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samedi 12 septembre 2026

geais, pic et coucou

"La lisière du bois appartient aux geais, à ces Jacques invisibles et criards qui filent dès que leur sentinelle a donné l'alerte. Que de fois j'ai vainement cherché dans leur fuite blanche et rousse les ravissantes plumes bleues qu'ils sèment pour nous !
Plus haut dans la futaie, un pic tambourine. Cri aigu, vol qui plonge et rebondit, comment le saisir ? Et pourtant le voici, rouge et vert, écureuil à plumes, qui joue à cache-cache le long d'un tronc, accroché de la griffe et accoté de la queue comme un élagueur de peupliers.
Plus secret, l'infatigable, le lointain coucou, que l'on  poursuit en vain tout un après-midi d'avril. Il est là-bas, il est tout près... la voix lui manque, interloqué ; et puis le revoici derrière nous, et puis là-bas, là-bas encore... Est-ce le même ? Pauvre radoteur invisible, couleur de cendre rousse, reste farouche ; il vaut mieux t'imaginer resplendissant, comme les coucous des prés."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 128.

vendredi 11 septembre 2026

les oiseaux dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot

"Assise sur le rocher à l'écart des rues, la maison ignore presque les moineaux piaillants, les hirondelles qui raient le ciel de vols et de cris, mais elle connaît les oiseaux des arbres et des prés.
Le vallon est leur paradis. Ils y trouvent les cimes et les fourrés, l'eau, l'herbe et la mousse, la draperie des clématites sur les vieilles pierres, les pommiers barbus et chenilleux, les berges creuses où se nouent les racines. Ils y trouvent aussi la paix, dans l'absence des hommes.
Comment oublier dans l'enchantement d'un matin de Pâques, le jeune soleil entre les volets, l'air vif, les lilas en bourgeons, et toutes ces voix ? Si l'été les apaise et les éloigne, l'automne les ramène aux graines mûres, aux baies du sureau : rouges-queues, verdières [sic], pinsons, bouvreuils, et des troupes de mésanges acrobates qui se chamaillent en épluchant les branches. Et quand la neige a tout caché, quand le gel a tout raidi, le vallon envoie jusqu'aux fumiers tièdes, aux paillis des granges, jusqu'aux fleurs de la vitre, jusqu'à la main tendue où le rouge-gorge se pose..."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 127-128.

mardi 14 octobre 2025

la chouette hulotte du parc du prieuré de Cons-la-Grandville


Panneau de la chouette hulotte dans le site historique de Cons-la-Grandville

dimanche 13 juillet 2025

jeudi 1 mai 2025

le pigeon, l'hirondelle et le moineau

"Le pigeon, l'hirondelle et le moineau sont les hôtes volontaires de la maison de l'homme. On croirait que la nature les a produits tout exprès pour entretenir dans sa pensée le souvenir de son premier état, et pour ne pas lui laisser perdre de vue ses anciens rapports avec le reste du monde créé. Ils ne sont pas ses vassaux par droit de conquête ; seulement ils aiment à vivre dans les bâtiments qu'il a édifiés, et y accourent à l'envi comme s'ils étaient faits pour eux. Ils l'enchantent des grâces variées de leur vol, de leurs chants et de leurs couleurs, car le pigeon plane avec élégance et avec noblesse, il roucoule tendrement, il déploie au soleil les richesses de sa robe nuée de mille reflets, il reproduit tous les jours sous nos yeux ces miracles d'amour et d'inconsolable constance dont les poètes sont obligés de lui emprunter le modèle. 
L'hirondelle, au vêtement plus sévère, comme il convient à une exilée, file, s'égare et disparaît dans l'air. Elle va au loin pour nous préparer à la perdre ; elle vient de loin pour nous consoler pare l'idée de la revoir. Elle ne sait que susurrer  et se plaindre, et son murmure inquiet ressemble à des pleurs, parce qu'elle a le soin d'une famille. Tu sais de quels enseignements elle est chargée pour nous : elle annonce la pluie, elle annonce le beau temps, elle annonce le deuil de l'année, elle annonce le retour de la bonne saison ; elle porte sur ses ailes noires le calendrier du laboureur. C'est elle qui apprit à nos pères l'art de l'architecture rustique ; c'est elle qui apprend à nos filles les sollicitudes et les joies de la maternité.
Le moineau, habillé comme un simple paysan pauvre, mais robuste, de bonne humeur, et tout dispos à une fête, le moineau, vif, indiscret, curieux, pétulant et bouffon, vole, sautille, bondit au milieu des troupeaux et de nos enfants. Il babille, il jargonne, il siffle, il porte partout la gaieté. Libre habitant du toit domestique, où il paie sa bienvenue en plaisir, on lui donne tout ce qu'il demande, et il le sait si bien qu'il ne manque jamais, quand la neige couvre la terre où dorment les semences que nous lui avons confiées, de venir frapper du bec, avec un air résolu, à la vitre de la salle à manger, pour réclamer les miettes du festin.
En vérité, n'imagines-tu pas que le premier homme qui fit servir sur sa table le pigeon de ses tourelles, l'hirondelle de ses corniches et le moineau de ses murailles, viola outrageusement les saintes lois de l'hospitalité ?" 
Charles Nodier, "M. de La Mettrie ou Les Superstitions", dans Rêveries, Paris, Éditions Plasma, 1979, p. 134-135.

vendredi 14 février 2025

cormoran


Pour Jules Barbey d'Aurevilly, le cormoran est un vide-rivière

mardi 3 décembre 2024

les oiseaux dans Les Frères Jéromine d'Ernst Wiechert


Le vanneau niche dans les prés, les plaines et les terrains marécageux
(c'est l'oiseau le plus souvent évoqué dans Les Frères Jéromine d'Ernst Wiechert) 
-
Aigle pêcheur, alouette, bécasseau, bécassine, bergeronette, buse, butor, canard, canepetière (outarde), chardonnet (en cage), chat-huant, chouette, cigogne noire, corneille bleue, coucou, courlis, émouchet, épervier, étourneau, faucon pèlerin, fauvette, geai, gélinotte, grèbe huppé, grive, grue, héron, hibou, hirondelle, hulotte, huppe,  martin-pêcheur, merle, mésange, milan, mouette blanche, oie sauvage, pic noir, pinson, pivert, plongeon, pluvier,  râle, rossignol, sansonnet, tourterelle, vanneau. 

mercredi 16 octobre 2024

migration des oies au-dessus de la Moselle


Aujourd'hui, migration des oies criardes au-dessus de la Moselle

Axel Munthe et les oiseaux

"Les oiseaux, les oiseaux ! Combien ma vie eût été plus heureuse dans cette île enchanteresse [Capri] si je ne les avait pas tant aimés ! J'adorais les voir chaque printemps arriver par milliers, c'était pour moi une joie de les entendre chanter dans le jardin de San Michele. Mais il vint un temps où je souhaitais presque qu'ils ne fussent point venus, où je souhaitais pouvoir leur faire signe au loin sur la mer de voler encore, de voler avec la bande d'oies sauvages au-dessus de leurs têtes, tout droit vers ma patrie [la Suède], loin dans le nord où ils seraient à l'abri de l'homme. Car je savais que l'île bien-aimée qui était pour moi un paradis était pour eux un enfer. Ils arrivaient juste avant le lever du soleil, ils ne demandaient qu'un court repos après leur long vol à travers la Méditerranée ; le but du voyage était si lointain, la terre où ils étaient nés et où ils devaient élever leurs petits. Ils venaient par milliers : pigeons ramiers, grives, tourterelles, échassiers, cailles, loriots dorés, alouettes, rossignols, hochequeues, pinsons, hirondelles, fauvettes, rouges-gorges, et bien d'autres petits artistes, en route pour donner aux forêts et aux champs silencieux du nord leurs concerts printaniers.
Deux heures plus tard ils se débattaient impuissants dans les filets que la ruse de l'homme avait tendus sur toute l'île, depuis les falaises au bord de la mer jusqu'aux pentes les plus hautes de Monte Solaro et Monte Barbarossa. Le soir même, ils étaient entassés par centaines dans des petites caisses en bois, sans nourriture et sans eau, expédiés par vapeur à Marseille pour être mangés avec délices dans les restaurants chics de Paris."
Axel Munthe, Le livre de San Michele, Paris, Albin Michel, 1969, (1934, première édition en français), p. 293-294.

dimanche 9 juin 2024

cygnes et cygnets sur la Moselle


 Couple de cygnes et leurs petits, cygnets à la robe grise et au bec noir

jeudi 16 mai 2024

le merle du mois de mai


Le merle, oiseau leste et braque,
Bavard jamais enrhumé, 
Est pitre dans la baraque
Toute en fleurs, du mois de mai.

Victor Hugo

vendredi 1 décembre 2023

des oiseaux du Jardin botanique de Thoutmosis III





Des oiseaux du Jardin botanique de Thoutmosis III
Karnak
(photos JLJ 2000)

mercredi 11 octobre 2023

deux oiseaux au bord de la Moselle


mardi 5 septembre 2023

l'arbre aux corbeaux



Caspar David Friedrich, L'Arbre aux corbeaux
© Musée du Louvre

"Il [Trotta] se réveilla au lever du soleil. Il lui semblait n'avoir dormi qu'une demi-heure, mais il s'était passé au moins quatre heures. Au lieu du babillage des oiseaux qui saluaient habituellement le matin, retentissait aujourd'hui le noir croassement de centaines et de centaines de corbeaux. Stepaniuk se dressa à côté de Trotta. Il retira sa pipe de sa bouche et, du tuyau, il désigna les arbres qui les entouraient. Sur les branches, de grands oiseaux étaient perchés, noirs, les oiseaux noirs, sinistres fruits tombés des airs. Ils ne bougeaient pas, les oiseaux noirs, ils ne faisaient que croasser. Stepaniuk leur lança des pierres. Mais les corbeaux n'eurent que quelques battements d'ailes. Ils étaient comme les fruits naturels des branches."
Joseph Roth, La Marche de Radetzky, Points Seuil, 2008, p. 375.

mercredi 16 août 2023

deux ouettes d'Égypte s'alimentant

 

Deux ouettes d'Égypte broutant de l'herbe...

samedi 12 août 2023

deux ouettes d'Égypte



Deux ouettes d'Égypte se promenant au bord de la Moselle 

vendredi 21 avril 2023

les oiseaux chez Chateaubriand

La nature a ses temps de solennité, pour lesquels elle convoque des musiciens des différentes régions du globe. On voit accourir de savants artistes avec des sonates merveilleuses, de vagabonds troubadours que ne savent chanter que des ballades à refrain, des pèlerins qui répètent mille fois les couplets de leurs longs cantiques. Le loriot siffle, l'hirondelle gazouille, le ramier gémit ; le premier, perché sur la plus haute branche d'un ormeau, défie notre merle, qui ne le cède en rien à cet étranger ; la seconde, sous un toit hospitalier, fait entendre son ramage confus ainsi qu'au temps d'Évandre ; le troisième, caché dans le feuillage d'un chêne, prolonge ses roucoulements, semblables aux sons onduleux d'un cor dans les bois ; enfin, le rouge-gorge répète sa petite chanson sur la porte de la grange où il a placé son gros nid de mousse. Mais le rossignol dédaigne de perdre sa voix au milieu de cette symphonie : il attend l'heure du recueillement  et du repos, et se charge de cette partie de la fête qui doit se célébrer dans les ombres.
Chateaubriand dans le Génie du christianisme.

dimanche 16 avril 2023

les oiseaux dans Que ma joie demeure de Giono

Bobi balaie l'aire. Il fait place nette avec les grumeaux de gel et les grumeaux de terre. Maintenant le sol est dur et net comme une assiette. Il a vidé là-dessus au milieu un sac de blé. Ça pouvait faire à peu près cinquante kilos.
Un oiseau venait de passer... Il eut l'air de s'écraser sur le ciel. Tout ouvert, ailes et plumes de la queue où l'on put voir un peu de rouge. Il se freinait de toutes ses forces. Il s'arrêtait, ventre au vent ; déjà il tombait quand il piocha d'un grand coup avec ses plumes... Il frappa le tas de blé à plein fouet. Il se secoua. Il était étonné. C'était un verdier.
[D'autres oiseaux arrivent sur le tas de blé]. 
Il y en avait déjà au moins trente. Une draine, un turquin tout bleu de turc, un tangara à sept couleurs, des bouvreuils rouges, bleus et noirs, un bruant tout en or, une ouette qui balançait sa crête rouge et frappait de droite et de gauche avec ses ailes noires, des serlis, des tarins, des agripennes, des chardonnerets, des vengolines, des linottes, des jaunoirs, des sizerains, des titiris, des passerines.
Il en arrivait encore. Voilà des rousseroles. Ce sont des oiseaux de rivières. Elles venaient de l'Ouvèze, du côté du soleil. Il y avait des tourterelles, des fauvettes. 
Elle [Marthe] voyait des loriots. Elle pensait au vent d'ouest. Parce que les loriots viennent toujours mêlés aux bourrasques... Elle voyait des calandres avec les taches de rouille. Elle voyait des roitelets, verts, gris, ailes noires et crête d'or... Elle voyait des geais et des rolliers, des perdrix, des cailles - car maintenant tous les oiseaux du plateau s'étaient appelés - des mouchets traînebuisson, des mésanges grises, des cochères à tête bleue, et une sorte d'oiseau qu'elle connaissait bien  et dont le nom était l'oiseau-silencieux. Il ne chantait jamais, même pas au temps de l'amour. 

Jean Giono, Que ma joie demeure, Grasset, 1935, phrases du chapitre IV.

vendredi 14 avril 2023

oiseau, je te libère, je t'affranchis, plaide pour moi à la porte du Paradis

Depuis toujours, depuis les temps de Byzance et de l'Empire ottoman, ces petits oiseaux, qui viennent on ne sait d'où et qui vont on ne sait où, se posent sur le Plan de Florya [bande de plage près d'Istanbul] et y prennent leurs quartiers du début octobre jusqu'à la fin novembre. Et depuis ces temps-là, les habitants d'Istanbul capturent ces oiseaux, avec des pièges de toutes sortes, ils les capturent et ils vont les vendre devant les églises s'ils sont chrétiens, devant les synagogues s'ils sont juifs, devant les mosquées s'ils sont musulmans. "Je te libère, je t'affranchis. Plaide pour moi à la porte du Paradis." Et le ciel d'Istanbul s'emplit ainsi de ces oiseaux par tous ceux qui veulent s'assurer le paradis à peu de frais. Ce sont surtout les enfants qui adorent les acheter et les lâcher. mais aussi les vieux, les très vieux...

En ce temps-là, chaque jour, sur le Plan de Florya, les oiseaux se capturaient par milliers et ils étaient libérés par milliers devant Sainte-Sophie ou la mosquée d'Eyup, ou la Nouvelle-Mosquée, celle de sultan Ahmet ou de la sultane Mihrimah, ou celle de Fatih. Je te libère, je t'affranchis, plaide pour moi à la porte du Paradis... Les gens se jetaient sur les cages, ils se battaient pour un oiseau. En ce temps-là, les oiseleurs n'arrivaient pas à suffire aux besoins de la ville. Devant les églises et les synagogues aussi, les gens relâchaient, après avoir récité une prière, des milliers d'oiseaux, et ils les regardaient avec fierté, avec espoir, s'envoler tout heureux de leur liberté recouvrée...

Un beau matin, je constatai qu'un grand nombre de filets avaient été tendus sur le Plan de Florya, partout, en bordure du bois, sur le flanc du tout petit coteau qui surplombe la voie ferrée, entre les touffes de cardères et sous les figuiers, dans le grand fossé derrière les amandiers, el lisière du bouquet de peupliers. Tous avaient tendus leurs filets, attaché leurs appeaux. Tout autour des filets, ils avaient disposés les cages des chanterelles, et eux-mêmes sifflaient  en imitant les cris d'oiseaux... Le Plan s'emplissait de sifflements dès qu'un vol d'oiseaux passait dans le ciel.

Le verdier, couleur de cendre, presque noir, un tout petit peu plus petit que le moineau, le chardonneret jaune, et le pinson et la mésange. Et toutes sortes de petits oiseaux aux couleurs brillantes, avec du jaune sur la poitrine, le plus beau, le plus éclatant de tous les jaunes, du rouge, le plus flamboyant de tous les rouges... Du jaune qui se remarque dans l'obscurité la plus totale, du rouge, du vert, étincelants. Et un oiseau minuscule, grand comme le pouce, tout bleu... Il vole dans le ciel, pareil à une boule de lumière, en y abandonnant un peu de son bleu, en y traçant une ligne d'un bleu éclatant, intense.

Extraits de Yachar Kemal, Alors, les oiseaux sont partis..., Gallimard, 1983.

jeudi 13 avril 2023

la flairante arondelle de Guillaume du Bartas

 1  La flairante Arondelle à toutes mains bricole,
 2  Tournoye, virevolte, et plus roide s'envole,
 3  Que la flèche d'un Turc, qui voulait descocher,
 4  Fait la corde au tetin et l'arc au fer toucher.
 5  Ja volant elle chante, et chantant, elle pense
 6  D'employer en lieu seur plus d'art que de despence,
 7  A bastir un palais, qui, rond par le devant,
 8  Servira de modele au maçon plus sçavant.
 9  Elle charge desja son bec de pailles fresles,
10 Et ses ongles de terre, et d'eau ses noires ailes,
11 Elle en fait du mortier : et jette proprement
12 D'un logis demi-rond l'asseuré fondement.

Guillaume du Bartas

Il faut que je retourne voir les hirondelles du village d'Andilly, Meurthe-et-Moselle.