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vendredi 4 janvier 2008

Eloge des bibliothèques

En lisant Kafka sur le rivage de Haruki Murakami :

"Depuis tout petit, je passe ma vie dans les salles de lecture des bibliothèques... Elles sont gratuites et personne ne dira rien à un enfant qui y entre seul. On peut s'installer sur une chaise et lire tant qu'on veut. Après l'école, j'allais toujours à la bibliothèque à vélo. J'y passais même la plupart de mes jours de congé... La bibliothèque était ma seconde maison. Ou plutôt, le seul endroit où je me sentais vraiment chez moi.
Il existe une bibliothèque privée dans la banlieue de Takamatsu. Le chef d'une riche famille locale a transformé ses archives personnelles en bibliothèque et l'a ouverte au public. On y trouve des livres rares, et la maison et le jardin eux-mêmes valent le coup d'oeil paraît-il..."
"J'entre dans la salle des archives et je me promène entre les rayons, cherchant des livres susceptibles de m'intéresser. Quelques belles poutres ornent le haut plafond. Le soleil de début d'été filtre par les fenêtres ouvertes sur le jardin, d'où proviennent des gazouillis d'oiseaux. La plupart des ouvrages que je vois sur les étagères sont, comme l'a dit Oshima, des livres de poésie japonaise classique. Des recueils de tanka, de haïku, des essais sur la poésie, des biographies de poètes. Il y a aussi pas mal d'ouvrages concernant l'histoire locale.
Dans les rayons du fond se trouvent des livres moins spécialisés : littérature japonaise, littérature étrangère, oeuvres complètes, classiques, philosophie, théâtre, histoire de l'art, sociologie, histoire, chroniques, géographie...Chaque fois que je saisis un volume et l'ouvre, il s'échappe d'entre les pages un parfum du temps passé. Les connaissances profondes, les émotions intenses qui reposent derrière ces couvertures ont une odeur particulière. Je la respire, parcours quelques pages des yeux, puis remets le livre à sa place.
Finalement, je choisis un volume des Mille et Une Nuits dans l'édition Burton, avec une belle couverture, et l'emporte dans la salle de lecture...
Confortablement installé sur le canapé, j'observe les alentours et me rends compte que ce salon est exactement l'endroit que je cherchais depuis longtemps. Un endroit secret, tapi dans un creux du monde, exactement comme celui-là."
Association :
Le 9 décembre 1998, j'étais à Delray Beach (Fl) pour visiter les Morikami Museum et Japanese Gardens. C'était une seconde visite pour consulter dans la salle de lecture de la petite bibliothèque les ouvrages sur l'art japonais et en particulier sur l'estampe japonaise : Harunobu, Shunsho, Kiyonaga, Utamaro, Sharaku, Toyokuni, Hokusai, Hiroshige, Kuniyoshi, Yoshitoshi, Kunichika...J'avais emporté un cahier et de quoi écrire pour prendre des notes.
Le matin, dans ce musée, j'avais visité deux expositions, l'une sur la céramique Satsuma, et l'autre sur les kimonos des années 30 aux années 60. La qualité artistique de la céramique Satsuma était très bonne et n'avait rien à voir avec les vases de série vendus pour l'Europe au début du XXe siècle. On pouvait aussi assister à une cérémonie du thé.