As they neared the shore each bar
rose, heaped itself, broke and swept a thin veil of white water across the sand.
"Chaque vague se soulevait en s'approchant du rivage, prenait forme, se brisait, et traînait sur le sable un mince voile d'écume blanche."
Sylvie Germain, L'Enfant Méduse, Folio Gallimard, 1999, p. 231. V. Woolf, Les Vagues, traduction de Marguerite Yourcenar.
Traduction de Michel Cusin, Virginia Woolf, Œuvres romanesques, tome II, dans la Bibliothèque de la Pléiade :
"À mesure qu'elles approchaient du rivage chaque barre se soulevait, s'enflait, se brisait et balayait un fin voile d'eau blanche sur le sable."
The waves massed themselves, curved
their backs and crashed. Up spurted stones and shingle. They swept round
the rocks, and the spray, leaping high, spattered the walls of a cave that had
been dry before, and left pools inland, where some fish stranded lashed its tail
as the wave drew back.
"Quand le flot se retirait, il laissait derrière soi des flaques sur le rivage, avec parfois un poisson frétillant, abandonné."
Sylvie Germain, Ibd, p. 230.
Traduction de Michel Cusin : "... et laissaient [les vagues] sur le rivage des trous d'eau, où fouettait la queue d'un poisson échoué là alors que refluait la vague."
The waves breaking spread their
white fans far out over the shore, sent white shadows into the recesses of
sonorous caves and then rolled back sighing over the shingle.
"Les vagues déferlantes étalaient sur la rive leurs larges éventails, faisaient pénétrer de blanches ombres dans les profondeurs sonores des cavernes, puis reculaient en chantant sur le gravier."
Sylvie Germain, Ibd, p. 245.
Traduction de Michel Cusin : "Les vagues en se brisant déployaient leurs blancs éventails très loin sur le rivage, faisaient pénétrer des ombres blanches jusqu'au tréfonds de grottes sonores et puis refluaient en soupirant sur les galets."
As if there were waves of darkness
in the air, darkness moved on, covering houses, hills, trees, as waves of water
wash round the sides of some sunken ship. Darkness washed down streets, eddying
round single figures, engulfing them...
"Les ténèbres roulaient leurs vagues dans l'espace, recouvrant les maisons, les collines, les arbres, comme les vagues de la mer lavent les flancs d'un navire naufragé. Les ténèbres noyaient les rues, tourbillonnaient autour des passants solitaires, et les submergeaient tout entiers..."
Sylvie Germain, Ibd, p. 246.
Traduction de Michel Cusin : "Comme s'il y avait des vagues d'obscurité dans l'air, l'obscurité avançait toujours, recouvrant maisons, arbres, collines, comme les vagues de la mer baignent les flancs d'un navire englouti. L'obscurité baignait les rues, tourbillonnant autour de silhouettes isolées, les submergeant..."