LE PAYS NATAL DE JLJ : LA LORRAINE
vendredi 14 août 2026
l'Arcom est devenue une muselière
"Début août, l'Arcom tacle une séquence diffusée sur BFMTV le 5 janvier 2026, au cours de laquelle Arthur Berdah, journaliste du Figaro, évoquait l'indifférence de La France insoumise face à l'incarcération de Boualem Sansal et Christophe Gleizes. L'Arcom considère que « les allégations d'Arthur Berdah relatives au positionnement de LFI à l'égard de la situation de Christophe Gleizes ou de Boualem Sansal ne reposaient sur aucun élément factuel ».
Nous avons là d'inquiétantes illustrations de la prétention de nos actuelles institutions, sous couvert de régulation (délicieux euphémisme), d'épurer le débat public des pensées contrariant le récit convenu par la bien-pensance officielle. On ne répétera jamais assez que la liberté de communication consiste à accepter que des propos choquants ou dérangeants (on peut d'ailleurs douter qu'ils l'étaient dans l'une ou l'autre de ces deux espèces [Franz-Olivier Gisbert et Arthur Berdah]) puissent être prononcés « sans interférence d'une autorité publique ». C'est ce qu'énonce l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et c'est ce qu'implique l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789."
Jean-Éric Schoettl dans Le Figaro du jeudi 13 août 2026.
le reliquaire du Bienheureux Pierre de Luxembourg à l'église de Ligny-en-Barrois
jeudi 13 août 2026
Luc Ferry, avec raison, est contre la police de la pensée, l'Arcom
"Il y a peu, Franz-Olivier Gisbert fut rappelé à l'ordre par l'Arcom pour avoir osé dire que « s'il était juif, il n'aimerait pas vivre à Roubaix ». C'est son opinion et, du moins dans un pays encore libre, son droit absolu de l'exprimer. Au passage, la « haute autorité » en a profité pour tancer les journalistes de CNews qui ne l'ont pas contredit avec l'indignation qui, selon elle, s'imposait. Où sommes-nous, en Iran, en Chine ? On peut être en désaccord avec FOG (ce n'est pas mon cas, il n'a hélas dit que la vérité...), mais en quoi la police de la pensée doit-elle lui interdire d'exprimer sa pensée alors qu'il ne manque pas de médias publics ou privés pour le contredire si besoin ?"
"Dans ces conditions, on ne discute plus, on excommunie ! Je pourrais citer les soucis que nous connaissons tous, Onfray, Enthoven, Finkielkraut ou Philippe de Villiers en passant par FOG et votre serviteur, dès que nous osons parler sans langue de bois. On pourrait contester, argumenter, mais l'anathème, c'est tellement plus facile pour la police de la pensée ! Il va falloir désormais choisir : entrer en résistance au risque d'être interdit de parole par la bonne gauche et les autorités soi-disant « indépendantes » (en réalité, personne n'est jamais « indépendant », tout le monde a des opinions !) ou se soumettre à la langue de bois. Vraie question..."
Luc Ferry, dans Le Figaro du jeudi 13 août 2026.
Voir aussi, dans le même journal de ce jour, sur le même sujet, le très bon article de Jean-Éric Schoettl, ancien directeur général du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel de 1989 à 1992.
litanie de la Vierge Marie dans la verrière de la rose de l'église de Ligny-en-Barrois
mercredi 12 août 2026
Notre-Dame de la Salette, vitrail de l'église de Ligny-en-Barrois
statue de Pierre Barrois, général et comte de l'Empire
mardi 11 août 2026
la station VII du chemin de croix de l'église Saint-Pantaléon de Commercy
il débranche tout, il se libère de tout
"Il n'aimait personne et personne ne l'aimait, et cela lui convenait parfaitement, le respect c'était autre chose, cela allait de soi, découlait, hélas, de la bêtise humaine, contre laquelle il était impuissant, non pas qu'il s'en souciât, non, c'était le cadet de ses soucis, mais lorsqu'il y était confronté, il pouvait en souffrir terriblement, c'était du reste ce qui avait motivé sa première prise de décision, car le fait d'avoir abandonné la science, la pratique scientifique, les recherches scientifiques, n'était pas à proprement parler une décision mais la suite logique de sa perte soudaine d'intérêt pour les mousses, ces mousses auxquelles il avait consacré sa vie entière et qui lui avaient permis d'acquérir une renommée internationale, un jour, en effet, alors qu'il regardait par la fenêtre, il aperçut l'enseigne du Penny Market et une longue file d'attente qui serpentait, piaffant d'impatience, quelques minutes avant l'ouverture du magasin, tout ça parce que les tomates en grappe et la bouteille d'un demi-litre de Coca-Cola y étaient en promotion, eh bien, en voyant cela, il perdit instantanément le goût pour l'étude scientifique, se dit subitement que tout ce qu'il savait sur les mousses, ce qu'il était le seul au monde à savoir sur les mousses, était totalement superflu, non mais franchement, quel était l'intérêt d'étudier les mousses, et en plus de ça d'y consacrer sa vie entière, et plus généralement, à quoi s'intéresser à quoi que ce soit, quel était l'intérêt de figurer, comme la revue Nature l'affirmait, parmi les trois plus grands spécialistes en mousses du monde, j'en ai rien à foutre, déclara-t-il dans son légendaire langage fleuri, rien à foutre des mousses, répéta-t-il en élevant la voix, finies les mousses, je ne leur accorderai même plus un seul regard, pourquoi est-ce que je devrais les regarder ? hein ? à cause de la revue Nature ? ou pour que dans ce trou paumé, dans cette ville pourrie, tous les bouffis d'abrutis décérébrés me saluent quand ils me croisent, ou alors précisément à cause des mousses, les mousses n'en ont rien à foutre que je les observe ou pas, elles se fichent de ce que je sais d'elles, de ce que je pense d'elles, les mousses existent, un point c'est tout, et moi j'existe, un point c'est tout, et ça suffit amplement, voilà comment cela avait démarré, cependant à l'époque on ne pouvait pas encore parler de décision, mais plutôt d'un certain état psychologique dans lequel il avait lentement sombré, et si Coca-Cola et les tomates en grappe n'avaient pas été en promotion au Penny Market ce jour-là, les choses auraient peut-être pris une tournure différente, oui mais les deux étaient bradés, et lui, il avait vu la longue file serpenter devant le Penny Market, en conséquence de quoi sa vie n'avait pas pris une tournure différente, et puis un jour il réalisa que l'application qu'il avait téléchargée sur son iPhone permettant à une voix masculine larmoyante de lui indiquer l'heure précise toutes les soixante minutes ne lui était d'aucun secours, et il en eut assez de l'ordre régnant, qui ressemblait à un laboratoire de virologie, assez de devenir fou chaque fois que quelque chose n'était pas à sa place, assez de vouloir se tenir au courant de tout, car il s'intéressait non seulement aux mousses, mais carrément à tout, son iPhone, avec Twitter, Facebook, sa boîte mail, et bien entendu Linkedin, était en permanence tapi au fond de sa poche, il avait une radio dans la salle de bains, une autre dans les W.-C., trois postes de télévision, en plus des revues spécialisées, il avait été capable de s'abonner à quatre journaux hongrois, il avait décidé de tout écouter, tout regarder, tout lire, autrement dit, il avait toujours une oreille à l'affût de la moindre information, savait ce que untel avait déclaré, où avait explosé un bus, où une mère avait été battue à mort, où s'était déclarée une nouvelle épidémie, où venait d'être inaugurée la nouvelle expo de Gregor Schneider, et le jour où advint vraiment le moment de prendre la premiere décision, il fit le tour de toutes les pièces de sa maison, commença par débrancher tous les postes de radio et de télévision, les entreposa dans l'entrée, posa par-dessus tous les journaux, livres, lettres, son iPhone, et tout ce qu'il contenait, après quoi il informa la femme de ménage, en utilisant son téléphone fixe, encore en fonction, de la situation, puis débrancha l'appareil et le jeta lui aussi en haut de la pile, il se débarrassa de tout, sortit tout..."
László Krasznahorkai, Le baron Wenckheim est de retour, Paris, Éditions Cambourakis, 2023, p. 74-76.
stella octangula à l'église de Ligny-en-Barrois, Meuse
Paul Albert, professeur au Collège de France, est né à Thionville
lundi 10 août 2026
le tabernacle du maître-autel de l'église de Pagny-sur-Moselle
les armes de Ligny-en-Barrois sur le dallage de l'église de Ligny-en-Barrois
les vestiges du haut-fourneau de Menaucourt, Meuse
Les beaux restes du haut-fourneau, construit en pierre de taille avec renforts métalliques
il a fonctionné de 1829 à 1844, traitant le riche minerais provenant de Tréveray ou d'Hévilliers
1, chemin de la Forge - Menaucourt, Meuse
le Bienheureux Pierre de Luxembourg en gisant
Charles Pierson, 1887
stations XIII et XIV du chemin de croix de l'église Saint-Pantaléon de Commercy
dimanche 9 août 2026
sainte Jeanne de France, vitrail de l'église de Ligny-en-Barrois
cet ordre qui se décompose et se recompose éternellement
"En réalité il [le docteur] devait se contenter de préserver sa mémoire de la destruction qui sévissait tout autour de lui ; le jour où ‒ après que le démantèlement de la coopérative eut été ordonné et qu'il eut pris la décision de rester jusqu'à ce que son droit d'exercer soit rétabli ‒ il était monté au moulin en compagnie de la fille Horgos, il, avait observé les bruyants déménagements, les fébriles allées et venues des gens qui hurlaient , les camions qui s'enfuyaient au loin, il avait vu toute la coopérative s'effondrer sous le poids de cette condamnation à mort, et ce jour-là il avait compris : il était trop faible pour supporter cette triomphale décadence, il aurait beau se débattre, il ne pourrait pas résister à cette force destructrice qui anéantirait tout, ces masons, ces murs, ces arbres, cette terre, ces oiseaux plongeant vers le sol, ces animaux se faufilant sans bruit, le corps de ces hommes, leurs désirs, leurs espoirs, il aurait beau essayer, il serait incapable d'enrayer cette perfide offensive contre la création humaine, c'est pourquoi il avait décidé de tout faire pour imprimer dans sa mémoire cette funeste décadence, il savait avec certitude que ce que le maçon avait édifié, ce que l'ébéniste avait fabriqué, ce que la femme avait confectionné, tout ce que les hommes avaient péniblement construit allait s'effriter, se fondre en eau qui par des multiples canaux souterrains s'écoulerait vers une destination mystérieuse, mais tout resterait vivant dans sa mémoire tant que son organisme ne renoncerait pas à l' « accord qui réglementait leurs relations d'affaires », tant que les funestes vautours de la décadence ne s'attaqueraient pas à ses os et à sa chair. Il avait décidé de tout observer méticuleusement et de tout « illustrer » en ne laissant de côté aucun détail car il avait soudain compris que ne pas s'intéresser à des détails insignifiants en apparence équivalait à un aveu : nous sommes sans défense sur un pont vacillant qui relie la désintégration et un ordre rationnel, chaque évènement su minime fût-il, que ce soit l'espace délimité sur la table par les mégots de cigarette ou l'arrivée d'oies sauvages ou encore des gestes mécaniques n'ayant en apparence aucune signification, il fallait observer soigneusement, et consigner tout, ainsi, ainsi seulement, pouvait-on espérer ne pas devenir les esclaves réduits au silence, réduits en poussière, de cet ordre satanique qui se décompose et se recompose éternellement."
"Peu à peu il [le docteur] réalisa que ces longues années de travail éprouvant et acharné venaient enfin de porter leurs fruits : il avait acquis la faculté de tenir tête, par l'intervention de l'écriture, au défi lancé en permanence par l'ordre unilatéral des choses et jusqu'à un certain point il était capable de définir la structure élémentaire des événements qui apparemment tournoyaient librement !..."
László Krasznahorkai, Tango de Satan, collection Folio Gallimard, p. 85-87 et 370-371.


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