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vendredi 16 février 2024

Jacques Callot, Aimé de Lemud et Maurice Barrès


Aimé de Lemud (Thionville, 1816 - Nancy, 1887), L'Enfance de Callot

"Vous rappelez-vous l'Exposition des « Graveurs du Siècle » qu'il y eut à Paris, voici quelques années ? Je parcourais ses salles désertes, quand soudain une lithographie d'Aimé de Lemud m'arrêta, me vivifia, fit jaillir en moi un flot de poésie.
L'Enfance de Callot ! Cela plut vers 1839. Une belle fille bohémienne tient le petit Callot par la main. À grands pas ils marchent vers l'Italie. De toute mon âme je les accompagne. Ah ! que ne puis-je leur être utile !
Lemud, enfant de Thionville, quand il fit à Metz son apprentissage d'art, dut méditer avec nostalgie l'aventure de Callot qui, gamin de douze ans, pour voir de la belle peinture, se sauva de Lorraine jusqu'à Rome, avec des bohémiens. De là ce dessin, qui exprime notre esprit de l'Est, bien que pour le styliser il se soit souvenu du délicieux mythe méditerranéen, du petit Tobie guidé par l'ange. Le jeune, l'heureux Callot ! Les belles histoires dont le nourrit son guide ! Qu'ils sont excités ! C'est l'image aimable d'une forte vocation."
Maurice Barrès, Amori et dolori sacrum, Paris, collection Bouquins, Robert Laffont, 1994, p. 14.
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Félix Vazemmes, "Aimé de Lemud (1816-1887)", dans Graveurs et illustrateurs de Lorraine, Nancy, Éditions Jean-Marie Cuny, 1986, p. 93-97. L'Enfance de Callot p. 95.

jeudi 15 février 2024

Roland Grünberg, Aubade pour Jacques Callot



Roland Grünberg (Strasbourg, 1933 - Nancy, 2021), Aubade pour Jacques Callot
 2006, sérigraphie
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Exposition-Dossier Roland Grünberg, 22 avril - 17 septembre 2007, Musée Lorrain,  Couvent des Cordeliers, Nancy, n° 81.

mercredi 14 février 2024

Démocède, collectionneur d'estampes de Jacques Callot



Jacques Callot, Scaramouche et Fracasse

"Voulez-vous voir mes estampes ? et bientôt Démocède les étale et vous les montre ; vous en rencontrez une qui n'est ni noire, ni nette, ni dessinée, et d'ailleurs moins propre à être gardée dans un cabinet, qu'à tapisser un jour de fête le Petit-Pont ou la rue Neuve ; il convient qu'elle est mal gravée, plus mal dessinée, mais il assure qu'elle est d'un Italien qui a travaillé peu, qu'elle n'a presque pas été tirée, que c'est la seule qui soit en France de ce dessin, qu'il l'a achetée très cher, et qu'il ne la changerait pas pour ce qu'il y a de meilleur : j'ai, continue-t-il, une sensible affliction, et qui m'obligera de renoncer aux estampes pour le reste de mes jours ; j'ai tout Callot hormis une seule qui n'est pas à la vérité de ses bons ouvrages, au contraire c'est un des moindres, mais qui m'achèverait Callot, je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin  d'y réussir : cela est bien rude."
La Bruyère, Les Caractères, XIII. De la Mode, 2[VI], Le Livre de Poche Classique, 2012, p. 504. 

mardi 13 février 2024

Jacques Callot et les Arts du spectacle au Musée des B.-A. de Nancy



 Jacques Callot et les Arts du spectacle
Exposition du 15 février au 6 mai 2024
Musée des Beaux-Arts de Nancy

Pour accompagner cet événement, le musée des Beaux-Arts de Nancy expose une sélection de l’œuvre du graveur dédiée aux arts du spectacle, de la commedia dell’arte aux grandes festivités organisées pour la famille Médicis et, plus tard, les ducs de Lorraine. Pendant son séjour en Italie, entre 1611 et 1621, Jacques Callot découvre l’univers plein de fantaisie et d’artifices de somptueuses fêtes princières et du théâtre. En naissent plusieurs séries emblématiques comme les Balli di sfessania, Les Gobbi, les Pantalons. L’exposition propose de découvrir ou redécouvrir ces estampes dans lesquelles l’artiste a si bien su rendre l’atmosphère fantasque et étourdissante du spectacle.


un gobbo masqué, joueur de guitare


un gobbo, joueur de violon


 il Capitano, ou l'Amoureux
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Afin de mieux appréhender la finesse du travail de Callot, plusieurs plaques de cuivre, issues des collections du palais des ducs de Lorraine – Musée lorrain, sont présentées en regard des gravures du musée des Beaux-Arts.

dimanche 8 mai 2022

Aldous Huxley et Jacques Callot

Dans L'éminence grise, son essai biographique sur François Leclerc du Tremblay, le père Joseph (1577-1638), Aldous Huxley a consacré plusieurs pages sur la série des dix-sept gravures (hors le titre) des Misères et malheurs de la guerre de Jacques Callot.


"Dans [cette] gravure, on nous montre une église incendiée et des soldats chargeant sur un chariot les ornements sacrés, pendant que, d'un couvent voisin, selon la légende rimée qui accompagne les planches, d'autres tirent des saints lieux les vierges désolées, qu'ils osent enlever pour être violées.
Une vingtaine de ces religieuses sont emmenées pour être violées à loisir autour du feu de camp, dans la soirée. L'une d'elles - la plus jeune sans doute et la plus jolie des novices - est hissée par deux soldats dans les bras d'un officier monté sur son grand cheval d'armes. D'ici un an ou deux, ces religieuses - celles du moins qui auront survécu - se seront jointes aux hordes des traînards, mâles et femelles, qui suivent les armées de-ci, de-là, d'un coin à l'autre de l'Allemagne. Affamées, couvertes seulement de haillons puants, pouilleuses et syphilitiques, portant des ballots sur le dos et traînant des enfants nus au ventre gonflé, elles marcheront l'été derrière leurs maîtres, elles trembleront sous la pluie et le gel des hivers interminables, jusqu'à ce qu'enfin longtemps avant que la guerre ne soit finie, le Dieu qui les a abandonnées prenne pitié et qu'elles meurent, pour être mangées par les chiens ou peut-être par leurs compagnons faméliques."
Aldous Huxley, L'éminence grise, Folio Gallimard, 1980, p. 281-282. Dans ce livre, de la page 278 à la page 285,  l'auteur décrit et commente presque toutes les gravures.

jeudi 10 mars 2016

les armes de Jacques Callot



D'azur à cinq étoiles d'or péries et passées en sautoir
Couronnement de la façade occidentale de l'Arc de triomphe de Nancy
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Jacques Choux, L'Armorial de la famille Callot,  Lotharingia tome IV. C'est Claudon Callot, archer des gardes, le grand-père de Jacques Callot, le graveur, qui fut anobli en 1584 par le duc de Lorraine Charles III.

vendredi 9 mai 2014

les épis arrachés le jour du sabbat


Une rareté iconographique :
Les Épis arrachés le jour du Sabbat
 Jacques Callot, Étude de vignette
(photo Tajan)
Un jour de sabbat, Jésus traversait les champs, et ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient après les avoir froissés dans les mains. Quelques pharisiens dirent : "Pourquoi faites-vous une chose interdite le jour du sabbat ? " Jésus répondit : "N'avez-vous donc pas lu ce que fit David un jour qu'il eut faim, lui et ses gens ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains d'oblation, en mangea et en offrit à ses gens, alors qu'il n'est permis qu'aux prêtres seuls d'en manger." Il ajouta : "Le Fils de l'Homme est maître du sabbat."
(Luc VI, 1-5)
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C'est l'étude pour la gravure Jésus et les pharisiens, une des dix gravures de la série Le Nouveau Testament de Jacques Callot.
Howard Daniel, Callot's Etchings, New York, Dover Publications, 1974, n° 330.


samedi 9 mai 2009

statue de Jacques Callot par Eugène Laurent, Nancy

Façade occidentale de l'Arc de triomphe de Nancy, construite en 1877 par Prosper Morey
statue de Jacques Callot par Eugène Laurent
bustes d'Israël Silvestre et de Ferdinand de Saint-Urbain, graveurs,
par Charles Pêtre, 1881
place de Vaudémont - Nancy
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Richard Dagorne, "Les années nancéiennes du sculpteur Charles Pêtre", dans Le Pays Lorrain, septembre 2022, p. 275-276.