Affichage des articles dont le libellé est Rupt-de-Mad. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rupt-de-Mad. Afficher tous les articles

mercredi 4 mars 2026

l'instituteur qui m'apprit à nager dans le Rupt-de-Mad

 

Le Rupt-de-Mad à Jaulny

À la fin de mon année scolaire 1947-48, classe de 9e, à l'école Saint-Léon de Nancy, mon père voulut m'inscrire pour la rentrée de septembre 1948 en classe de 7e à l'Institution Saint-Joseph de Nancy, boulevard Albert 1er. Pour cela, je devais réussir un examen de passage en 7e puisque je sautais une classe. Mon père me fit donner pendant les vacances d'été à Jaulny des cours par Monsieur Marmois, l'instituteur. Essentiellement de petits cours de grammaire et d'arithmétique (opérations sur les fractions). De plus, pour m'éveiller l'esprit, Monsieur Marmois me prêtait Rallye, un hebdomadaire pour la jeunesse, où bandes dessinées et textes documentaires étaient alternés. Je crois avoir contenté Monsieur Marmois, car, en plus de son enseignement, il m'a apprit à nager dans le Rupt-de-Mad, au lieu-dit La Fosse.

Grâce à cet instituteur, j'ai réussi en rentrer en 7e à Saint-Joseph. Mes frères M. et P. me dirent que j'avais décroché la timbale. C'est en retrouvant son nom dans le Didot-Bottin de 1949 et dans Geneanet, que j'ai voulu rendre ce petit hommage à ce hussard noir de la République.

Camille Émile Marmois, né en 1912 à Rembercourt-sur-Mad, décédé en 1984 à Thiaucourt.

lundi 8 juin 2020

Proust, carafes, bouteilles, petits poissons et vairons

"Malgré cette odeur de branche cassée, de linge mouillé, ce qui surnageait, c'était la tendre odeur des lilas. Elle venait à moi comme tous les jours, quand j'allais jouer au parc situé hors de la ville, bien avant même d'avoir aperçu de loin la porte blanche près de laquelle ils balançaient, comme des vieilles dames bien faites et maniérées, leur taille flexible, leur tête emplumée, l'odeur des lilas venait au-devant de nous, nous souhaitait la bienvenue sur le petit chemin qui longe en contre-haut la rivière, là où des bouteilles sont mises par des gamins dans le courant pour prendre le poisson, donnant une double idée de la fraîcheur, parce qu'elles ne contiennent pas seulement der l'eau, comme sur une table où elles lui donnent l'air du cristal, mais sont contenues par elle et en reçoivent une sorte de liquidité, là où, autour des petites boules de pain que nous jetions, s'aggloméraient en une nébuleuse vivante les têtards, tous en dissolution dans l'eau et invisibles l'instant d'avant, un peu avant de passer le petit pont de bois dans l'encoignure duquel, à la belle saison, un pêcheur en chapeau de paille avait poussé entre les pruniers bleus."
Marcel Proust, Sommeils, dans Contre Sainte-Beuve, Folio Essais, 1987, p. 56.

"Je m'amusais à regarder les carafes que les gamins mettaient dans la Vivonne pour prendre les petits poissons, et qui, remplies par la rivière, où elles sont à leur tour encloses, à la fois contenant aux flancs transparents comme une eau durcie, et contenu plongé dans un plus grand contenant de cristal liquide et courant, évoquaient l'image de la fraîcheur d'une façon plus délicieuse et plus irritante qu'elles n'eussent fait sur une table servie, en ne la montrant qu'en fuite dans cette allitération perpétuelle entre l'eau sans consistance où les mains ne pouvaient la capter et le verre sans fluidité où le palais ne pourrait en jouir. Je me promettais de venir là plus tard avec des lignes [le petit Marcel n'est pas revenu plus tard] ; j'obtenais qu'on tirât un peu de pain des provisions du goûter ; j'en jetais dans la Vivonne des boulettes qui semblaient suffire pour y provoquer un phénomène de sursaturation, car l'eau se solidifiait aussitôt autour d'elles en grappes ovoïdes de têtards inanitiés qu'elle tenait sans doute jusque-là en dissolution, invisibles, tout près d'être en voie de cristallisation."
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Le Livre de Poche Classique, 1992, p. 214.

Sursaturation, solidification, dissolution, cristallisation, des termes empruntés au vocabulaire scientifique. Voir :
- Jean Mouton, Le Style de Marcel Proust, Paris, A.G. Nizet, 1973, p. 90-91.


Le Rupt-de-Mad vu du chemin de la Taie à Jaulny

Comme les gamins qui mettaient des carafes dans la Vivonne pour attraper des petits poissons, mon frère et moi, en vacances d'été chez notre grand-mère, utilisions la même méthode, et pour cela nous préparions des bouteilles en verre pour prendre des vairons dans le Rupt-de-Mad. 
Dans le petit atelier de dessous la terrasse de la maison de notre grand-mère, où était installé un établi pour le bricolage, mon frère faisait sauter le fond du cul de deux  bouteilles de 1 litre en verre blanc avec un tournevis et un marteau. Pendant ce temps-là, je découpais deux entailles longitudinales dans deux bouchons de liège, pour que, une fois les bouteilles mises dans la rivière, l'eau puisse s'écouler. 
Les deux bouteille préparées, nous descendions le chemin de la Côte du Friche jusqu'au pont qui mène à l'ancienne halte ferroviaire. Dans la rivière, de l'eau jusqu'à mi-cuisse, nous placions les bouteilles dans un "coulant", le cul vers Rembercourt. Après, nous montions à la maison pour le goûter. Une heure plus tard, impatients, nous redescendions vite pour relever nos bouteilles. Pêche miraculeuse, une dizaine de vairons ! Nous vidions les bouteilles dans un petit seau. Et au repas du soir,  nous mangions nos petits poissons en friture.

vendredi 21 décembre 2018

Jaulny - Le Rupt-de-Mad sous les Futeries


Le Rupt-de-Mad rive gauche vu du lieu-dit Sous les Futeries 
Jaulny

dimanche 9 décembre 2018

le Rupt-de-Mad à Jaulny au lieu-dit En Desvigné


Le Rupt-de-Mad rive droite vu du lieu-dit En Desvigné

jeudi 6 décembre 2018

le Rupt-de-Mad à Jaulny au lieu-dit la Taie


Le Rupt-de-Mad vu du pont menant à l'ancienne halte ferroviaire
Jaulny

dimanche 26 octobre 2014

la suzée, larve de phrygane en Lorraine

Je reviens au Dictionnaire du français régional de Lorraine de Jean Lanher et Alain Litaize (Bonneton, 1990). Après avoir regardé caramougnâ, je l'ai feuilleté et j'ai été surpris de ne pas trouver le substantif  suzée. 
Dans mon enfance, à Jaulny, pour pêcher, je descendais au Rupt-de-Mad pour trouver sur des pierres au fond de l'eau, à un endroit peu profond, des suzées. Ce sont des larves de phrygane. La larve blanche est enfermée dans un petit fourreau rigide noirâtre de 2,5 cm de long environ. Elles me servaient d'appâts.
Daniel Bontemps en parle dans Jeux et jouets en Lorraine (Éditions Serpenoise, 2005), mais sous le nom de bêtes de bois.
"Les pieds dans l'eau tout l'été, les gamins de Badménil (Vosges) s'amusaient à recueillir des bêtes de bois sur les pierres, larves recouvertes d'une gaine fibreuse ayant l'aspect d'un morceau de brindille. Elles servaient parfois d'amorce pour pêcher" (p. 168).
Et aussi :
Jacqueline Mougin, Patois de Lorraine. Le parler de chez nous en Meurthe-et-Moselle, Haroué, Gérard Louis éditeur, 2005, p. 137. Suzée n.f. - porte-bois, larve de phrygane servant d'appât pour les poissons (Nancy, Malzéville).
-
Demande. — Quel est le nom scientifique
du petit animal appelé suzée à Nancy et
chazée dans la Meuse, qui sert d'appât aux 
pêcheurs à la ligne?
Réponse. — La suzée est la larve de la
libellule, appelée vulgairement demoiselle.
L’Est Républicain du 10 septembre 1902.

samedi 12 avril 2014

confluent du Rupt-de-Mad et de la Moselle à Arnaville



Le Confluent du Rupt-de-Mad et de la Moselle
Arnaville

mardi 23 juillet 2013

colverts sur le Rupt-de-Mad


Cinq colverts sur le Rupt-de-Mad
quatre mâles et une femelle

mercredi 8 mai 2013

le Rupt-de-Mad à Bauland-Waville


Passerelle en bois sur le Rupt-de-Mad à Bauland
Waville (Meurthe-et-Moselle)

samedi 13 avril 2013

le printemps à Bouillonville


Enfin, le printemps !
Bouillonville, canton de Thiaucourt, Meurthe-et-Moselle

samedi 23 février 2013

le Rupt-de-Mad en hiver