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samedi 4 octobre 2025

Victor Hugo, La religion sombre

La religion sombre emploie
Pour le sang, la guerre et le fer,
Les textes du ciel qu'elle ploie
Au sens monstrueux de l'enfer.

Victor Hugo, Les Chansons des rues et des bois, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 768.

jeudi 2 octobre 2025

l'ombre commence à submerger Paris

Je suis triste quand je vois l'homme.
Le vrai décroît dans les esprits.
L'ombre qui jadis noya Rome
Commence à submerger Paris.

Victor Hugo, Les Chansons des rues et des bois, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 768.

mardi 23 septembre 2025

Victor Hugo et la marche

"Ami, j'ai quitté vos fêtes.
Mon esprit, à demi-voix,
Hors de tout ce que vous faites
Est appelé par les bois.

J'irai, loin des murs de marbre,
Tant que je pourrai marcher,
Fraterniser avec l'arbre,
La fauvette et le rocher.

Je fuirai loin de la ville
Tant que Dieu clément et doux
Voudra me mettre un peu d'huile
Entre les os des genoux."

Victor Hugo, Les Chansons des rues et des bois, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 757.

mardi 15 avril 2025

l'hydre-univers tordant son corps écaillé d'astres

"Lentement, je déclamai le vers célèbre :
L'hydre-univers tordant son corps écaillé d'astres
Je sentis sa stupeur presque  craintive. Il le répéta à voix basse, savourant chacun des mots resplendissants."
Jorge Luis Borges, "L'autre",  Le livre de sable, Folio Gallimard, 2009, p. 16

Là sombre et s'engloutit, dans des flots de désastres,
L'hydre Univers tordant son corps écaillé d'astres ;
Là tout flotte et s'en va dans un naufrage obscur ;
Dans ce gouffre sans bord, sans soupirail, sans mur,
De tout ce qui vécut pleut sans cesse la cendre ;
Et l'on voit tout au fond, quand l'œil ose y descendre,
Au delà de la vie, et du souffle et du bruit,
Un affreux soleil noir d'où rayonne la nuit !
Victor Hugo, Ce que dit la bouche d'ombre, poème des Contemplations, vers 179-186.

dimanche 7 juillet 2024

ni Bible, ni Koran, ni Talmud...

"Ni Bible, ni Koran, ni Talmud. Je voudrais
Que l'homme renonçât à montrer les dictées
Faites à Pierre, à Paul, aux Christs, aux Prométhées.
Je voudrais laisser Dieu tranquille. Ce grand ciel, 
Temple immense auquel nuit le temple officiel,
Suffit à ce grand Dieu. Je rêve de chômage
Du prêtre, de l'abbé, du druide, du mage."
Victor Hugo, Dernière Gerbe, CXXXVII, Œuvres  poétiques complètes, Paris, Pauvert éditeur, 1961, p. 1486.

jeudi 16 mai 2024

le merle du mois de mai


Le merle, oiseau leste et braque,
Bavard jamais enrhumé, 
Est pitre dans la baraque
Toute en fleurs, du mois de mai.

Victor Hugo

mercredi 10 novembre 2021

une autre réminiscence hugolienne dans les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle ?

"La patrie vit les meilleurs des siens mourir en la défendant. Avec honneur, avec amour, elle les berce en son chagrin."
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Bibliothèque de la Pléiade, 2000, p. 625.

"Et comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau."
Victor Hugo, Les Chants du crépuscule, III, Hymne, vers 5-6.

jeudi 14 octobre 2021

Victor Hugo, maladies et mal-être...

Fièvre..., gastrite..., prostate..., migraine..., choléra-morbus..., typhus..., indigestion..., crache et tousse..., rétrécissement du canal de l'urètre...

Victor Hugo, Les Quatre Vents de l'Esprit, Le Livre satirique, XLI,  Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 1047.

mercredi 5 mai 2021

le poète à Domremy

Puisque tu me fais visite
Sous mon chaume, à Domremy,
À toi le grec, moi le scythe,
J'ouvre mon âme à demi...

Pas tout à fait. - La feuillée
Doit voiler le carrefour,
Et la porte entre-bâillée
Convient au timide amour.

J'aime, en ces bois que j'habite,
L'aurore ; et j'ai dans mon trou
Pour pareil, le cénobite,
Pour contraire, le hibou.

Une femme me fascine ;
Comme Prosperce, j'entends
Une flûte tibicine
Dans les branches du printemps.

J'ai pour jeu la poésie ;
J'ai pour torture un minois,
Vieux style, et la jalousie,
Ce casse-tête chinois.

Je suis fou d'une charmeuse,
De Paris venue ici,
Dont les saules de la Meuse
Sont tous amoureux aussi.

Je l'ai suivie en Sologne,
Je la suis à Vaucouleurs.
Mon cœur rit, ma raison grogne,
Et me voilà dans les fleurs.


Victor Hugo,  À un visiteur parisien (Domremy, 182...), Les Chansons des rues et des
bois, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 777, vers 25-53/68. 

"L'impeccable jonglerie de la métrique des Chansons des rues et des bois de Victor Hugo."
Joris-Karl Huysmans dans À rebours.

les livres dont la charge ennuie mes murs

"Un verre de vin sans litharge
 Vaut mieux, quand l'homme le boit pur,
 Que tous ces tomes dont la charge
 Ennuie énormément ton mur.

 Une bamboche à la Chaumière,
 D'où l'on éloigne avec soin l'eau,
 Contient cent fois plus de lumière
 Que Longin traduit par Boileau."

Victor Hugo, Post-scriptum des rêves, Les Chansons des rues et des bois, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 764, vers 33-40/132.

dimanche 2 mai 2021

saint Roch et son chien saint Roquet

 "Quand j'arrive avec  mon caniche,
  Chelles, bourg dévot et coquet,
  Croit voir passer, fuyant leur niche,
  Saint Roch, et son chien saint Roquet."
 
Victor Hugo, Chelles, Les Chansons des rues et des bois, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 761, vers 13-16/32.

dimanche 25 avril 2021

à une statue déboulonnée

Je prends à mon compte ces deux vers de Victor Hugo :

" Nous  ne  nous  pendons  pas  à  cette  corde  infâme
Qui  t'arrache  à  ton  piédestal ! "

Victor Hugo, À la Colonne, Les Chants du crépuscule, Œuvres complètes, Paris, Jean-Jacques Pauvert éditeur, 1961, p. 177, vers 221-222.

samedi 17 avril 2021

emporte le bonheur et laisse-nous l'ennui !

Ce matin, en me réveillant, j'ai pensé à un vers de Victor Hugo cité inexactement (le nous est devenu moi) par Marcel Proust dans Le Temps retrouvé : "Emporte le bonheur et laisse-moi l'ennui." 
Comme Emma Bovary, je suis rongé par l'ennui. Le bonheur s'est envolé. Le bonheur, c'était celui d'emprunter les chemins de traverse de ma Lorraine natale. Maintenant, confiné depuis tant de mois, je ne suis plus qu'un tube digestif avalant des livres jusqu'à l'indigestion...

Références :
- Victor Hugo, Les Contemplations, Pauca Meae, II, 15 février 1843, Œuvres poétiques complètes, Paris, Pauvert, 1961, p. 425, vers 4.
- Marcel Proust, Le Temps retrouvé, Le Livre de Poche Classique, 1993, p. 370.
- André Maurois, Olympio ou la Vie de Victor Hugo, Paris, Hachette, 1954, p. 287. Le vers cité provient d'un poème que Victor Hugo composa le 15 février 1843, jour du mariage de sa fille Léopoldine avec Charles Vacquerie.
 

samedi 20 mars 2021

Victor Hugo, Printemps

Les pervenches, les marguerites,

Les rosiers parfumés et verts,

Ô mois charmants, sont vos mérites,

Et les ronces sont vos travers.

Victor Hugo, Printemps, Les Chansons des rues et des bois, Œuvres complètes, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1961, p. 812.

*****

Voici le printemps, mars, avril au doux sourire,

Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis ;

Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

Il semble que tout rit, et que les arbres verts

Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.

Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre,

Le soir est plein d'amour, la nuit, on croit entendre,

À travers l'ombre immense et sous le ciel béni,

Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.

Victor Hugo, Toute la Lyre, XXVI, Œuvres complètes, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1961, p. 1300-1301.

vendredi 10 juillet 2020

le monument aux morts de Longlaville, Meurthe-et-Moselle





Monument aux morts de Longlaville, Meurthe-et-Moselle
conception de Mireille Glodek Miailhe (Paris, 1921 - 2010)
 réalisation Atelier Lazzaretto - 1980
-
Le monument aux morts comporte une citation :

Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau.

Première strophe du poème Hymne des Chants du Crépuscule de Victor Hugo, juillet 1831.

vendredi 19 janvier 2018

"Nurmahal" de Victor Prouvé au Musée des Beaux-Arts de Nancy


Victor Prouvé, Nurmahal 
hst - 1886
(photo P. Buren)
Exposition Les Couleurs de l'Orient
7 octobre 2017 > 4 février 2018
Musée des Beaux-Arts de Nancy
-
L'idée du tableau provient d'un poème des Orientales de Victor Hugo, "Nourmahal-la-Rousse", dont voici la dernière strophe :
"Eh bien ! seul et nu sur la mousse,
Dans ce bois-là je serais mieux
Que devant Nourmahal-la-Rousse,
Qui parle avec une voix douce
Et regarde avec de doux yeux."

mercredi 6 décembre 2017

le chiffonnier dans "Les Châtiments" de Victor Hugo

-

Si par hasard, la nuit, dans les carrefours mornes,
Fouillant du croc l'ordure où dort plus d'un secret,
Un chiffonnier trouvait cette âme au coin  des bornes,
Il la dédaignerait !
Les Châtiments, livre IV, VIII, Déjà nommé, vers 49-52. 

L'arsenic indigné dénonçant la morphine,
La hotte injuriant la borne, Messaline
Reprochant à Goton son regard effronté,
Et Dupin accusant Sauzet de lâcheté !
.   .   .   .   .  .  .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .
L'immondice au sommet de l'état se déploie.
Les chiffonniers, la nuit, courbés, flairant leur proie,
Allongent leurs crochets du côté du sénat.
Les Châtiments, livre VI, V, Éblouissements, vers 9-12 et vers 69-71.

Si par hasard, portant son panier qu'il cahote,
Un chiffonnier avait trouvé cette âme au coin d'un mur, 
Il la rejetterait bien vite au tas impur,
De peur que ce haillon ne salisse sa hotte.
Les Châtiments, Reliquat, IV, Ébauches et fragments.

Or les sages pensifs font remarquer aux princes
Qu'il est toujours aisé d'empoigner des provinces,
Mais qu'un roi ne peut prendre, en eût-il grand besoin, 
Un muscle de son râble au crocheteur du coin.
Un césar souvent porte, à son dos qui cahote, 
Son empire moins bien qu'un chiffonnier sa hotte,
Mais il ferait tuer ses preux jusqu'au dernier
Avant de conquérir les reins du chiffonnier.
Les Quatre Vents de l'Esprit, Le Livre satirique, XLI, vers 51-58.

dimanche 6 septembre 2015

la tour du château de Schengen et Victor Hugo


photo JLJ 2010




La tour subsistante du château de Schengen
-
Victor Hugo a résidé au château de Schengen en 1871
et au cours de son séjour a réalisé un dessin au marc de café de cette tour.
Le dessin est au Musée d'Art et d'Histoire de Luxembourg-Ville.

jeudi 3 septembre 2015

Maurice Barrès et Victor Hugo

Comme complément au livre de Judith Perrignon, Victor Hugo vient de mourir, Éditions L’Iconoclaste, paru le 26 août, j’ai relu dans Les Déracinés de Maurice Barrès ses magnifiques pages sur les funérailles nationales de Victor Hugo auxquelles il a assistées. Maurice Barrès avait une grande admiration pour Victor Hugo, le poète national, le maître des mots français.
« Ce contemplateur nous enseigne qu’il n’y a pas que le clair, le certain, le fixe, l’isolé : il nous restitue le mystère, le changement, la solidarité de tout être et de toutes choses. On se refuse à le suivre si, en l’écoutant, on songe qu’il est un contemporain, avec toutes les infirmités d’un homme sur qui nous renseignent  des journalistes malicieux et capables d’interprétations basses ; mais si, par l’imagination, on lui prête du recul, si l’on veut bien l’entendre comme un prophète de jadis, il y a un immense profit à obtenir de son œuvre. Et l’on a raison d’écouter sa voix comme une voix primitive. Les mots, tels que savait les disposer son prodigieux génie verbal, rendent sensibles d’innombrables fils secrets qui relient chacun de nous avec la nature entière. »
« De l’Étoile au Panthéon, Victor Hugo, escorté par tous, s’avance. De l’orgueil de la France il va au cœur de la France. C’est le génie de notre race qui se refoule en elle-même : après qu’il s’est répandu dans le monde, il revient à son centre ; il va s’ajouter à la masse qui constitue notre tradition. De l’Arc où le Poète fut l’hôte de César, nous l’accompagnons à l’Arche insubmersible où toutes les sortes de mérite se transforment en pensée pour devenir un nouvel excitant de l’énergie française.
Hugo gît désormais sur l’Ararat du classicisme national. Il exhausse ce refuge. Il devient un des éléments de la montagne sainte qui nous donnerait le salut, alors même que les parties basses de notre territoire ou de notre esprit seraient envahies par les Barbares. Appliquons-nous à considérer chaque jour la patrie dans les réserves de ses forces, et facilitons-lui de les déployer. Songeons que toute grandeur de la France est due à ces hommes qui sont ensevelis dans sa terre. Rendons-leur un culte qui nous augmentera. »
Maurice Barrès, Les Déracinés, Romans et Voyages, tome I, Robert Laffont, collection Bouquins, 2014, p. 729 et 736-737.

vendredi 31 octobre 2014

Toul - 11, place du Marché



Grilles de porte avec Esmeralda et sa chèvre Djali


11, place du Marché - Toul
seconde moitié du XIXe siècle