mercredi 10 juin 2026

les artistes dans les romans de Sylvie Germain

Dans les romans de Sylvie Germain, les artistes — peintres, sculpteurs, créateurs — jouent un rôle central : ils incarnent la quête spirituelle, la mémoire, et la puissance transformatrice de l’imaginaire.  Plusieurs œuvres de Sylvie Germain mettent en scène des personnages artistes liés à la création : Ragouël, dans Éclats de sel, est un peintre en quête d’inspiration et de transfiguration artistique. Il cherche à dépasser le destin tragique de sa fille par l’acte de peindre. Dans Opéra muet, le protagoniste est un photographe dont la vie et l’art se délitent après un drame amoureux ; une fresque peinte sur un mur devient son unique présence familière.  Dans L’Enfant Méduse, la peinture joue un rôle symbolique majeur : le roman s’ouvre sur une éclipse et se clôt sur la description d’une fresque de Taddeo Gaddi, qui devient un espace de rédemption. Ces artistes ne sont jamais de simples figurants : ils incarnent la tension entre création, souffrance et révélation.
Les romans de Germain sont traversés par des références à de nombreux artistes majeurs : Germaine Richier, Klee, Piero della Francesca, Giacometti, Arcimboldo, Picasso, Rothko, Bacon, Velázquez, Rembrandt, Le Caravage, Marquet,  apparaissent dans ses récits, parfois comme images mentales, parfois comme miroirs des personnages.  Ces références ne sont pas décoratives : elles servent à éclairer l’intériorité des personnages, à créer des correspondances symboliques, ou à ouvrir des espaces de méditation.
Sylvie Germain crée ses propres tableaux imaginaires : le tableau d’ouverture d’Éclats de sel. Les « tableaux » qui ouvrent les chapitres de L’Enfant Méduse. Ces images littéraires fonctionnent comme des peintures verbales, où la lumière, les couleurs et les formes deviennent des vecteurs de sens.
Les artistes, réels ou fictifs, permettent à Sylvie Germain d’explorer : la frontière entre visible et invisible (héritée de son travail sur Vermeer et la mystique), la mémoire traumatique, souvent figurée par des images picturales, la quête de sens, où l’art devient un espace de résistance intérieure, la transfiguration du réel, cœur de son esthétique. 

François Mauriac, Le dernier taureau


"Si nous choisîmes ce dimanche-là, comme but de notre promenade, à plus de cent kilomètres, le bourg landais de Saint-Vincent-de-Tyrosse, ce fut bien moins pour la corrida qui s'y donnait, que pour le prétexte de suivre une route aimée entre toutes : celle qui, de Langon à Bayonne, par Bazas, Captieux, Roquefort, Tartas, Mont-de-Marsan, traverse la forêt de pins et de chênes.
Oui, cette corrida n'était qu'un prétexte. Les ayant beaucoup aimées dans ma jeunesse, depuis la guerre je n'y suis presque plus revenu (une fois à Madrid, deux ou trois fois à Bordeaux). Mais durant les vacances, les chroniques d'une si curieuse verve de don Severo, dans la Petite Gironde, ne me laissent rien ignorer de ce petit monde fanatique. Don Severo est le janséniste de l' « afición » ; il en est le Saint-Cyran : d'une rigueur terrible, impitoyable aux matadors qui ne travaillent pas presque immobiles et dans les cornes du fauve selon l'exemple du grand Belmonte. 
Je fus donc à cette corrida de Saint-Vincent-de-Tyrosse. Il m'a fallu, ce jour-là, crever un de mes derniers ballons, renoncer à l'un de mes derniers plaisirs. Non ! Plus jamais je n'assisterai à une course de taureaux. Sans doute serait-il injuste de les juger toutes sur celle-là qui fut au-dessous du pire, moins par la faute des matadors que par celle d'un bétail exécrable, fuyant, et comme on dit, « manso ». Mais nous eût-il donné de voir une belle corrida et d'applaudir un Martial Lalanda, nous aurions dû tout de même subir ce qui, tout à coup, me paraissait horrible à crier : l'attachement de cette foule assise, inactive, abritée, embusquée, « planquée », à un spectacle dangereux pour l'homme, mortel pour la bête. Quant à cet art que j'ai tant admiré, toute sa science repose sur le leurre : une bête seule contre dix, trompée, dupée jusqu'à la mort... L'étrange est qu'elle s'en aperçoive, parfois, qu'elle le devine. Les taureaux « manso » ne sont si méprisés du public que parce qu'ils savent tout d'avance. L'un d'eux, à Saint-Vincent-de-Tyrosse, ne voulait pas sortir du toril. Et quand on l'eut traîné de force dans le cirque, il semblait faire non, encore, de sa grosse tête d'innocent...
Pourtant ce qui m'arracha ce vœu : « Je n'y reviendrai jamais plus... », ce ne fut pas tant cette horreur toute physique, ce dégoût, cette pitié, ni même la honte que me donnait la présence des Anglais venus de Biarritz — de ce garçon surtout dont le beau visage était comme durci par le mépris. Non, la raison de mon désenchantement, elle m'apparut tout à coup : impossible d'ignorer, aujourd'hui, de quoi notre goût pour les corridas est le signe. Nous savons, nous ne pouvons plus ne pas savoir ce que dissimule dans son cœur cette foule qui hurle autour d'une bête couverte de sang." 
Dans Journal III, 1940, de François Mauriac.

J'ai assisté à une seule corrida, c'était en juillet 1957, aux arènes de Palma de Mallorca. Ce jour-là toréait Ordoñez, le grand toréador, et il obtint deux oreilles et la queue. Ce qui est inoubliable aussi, c'est d'avoir entendu El gato montés, ce magnifique pasodoble.

mardi 9 juin 2026

la Présentation au temple, vitrail de l'église Notre-Dame de Metz


 Présentation de Jésus au Temple
vitrail de Charles Laurent Maréchal, Metz, 1857 ?
Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Metz 

la Catonisvilla de Cattenom


 Catonisvilla, la maison de la vie locale
XVIIe-XVIIIe siècle
Cattenom, Moselle

lundi 8 juin 2026

Adrienne Jouclard, Rentrée de moisson à Villecey-sur-Mad


Adrienne Jouclard, Rentrée de moisson à Villecey
hst, sbd, signé et titré au dos - 38 x 46,5 cm
Deburaux et Du Plessis - Paris - 10.06.2026

Jean Picart Le Doux, Hommage à la Meurthe-et-Moselle


 Jean Picart Le Doux, Hommage à la Meurthe-et-Moselle
Nancy, Lunéville, Toul, Briey - Lorraine
sérigraphie sur laine, d'après la tapisserie originale de l'artiste
Nabécor Enchères - Nancy - 11 juin 2026

Apparition du Christ aux Apôtres, vitrail de l'église Notre-Dame de Metz


 Apparition du Christ aux Apôtres dans le Cénacle
(Jean, 20, 19-23)
vitrail de Charles Laurent Maréchal, Metz, 1857
Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Metz 

dimanche 7 juin 2026

sainte Madeleine d'un confessionnal de l'église Notre-Dame de Metz


 Sainte Madeleine en pénitente sur un confessionnal 
Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Metz 
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En haut des confessionnaux on peut aussi voir le roi David agenouillé, avec l'inscription MISERERE MEI DEUS (Seigneur, ayez pitié), et le fils prodigue agenouillé devant son père, avec l'inscription PATER PECCAVI (Père, j'ai péché).

saint Bonaventure et l'Immaculée Conception de la Vierge Marie



 Saint Bonaventure et l'Immaculée Conception de la Vierge Marie
SOLVS FILIVS VIRGI: FVIT AB ORIGI: CVLPA IMMVNIS ET IPSA MATER EJVS VIRGO
Le Fils unique d'une Vierge fut exempt de toute tache initiale et sa mère elle-même, une Vierge
partie du vitrail de l'Immaculée Conception, de Charles Laurent Maréchal, Metz, 1856
Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Metz  

samedi 6 juin 2026

François Mauriac et la poétesse Marie Noël

"Pourquoi suis-je demeuré loin de Marie Noël jusqu'à ce jour ? C'est que plus nous avons aimé la poésie dans le temps de notre jeunesse et plus nous sommes les prisonniers de ceux qui l'incarnaient pour nous. Notre cœur se referme sur ces inspirés préférés à tous les autres. À partir d'un certain âge, nous n'accueillons plus personne.
Paul Valéry, au déclin de la Grande Guerre, aura été le dernier qui aura, en quelque sorte, forcé ma mémoire. Même Apollinaire sera resté sur le seuil. Depuis Valéry, aucune voix ne s'est plus mêlée au chœur familier de mes poètes : Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Claudel, Jammes, Anna de Noailles. En ce qui concerne Marie Noël, peut-être cédais-je aussi à une prévention : je m'en faisais l'idée d'une Eugénie de Guérin, mais sans Maurice. Or c'est Maurice que j'aime dans Eugénie. 
Elle est de ces poètes comme il n'en existe presque plus chez nous, qui échappent aux exclusives de l'avant-garde, qui sont aimés de ceux qui les aiment en dehors de toutes les considérations d'écoles et de modes littéraires. Même ses lecteurs qui n'ont part ni à sa foi ni à son espérance bénéficient de l'amour qui l'a portée elle-même, qui l'a soutenue, qui lui a inspiré les chansons dont elle berçait sa souffrance et la nôtre. Car nous sommes tous pareils, en dépit de nos vies différentes ; et tous les cœurs d'une certaine race auront eu la même histoire."
François Mauriac, Nouveaux mémoires intérieurs, Bibliothèque de la Pléiade, 1990, p. 667 et 670. 

Suzanne Julliard, Anthologie de la poésie française, Paris, Éditions de Fallois, 2002. Marie Noël, pages 986-992.  

les regards qui se posent sur nous

"Il est un temps de la vie  où nous ne souffrons pas des regards qui se posent sur nous, et il est un autre temps où le vieillard paierait cher pour posséder l'anneau qui rendait Gygès invisible."
François Mauriac, Nouveaux mémoires intérieurs, Œuvres autobiographiques, Bibliothèque de la Pléiade, 1990, p. 646.
Yo también. 

le monument aux morts de Metz par Paul Niclausse




Au morts de la guerre
sculpture de Paul Niclausse (Metz, 1879 - Paris, 1958), 1935
Metz, place Galliéni

vendredi 5 juin 2026

Joël Leick, Feuille


 Joël Leick, Feuille
Exposition Joël Leick - Paysages de papier
23 mai - 5 juillet 2026
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz

Jésus remet la clé d'argent à saint Pierre, vitrail de l'église Notre-Dame de Metz


Jésus remet la clé d'argent à saint Pierre agenouillé
vitrail de Charles Laurent Maréchal, Metz, 1841
Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Metz 

jeudi 4 juin 2026

une croix funéraire de 1749 au cimetière de Montenach, Moselle


Croix funéraire de la tombe de  NICOLAVS NEV 1749
Cimetière de Montenach, Moselle

exposition Les Frères Voirin au Musée de Commercy


 

la mort de saint Martin, vitrail de l'église Saint-Martin de Metz


 La mort de Saint Martin
vitrail de Maréchal et Champigneulle, Bar-le-Duc, 1881
Église Saint-Martin - Metz 

mercredi 3 juin 2026

une croix de chemin à Kirsch-lès-Sierck, Moselle



Christogramme IHS, une croix au-dessus du H et un cœur aux trois clous en dessous 
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Croix de chemin
inscription illisible, 1re moitié du XIXe siècle
Kirsch-lès-Sierck, Moselle

la Visitation, vitrail de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Metz



 La Visitation
vitrail de Charles Laurent Maréchal, Metz, 1857
Église Notre-Dame-de-l'Assomption - Metz

mardi 2 juin 2026

Joël Leick, Taches et filaments


 Joël Leick, Taches et filaments
Exposition Joël Leick - Paysages de papier
23 mai - 5 juillet 2026
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz

la Champagne au temps des comtes, exposition à Troyes



 La Champagne au temps des comtes
Le département de l'Aube propose avec l'exposition Passavant le meilleur une plongée dans quatre siècles d'histoire, du Xe siècle jusqu'au rattachement du comté au royaume de France en 1361.
5 mai - 31 octobre 2026
Cité du Vitrail - Hôtel-Dieu-le-Comte - Troyes

le Couronnement de la Vierge, vitrail de l'église Notre-Dame de Metz



 Couronnement de la Vierge Marie
vitrail de Charles Laurent Maréchal, Metz, 1857-1858
Église Notre-Dame de l'Assomption - Metz 

Boualem Sansal, La Légende


lundi 1 juin 2026

Adrienne Jouclard, Le Troupeau de Chambley


Adrienne Jouclard, Le Troupeau de Chambley
hst - sbd - 81 x 130 cm
Battin Enchères - Paris - 19.06.2026

Joël Leick : Les Regards du voyeur





Joël Leick : Les Regards du voyeur
Exposition Joël Leick - Paysages de papier
23 mai - 5 juillet 2026
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
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"Joël Leick est un piéton, de Paris et d'ailleurs. Dans ses déambulations urbaines, l'artiste est un chasseur qui traque le langage de la ville contemporaine, attachant son regard sur des espaces incertains, des petits riens et des situations non codifiées, composant des images avec des choses négligées. 
Dans ses dry-prints, la ville traversée n'est plus vraiment reconnaissable dans ce qu'elle a de plus évident mais révèle au regard sa langue secrète, filtrée par le lexique de l'artiste. D'une image à une autre, le spectateur retrouve des éléments obsessionnels : auvents, vitres et fenêtres, jambes souvent féminines, encadrements divers, flaques et reflets, vapeurs, cheminées, lettrages, lampes et lumières, oiseaux..."
Philippe Lerat