Affichage des articles dont le libellé est Rimbaud (Arthur). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rimbaud (Arthur). Afficher tous les articles

vendredi 12 décembre 2025

Arthur Rimbaud, marchand de fusils au Harar


"N'allez pas croire que je sois devenu marchand d'esclaves. Les marchandises que nous importons sont des fusils (vieux fusils à piston réformés depuis 40 ans) qui valent chez les marchands de vieilles armes, à Liège ou en France, 7 ou 8 francs la pièce. Au roi du Choa, Ménélick II, on les vend une quarantaine de francs ; mais il y a dessus des frais énormes, sans parler des dangers de la route, aller et retour. Les gens de cette route sont les Dankalis, pasteurs bédouins et musulmans fanatiques : ils sont à craindre. Il est vrai que nous marchons avec des armes à feu et que les bédouins n'ont que des lances. Toutes les caravanes cependant sont attaquées."
Lettres de Jean-Arthur Rimbaud, Égypte, Arabie, Éthiopie, avec une introduction et des notes de Paterne Berrichon, Paris, Sté du Mercure de France, 1899, p. 195-196. Extrait d'une lettre du 3 décembre 1885.  

samedi 6 décembre 2025

Arthur Rimbaud et sa tumeur synovite du genou droit

"Voyant toujours augmenter l'enflure de mon genou droit et la douleur dans l'articulation, sans pouvoir trouver aucun remède ni aucun avis, puisqu'au Harrar nous sommes au milieu des nègres et qu'il n'y a point là de médecins, je me décidai à descendre. Il fallait abandonner les affaires : ce qui n'était pas très facile, car j'avais de l'argent dispersé de tous les côtés ; mais enfin je liquidai à peu près. Depuis une vingtaine de jours, j'étais couché au Harrar et dans l'impossibilité de faire un seul mouvement, souffrant des douleurs atroces et ne dormant jamais. Je louai seize nègres porteurs, à raison de 15 thalaris l'un, du Harrar à Zeilah ; je fis fabriquer une civière recouverte d'une toile, et c'est là-dedans que je viens de faire, en douze jours, les 300 kilomètres de désert qui séparent les monts du Harrar du port de Zeilah. Inutile de vous dire quelles souffrances j'ai subies en route. Je n'ai jamais pu faire un pas hors de ma civière ; mon genou gonflait à vue d'œil, et la douleur augmentait continuellement.
Arrivé ici [Aden], je suis entré à l'hôpital européen. Il y a une seule chambre pour les malades payants : je l'occupe. Le docteur anglais, dès que je lui ai eu montré mon genou,  a crié que c'était une tumeur synovite arrivée à un point très dangereux, par suite du manque de soins et de fatigues. Il parlait d'abord de couper la jambe ; ensuite, il a décidé d'attendre quelques jours pour voir si le gonflement, avec les soins médicaux, diminuerait un peu."
Lettres de Jean-Arthur Rimbaud, Égypte, Arabie, Éthiopie, avec une introduction et des notes de Paterne Berrichon, Paris, Sté du Mercure de France, 1899, p. 244-245. Extrait d'une lettre écrite à Aden le 30 avril 1891.  

mardi 2 décembre 2025

la plainte d'Arthur Rimbaud lorsqu'il était au Harar en 1883

"La solitude est une mauvaise chose, ici-bas ; et je regrette de ne pas être marié et de n'avoir une famille à moi. Mais, à présent, je suis condamné à errer, attaché à une entreprise lointaine ; et, tous les jours je perds le goût pour le climat et les manières de vivre et même la langue de l'Europe.
Hélas ! à quoi servent ces allées et venues, et ces fatigues et ces aventures chez des races étrangères, et ces langues dont on se remplit la mémoire, et ces peines sans nom, - si je ne dois pas un jour, après quelques années, pouvoir me reposer dans un endroit qui me plaise à peu près et trouver une famille, et avoir au moins un fils que je passe le reste de ma vie à élever à mon idée, à orner et à armer de l'instruction la plus complète qu'on puisse atteindre à cette époque, et que je voie devenir un ingénieur renommé, un homme puissant et riche par la science ? Mais qui sait combien peuvent durer mes jours, dans ces montagnes-ci ? Et je puis disparaître, au milieu de ces peuplades, sans que la nouvelle en ressorte jamais."
Lettres de Jean-Arthur Rimbaud, Égypte, Arabie, Éthiopie, avec une introduction et des notes de Paterne Berrichon, Paris, Sté du Mercure de France, 1899, p. 151. Extrait d'une lettre du 6 mai 1883.   

lundi 15 juillet 2024

les assis des bureaux militaires dans Histoire contemporaine d'Anatole France

"En effet, toutes les pratiques auxquelles ont eu recours pour celer l'erreur judiciaire de 1895, toute cette paperasserie infâme, toute cette chicane ignoble et scélérate, pue le bureau, le sale bureau. Tout ce que les quatre murs de papier vert, la table de chêne, l'encrier de porcelaine entouré d'éponge, le couteau de buis, la carafe sur la cheminée, le cartonnier, le rond de cuir peuvent suggérer d'imaginations saugrenues et de pensées mauvaises à ces sédentaires, à ces pauvres "assis", qu'un poète a chantés [Arthur Rimbaud], à des gratte-papier intrigants et paresseux, humbles et vaniteux, oisifs jusque dans l'accomplissement de leur besogne oiseuse, jaloux les uns des autres et fiers de leur bureau, tout ce qui se peut faire de louche, de faux, de perfide et de bête avec du papier, de l'encre, de la méchanceté et de la sottise, est sorti d'un coin de ce bâtiment sur lequel sont sculptés des trophées d'armes et des grenades fumantes."
Anatole France, Monsieur Bergeret à Paris, Histoire contemporaine, La Petite Vermillon, La Table Ronde, 2015, p. 579.

vendredi 17 mai 2024

CharlÉlie Couture, Rimbaud


CharlÉlie Couture, Rimbaud - Arthur Selfie
2020 - 120 x 80 cm - huile sur toile
Exposition L'Art Multiste - CharlÉlie Couture 
27 avril - 7 juillet 2024
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz

vendredi 28 avril 2017

Rimbaud et Imbrico à Louxor

Suite, sans mon autorisation, à l'emprunt de mes photos par le site saharayro.free.fr, je republie
mon post du mardi 19 juin 2012.



1. Karnak. Akh-menou
Sur une colonne graffiti Rimbaud et Imbrico, 1831
2. Karnak. Temple de Khonsou. Pylône, graffitis Rimbaud et Imbrico, 1832
(photos JLJ février 2010)
-
Alan Fildes, dans son article sur les graffitis dans les temples de l'ancienne Égypte, nous indique que le graffiti RIMBAUD non daté situé en haut à gauche du mur ouest de la salle XVII du temple de Louxor aurait été tracé par le poète Arthur Rimbaud.


Graffito Rimbaud
salle XVII du temple de Louxor
(photo JLJ février 2010)
C'est ce que croyait aussi Jean Cocteau. Et ce que croyait aussi en 2011 Michel Onfray. On dit une chose, non parce qu'elle est vraie, mais parce qu'on a plaisir à la dire (Marcel Proust).
J'ai relevé deux autres graffitis RIMBAUD à Karnak, l'un sur une colonne de l'Akh-menou, où il est accompagné du graffiti IMBRICO et de la date 1831, et l'autre sur la face interne ouest de la porte du pylône du temple de Khonsou ; là aussi, il est accompagné du graffiti IMBRICO tracé symétriquement à celui de Rimbaud avec la date 1832. Et c'est la même façon de tracer les lettres.
Ce n'est évidemment pas par hasard si par deux fois les graffitis Rimbaud et Imbrico sont l'un  à côté de l'autre. 
J'en conclue que Imbrico et Rimbaud ont voyagé ensemble en Égypte et qu'ils ont séjourné à Louxor en 1831-1832. Ce compagnon d'Imbrico n'est pas le poète Arthur Rimbaud.
Le poète Arthur Rimbaud (1854-1891) est passé par  Alexandrie en 1878, 1880 et 1887, par Suez et Le Caire en 1887. Pour aller à Aden et en revenir, il prenait le bateau de la mer Rouge. Sa présence n'est nullement attestée en Haute-Egypte.
Les graffitis sur les monuments d'Égypte ont surtout été tracés pendant la campagne d’Égypte de Bonaparte et au cours de la première moitié du XIXe siècle, mais très peu après 1870.

vendredi 27 juillet 2012

Arthur Rimbaud par Ipoustéguy


Jean-Robert Ipoustéguy, Visage de Rimbaud
bronze, 1984
Centre culturel Ipoustéguy - Doulcon (Meuse)

mardi 19 juin 2012

un Rimbaud à Louxor avec Imbrico



1. Karnak. Akh-menou
Sur une colonne graffiti Rimbaud et Imbrico, 1831
2. Karnak. Temple de Khonsou. Pylône, graffitis Rimbaud et Imbrico, 1832
(photos JLJ février 2010)
-
Alan Fildes, dans son article sur les graffitis dans les temples de l'ancienne Egypte, nous indique que le graffiti RIMBAUD non daté situé en haut à gauche du mur ouest de la salle XVII du temple de Louxor aurait été tracé par le poète Arthur Rimbaud.


Graffiti Rimbaud
salle XVII du temple de Louxor
(photo JLJ février 2010)
C'est ce que croyait aussi Jean Cocteau. Et ce que croyait aussi en 2011 Michel Onfray. On dit une chose, non parce qu'elle est vraie, mais parce qu'on a plaisir à la dire (Marcel Proust).
J'ai relevé deux autres graffitis RIMBAUD à Karnak, l'un sur une colonne de l'Akh-menou, où il est accompagné du graffiti IMBRICO et de la date 1831, et l'autre sur la face interne ouest de la porte du pylône du temple de Khonsou ; là aussi, il est accompagné du graffiti IMBRICO tracé symétriquement à celui de Rimbaud avec la date 1832. Et c'est la même façon de tracer les lettres.
Ce n'est évidemment pas par hasard si par deux fois les graffitis Rimbaud et Imbrico sont l'un  à côté de l'autre. 
J'en conclue que Imbrico et Rimbaud ont voyagé ensemble en Égypte et qu'ils ont séjourné à Louxor en 1831-1832. Ce compagnon d'Imbrico n'est pas le poète Arthur Rimbaud.
Le poète Arthur Rimbaud (1854-1891) est passé par  Alexandrie en 1878, 1880 et 1887, par Suez et Le Caire en 1887. Pour aller à Aden et en revenir, il prenait le bateau de la mer Rouge. Sa présence n'est nullement attestée en Haute-Égypte.
De plus, je signale que les graffitis sur les monuments d'Égypte ont surtout été tracés pendant la campagne d’Égypte de Bonaparte et au cours de la première moitié du XIXe siècle, surtout par des Anglais et des Italiens, mais très peu après 1870.