Affichage des articles dont le libellé est Don Quichotte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Don Quichotte. Afficher tous les articles

vendredi 18 octobre 2024

Gérard Garouste, La Lettre pour Dulcinée du Toboso



Gérard Garouste, La Lettre
Don Quichotte tenant sa lettre à Dulcinée du Toboso
1998, huile sur toile - Don Quichotte I, chapitre XXV
Exposition ENCHANTÉ -13.09.2024 > 16.11.2024
Puzzle - Thionville
-
Lettre de Don Quichotte à Dulcinée du Toboso :
Souveraine et haute Dame,
Le féru de la pointe d'absence et le navré au fond du cœur, très douce Dulcinée du Toboso, t'envoie la santé qu'il 'a pas. Si ta beauté me dédaigne, si ta valeur n'est pas à mon profit, si tes dédains sont à mon détriment, encore que je sois assez patient, je pourrai mal me soutenir en cette affliction, car, outre qu'elle est pénible, elle est fort durable. Mon bon écuyer Sancho te fera une relation complète, ô belle ingrate et mon aimée ennemie, de l'état où je suis à cause de toi : si tu as envie de me secourir, je suis à toi, et sinon, fais ce que te plaira, car, en finissant ma vie, j'aurai satisfait à ta cruauté et à mon désir.
À toi jusqu'à la mort.
LE  CHEVALIER  DE  LA  TRISTE  FIGURE.
(traduction de César Oudin, revue par Jean Cassou)

lundi 20 mai 2019

Paul Flickinger, Don Quichotte sur un cheval de bois à roulettes


Paul Flickinger, Don Quichotte sur un cheval de bois à roulettes
(le titre du tableau est du photographe)
huile sur toile - 2018 - 160 x 130 cm
Exposition Flickinger  de  7 à 77  ans
Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson
11 mai   >  22 septembre 2019

Paul Flickinger, Don Quichotte



Paul Flickinger, Don Quichotte
une peinture sous altuglas, 80 x 70 cm
trois peintures sur toile, 48 x 48 cm
2016
Exposition Flickinger  de  7 à 77  ans
Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson
11 mai   >  22 septembre 2019

mardi 18 janvier 2011

une phrase célèbre du "Quichotte"

" Sabete, Sancho, que no es un hombre mas que otro si no hace mas que otro." Miguel de Cervantes, El Ingenosio Hidalgo Don Quijote de la Mancha, I (1605), Madrid, Catedra, 2009, capitulo XVIII, pag. 266.
-
Traduction par César Oudin, 1614, revue par Jean Cassou, 1949 :
" Sache, Sancho, qu'un homme n'est pas plus qu'un autre s'il ne fait plus qu'un autre."
Traduction par Louis Viardot, 1836 :
" Apprends, ô Sancho, qu'un homme n'est pas plus qu'un autre, s'il ne fait plus qu'un autre."
Traduction par Jean Canavaggio, 2001 :
" Apprends, Sancho, qu'un homme ne vaut pas plus qu'un autre, s'il ne fait plus qu'un autre."
Traduction par Jean-Raymond Fanlo, 2008 :
" Apprends, Sancho, qu'un homme n'est pas plus qu'un autre homme, mais qu'il fait plus que lui."

Cette dernière traduction est difficilement compréhensible lors d'une première lecture. Pourquoi avoir traduit ainsi, alors que la traduction littérale était très facile à comprendre ?

mardi 4 janvier 2011

une belle métaphore de la traduction

" Pero, con todo esto, me parece que el traducir de una lengua en otra, como no sea de las reinas de las lenguas, griega y latina, es como quien mira los tapices flamencos por el revés ; que aunque se veen las figuras, son llenas de hilos que las escurecen, y no se veen con la lisura y tez de la haz ; y el traducir de lenguas faciles, ni arguye ingenio ni elocucion, como no le arguye el que traslada, ni el que copia un papel de otro papel." (Don Quijote, II (1615), capitulo LXII)
-
" Néanmoins, à ce qu'il me semble, traduire d'une langue dans une autre, dès lors qu'il ne s'agit pas des deux langues reines, la grecque et la latine, c'est comme regarder au rebours les tapisseries de Flandres ; bien que l'on en distingue les figures, elles sont pleines de fils qui les voilent et ne se voient point avec l'uni et la couleur de l'endroit ; et la traduction que l'on fait des langues faciles ne manifeste ni grand esprit ni grande éloquence, pas plus que ne les requiert celui qui transcrit ou copie d'une feuille sur l'autre. " (traduction Jean Canavaggio)

samedi 1 janvier 2011

départ de Sancho Panza pour l'île de Barataria

Charles Joseph Natoire (1700-1777)
Départ de Sancho Panza pour l'île de Barataria
château de Compiègne - (c) RMN
-
" Salio, en fin, Sancho, acompañado de mucha gente, vestido a lo letrado, y encima un gaban muy ancho de chamelote de aguas leonado, con una montera de lo mismo, sobre un macho a la jineta, y detras dél, por orden del Duque, iba el rucio, con jaeces y ornamentos jumentiles de seda y flamantes. Volvia Sancho la cabeza de cuando en cuando a mirar a su asno, con cuya compañia iba tan contento, que no se trocara con el Emperador de Alemania. Al despedirse de los Duques, les beso las manos, y tomo la bendicion de su señor, que se la dio con lagrimas, y Sancho la recibio con pucheritos." Don Quijote, II (1615), capitulo XLIV.
-
1. Traduction de François de Rosset, 1618, revue par Jean Cassou, 1949 :
" Sancho partit enfin en nombreuse compagnie, habillé en lettré, et portant un grand manteau de camelot ondé et de couleur fauve, avec un bonnet de même étoffe, montant un mulet à la genette, et, derrière lui, venait par ordre du duc, le grison, harnaché pompeusement et décoré d'ornements chevalins de roche soie. Sancho tournait la tête à tout coup pour regarder son âne, dont la compagnie le rendait si content qu'il n'eût pas changé son sort pour l'empire d'Allemagne. En prenant congé du duc et de la duchesse, Sancho leur baisa les mains et reçut la bénédiction de son maître, qui la lui donna la larme à l'oeil, et Sancho la reçut avec de gros soupirs qui ne l'embellissaient point."
-
2. Traduction de Louis Viardot, 1836 :
" Enfin Sancho partit, accompagné d'une foule de gens. Il était vêtu en magistrat, portant par-dessus sa robe un large gaban de camelot fauve, et, sur la tête, une montera de même étoffe. Il montait un mulet, à l'écuyère, et derrière lui, par ordre du duc, marchait le grison, paré de harnais en soie et tout flambants neufs. De temps en temps Sancho tournait la tête pour regarder son âne, et se plaisait tellement en sa compagnie, qu'il ne se fût pas troqué contre l'empereur d'Allemagne. Quand il prit congé du duc et de la duchesse, il leur baisa les mains ; puis il alla prendre la bénédiction de son seigneur, qui la lui donna les larmes aux yeux, et que Sancho reçut avec des soupirs étouffés comme un enfant qui sanglote. "
-
3. Traduction de Claude Allaigre, 2001 :
" Finalement Sancho partit avec une nombreuse escorte, en tenue de lettré avec, par-dessus, un très ample manteau en camelot à reflets fauves, coiffé d'un bonnet de même tissu, sur un mulet sellé à la genette ; derrière lui, sur ordre du duc, suivait le grison, paré d'un harnais de soie et d'ornements asiniens flambant neufs. Sancho tournait la tête de temps en temps pour regarder son âne dont la compagnie le rendait si heureux qu'il n'aurait pas changé son sort pour tout l'empire d'Allemagne.
En prenant congé du duc et de la duchesse, il leur baisa les mains, puis il reçut la bénédiction de son maître, qui la lui donna les larmes aux yeux, tandis que Sancho faisait des grimaces pour retenir les siennes. " -
4. Traduction de Jean-Raymond Fanlo, 2008 :
" Sancho partit enfin, accompagné de beaucoup de monde, vêtu en juriste sous son très ample manteau en camelot ondé de couleur fauve, avec un bonnet de même étoffe. Il montait à la genette un mulet, et derrière lui suivait, conformément aux ordres du duc, le roussin avec de flamboyants harnachements et des ornements âniers en soie. De temps à autre, Sancho tournait la tête pour regarder son âne, dont la compagnie le rendait si joyeux, qu'il n'aurait pas changé sa place pour celle de l'empereur d'Allemagne.
En prenant congé du duc et de la duchesse, il leur baisa les mains, et il prit la bénédiction de son maître, qui la lui donna les larmes aux yeux. Il la reçut en étouffant les siennes."

mercredi 8 décembre 2010

voies cervantines d'un bourg de l'île de Tenerife








Il existe une petite ville en Espagne où on a donné aux voies d'un quartier en bord de mer les noms de personnages et de montures tirés du Don Quichotte de Cervantès :
- Peatonal Miguel de Cervantes
- Calle Don Quijote
- Calle Sancho Panza
- Paseo Maese Nicolas (i.e. le barbier)
- Calle Dulcinea del Toboso
- Calle Rossinante
- Calle Rucio (le grison de Sancho Panza)

mardi 7 décembre 2010

Sancho Panza a retrouvé son grison


Sancho Panza a retrouvé son âne
volé par Passamonte
illustration de Georges Roux
-
Texte :
" Como has estado, bien mio, rucio de mis ojos, compañero mio ? "
Cervantes, El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, I (1605), chapitre XXX.
Traduction de César Oudin, 1614, revue par Jean Cassou, 1949 :
" Comment t'es-tu porté, mon unique bien, grison de mon âme et compagnon de mes travaux ? "
Traduction de Jean-Raymond Fanlo, 2008 :
" Comment vas-tu, mon roussin de mon cœur, mon cher compagnon ? "
Notes :
- Como has estado est un passé, Oudin le traduit bien. Comment allais-tu (chez ce voleur de Passamonte). Pourquoi traduire au présent ?
- bien mio = mon bien, tout simplement.
- rucio = grison et non roussin. Un roussin est un cheval un peu épais dont on se servait pour la chasse ou la guerre.
Sancho tient à son grison comme à (la prunelle de) ses yeux ? Cette interprétation va trop loin. De mon âme, ou de mon cœur conviennent tous les deux.
- compañero mio = mon compagnon, tout simplement. Pourquoi en rajouter ?

dimanche 19 septembre 2010

El Quijote


" Y cuando él vio que el pobre caballero llegaba cerca, sin ponerse con él en razones, a todo correr de Rocinante le enristro con el lanzon bajo, llevando intencion de pasarle de parte a parte. "

Isabel Castells, El Quijote en el Mundo

jeudi 16 septembre 2010

une nouvelle traduction de Don Quichotte

(photo JLJ)
Cervantès, Don Quichotte, tome 1, chapitre IV, Le Livre de Poche classique, 2010, p. 105.
Traduction de Jean-Raymond Fanlo, 2008 :
" - ... je (le laboureur à son jeune valet Andrès) jure par tout ce qu'il y a d'ordres et de chevaleries au monde de te payer comme j'ai dit , réal par réal, avec un peu de parfum (1), même.
- Du parfum je te fais grâce, dit Don Quichotte (au laboureur). Donne-lui ces réaux et c'est assez pour moi. Et veille à t'acquitter comme tu l'as juré. Sinon, par le même serment je te jure que je reviendrai te chercher et te châtier ! Et je te trouverai, même si tu étais mieux caché qu'un lézard ! Et si tu veux savoir qui te donne cet ordre, afin d'avoir plus authentique obligation de le respecter, sache que je suis le valeureux don Quichotte de la Manche, le redresseur de torts et d'injustices, et va en Dieu, et garde à l'esprit ce que tu as promis et juré, sous peine de la peine prononcée."
-
Cervantès, Don Quichotte, I, chapitre IV, Bibliothèque de la Pléiade, 1949, p. 51.
Traduction de César Oudin, 1614, revue par Jean Cassou, 1949 :
" - ... je vous jure par tous les ordres de chevalerie qu'il y a au monde que je vous payerai, comme j'ai dit, un réal sur l'autre, et encore avec gratification.
- Quant à la gratification, je vous en fais grâce, dit don Quichotte ; payez-le seulement en bons réaux, je m'en contente ; mais regardez bien que vous le fassiez comme vous l'avez juré, ou autrement je vous jure par le même serment que je vous reviendrai chercher et châtier, et que je vous trouverai bien, vous dussiez-vous cacher mieux qu'un lézard ; et, si vous désirez savoir qui vous mande ceci, afin que vous soyez plus à plein obligé de l'accomplir, sachez que je suis le valeureux don Quichotte de la Manche, le défaiseur de torts et injures, et adieu vous dis, et vous ressouvenez de ce que vous avez promis et juré sous peine du châtiment prononcé."
-
1. L'amusant et ironique substantif parfum est sahumados (perfumados, en demostracion de buena voluntad) dans le texte de Cervantès. Cela fait penser à Rabelais, dans Le Tiers Livre, chap. XXXVII : La Cour vous dit que le faquin qui a mangé son pain au fumet du rôt, a payé civilement le rôtisseur au son de son argent.