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jeudi 11 juin 2026

une croix de Haute-Sierck, Moselle



Croix du XIXe siècle
Haute-Sierck, Moselle

lundi 25 mai 2026

la croix Walser de Kirsch-lès-Sierck-Rustroff, Moselle




La croix Walser
Kirsch-lès-Sierck - Rustroff, Moselle
 

dimanche 22 février 2026

la solitude de la croix de pierre


Croix de Nervieux, Loire, fin  XVe siècle, dessin de Louis Bernard

"Écoute, jeune fille, toi qui pleures de n'être pas aimée, je te raconterai combien est grande la solitude de cette croix de pierre qui se dresse là-bas. Nul n'a souci d'elle, elle est à l'abandon. 
Nul ne la fleurit ou s'incline devant elle. Nul ne la maudit non plus. Car s'il y eut autrefois des passants qui s'agenouillèrent et se signèrent devant elle, il y en eut aussi qui jetèrent des jurons et des crachats au pied de son socle.
Prières et blasphèmes se sont tus depuis longtemps. Mais je ne les ai pas oubliés. Je sais que chaque prière qui fut adressée à Dieu, face à la croix de pierre, fut entendue et recueillie. Chaque prière, qu'elle fût de louange ou de lamentation, se fit murmure qui respira dans la pierre, souffle qui s'exhala du torse de la croix, et le grain du granit devenait alors pareil à celui d'une peau d'homme. Je sais aussi que chaque crachat qui fut lancé contre elle l'a blessée comme un outrage, comme la trahison d'un frère, le reniement d'un fils, comme la malédiction d'un père. Et j'ai vu sur la pierre perler une sueur de sang.
Écoute, jeune fille, toi qui pleures d'aimer sans l'être en retour, je te raconterai le combat incessant que doit livrer cette croix. Le vent, les pluies, le gel ont érodé sa pierre, le lichen la ronge, les crachats l'ont souillée. Mais elle demeure droite, les bras ouverts, le torse offert dans la plus nue des nudités. Son endurance est infinie. Et pourtant sa vulnérabilité est extrême. Elle résiste en silence, ne cède à aucune tentation."  
Sylvie Germain, Immensités, Gallimard, 1993, p. 164-165.

Pour la croix ci-dessus :
Louis Bernard, Les Croix monumentales du Forez, Saint-Étienne, Conseil général de la Loire, 1971, p. 50.

lundi 27 avril 2020

la croix de mission déplacée dans L'Iris de Suse de Giono

"Il a fait deux choses [le baron de Quelte] : un bassin, et il a déplacé une croix. Le basin est là-haut, à Quelte, un grand bassin dans le rocher et plein de poissons. La croix, c'est celle de la mission de 1899. L'évêque et l'archevêque étaient venus avec des vols de corbeaux, et des bannières, et des cantiques, et la foire. En principe ça devait se refaire tous les ans. Le baron dit non. "Moi, François de Quelte, je dis non. Cette montagne n'est pas à vous. À cinq cents, pleins d'encensoirs, vous arrivez ici avec vos pieds sales ; allez vous promener ailleurs. Vous venez planter une croix ? Votre foi déplace les montagnes ; moi je déplace les croix." On ne l'écoute pas ; même on rigole et à grand renfort d'archi-trucs (qui avaient des voix de basse) on te plante la croix de la mission (1899) en belle vue de Quelte, sur un mamelon. Et on s'en retourne, le devoir accompli, en chantant à pleine voix. Ça n'a pas traîné. Subito presto. Huit jours après, chez l'archevêque, ou une huile quelconque, on sonne à la porte. C'était la croix, avec le socle, et les salutations de Monsieur de Quelte. D'ailleurs, il était là en personne, en grand uniforme, avec son col à manger de la tarte et à la main sa canne-épée. La croix est maintenant dans le Valgaudemard, dans un coin perdu. Oh ! C'est un sacré zouave." 😂
Jean Giono, L'Iris de Suse, Gallimard, 1970, p. 52-53.

vendredi 10 avril 2020

pour la paix, ils étaient trois pour porter une croix à La Salette

- Dis-moi, Catherine, il paraît que c'est toi qui loges les trois garçons qui sont arrivés hier soir ?
- Oui, ils ont mis le pied sur ma porte en même temps que la lune.
- Qu'ont-ils fait de la grosse croix en bois qu'ils portaient ?
- Ils l'ont couchée contre le mur de la chambre où je les soigne.
- Sont-ils bien malades ?
- Ils sont jeunes et ils ont des carcasses. Mais le blond a l'épaule droite écorchée et le sang qui coule est noir. Le gros s'est profondément coupé entre lui parce qu'il est gras comme un thon quoique bien bâti. Il est sur son lit, les jambes écartées. Le petit est sec comme un sarment. C'est celui qui a le mieux résisté, à part les pieds : les orteils sont comme des mûres. Ils m'on dit qu'ils venaient de loin. De l'autre bout de la France.
- Tu sais où c'est ?
- Plus de mille kilomètres d'ici, du côté de l'Espagne.
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C'est une croix pour la paix du monde. Ils ont tous les trois de beaux yeux. Le blond les a clairs comme de l'eau, le noir les a noirs et le gros les a bleus comme des bleuets. C'est une idée que des garçons ont eue. Ils ont d'abord tous travaillé à faire la croix très solide pour qu'elle dure longtemps et exactement de la taille de celle qu'a portée Jésus, même un tout petit peu plus grosse. Faut ce qu'il faut. Ils ont cherché un sanctuaire éloigné. Ils le voulaient aussi très haut dans la montagne. Ils ont trouvé La Salette. Alors, les garçons qui ont été désignés pour faire la chose se sont chargé la croix sur l'épaule et ils sont partis. Ils éraient trois parce que, malgré tout, il s'agit de ne pas prendre pour le premier moutardier du pape. Ce que j'ai trouvé être un bon sentiment. Ils m'ont parlé des villes qu'ils ont traversées et des fleuves qu'ils ont passés (sur des ponts) et des montagnes qu'ils ont escaladées puis descendues pour remonter sur d'autres. Ça me plaisait beaucoup.

Jean Giono, "La Croix", dans Faust au village, Paris, Gallimard, 1977, p. 47 et 51-52.
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En avril 1992, j'ai vu à Los Angeles, dans El Pueblo, un chicano (appellation non péjorative) marchant sur un trottoir en  portant une grande croix en bois, suivi de plusieurs coreligionnaires. Le bas de la haste de la croix possédait une roulette.

la croix de 1696 de Garnich, Luxembourg


Croix de 1696 de Garnich, Grand Duché de Luxembourg
Pietà - sainte Catherine sur le fût
(photo JLJ 1992)
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Joseph Hirsch, "Vierges de pitié luxembourgeoises", dans Hémecht, 1967, n° 3, p. 326 : Le calvaire de Garnich est contemporain de la consécration de l'église. Une niche encadrée de deux chérubins abrite une Vierge de pitié homogène. Le Christ est sans tête. 1696. Illustration p. 331.

samedi 1 août 2015

la croix de 1612 de Schengen, Luxembourg



Croix avec cadran solaire daté 1612
Schengen, Luxembourg

mardi 18 mars 2014

Adrien Printz devant la croix d'Edange




Adrien Printz (1908-1987) devant la croix d'Édange de 1770
peinture murale Le vieil Edange d'un immeuble collectif par Greg Gawra
1 9 9 1
Rémelange, commune de Fameck, Moselle
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Nicolas Potier, Mireille-Bénédicte Bouvet, Le Patrimoine du Val de Fensch, Metz, Serge Domini Éditeur, 2005, p. 194.
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Adrien Printz, écrivain lorrain et historien de la Vallée de la Fensch, Moselle. 
Son oeuvre :
- Les vaines enfances, 1935.
- Chronique lorraine 1940-1944, 1945.
- La Chapelle de Morlange, 1949.
- Vieilles pierres de pays, ou Art et foi d'autrefois et de toujours, 1951.
- Naissance d'une ville dans la vallée de la Fensch, Serémange-Erzange, 1954.
- Copeaux, 1954.
- De fer et de fumée : Les Années critiques, 1955.
- Un haut-lieu de chez nous, Hombourg-sur-Canner, 1956.
- La Vallée usinière, 1966.
- Usines 66. Reportage scénique, avec gravures de Jean Vodaine 1966.
- Les Immigrés, 1970.
- Le Bon-Dieu-de-Pitié en Lorraine, en collaboration avec André et J.-P. Lepape, 1970.
- L'ancien et le nouveau Fameck, 1972.
- Uckange à travers les âges et ses gens, 1974.
- Poésies complètes, 1975.
- Hayange d'un siècle à l'autre, 1980.
- Histoire d'un ruisseau, 1980.