par peur de s’aliéner le Louvre, mais un sentiment bien réel), on se pince en lisant cela. Ce poste, créé de toute pièce, va donc permettre à l’ancien président-directeur du Louvre de se promener dans le monde entier aux frais de la République (bananière) française.
Didier Rykner, La tribune de l'art, 26 mais 2021.

vendredi 18 décembre 2020

la maison Berweiller de Sierck-les-Bains (presque) sauvée


Le 4 décembre dernier, la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture de la région Grand Est a voté à l’unanimité le vœu d’une instance de classement, et d’une inscription monument historique pour la maison Berweiller de Sierck-les-Bains menacée de destruction par la municipalité. C’est une excellente nouvelle qui traduit le travail mené par des fonctionnaires du ministère de la Culture qui savent où est leur mission (et il y en a heureusement beaucoup). L’instance de classement permettra de mener des travaux d’office pour stabiliser le bâtiment, en attendant son inscription qui sera suivie nous l’espérons du classement qu’il mérite.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 16 décembre 2020.

vendredi 20 novembre 2020

le triste destin de l'église du Noviciat des Jésuites de Nancy

 Le triste destin de l'église du Noviciat des Jésuites de Nancy

Les menaces qui pèsent à Nancy sur les restes de l’église du Noviciat des Jésuites constituent un témoignage éloquent des dérives de la protection du patrimoine en France abandonnée par le ministère de la Culture, délaissée par les élus locaux eux-mêmes sensibles à la pression des intérêts particuliers. Il s’agit en effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, de la révision d’un site patrimonial remarquable qui rend constructible un endroit qui était protégé, pour permettre à un promoteur immobilier d’y construire les logements qu’il souhaite.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 18 novembre 2020.

vendredi 23 octobre 2020

ne pas démolir la maison Berweiller de Sierck-les-Bains


La maison du drapier Berweilller de Sierck-les-Bains, 1624
photo JLJ 2015

La destruction de cette maison du début du XVIIe siècle, dont l’aspect relève encore du siècle précédent, serait un acte de vandalisme inqualifiable dont on s’étonne qu’il puisse être seulement envisagé par la maire de la ville, Helen Lambard Hammond. Remarquons que le parcours touristique organisé par la Ville elle-même signale cette maison comme un élément important de son patrimoine. Il est de son devoir de transmettre ce bâtiment aux générations futures. Cela est d’autant plus inquiétant que d’autres maisons anciennes sont en péril dans cette commune, et qu’autoriser la démolition d’un des plus beaux bâtiments de la ville reviendrait forcément à lui donner un blanc-seing pour d’autres destructions à venir. Une autre maison doit d’ailleurs être démolie, et là encore l’Architecte des Bâtiments de France s’y oppose, mais son avis n’est plus conforme en raison de la loi Elan.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 22 octobre 2020

vendredi 31 juillet 2020

vandalisme, de Nantes à Fort-de-France




La cathédrale de Nantes, monument historique, l’orgue, monument historique, les vitraux, monuments historiques, le Flandrin, monument historique ont pu brûler ainsi car l’État, propriétaire et en charge de sa protection a failli, attitude d’autant plus inadmissible que l’incendie de Notre-Dame de Paris avait pourtant servi d’exemple.
La statue de l’impératrice Joséphine de Beauharnais, à Fort-de-France, monument historique déjà décapité en 1991, a pu être détruite ainsi car l’État, en charge de la protection des personnes et des biens, a failli, attitude d’autant plus inadmissible que la préfecture de la Martinique et le commissariat de police se trouvent à 150 mètres de la sculpture dont on savait qu’elle était menacée par les terroristes (il n’y a pas d’autre nom à leur donner). « "Le préfet de la Martinique condamne ces destructions qui sont l’action inadmissible d’une minorité violente", a réagi le préfet Stanislas Cazelle. » lit-on dans cet article du Parisien. Nul doute que la « minorité violente » est morte de terreur devant cette forte parole du préfet qui n’a rien fait pour s’y opposer.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 27 juillet 2020.

vendredi 17 juillet 2020

"Restitutions" : un projet de loi basé sur des falsifications de l'Histoire



On sait que désormais - les exemples sont légion - les faits n’ont plus aucune importance, que la réalité historique est un leurre et que seul compte ce que la bien-pensance et le politiquement correct estiment juste.
Le projet de loi concernant la « restitution » d’œuvres au Sénégal et au Bénin, deux dossiers dont nous avons déjà abondamment parlé ici, est basé entièrement sur des histoires fausses ou arrangées...
L’inaliénabilité des collections publiques est un principe essentiel de notre République, qui remonte pourtant à l’Ancien Régime. Il s’agissait alors d’empêcher les rois de disposer à leur guise des collections nationales. Ce que même Louis XIV, monarque absolu, ne pouvait faire, un président immature mal élu pour cinq ans et une assemblée de godillots à sa botte en ont-ils le droit ?
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 16 juillet 2020
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Mon post du 25 juin 2020 :
"La politique, contrainte de falsifier toutes les valeurs que l'esprit a pour mission de contrôler, admet toutes les falsifications, ou toutes les réticences qui lui conviennent, qui sont d'accord avec elle et repousse même violemment, ou interdit toutes celles  qui ne le sont pas.
En somme, qu'est ce que c'est que la politique ? ... La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d'illusion sur les esprits, qui sont la manière de tout pouvoir.
Tout pouvoir songe nécessairement à empêcher la publication des choses qui ne conviennent pas à son exercice. Il s'y emploie de son mieux. L'esprit politique finit toujours par être contraint de falsifier. Il introduit dans la circulation, dans le commerce, de la fausse monnaie intellectuelle ; il introduit des notions historiques falsifiées ; il construit des  raisonnements spécieux ; en somme, il se permet tout ce qu'il faut pour conserver son autorité, qu'on appelle , je ne sais pourquoi, morale."
Paul Valéry, Regards sur le monde actuel, Œuvres tome II, Bibliothèque de la Pléiade, 1960, p. 1094.

vendredi 10 juillet 2020

rivières et moulins menacés


La roue à aubes du rouet Lyonnet dans la Vallée des Rouets à Thiers 
Photo : Lethiernois (CC BY-SA 4.0)
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Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 5 juillet 2020

vendredi 26 juin 2020

les statues publiques, menacées de toute part


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Nous n’avons pas encore évoqué sur La Tribune de l’Art les menaces, qui se concrétisent parfois par des destructions, menées contre les statues par de prétendus antiracistes, qui ne sont rien d’autres que des vandales décérébrés et ignorants. Avouons que nous sommes un peu sidéré, au sens premier du terme, de cette vague de fond qui semble n’avoir aucune limite. La dénoncer sur La Tribune de l’Art ? Bien sûr, il faut le faire, mais il est douteux que nous puissions toucher des incultes totalement conditionnés qui ne sont accessibles à aucun raisonnement.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 24 juin 2020

vendredi 29 mai 2020

avec la crise, non aux JO



La Tribune de l’Art pratique un journalisme engagé, comme nous l’avons toujours dit. Non pas engagé au sens politicien, mais engagé dans la cause de la défense du patrimoine et des musées. Nous ne faisons pas de politique au sens où on l’entend aujourd’hui : nous avons toujours, depuis 17 ans, critiqué ou encensé aussi bien des élus de droite que de gauche.
C’est pour cette raison que nous nous sommes, depuis le début, opposés aux Jeux Olympiques organisés à Paris (et sur le fond, sur les Jeux Olympiques où qu’ils soient). Car cet événement qui ne célèbre en réalité que l’argent et où le sport ne sert que de prétexte à de gros intérêts financiers, est aussi une menace pour le patrimoine et l’environnement comme nous avons pu le constater déjà à plusieurs reprises. On ne rappellera ici qu’un exemple : la destruction des Serres d’Auteuil a été rendue possible aussi par la perspective des Jeux Olympiques.
Les JO ne sont pas qu’une menace directe contre le patrimoine. Ils sont aussi un danger indirect en monopolisant des sommes énormes, autant d’argent en moins pour des actions d’utilité publique, parmi lesquelles celles en faveur des monuments historiques et des musées.
Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 25 mai 2020

vendredi 22 mai 2020

les musées fermés sont ouverts !


On s’en doutait un peu. Alors que les musées nationaux vont être parmi les derniers à rouvrir, nos dirigeants estiment qu’après tout ce n’est pas grave. Car un musée fermé est finalement ouvert, puisqu’on peut le « visiter » virtuellement. On pourrait penser que, de la part de la présidence de la République, il s’agit d’un déni de la réalité aussi gros que celui qui vient de lui faire dire, sur l’antenne de BFM, que « nous n’avons jamais été en rupture » de masques. Plus on raconte n’importe quoi, plus on finit par y croire. Mais ce n’est sans doute même pas cela, ou pas entièrement...
Comme nous l’a confié, désabusé, un conservateur d’un musée national, l’administration centrale est « en plein déliquescence », les décideurs sont d’une « lâcheté » incroyable, et les syndicats « délirent », certains cherchant à faire passer toutes leurs revendications en échange d’une réouverture, tandis que d’autres, sans doute réellement gagnés par la peur, « s’imaginent qu’on les emmène, en rouvrant, vers une mort certaine » (!). Face à cela, les directeurs de musées se sentent bien seuls.

Didier Rykner, La Tribune de l'Art, 19 mai 2020