Ma
première visite d'Assouan a eu lieu en 1999. J'y suis arrivé le 2 février,
exactement deux cents ans jour pour jour après l'arrivée du général Desaix en
cette même ville. Desaix était à la poursuite de Mourad Bey, chef mamlouk, qui
se dérobait devant lui et qui finalement se retira au sud de la 1ère Cataracte.
Vivant Denon, qui était attaché à la suite du général Belliard, nous indique
que les Français érigèrent à la sortie d'Assouan une colonne milliaire, scène
qui a fait le sujet d'un tableau (1). Le général de division Desaix donna au général
de brigade Belliard la mission de se fortifier à Assouan. La Haute-Egypte fut découpée
en arrondissements et Belliard reçut le gouvernement de l'arrondissement le
plus au sud qui comprenait les localités de Syène (Assouan), Biban, Edfou,
Esneh (Esna). A Syène, il avait à sa disposition deux petits bâtiments de
guerre (canonnières ?), La Strasbourgeoise et L'Ethiopienne.
Tout
en bas de l'escalier du nilomètre du temple de Satet de l'île d'Eléphantine,
j'ai photographié deux graffiti : le nom du général Belliard et le nom encadré de
Castex, le sculpteur qui faisait partie de la mission scientifique
Costaz. Je n'en suis évidemment pas l'inventeur.
(1) Ce
n'est pas exactement ce que représente le tableau de Jean Charles Tardieu (1765-1830),
Halte de l'armée française à Syène en Haute-Egypte le 2 février 1999 (Musée des
châteaux de Versailles et de Trianon). Un soldat inscrit sur un pan de mur d'un
édifice égyptien en ruine : Route de Paris à Syène, n° onze cent soixante-sept
mille trois cents quarante (sic) = 167 340. Une colonne milliaire a-t-elle
vraiment été érigée ?
- Clément
de La Jonquière, L'Expédition d'Egypte, Paris, 1899-1907, tome III, p. 538-549.
- Jean-Marie
Carré, Voyageurs et écrivains français en Egypte, I.F.A.O., Le Caire, 1956,
tome 1. Vivant Denon, p. 119-143. Commission des sciences et arts de l'armée
d'Orient, p. 145-167.
-
Henry Laurens, L'Expédition d'Egypte, 1798-1801, collection Points Histoire, 1997,
p. 226-228
