vendredi 10 avril 2026

François Morellet, Peinture


 François Morellet, Peinture
1949, huile sur bois, 83 x 34 cm
Cholet, Estate François Morellet, 49006
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

François Morellet, Tableau 3 x 3


 François Morellet, 3 x 3
1954, huile sur bois, 134,3 x 134 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

Du jaune au violet, tableau de François Morellet



François Morellet (Cholet, 1926 - Cholet, 2016), Du jaune au violet
tableau de face : 1956, hst, 110,3 x 215,8 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

François Morellet, Violet-bleu-vert-jaune-orange-rouge


 François Morellet, Violet-bleu-vert-jaune-orange-rouge
1953, huile sur bois, 80 x 80 cm [et l'indigo ?]
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

exposition de Tania Mouraud au Musée des Beaux-Arts de Nancy


 

un vers de Baudelaire cité dans "Le Baiser au lépreux" de François Mauriac

"Jean Péloueyre ne dormit guère cette nuit-là. Ses fenêtres étaient ouvertes sur la laiteuse nuit - la nuit plus bruyante que le jour à cause des coassantes mares. Mais les coqs surtout ne cessent de chanter jusqu'à l'aube, fatigués d'avoir salué l'obscure et trompeuse clarté des étoiles. Ceux du bourg avertissent ceux des métairies qui, de proche en proche, répondent : « C'est un cri répété par mille sentinelles... » Jean veillait, se berçant de ce vers indéfiniment marmonné."
Dans Le Baiser au lépreux de François Mauriac.

C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, dixième strophe des Phares.

jeudi 9 avril 2026

le peintre Talpino évoqué dans "La Robe prétexte" de François Mauriac

"Dès lors en de fidèles cartes postales, il [José Ximénès, ami du narrateur] me démontra sa méthode. Il s'était façonné une âme si détachée de tout que la curiosité demeurait l'unique sentiment un peu vif qu'on y pût découvrir. J'ai retrouvé quelques-unes de ces cartes qu'avec tant de bonne foi j'ai méditées. Celle-ci est de Bergame et représente le tombeau d'une princesse morte avec, au verso, ce texte de José : « Comme une tiède pluie rayait l'après-midi, je l'ai vécu dans un petit musée silencieux où ne vient personne. Aucun chef-d'œuvre catalogué ne m'y oblige à contrôler mon émotion. Mais toujours je me souviendrai d'un visage mortellement triste, signé par un peintre qui m'est inconnu : Talpino. »"
Dans La Robe prétexte de François Mauriac. 

un sonnet de Jean-Baptiste Chassignet

J'ai voulu voyager, à la fin le voyage
M'a fait en ma maison mal content retirer.
En mon étude seul j'ai voulu demeurer,
Enfin la solitude a causé mon dommage.

J'ai voulu naviguer, enfin le navigage
Entre vie et trépas m'a fait désespérer.
J'ai voulu pour plaisir la terre labourer,
Enfin j'ai méprisé l'état de labourage.

J'ai voulu pratiquer la science et les arts,
Enfin je n'ai rien su ; j'ai couru les hasards
Des combats carnassiers, la guerre alors m'offense :

Ô imbécillité de l'esprit curieux
Qui mécontent de tout de tout est désireux,
Et douteux n'a de rien parfaite connaissance.

un distique d'Esther, cité par François Mauriac, dans "Le Baiser au lépreux"


La rencontre d'Esther et du roi Assuérus

"Après le dîner, Jean Péloueyre traversa le village. Il s'observait pour ne faire aucun geste et ne pas se parler à lui-même. Raide, officiel, il saluait chaque groupe devant les portes, soudain silencieux à son approche, comme les grenouilles d'une mare ; mais aucun rire ne fusa. Enfin, les dernières maisons dépassées, sur la route blême encore, entre deux noires armées de pins qui soufflaient sur lui une haleine d'étuve et dont les milliers de pots emplis de gemme parfumaient comme des encensoirs la cathédrale sylvestre, il put rire, secouer les épaules, faire craquer ses doigts, crier : « Je suis un Maître, un Maître, un Maître ! » et répéter en marquant la césure ce distique : « Par quels secrets ressorts - par quel enchaînement - le ciel a-t-il conduit - ce grand événement ? »"
Dans Le Baiser au lépreux de François Mauriac

Le fier Assuérus couronne sa captive,
Et le Persan superbe est aux pieds d’une Juive !
Par quels secrets ressorts, par quel enchaînement 
Le ciel a-t-il conduit ce grand événement ?
Racine, Esther, acte I, scène 1.   

le vitrail de l'abbé Nicolas, fusillé en 1798, de l'église de La Maxe, Moselle


 L'abbé Nicolas, curé de Thury (La Maxe), fusillé à Metz en 1798, près la porte Serpenoise
vitrail de Michel Thiria, 1901
Église Saint-Baudier - La Maxe, Moselle 

Christiane Pignon-Feller, "Michel Thiria ou une histoire de Metz dans les fulgurances du vitrail", dans les Mémoires de l'Académie nationale de Metz, 2005, p. 154.

À la mine de charbon dans "Le Livre des nuits" de Sylvie Germain


"Victor-Flandrin était déjà un garçon élancé et robuste, il mentit sur son âge. Aussi, malgré sa main mutilée, fut-il embauché à la mine. Il n'avait pas douze ans.
Il débuta au criblage, passant ses jours à tirer la houille dont il emplissait d'interminables wagonnets. Puis il devint galibot, passant ses jours à galoper comme un rat dans tous les coins des galeries aux méandres interminables, à monter, en rampant dans d'étroits boyaux en pente, des morceaux de bois, des outils, des buses d'aérage. Puis il devint herscheur, passant ses jours à charger du charbon à la pelle, à pousser, à tirer, tantôt pleines, tantôt vides, d'interminables bennes. Puis il travailla au forage, passant ses jours à creuser, à boiser, à abattre le charbon, à interminablement lutter dans les profondeurs et la nuit de la terre."
Sylvie Germain, Le Livre des nuits, Folio Gallimard, 2025, p. 61-62.

Galibot. Jeune manœuvre travaillant au service des voies dans les galeries de mines.
Herscheur. Mineur chargé de pousser les wagonnets de minerai, de charbon, au fond d'une mine. 
J'ai tout fait là-dedans, galibot d'abord, puis herscheur, quand j'ai eu la force de rouler, puis haveur pendant dix-huit ans (ZOLAGerminal).
Haveur. Il pratique de profondes entailles parallèles à la stratification afin de faciliter l'abattage. 
Haver, c'est-à-dire creuser.

mercredi 8 avril 2026

bienheureux Jean Perboyre, martyrisé en Chine, vitrail de l'église de La Maxe




Bienheureux Jean Perboyre (Montgesty, Lot, 1802 - Ou-Tchang-Fou, Chine, 1840)
Jean-Gabriel Perboyre, prêtre lazariste, envoyé en Chine comme missionnaire, martyrisé en 1840. Béatifié en 1889 par le pape Léon XIII, canonisé en 1996 par le pape Jean-Paul II. 
vitrail de Michel Thiria, 1901
Église Saint-Baudier - La Maxe, Moselle
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Christiane Pignon-Feller, "Michel Thiria ou une histoire de Metz dans les fulgurances du vitrail", dans les Mémoires de l'Académie nationale de Metz, 2005, p. 144 et p. 162 n. 56.
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gravure © Wikipédia - GrandBout

la course de taureaux dans "La Robe prétexte" de François Mauriac


 Goya, Caballo derribado por un toro

"Après l'examen écrit [du baccalauréat], dans un dimanche torride, José [Ximénès, un ami, camarade de classe] m'entraîna à des courses de taureaux. D'abord, il se lamenta de voir une foule morne et noire où n'éclataient pas, comme dans son pays, ne neigeuses mantilles, des fleurs de grenades, et qui ne palpitait pas de ses milliers d'éventails ; mais dès que le paseo eut déroulé ses pompes barbares, il n'entendit plus les jugements imbéciles du peuple. La furieuse joie de son cœur s'exprimait en un espagnol sauvage et guttural. Il trépignait, il tendait les mains vers Bombita debout, à côté de la bête foudroyée. Le cirque découpait dans le ciel une sphère d'azur sombre où les hirondelles avaient peur et volaient plus haut. J'y baignais mes regards blessés par le sable ardent, taché de sang noir. [...] José criait près de moi. Il jeta dans l'arène les bleuets de sa boutonnière, un mouchoir de soie ardoise dont l'odeur de cyclamen et de géranium traîna un instant autour de nous, me fit oublier la foule hurlante, ce cheval aplati sur le sable et dont le vieux cuir, par endroit, frémissait encore."
Dans La Robe prétexte de François Mauriac, chap. XXIV. 

Bombita (Tomares, 1879 - Séville, 1936), matador espagnol.
Hans Meinke, Juan Carrete Parrondo, Javier Belmonte, Goya, Esplendor del grabado, 2008, p. 261 pour l'eau-forte, aquatinte brunie et pointe sèche. Voir ci-dessus.

mardi 7 avril 2026

trois coureurs dans la nuit


Il est inutile de courir si vite, vous n'arriverez pas à sortir de la nuit.

l'église Saint-Baudier de La Maxe, Moselle


 Église Saint-Baudier
1 8 6 6 
La Maxe, Moselle 
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La Maxe est la seule paroisse du diocèse de Metz dont le patron est saint Baudier. Sur saint Baudier ou Baudile, martyr, décapité à Nîmes à la fin du IIIe siècle, voir :
François Anatole Weyland, Vie des saints du diocèse de Metz, tome III, 1909, p. 181-189.

les abeilles dans "Jours de colère" de Sylvie Germain


"Blaise-le-Laid élevait des abeilles. Là-bas on les appelait des mouches à miel et on désignait les ruches sous le nom de courtil des mouches. Ces ruches consistaient en des cloches de paille tressées avec des tiges de ronciers et de fines lames de branches de noisetiers que l'on plaçait sur un bloc de bois recouvert d'une chape en paille de seigle. À Noël on prélevait dans l'âtre un charbon de la bûche allumée pour la veillée et on le déposait dans les ruches pour porter bonheur aux abeilles, et aux Rameaux on rapportait de la messe la première branche de buis bénit que l'on piquait dans la chape de glui de chaque ruche. Mais tout comme sa grand-mère renchérissait sur les croyances colportées par les vieilles, Blaise-le-Laid renviait sur les coutumes du pays et chaque solennité célébrée en l'honneur du Seigneur, de la Vierge ou des Saints était pour lui occasion de cérémonie à fêter parmi ses abeilles."
Sylvie Germain, Jours de colère, Folio Gallimard, 2024, p. 103-104.

Glui : paille de seigle servant à couvrir les toits, à faire des liens.
Renvier : renchérir. Sylvie Germain n'a pas voulu écrire une seconde fois renchérissait ; elle a choisi un verbe désuet. 

lundi 6 avril 2026

et revoilà Thérèse !


"Sur une chaise de fer appuyée à un réverbère, une femme était assise, le buste droit, la tête rejetée, la gorge blanche comme offerte au couteau. Elle [Thérèse] se croyait bien seule : son  attitude, ce soupir exhalé à longs intervalles, c 'était la créature au abois, quand aucun regard étranger ne l'oblige à sauver la face, à tenir le coup, la créature sans retouche, enfin, et telle que la douleur la façonne, la pétrit.
[...]
Elle s'arrêta au bord du trottoir, là où finissent les arbres.
- Vous voyez ce banc ? Nous nous y sommes assis en juillet dernier, un soir. C'est fini.
Elle se tut ; elle attendait d'être interrogée. Mais comme Alain ne trouvait aucune parole :
- Je ne sais pourquoi je me livre ainsi. Ce n'est pas dans ma nature... Vous m'avez fait du bien, ajouta-t-elle, et après l'avoir dévisagé :
- Puis-je vous donner ma carte ?
Elle fouilla son sac et ne découvrit pas ce qu'elle cherchait.
- Je vais vous dicter mon nom et mon adresse, à tout hasard : Thérèse Desqueyroux, 11 bis, quai d'Orléans. Vous l'oublierez ?
- Oh ! dit-il, c'est un nom de chez nous.
Alain, dans le taxi qui le ramenait, revoyait la figure de la femme sans lèvres, au nez court, figure usée, rongée, polie comme un caillou : toujours leur folie, la même folie, toujours la poursuite épuisante, toujours ces êtres qui se pourchassent [...]."
François Mauriac, Dans Ce qui était perdu, 1930.

Avec les deux romans Thérèse Desqueyroux (1927), La Fin de la nuit (1935), et les deux nouvelles Thérèse chez le docteur, Thérèse à l'hôtel (les deux nouvelles prépubliées dans Candide en 1933),  Thérèse Desqueyroux est encore évoquée très succinctement dans quatre pages du roman ci-dessus cité. Elle n'intervient pas dans le roman. Thérèse est pour Mauriac une véritable obsession. Il avait assisté en 1906 au procès de Henriette-Blanche Canaby, l'empoisonneuse à l'arsenic, le modèle de Thérèse.

dimanche 5 avril 2026

Art Nouveau au Grand-Duché de Luxembourg


Exposition Art Nouveau au Luxembourg
Musée National d'Archéologie, d'Histoire et d'Art de Luxembourg
20 mars 2026 - 18 octobre 2026

Insuffler de la beauté dans la vie quotidienne et revaloriser l'artisanat traditionnel : telles sont les prémices pour un monde meilleur. Ces questions agitent également le Luxembourg où la période Art nouveau coïncide avec la création d'une association artistique en 1893 et la création en 1896 d'une École d'Artisans de l’État, qui forme à la fois les artistes et les artisans d'art. À travers des œuvres fascinantes et innovatives principalement issues du domaine des arts appliqués, des dessins préparatoires jamais exposés au public et des photographies historiques, l'exposition explore pour la première fois en profondeur la période Art nouveau au Grand-Duché.

travailler aux Fonderies de Pont-à-Mousson


 Exposition Le Fer en héritage(s) aux Prémontrés de Pont-à-Mousson
21 mars - 28 juin 2026 

masque funéraire gallo-romain provenant de Naix-aux-Forges, Meuse


Masque funéraire qui ornait une des faces du mausolée monumental du Breuil
 à Nasium (Naix-aux-Forges) - art gallo-romain, calcaire, 1re moitié du 1er siècle 
Musée Barrois - Bar-le-Duc

samedi 4 avril 2026

une armoire de l'abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson


 Armoire de la 1re moitié du XIXe siècle
Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson

cendrier en fonte ductile des Fonderies de Pont-à-Mousson


 Cendrier "Camembert Pont-à-Mousson SA"
fonte ductile, 1960-1970, c.p.
Exposition Le Fer en héritage(s) aux Prémontrés de Pont-à-Mousson
21 mars - 28 juin 2026 

vendredi 3 avril 2026

une gravure de Beauvalet citée dans "La Robe prétexte" de Mauriac

"Ce fut donc le cœur bien triste que, l'après-midi, je cherchai une cachette. Je savais qu'il était défendu de se réfugier dans la maison. Pourtant j'errai de salle en salle, plein d'une souffrance que je n'avais encore jamais éprouvée. Camille avait laissé la porte de sa chambre ouverte. J'y pénétrai. Les volets clos ne laissaient entrer que peu de jour. C'était la chambre de campagne avec un trumeau sur la cheminée, des sièges Louis-Philippe comme on en voit dans les aquarelles d'Eugène Lamy. Il y avait au mur une Vierge en plâtre peint, des accessoires de cotillon, et cette gravure où un jeune homme adresse au pigeon voyageur ce délicieux et suprême conseil : 
                Pars, confident discret, pars, mais dans le voyage
                Évite le chasseur et le cruel vautour.
                Souviens-toi que ton rôle est de servir l'amour,
                Et qu'un baiser d'Agnès est le prix du message.
On y voyait aussi le prince impérial, frisé comme un mouton et recevant la supplique d'un grenadier, avec cette légende : Je la remettrai à mon père." 
Dans La Robe prétexte de François Mauriac.

Ce délicieux conseil est la légende d'une gravure de Pierre Nicolas Beauvalet (1750-1818), d'après François Boucher (1703-1770).

François Bouvet, Répétition III


François Bouvet, Répétition III
2026 - tableau numérique - 162 x 110 cm
Galerie Virelay - 3, place de l'Étang-Saint-Jean - Nancy

Sylvie Germain cite le Psaume 44 dans "Jours de colère" et le transpose

Ecoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté...
[texte du roman]
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant Lui !
Alors les peuples les plus riches
chargés de joyaux sertis d'or quêterons ton sourire...
[texte du roman]
Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi...
[texte du roman]
Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
parmi joie et liesse elles entrent au palais du roi.
A la place de tes pères te viendront des fils ;
tu en feras des princes par toute la terre...
[texte du roman]
Que je fasse durer ton nom d'âge en âge,
Que les peuples te louent dans les siècles des siècles.

Tandis que Blaise-le-Laid déroulait la mélodie du psaume, Ephraïm reprenait le chant avec ses mots de pauvre.
   « Regarde, Reine, regarde et réjouis-toi,
   oublie la terre et tes tourments,
   le Roi sera séduit par ta bonté et ta douceur/
  « Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant Lui ! 
     Il est notre Seigneur, je te conduis vers Lui. 
     Alors les peuples les plus pauvres chargés de leurs souffrances
     quêteront ton sourire. Et les morts de malemort,
     comme Marceau, mendierons ton soutien.
  « Fille née de l'espérance et des prières, tu es là,
     toute simple, vêtue d'un drap,
     couchée dans un  coffre de hêtre. On t'achemine,
     toute parée de notre amour, vers le Seigneur.
  « De jeunes hommes, tes fils, te font cortège,
     parmi chagrin et espérance, parmi douleur et gratitude.
     A la place de tes fils, et de moi, des anges s'approcheront de toi.
     Tu veilleras sur tes fils à travers toute la terre...
     Et tu m'appelleras, dis, et tu m'appelleras ?... » 

Sylvie Germain, Jours de colère, Folio Gallimard, 2024, p. 265-267 et 270.