dimanche 15 février 2026

Séverine Depoulain, Maurice Barrès, écrivain et journaliste littéraire


Séverine Depoulain, Maurice Barrès, écrivain et journaliste littéraire
Honoré Champion - 2025 

l'explicit des "Revenentes" de Georges Perec

"C'est règlé, c'est feenee, c'est termeené ! Et, légèrement crevés, mets éméchés et enchentés, Hélène, Thérèse, Estelle et mezeeg, tels les Mesqetères, de se prendre les gemmes, et de les mettre de l'Evêché, et d'émerger dens les ténèbres d'Exeter, et de reprendre, pépères, le jet vers cette chère Frence."
Georges Perec, Les Revenentes, 1972.

deux tableaux abstraits de Claude Henri Schmitt


peinture sans titre - 1996 - 81 x 54 cm
(on dirait un Jean Bazaine)


peinture sans titre - 1984 - 81 x 100 cm
-
 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, 1935 - Mazirot, 2021)
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

samedi 14 février 2026

l'explicit de "La Vie mode d'emploi" de Georges Perec

"Il reposait sur son lit, tout habillé, placide et boursoufflé, les mains croisés sur la poitrine. Une grande toile carrée de plus de deux mètres de côté était posée à côté de la fenêtre, réduisant de moitié l'espace étroit de la chambre de bonne où il avait passé la plus grande partie de sa vie. La toile était pratiquement vierge : quelques traits au fusain, soigneusement tracés, la divisaient en carrés réguliers, esquisse d'un plan en coupe d'un immeuble qu'aucune figure, désormais, ne viendrait habiter."
Georges Perec, La Vie mode d'emploi, 1978.

Claude Henri Schmitt, 14 juillet à Mazirot, Vosges


 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, Moselle, 1935 - Mazirot, Vosges, 2021)
14 juillet à Mazirot, Vosges
peinture - 1984 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

"Mazirot : le petit village où CHS s’est installé avec sa famille en 1980 et où il a vécu jusqu’à sa mort en 2021. Un petit village de 200 âmes où l’on a hissé le drapeau bleu blanc rouge devant la mairie à l’occasion du 14 juillet. C’est à Mazirot, dans l’atelier qu’il s’était aménagé dans les combles de la maison familiale que CHS a produit la plus grande partie de son œuvre. "
D'après Karin Schmitt    

Claude Henri Schmitt, Algérien


 Algérien
aquarelle - 1998 - 65 x 50 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

Claude Henri Schmitt au Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz



D'après Henri Matisse
peinture - 1996 - 146 x 114 cm




Table CHS d'après Georges Braque
peinture - 1985 - 81 x 100 cm
-
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

vendredi 13 février 2026

Marcel Proust empruntant des équivalents à la liturgie catholique

"Quelquefois quand, après m'avoir embrassé, elle ouvrait la porte pour partir, je voulais la rappeler, lui dire « embrasse-moi une fois encore », mais je savais qu'aussitôt elle aurait son visage fâché, car la concession qu'elle faisait à ma tristesse et à mon agitation en montant m'embrasser, en m'apportant ce baiser de paix, agaçait mon père qui trouvait ces rites absurdes [...]. Or la voir fâchée détruisait tout le calme  qu'elle m'avait apportée un instant avant, quand elle avait penché vers mon lit la figure aimante, et me l'avait tendue comme une hostie pour une communion de paix où mes lèvres puiseraient sa présence réelle  et le pouvoir de m'endormir."

"Je voulus embrasser maman, à cet instant on entendit la cloche du dîner. « Mais non, voyons, laisse ta mère, vous vous êtes assez dit bonsoir comme cela, ces manifestations sont ridicules. Allons,  monte ! » Et il me fallut partir sans viatique ; il me fallut monter chaque marche de l'escalier, comme dit l'expression populaire « contrecœur », montant contre mon cœur qui voulait retourner près de ma mère parce qu'elle ne lui avait pas, en m'embrassant, donné licence de me suivre."

"Quand je fus en bas, elle [Françoise] était en train, dans l'arrière-cuisine qui donnait sur la basse-cour, de tuer un poulet qui par sa résistance désespérée et bien naturelle, mais accompagnée par Françoise hors d'elle, tandis qu'elle cherchait à lui fendre le cou sous l'oreille, des cris de « sale bête ! sale bête ! », mettait la sainte douceur et l'onction de notre servante  un peu moins en lumière qu'il n'eût fait, au dîner du lendemain, par sa peau brodée d'or comme une chasuble et son jus précieux égoutté d'un ciboire."

"Devant nous, dans le lointain, terre promise ou maudite, Roussainville, dans les murs duquel je n'ai jamais pénétré, Roussainville, tantôt, quand la pluie avait déjà cessé pour nous, continuait à être châtié comme un village de la Bible par toutes les lances de l'orage qui flagellaient obliquement les demeures de ses habitants, ou bien était déjà pardonné par Dieu le Père qui faisait descendre vers lui, inégalement longues, comme les rayons d'un ostensoir d'autel, les tiges d'or effrangées se son soleil reparu."

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Le Livre de Poche Classique, 2017, p. 56, 71, 167 et 197.

deux portraits inédits de René II, duc de Lorraine !!!



Deux portraits inédits de René II, duc de Lorraine, découverts par ChatGPT
dans le réseau labyrinthique segmenté de son IA
(ChatGPT n'a pas réussi à faire apparaître le vrai blason)

Claude Henri Schmitt, Wölwa I


 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, Moselle, 1935 - Mazirot, Vosges, 2021), Wölwa I
 monotype - 2006 - 81 x 65  cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

Une Wölwa est dans la mythologie germanique une magicienne ou voyante capable d'entrer en contact avec les dieux en se mettant dans un état extatique.

jeudi 12 février 2026

Ferghane Azihari, L'Islam contre la modernité

l'explicit d' "Un homme qui dort" de Georges Perec

"Non. Tu n'es plus le maître anonyme du monde, celui sur qui l'histoire n'avait pas de prise, celui qui ne sentait pas la pluie tomber, qui ne voyait pas la nuit venir. Tu n'es plus l'inaccessible, le limpide, le transparent. Tu as peur, tu attends. Tu attends, place Clichy, que la pluie cesse de tomber."
Georges Perec, Un  homme qui dort, 1967.

Clauder Henri Schmitt, Tableau abstrait I


  Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, 1935 - Mazirot, 2021), Tableau abstrait I, sans titre
peinture - 1991 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

mercredi 11 février 2026

Claude Henri Schmitt, Völundskvädet IV


 Völundskvädet IV
(Völunddskvädet, poème en vieux norrois, traduit en suédois)
monotype - 2007 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

Claude Henri Schmitt, Lagash II


 Lagash II
monotype - 1998 - 65 x 54 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

vantardise et style du cardinal de Retz

 "Tout le monde me suivit, et j'en eus besoin, car je trouvai cette fourmilière de fripiers toute en armes. Je les flattai, je les caressai, je les injuriai, je les menaçai : enfin je les persuadai. Ils quittèrent les armes, ce qui fut le salut de Paris [!], parce que, si ils les eussent eues encore à la main, à l'entrée de la nuit, qui s'approchait, la ville eût été infailliblement pillée.
Je n'ai guère eu en ma vie de satisfaction plus sensible que celle-là ; et elle fut si grande, que je ne fis pas seulement de réflexion sur l'effet que le service que je venais de rendre devait produire au Palais-Royal."
Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956, p. 91.

"À l'en croire, il aurait sauvé non seulement le régiment des gardes, mais tout Paris, en marchant, par une manœuvre de diversion, dans la direction des Halles. Il se flatte assurément. Le peuple de déposa pas les armes et, si la ville échappa au pillage, c'est parce qu'il construisit des barricades."
Simone  Bertière, La vie du cardinal de Retz, Paris, Éditions de Fallois, 1990, p. 158.

l'explicit de "Quel petit vélo au guidon chromé..." de Georges Perec

"Alors Pollak Henri et nous autres, on s'en est revenu sur la route versaillaise. On a repris le train jusques aux Invalides. On s'est partagé les bouquins, les cigarettes, les chocolats. On est allé boire un pot à la terrasse du Sélect et on  a vidé la bouteille de whisky. Et puis chacun est rentré chez soi. Et plus jamais on a entendu parler de ce mauvais coucheur."
Georges Perec, Quel petit vélo au guidon chromé au fond de la cour ?, 1966.

Claude Henri Schmitt, Maison orange


Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, Moselle, 1935 - Mazirot, Vosges, 2021), Maison orange
peinture - 1988 - 81 x 100 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

mardi 10 février 2026

l'explicit des "Anges noirs" de François Mauriac

"Andrès s'étant levé, baisa son père au front. Alain descendit avec lui, tira le verrou de la porte. Sur les marches usées, dont la lune éclairait chaque ride, ils demeurèrent debout face à face. Et, en ce moment-là, un simple regard leur suffit, une pression de la main, pour découvrir combien ils s'aimaient."
François Mauriac, Les Anges noirs, 1936.

Claude Henri Schmitt, Village


 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, Moselle, 1935 - Mazirot, Vosges, 2021), Village
peinture -1991 - 81 x 54 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

lundi 9 février 2026

les amours tumultueuses de Paul de Gondi et de Madame de Guémené

"Les affaires publiques ne m'occupaient pas si fort, que je ne fusse obligé de vaquer à des particulières, qui me donnèrent bien de la peine. Mme de Guémené [Anne de Rohan, princesse de Guémené], qui s'en était allée d'effroi, comme je crois vous avoir déjà dit, dès les premiers jours du siège de Paris, revint de colère à la première nouvelle qu'elle eut de mes visites à l'hôtel de Chevreuse [pour les beaux yeux de Charlotte-Marie de Lorraine, demoiselle de Chevreuse ; il entretint avec elle pendant trois ans des relations presque conjugales]. Je fus assez fou pour la prendre à la gorge sur ce qu'elle m'avait lâchement abandonné ; elle fut asse folle pour me jeter un chandelier à la tête sur ce que je ne lui avais pas gardé fidélité à l'égard de Mlle de Chevreuse."
- Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de La Pléiade, 1956, p. 304.
- Simone Bertière, La Vie du cardinal de Retz, Paris, Éditions de Fallois, 1990, p. 101-102.

exposition Claude Henri Schmitt au château de Courcelles de Montigny-lès-Metz


Exposition  Claude Henri Schmitt 
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

"Né en 1935 à Hargarten-aux-Mines, au carrefour des cultures latine et germanique, Claude Henri Schmitt a grandi dans un univers de frontières qu’il n’a cessé d’interroger et de dépasser : entre réel et imaginaire, figuration et abstraction, paysages extérieurs et intérieurs, art et vie.
Son œuvre fait dialoguer objets du quotidien et toiles abstraites lyriques, paysages lorrains et géographies secrètes de l’âme, portraits et signes empruntés aux runes nordiques.
L’exposition CHS, le « passe-frontières » rassemble une soixantaine d’œuvres qui révèlent la force et la richesse colorée de ce peintre discret, resté méconnu de son vivant mais qui mérite aujourd’hui toute l’attention des amateurs d’art."
Service Culture de la Ville de Montigny-lès-Metz       

dimanche 8 février 2026

la guerre

"Abel ne se sent pas concerné  par cette guerre qui a ravagé son pays d'origine et englouti son enfance dans un oubli total ; c'est un conflit parmi tant d'autres. Il a vite compris,  en étudiant la géographie et l'histoire, que la guerre est une passion congénitale de l'humanité, elle ne cesse jamais sur la terre, pas un  jour, pas une heure, elle se déplace, c'est tout, elle change de lieu, de forme, de prétextes, d'armement, de stratégie, d'intensité, de durée, de ceci de cela, mais le résultat est toujours pareil, des tombereaux de morts, des flopées d'infirmes, des hordes d'endeuillés, des ruines à profusion, du malheur à l'excès et de la haine à foison qui fermente longtemps après la fin des combats, bonne à se réinjecter dans un prochain conflit. C'est peut-être pourquoi le trou à pic de plus de dix ans qui crève sa mémoire à sa source ne le tourmente pas beaucoup, cela le délivre du poids de souvenirs terrifiants, lui épargne le lancinement de deuils inconsolables."
Sylvie Germain, À la table des hommes, Paris, Albin Michel, 2016, p. 197.

ah ! le vin de Thiaucourt, apprécié à Phalsbourg au XIXe siècle

"À chacun de ses passages, l'oncle Garnier venait embrasser sa belle-sœur Catherine et vider une bouteille de Thiaucourt."
Émile Erckmann, La première campagne du grand-père Jacques. Alsaciens et Vosgiens d'autrefois, Paris Hetzel, 1895, p. 5.

samedi 7 février 2026

Toyokuni III, Joueuse de shamisen


 Utagawa Kunisada (Toyokuni III, 1786-1862), Joueuse de shamisen se rendant à une  soirée
1856

De tous les élèves d'Utagawa Toyokuni, Kunisada fut incontestablement le plus prolifique, le plus influent et, au sein de sa génération, sauf peut-être Kuniyoshi, le plus doué. Sa carrière couvre un demi-siècle, depuis ses premières illustrations parues vers 1807, jusqu'à la suite extraordinaire de portraits d'acteurs en plan rapproché,  qu'il dessina peu avant sa mort, à 76 ans, et dans laquelle il montre toujours la même force. 
Il signa ses premières estampes Ichiyūsai Kunisada. Vers 1813,  il abandonna le Ichiyūsai pour celui de Gototei. Dans les années 1820, il en adopta un autre, Kochoro, qu'il conserva jusqu'en 1844. C'est alors qu'il s'attribua le nom de Toyokuni II, sans tenir compte du droit légitime de Toyoshige à le porter. Actuellement, pour éviter la confusion, on le dénomme Toyokuni III.
Estampes japonaises,  Collection des Musées royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles, 1989, p. 200.