LE PAYS NATAL DE JLJ : LA LORRAINE
lundi 10 août 2026
stations XIII et XIV du chemin de croix de l'église Saint-Pantaléon de Commercy
dimanche 9 août 2026
sainte Jeanne de France, vitrail de l'église de Ligny-en-Barrois
cet ordre qui se décompose et se recompose éternellement
"En réalité il [le docteur] devait se contenter de préserver sa mémoire de la destruction qui sévissait tout autour de lui ; le jour où ‒ après que le démantèlement de la coopérative eut été ordonné et qu'il eut pris la décision de rester jusqu'à ce que son droit d'exercer soit rétabli ‒ il était monté au moulin en compagnie de la fille Horgos, il, avait observé les bruyants déménagements, les fébriles allées et venues des gens qui hurlaient , les camions qui s'enfuyaient au loin, il avait vu toute la coopérative s'effondrer sous le poids de cette condamnation à mort, et ce jour-là il avait compris : il était trop faible pour supporter cette triomphale décadence, il aurait beau se débattre, il ne pourrait pas résister à cette force destructrice qui anéantirait tout, ces masons, ces murs, ces arbres, cette terre, ces oiseaux plongeant vers le sol, ces animaux se faufilant sans bruit, le corps de ces hommes, leurs désirs, leurs espoirs, il aurait beau essayer, il serait incapable d'enrayer cette perfide offensive contre la création humaine, c'est pourquoi il avait décidé de tout faire pour imprimer dans sa mémoire cette funeste décadence, il savait avec certitude que ce que le maçon avait édifié, ce que l'ébéniste avait fabriqué, ce que la femme avait confectionné, tout ce que les hommes avaient péniblement construit allait s'effriter, se fondre en eau qui par des multiples canaux souterrains s'écoulerait vers une destination mystérieuse, mais tout resterait vivant dans sa mémoire tant que son organisme ne renoncerait pas à l' « accord qui réglementait leurs relations d'affaires », tant que les funestes vautours de la décadence ne s'attaqueraient pas à ses os et à sa chair. Il avait décidé de tout observer méticuleusement et de tout « illustrer » en ne laissant de côté aucun détail car il avait soudain compris que ne pas s'intéresser à des détails insignifiants en apparence équivalait à un aveu : nous sommes sans défense sur un pont vacillant qui relie la désintégration et un ordre rationnel, chaque évènement su minime fût-il, que ce soit l'espace délimité sur la table par les mégots de cigarette ou l'arrivée d'oies sauvages ou encore des gestes mécaniques n'ayant en apparence aucune signification, il fallait observer soigneusement, et consigner tout, ainsi, ainsi seulement, pouvait-on espérer ne pas devenir les esclaves réduits au silence, réduits en poussière, de cet ordre satanique qui se décompose et se recompose éternellement."
"Peu à peu il [le docteur] réalisa que ces longues années de travail éprouvant et acharné venaient enfin de porter leurs fruits : il avait acquis la faculté de tenir tête, par l'intervention de l'écriture, au défi lancé en permanence par l'ordre unilatéral des choses et jusqu'à un certain point il était capable de définir la structure élémentaire des événements qui apparemment tournoyaient librement !..."
László Krasznahorkai, Tango de Satan, collection Folio Gallimard, p. 85-87 et 370-371.
saint Martin reçu au Paradis, vitrail de l'église Saint-Martin de Metz
samedi 8 août 2026
le bienheureux Pierre de Luxembourg portant la tour Valéran
portrait de Marguerite de Savoie, épouse d'Antoine II de Luxembourg, comte de Ligny
les armes de Perrin Roucel, maître échevin de Metz au XVe siècle
le groupe de la Charité de saint Martin de l'église Saint-Martin de Metz
Charité de saint Martin
groupe en pierre - second tiers du XVe siècle
Église Saint-Martin - Metz
Helga D. Hofmann, Die lothringische Skulptur der Spätgotik. Hauptströmungen und Werke (1390-1520), Saarbrücken, 1962, p. 394, n° 292.
vendredi 7 août 2026
enfermement dans "Tango de Satan" de László Krasznahorkai
"On voit déjà apparaître la fenêtre illuminée de l'auberge... mais pas un mot, pas un bruit... le silence, comme s'il n'y avait personne à l'intérieur... mais si, quelqu'un joue de l'accordéon... Irimiás essuie ses lourdes chaussures boueuses... se racle la gorge... ouvre délicatement la porte... et la pluie se remet à tomber, à l'est le ciel s'illumine à la vitesse d'un souvenir, se pare de reflets rouges, bleu aurore, s'agrippe aux vagues de l'horizon, et avec une détresse bouleversante, comme un mendiant qui gravit péniblement les marches de l'église, voici le soleil qui s'élève pour créer les ombres, détacher les arbres, la terre, le ciel, les animaux, les hommes, de cette union glaciale, chaotique, où ils se sont laissé enfermer, telles des mouches dans un filet, et dans l'immensité du ciel il aperçoit la nuit qui s'enfuit de l'autre côté, vers l'ouest de l'horizon, là où l'un après l'autre, chacun de ses frêles éléments vient s'effondrer, comme les soldats désespérés, désorientés d'une armée vaincue."
László Krasznahorkai, Tango de Satan, collection Folio Gallimard, 2025, p. 77-78.
Aline Lauth-Bossert, Médaillon Alsace Lorraine, édition Mougin
st Charles Borromée et st Pie V, vitrail de l'église Notre-Dame de Metz
Église Notre-Dame de l'Assomption - Metz
jeudi 6 août 2026
épitaphe de Françoise Baudot à l'église de Pagny-sur-Moselle
mercredi 5 août 2026
l'agneau du maître-autel de l'église de Pagny-sur-Moselle
vitrail du vénérable François Libermann de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul d'Euville, Meuse
mardi 4 août 2026
nul espoir de se sentir un jour chez soi
László Krasznahorkai, Tango de Satan, collection Folio Gallimard, 2025, p. 382-383.





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