mardi 6 octobre 2026

la rareté d'art chinois et le tableau de l'Ecce homo d'un cabinet d'art

"J'entrai un jour avec un homme de qualité dans un cabinet d'art où étaient de belles raretés. Parmi les tableaux, je ne goûtai rien mieux qu'un Ecce homo pour l'expression de miséricorde par quoi il ravissait pour ainsi dire les spectateurs en compassion ; à côté se trouvait une charte de papier peinte en Chine où étaient des faux dieux des Chinois en majesté, dont une partie étaient faits comme des diables ; le maître de maison me demanda quelle pièce de son cabinet d'art me plaisait le mieux. Je montrai l'Ecce homo, mais il dit que je me trompais, car la peinture chinoise était plus rare et par conséquent plus précieuse ; il ne l'aurait pas donnée contre dix Ecce homo. Je répondis : « Monsieur, votre cœur est-il comme votre bouche ? » Il dit : « J'y veille. » Sur quoi je dis : « Ainsi le dieu de votre cœur et celui de votre bouche avoue que le portrait est le plus précieux. » « Rêveur ! » dit cet autre, « J'estime la rareté. » Je répondis : « Est-il chose plus rare et plus admirable  que le fait que le Fils de Dieu ait souffert pour nous comme nous le représente ce tableau ? »"
Grimmelshausen, Les aventures de Simplicissismus, Paris, Fayard, 1990, p. 72.

Komm, Trost der Nacht, o Nachtigall, un des plus beaux poèmes de la langue allemande

Grimmelshausen a écrit un des plus beaux poèmes de la langue allemande :

Komm, Trost der Nacht, o Nachtigall,
Laß deine Stimm mit Freudenschall,
Aufs lieblichste erklingen;
Komm, komm, und lob den Schöpfer dein,
Weil andre Vöglein schlafen sein,
Und nicht mehr mögen singen!
Laß dein Stimmlein,
Laß erschallen, dann vor allen
Kannst du loben
Gott im Himmel hoch dort oben.

Obschon ist hin der Sonnenschein,
Und wir im Finstern müssen sein,
So können wir doch singen;
Von Gottes Gut und seiner Macht,
Weil uns kann hindern keine Macht,
Sein Lob zu vollenbringen.
Drum dein Stimnilein,
Laß erschallen, dann vor allen
Kannst du loben
im Hinirnel hoch dort oben.

Echo, der wilde Widerhall
Will sein bei diesem Freudenschall,
Und lasset sich auch hören;
Verweist uns alle Müdigkeit,
Der wir ergeben allezeit,
Lehrt uns den Schlaf betören.
Drum dein Stimmlein,
Laß erschallen, dann vor allen
Kannst du loben
Gott im Himmel hoch dort oben.

Die Sterne, so am Himmel stehn,
Sich lassen zum Lob Gottes sehn,
Und Ehre ihm beweisen,
Die Eul auch die nicht singen kann,
Zeigt doch mit ihrem Heulen an,
Daß sie Gott auch tu preisen.
Drum dein Stimmlein,
Laß erschallen, dann vor allen
Kannst du loben
Gott im Himmel hoch dort oben.

Nur her, mein liebstes Vögelein,
Wir wollen nicht die faulste sein,
Und schlafend liegen bleiben,
Vielmehr bis daß die Morgenrot,
Erfreuet diese Wälder öd,
In Gottes Lob vertreiben.
Laß dein Stimmlein,
erschallen, dann vor allen
Kannst du loben
Gott im Himmel hoch dort oben. 

Traduction de Jean Amsler :

Rossignol, réconfort du soir,
Fais sonner ton chant dans le noir,
Lorsque la nuit s'avance,
Viens, viens chanter ton créateur
Lorsque tout autre oiseau chanteur
Observe le silence.

Fais résonner tes hymnes pures,
Car de toutes les créatures
C'est toi qui célèbre le mieux
Celui qui règne dans les cieux.

Bien que le soleil soit enfui,
Nous laissant chétifs dans la nuit,
Chantons avec les anges
De Dieu la grâce et la grandeur ;
Même la nuit chantons en chœur, 
Achevons ses louanges.

L'écho farouche du désert
Veut être de notre concert ;
Sa voix se fait entendre
Et tient nos esprits en éveil,
Chassant de nos yeux le sommeil
Qui pourrait nous surprendre.

Les astres qui sont dans le ciel
Luisent pour louer l'Éternel
Et pour lui rendre hommage ;
Il n'est jusqu'au triste hibou
Invisible qui, 
de son trou,
Ne mêle son ramage.

Et bien ! petit oiseau chéri
Nous voulons le chanter aussi
Et si longtemps qu'Aurore
Ne réchauffe ce triste lieu
Nous chanterons l'espoir en Dieu
Nous chanterons encore.

- Grimmelshausen, Les aventures de Simplicissimus, traduction de l'allemand par Jean Amsler, préface de Pascal Quignard, Paris, Fayard, 1990, p. 32-33.
- Maxime Alexandre, "Littérature allemande", dans Histoire des littératures tome II, Encyclopédie de la Pléiade, 1956, p. 1026. Dans son Simplicissimus figure d'autre part un  des plus beaux poèmes de la langue allemande : Komm Trost der Nacht, o Nachtigall...

saint Christophe, vitrail de l'église de Chauvency-le-Château, Meuse




Saint Christophe protégez-nous
vitrail de Joseph Benoit, Nancy, 1929
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse 

les fruits du catalpa du parc Napoléon de Thionville

Les fruits du catalpa du parc Napoléon de Thionville

lundi 5 octobre 2026

saint Martin et saint Eloi, statues de l'église de Velosnes, Meuse



Saint Martin et Saint Eloi
bois, XVIIIe siècle
Église de la Nativité-de-la-Vierge-Marie - Velosnes, Meuse 

saint Augustin à Milan ; il y connaît saint Ambroise

"En ce temps-là on  manda de Milan au préfet de Rome de procurer à cette ville un professeur de rhétorique. Son voyage serait assuré par l'État. Je demandai ce poste par l'intermédiaire de ces mêmes amis qu'enivraient les folies manichéennes : c'était pour en finir avec eux que j'allais là-bas , mais nous l'ignorions eux et moi. Symmaque, alors préfet de la ville, me proposa un sujet de discours. Je satisfis à l'épreuve et il m'envoya à Milan.
Arrivé dans cette ville, j'allai voir l'évêque Ambroise, connu du monde entier comme une âme d'élite et votre pieux serviteur. Sa vaillante éloquence servait alors à votre peuple « la nourriture de votre froment » [psaume LXXX, 17], « la joie de votre huile » [psaume XLIV, 8], « la sobre ivresse » de votre vin. Vous me conduisiez à lui, à mon insu, afin qu'il me conduisît à vous en pleine conscience. Cet homme de Dieu me reçut paternellement, et se réjouit de ma venue avec une charité convenable à un évêque. Je me mis à l'aimer, non pas d'abord comme un maître de vérité (je n'espérais plus la trouver dans votre église), mais comme un homme bienveillant pour moi. Je l'écoutais assidûment parler au peuple, non point dans l'esprit qui eût convenu, mais pour me rendre compte si son éloquence  méritait la réputation qu'on lui faisait ou si elle était  au-dessus  ou au-dessous de ces louanges. Je me tenais suspendu à sa parole, insouciant et dédaigneux de ce qu'il disait. J'étais charmé par l'agrément de ce langage, plus savant que celui de Faustus [Fauste de Milève, évêque manichéen du IVe siècle], mais moins enjoué et séduisant quant au style. Pour les choses mêmes, nulle comparaison ; l'un s'égarait dans les rêveries manichéennes, l'autre enseignait la plus saine doctrine du salut. Mais le salut est loin des pécheurs, tel que j'étais alors. Et pourtant je m'en rapprochais peu à peu, sans le savoir."
Saint Augustin, Les Confessions, GF Flammarion, 2024, p. 103-104.

dimanche 4 octobre 2026

la mort de saint Martin, vitrail de l'église de Bazeilles-sur-Othain, Meuse



La mort de saint Martin
vitrail de Benoit Frères, Nancy, 1949
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse 

saint Martin guérit un lépreux, vitrail de l'église de Bazeilles-sur-Othain


Saint Martin guérit un lépreux
vitrail de Benoit Frères, 1949
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse 
 

samedi 3 octobre 2026

un épicéa commun du parc Napoléon de Thionville




 

saint Pierre et saint Paul, statues de l'église de Bazeilles-sur-Othain, Meuse



 Saint Pierre et Saint Paul du maître-autel
bois, XVIIIe siècle
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse 

dessins d'églises du canton de Montmédy, Meuse


Églises du canton de Montmédy, Meuse
© Odeline Cheron

Sur ma photo ci-dessus du panneau où sont représentées toutes les églises du canton de Montmédy,  il manque les églises de Écouviez, Fresnois, Louppy-sur-Loison, Thonne-les-Prés, Villécloye. 





Localités du canton de Montmédy
Velosnes et non Vélosnes
© Inventaire de Lorraine

le cadran solaire de l'église de Chauvency-Saint-Hubert, Meuse


Cadran solaire 
Église Saint-Hubert - Chauvency-Saint-Hubert, Meuse 

exposition TERRES D'AR(T)GILE aux Prémontrés de Pont-à-Mousson


Exposition TERRES D'AR(T)GILE
3 octobre - 13 décembre 2026
Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson

vendredi 2 octobre 2026

bannière Saint-Martin de l'église de Flassigny, Meuse


 Saint Martin priez pour nous
Bannière de l'église Saint-Martin - Flassigny, Meuse

la vaine curiosité dénoncée par saint Augustin

"Mais que de menues et méprisables bagatelles tentent chaque jour notre curiosité ! Et qui pourrait énumérer nos chutes ? Que de fois, quand on nous raconte des balivernes, nous commençons par les souffrir pour ne point offenser la faiblesse d'autrui, et puis peu à peu nous y prêtons une attention  complaisante ! Je ne vais plus au cirque voir un chien courir après un lièvre ; mais si par hasard je passe dans un champ où s'offre à moi cette vue, me voilà intéressé par la poursuite, distrait même peut-être d'une profonde pensée. Ce n'est pas au point de faire changer la route de ma monture, mais mon cœur est entraîné. Et si par cette démonstration de mon infirmité, vous ne réussissez pas à m'avertir de laisser ce spectacle et de m'élever à vous par quelque réflexion, ou encore de faire fi de tout cela et de passer mon chemin, je reste là abruti par ma vaine curiosité."
Saint Augustin, Les Confessions, GF Flammarion, 2024, p. 241-242.

l'enlèvement d'une Sabine, ivoire de Dieppe, du Musée de Commercy


L'enlèvement d'une Sabine d'après Jean de Bologne (1529-1608)
attr. à Charles Tranquille Collette (1825-1895)
ivoire, Dieppe, 2e moitié du XIXe siècle
Musée de la Céramique et de l'Ivoire- Commercy

l'armistice de saint Martin, vitrail de l'église de Bazeilles-sur-Othain, Meuse


L'Armistice de saint Martin
vitrail de Benoit Frères, Nancy, 1949
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse

jeudi 1 octobre 2026

robiniers en automne




Robiniers en automne
Parc Napoléon - Thionville

la Vierge à l'Enfant, vitrail de l'église de Velosnes, Meuse


 Vierge à l'Enfant Jésus
vitrail d'un peintre-verrier inconnu
Église de la Nativité-de-la-Vierge-Marie - Velosnes, Meuse 

la statue de saint Martin de l'église de Bazeilles-sur-Othain, Meuse


 Saint Martin
bois peint et doré, XVIIIe siècle
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse

mercredi 30 septembre 2026

plaisancier sous le pont Adenauer de Thionville


 Plaisancier passant sous le pont Konrad Adenauer
Thionville

une porte de maison de 1760 à Bazeilles-sur-Othain, Meuse


 Porte de 1760 de la maison du 1 rue sous l'Église
Bazeilles-sur-Othain, Meuse

Gérard Cady, Christian Toussaint, Bazeilles-sur-Othain, 2009, p. 83.

la sainte couronnée de l'église de Bazeilles-sur-Othain, Meuse


Sainte couronnée non identifiée (sainte Radegonde tenant un sceptre ?)
bois, XVIIIe siècle
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse

la Charité de saint Martin, vitrail de l'église de Bazeilles-sur-Othain, Meuse


 La Charité de saint Martin
vitrail de Benoit Frères, Nancy, 1949
Église Saint-Martin - Bazeilles-sur-Othain, Meuse 

mardi 29 septembre 2026

Nicolas Remy cité dans "Les aventures de Simplicissimus" de Grimmelshausen

Quant à ceux qui nient le vol des sorcières, qu'ils se représentent Simon le Magicien qui fut enlevé dans les airs par le Mauvais Esprit, et retomba grâce à la prière de saint Pierre. Nikolaus Remigius, qui fut un homme brave, savant et raisonnable et n'a pas fait brûler  qu'une demi-douzaine de sorcières dans le duché de Lorraine, dit, parlant de Johann de Hembach, que sa mère qui était une sorcière l'avait emmené avec elle à son  assemblée dans la seizième année de son âge afin, ayant appris à jouer du fifre, qu'il leur jouât une musique de danse ; à cette fin, il monta sur un  arbre, joua du fifre et regarda la danse avec attention (peut-être parce que tout lui semblait bizarre). Enfin il dit : « Dieu garde ! D'où vient tel peuple de bouffons et d'insensés ? » Mais à peine avait-il prononcé ces paroles qu'il chut à bas de l'arbre, se luxa une épaule et appela au secours, mais n'était là personne que lui ; quand par la suite il en fit des cancans, la plupart le prirent prirent une fable jusqu'à ce qu'à peu de là on arrêtât pour magie Catharina Prevotia, laquelle avait été aussi de ladite danse ; elle avoua tout comme c'était arrivé bien qu'elle ignorât que la rumeur publique disait que Hembach avait parlé."
Grimmelshausen, Les aventures de Simplicissimus, Paris, Fayard, 1990, p. 134.

Sur Nicolas Remy, voir le chapitre XI de l'Histoire de Nancy, tome II, de Christian Pfister, "Nicolas Remy et la sorcellerie à Nancy à la fin du XVIe siècle", p. 555-593.


  Éditions de l'Université de Lorraine - 2024

Présentation du livre ci-dessus : Dans La Démonolâtrie, édité en 1595, le procureur Nicolas Rémy livre un récit détaillé de plus de 900 procès en sorcellerie qu’il a conduits en Lorraine sur une période de 15 ans. L’homme de loi ne manque pas d’arguments pour justifier la traque des démons et ceux qui les adorent. L’auteur, érudit, multiplie les références aux penseurs de l'Antiquité et à la Bible, tout en prônant une violence impitoyable pour arrêter la contagion du mal. Sous son autorité, des centaines de femmes, mais aussi des hommes et des enfants, soupçonnés de faire commerce avec le diable, furent torturés, condamnés et conduits au bûcher. Un document historique aussi exceptionnel que glaçant.