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dimanche 9 avril 2023

André Theuriet, Le loriot


Karl Aage Tinggaard, Loriot


 Hector Giacomelli (Paris, 1822 - Menton, 1904), Le Loriot

"Tandis que nous flânions doucement, un chant d'oiseau nous arrivait à travers les feuillées, - un chant composé tout au plus de trois phrases très courtes, d'une sonorité et d'un velouté exquis [roulade exotique sur trois syllabes]. Quel est cet oiseau qui chante sui joliment ? C'est le loriot. Je dus lui [la personne qui accompagne l'auteur] dépeindre cet oiseau, grand mangeur de cerises, au poitrail d'un beau jaune vif, avec ses ailes noires et une queue mi-partie noire et jaune. Je le lui portraiturai, avec son bec de couleur purpurine, fort et largement fendu ; ses narines bien ouvertes ; son œil gros, rond, rouge comme une guigne et mouillé d'une humide lueur gourmande ; sa petite moustache noire accentuant cette physionomie d'épicurien. Je lui dis qu'il nous arrivait des pays chauds à l'époque où les bigarreaux commencent à prendre couleur, et qu'il construit son nid à la fourche des hautes branches... Ce n'est pas facile de le voir, car cet oiseau gourmand est d'un naturel défiant et d'une approche difficile."
André Theuriet, Nos oiseaux, (aquarelles de Hector Giacomelli), Paris, H. Launette et Cie, éditeurs, 1886, p. 22.

lundi 3 avril 2023

Jean Giono et la coquecigrue

"Notre repas de midi était une immense galimafrée de petites bêtes : petits oiseaux, moineaux, pinsons, rouges-gorges, rossignols, courlis, pluviers, alouettes, grives, merles, râles d'eau, bergeronnettes, roitelets, hoche-queues, culs-blancs, bouvreuils, cailles, mésanges charbonnières, chardonnerets, coucous, loriots, verdioles, mélangés avec quelques grosses pièces : bécasses, bécassines, poules d'eau, et même cet oiseau excellent en toutes sortes que je n'ai jamais plus trouvé [et pour cause] qu' ici : des coquecigrues [oiseaux imaginaires]. La coquecigrue (c'était peut-être un simple geai) était le triomphe de Romuald."
Jean Giono, La Chasse au bonheur, Gallimard, 1988, p. 170. Ah ! la verve de Giono et ses accumulations.

"Ainsi s'en alla le pauvre cholericque ; puis, passant l'eau au Port Huaux et recontant ses males fortunes, feut advisé par une vieille lourpidon que son royaulme luy seroit rendu à la venue des cocquecigrues."
Rabelais, Gargantua, chapitre 49.

dimanche 26 mars 2023

les oiseaux c'est la gloire du monde

Les oiseaux c'est la gloire du monde... Presque tous les chants d'oiseaux déchirent l'air... S'il n'y avait plus les oiseaux, nous ne saurions pas qu'il y a mille espaces, et mille moments en un seul... Tous les oiseaux vous font comprendre la séparation...Vous ne connaissez pas Saumaut. C'est un village tout près. Il y a un vallon où les oiseaux s'assemblent, des ramiers, des canards, des freux, toutes sortes d'oiseaux. Et là-bas vous pouvez presque les toucher, si vous avez le cœur pur. Pourquoi ? Parce que c'est un lieu de paix. Un miracle !
Extraits du Couvent des pinsons d'André Dhôtel.

Oiseaux cités dans Le Couvent des pinsons, autres que ceux mentionnés ci-dessus : héron, troglodyte, merle, hirondelle, pinson, rousserolle effarvatte, butor, corbeau, hirondelle blanche, martin-pêcheur, balbuzard, geai, grue, corneille, milan, rossignol des murailles, chouette, cigogne.

Dans ce roman il y a une attention spéciale pour les loriots :
"Il [Perlu] réussit, en sifflant d'une certaine manière, à déloger deux loriots de la cime des peupliers, et les jeunes malins [des garçons et des filles] tout ébaubis avaient pu croire que ces oiseaux en or c'était de la magie tropicale.... Ils ont décidé d'aimer les oiseaux."
"Le loriot c'était un oiseau d'or avec des ailes noires. On l'entendait souvent chanter vers la cime des peupliers. Son chant était comme une fioriture dans une mélodie de merle, mais il n'y avait pas de mélodie. Rien que la fioriture. Or il est très rare qu'on aperçoive le loriot, malgré sa splendeur. On peut vivre toute une vie sans le voir jamais. Il faut une chance."
André Dhôtel a avoué n'avoir jamais vu de loriots.


Dominique Mermoux, Un loriot