dimanche 20 septembre 2026

Codofil et Discover French in Louisiana

saint Michel en honneur à Evendorff, commune de Kirschnaumen


 Statue moderne de saint Michel terrassant le dragon
sur le socle : Honneur à saint Michel, notre protecteur, 29 septembre 1938
Evendorff, commune de Kirschnaumen

gros et petits dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot

"En ce temps-là, il y avait chez nous des gros et des petits. Cela se voyait moins au logement des hommes qu'à celui des bêtes et des récoltes. Le gros n'avait pas couche plus molle que le petit ; sa potée n'était souvent pas plus grasse. Il ne s'habillait pas autrement, et la terre des labours cuirassait plus haut les grègues que celle des vignes.
C'était pour une fille une singulière aventure que d'épouser un laboureur. Accablée par les soins de la basse-cour et de l'étable, il lui fallait encore courir aux champs, herser, rouler, échardonner, faner, moissonner... vingt besognes de l'été, et l'hiver à la batteuse. Avec les repas et les enfants, les jardins et les vignes, où trouver le temps, la force de coudre, de raccommoder, l'idée de mettre des rideaux blancs et de se faire belle ? La jeunesse ne durait pas longtemps.
Les enfants s'élevaient avec les vieux, les jeunes avec les aînés. On les emmenait aux champs, on les asseyait à la grange. Témoins du labeur de chaque jour, ils y étaient mêlés de bonne heure. Non seulement grimpés sur le chariot, agrippés parfois à la crinière, mais derrière les vaches en pâture, devant la charrue aux labours, à l'écurie pour le fumier, la litière, les râteliers, à la grange pour tirer la paille et le grain. Cent besognes où l'on essaie sa force, où l'on va souvent au-delà de sa force, mais pris au jeu et impatient de faire besogne d'homme. Dure école, qui exténue les chétifs, mais qui fait des autres des hommes incroyablement forts, adroits et résistants, durs à la peine et durs au mal.
Entre gros et petits, l'œil distinguait à peine quand les attelages n'étaient point là ; et même le dimanche à la messe ou sur le jeu de quilles. Tous avaient connu la même école, le même catéchisme, la même caserne. Tous cuisaient sous le même soleil et serraient les épaules sous la même bise. Les familles étaient associées pour le travail ; et cela faisait une familiarité de tous les jours et souvent une vraie amitié."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 37-38.

la Résurrection, vitrail d'Arthur Schouler à l'église de Kirschnaumen


 La Résurrection
vitrail d'Arthur Schouler, Saint-Avold
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle 

samedi 19 septembre 2026

la route des vitraux dans le Pays de Montmédy




il n'existe pas d' « intelligence » artificielle

Il n'existe pas d' « intelligence » artificielle. La racine de l'intelligence, son centre invisible à partir de quoi tout rayonne, c'est l'amour. On n'a jamais vu et on ne verra jamais d' « amour artificiel ».
Christian Bobin, La Nuit du cœur, collection Folio Gallimard, 2021, p. 88. 

la tour-clocher de l'église Sainte-Lucie de Sampigny, Meuse


 La tour-clocher de l'église Sainte-Lucie de Sampigny, Meuse
XVIe siècle, sauf le dernier étage qui paraît du XVIIIe siècle
toit à bulbe à égout retroussé, nœud et flèche, le tout de section octogonale
cloches protégées par un auvent à deux pentes sur la pente du bulbe

Jésus et les docteurs et l'atelier de Nazareth, verrière de l'église de Ligny-en-Barrois

Jésus enseignant les docteurs - L'atelier de Nazareth ou Jésus apprenti charpentier
Verrière de l'église Notre-Dame-des-Vertus - Ligny-en-Barrois

exposition Marie-Anne Collot, sculptrice, au Musée des Beaux-Arts de Nancy



 Musée des Beaux-Arts de Nancy

vendredi 18 septembre 2026

Joseph Mougin, Grand vase aux épis de blé


 Grand vase aux épis de blé
modèle de Joseph Mougin, 63.J
Exposition Joseph et Pierre Mougin, Les sorciers du feu
Prémontrés de Pont-à-Mousson - 11 juillet > 20 septembre 2026 

Jacques G. Peiffer, Les Frères Mougin, sorciers du grand feu. Grès et porcelaine 1898-1950, Dijon, Éditions Faton, 2001, p. 60.  

l'Adoration des bergers et des mages, vitrail de l'église de Kirschnaumen

 

L'Adoration des bergers et des mages
thème complémentaire avant l'adoration : l'Annonce aux bergers
en haut du vitrail : un ange tenant une banderole où est inscrit Gloria in excelsis Deo
vitrail d'Arthur Schouler, Saint-Avold
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle 

jeudi 17 septembre 2026

un soir de fenaison, mon père bat sa faux


"Un soir de fenaison, mon père bat sa faux. Il est assis par terre, sur un vieux sac, avec l'enclume et le marteau. Il plante l'enclume entre deux pierres, il commence par le talon. À petits coups pressés, le marteau étire l'acier, refait le biseau, redresse le fil, comble les brèches. Chaque coup a sa raison, chaque coup laisse sa marque. Le profane n'y voit rien ; il s'impatiente devant cette lame qui chemine imperceptiblement. Pourquoi ne pas y aller plus fort, plus vite ? Il n'y a rien à répondre, sinon qu'il faut contenter l'œil en pensant à l'herbe de demain, et que ce n'est pas une affaire de force. Il n'y a pas de mots pour dire ces choses que des milliers d'heures ont apprises au faucheur qui balance les bras devant l'andain. 
Le marteau sonne plus clair ; il se hâte sur la pointe épaisse : son métier n'est pas de couper, mais d'ouvrir la voie. Mon père se relève, dans une grimace de jointures raidies. Il passe au long du tranchant un pouce précautionneux. L'acier répond, mais comme une bête apprivoisée, il ne mord pas."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 26-27.

saint Étienne, une statue moulée de l'église de Kirschnaumen, Moselle


 Saint Étienne
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle  

mercredi 16 septembre 2026

René Quillivic, La basilique de Saint-Nicolas-de-Port


 René Quillivic (1925 - 2016), La basilique de Saint-Nicolas-de-Port

vitrail des saints Sébastien, Alban, Wendelin, de l'église de Kirschnaumen


 Saint Alban de Verulam et sa décapitation, accosté des saints Sébastien et Wendelin
vitrail d'Arthur Schouler, Saint-Avold
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle

virage de chemin forestier


mardi 15 septembre 2026

quand il fallait échardonner en Meuse occupée

"Le chardon est une mauvaise plante qui pousse facilement dans les céréales et qui fait beaucoup de tort à l'agriculture.
C'est très utile de détruire le chardon qui se trouve dans les champs. On fait cet ouvrage au mois de mai quand les céréales ne sont pas trop grandes ; c'est très bon de faire la guerre au chardon car, si on n'y veille, il a bientôt fini d'envahir une contrée comme les Allemands.
Avant la guerre, le Préfet de la Meuse envoyait un ordre dans toutes les communes d'opérer l'échardonnage ; les habitants ne l'exécutaient pas trop, car on ne punissait pas souvent, mais le chardon qu'on laissait, lui, punissait les négligents, surtout au moment de la moisson.
Maintenant que nous sommes envahis par les ennemis, il faut bien qu'on les écoute, il faut leur obéir ou alors gare aux amendes !
Le travail n'est pas bien fait quand même ; d'abord les Allemands, tout malins qu'ils se font, ont fait commencer cette tâche trop tard et cela déchire les céréales qui sont déjà grandes. De plus, comme nous savons que la récolte est pour eux, nous travaillons le plus mal possible : inutile de travailler pour le roi de Prusse !
Je voudrais bien que les Allemands soient partis et que l'on reçoive des ordres du Préfet de la Meuse. Je vous assure que cette fois on les exécuterait d'un bon cœur."
La rédaction du mercredi 7 juin 1916 de René Henrion, élève de 12 ans d'un village meusien occupé par les Allemands.

Les Instituteurs meusiens, témoins de l'occupation allemande, 1914-1918, Bar-le-Duc, Conseil général de la Meuse, 2003, p. 184-185.

Jésus chez Marthe et Marie, vitrail de l'église de Kirschnaumen

Jésus reçu chez Marthe et Marie-Madeleine
Marie-Madeleine, assise aux pieds de Jésus, écoute ses paroles, tandis que Marthe s'occupe du repas
Luc, 10, 38-42 - vitrail d'Arthur Schouler, Saint-Avold
Église Saint Rémi - Kirschnaumen, Moselle 

lundi 14 septembre 2026

l'odeur de miel me soûle

"L'odeur de miel me soûle en traversant le pont. Elle peint à la feuille d'or les alvéoles de mes poumons. Mon hôte qui me raccompagne à la gare de Strasbourg est un homme sensible. Il me montre les ruches alignées sur la berge en bas : la ville abandonne cet espace aux abeilles meilleures ouvrières de France. Je me penche, je regarde : les ruches, collées par cinq ou six les unes aux autres, ressemblent à des cercueils﹘les plus espérants que j'aie jamais vus. Elles dégagent une odeur de sainteté. Ce sucré de la fleur, c'est comme l'enthousiasmante odeur du pain chaud﹘quelque chose qui indique une porte ouverte du paradis, et même aucune porte. L'ouverture absolue.
Christian Bobin, La Nuit du cœur, Collection Folio Gallimard, 2021, p. 89. 

le semeur, vitrail de l'église de Kirschnaumen, Moselle


Le Semeur 
 parabole du semeur, Luc, 8,4-15 - vitrail d'Arthur Schouler, Saint-Avold
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle

dimanche 13 septembre 2026

Italo Calvino a visité le Musée Guggenheim de New York en novembre 1959

"Durant ces semaines, le sujet obligé de toutes les conversations new-yorkaises est le nouveau musée dessiné pat Frank Lloyd Wright pour recevoir la collection Salomon Guggenheim, inauguré depuis peu. Tout le monde le critique ; j'en suis un défenseur acharné mais je me retrouve presque toujours isolé. C'est une sorte de tour en spirale, une rampe continue d'escalier sans marches, avec une coupole en verre. En montant et en se penchant, on a toujours une vue différente avec des proportions parfaites, grâce à une saillie semi-circulaire qui corrige la spirale ; en bas, il y a une petite tranche de parterre elliptique et une verrière avec un croissant de jardin. Ces éléments, qui changent toujours quelle que soit la hauteur à laquelle on se déplace, sont un exemple d'architecture en mouvement, d'exactitude et d'imagination unique. Tout le monde dit que l'architecture domine la peinture et c'est vrai (il paraît que Wright détestait les peintres), mais quelle importance ! On va là pour voir l'architecture, et puis les tableaux, on les voit toujours bien éclairés, uniformément, ce qui est primordial. Reste le sol, toujours incliné, qui constitue un problème﹘à savoir, comment faire tenir le tableau droit ? Ils l'ont résolu en accrochant les tableaux non pas aux murs mais à des bras de fer qui sortent du mur jusqu'au centre du tableau. En fait, la collection Guggenheim n'est pas extraordinaire, à part la formidable collection de Kandinsky que nous avions déjà vue à Rome, et il ya beaucoup de pièces de second ordre."
Italo Calvino, Ermite à Paris - Pages autobiographiques, Gallimard, 2014, p. 59.

Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob, vitrail de l'église de Kirschnaumen


 Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob (évangile de Jean, 4, 1-30)
vitrail d'Arthur Schouler, Saint-Avold
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle

samedi 12 septembre 2026

geais, pic et coucou

"La lisière du bois appartient aux geais, à ces Jacques invisibles et criards qui filent dès que leur sentinelle a donné l'alerte. Que de fois j'ai vainement cherché dans leur fuite blanche et rousse les ravissantes plumes bleues qu'ils sèment pour nous !
Plus haut dans la futaie, un pic tambourine. Cri aigu, vol qui plonge et rebondit, comment le saisir ? Et pourtant le voici, rouge et vert, écureuil à plumes, qui joue à cache-cache le long d'un tronc, accroché de la griffe et accoté de la queue comme un élagueur de peupliers.
Plus secret, l'infatigable, le lointain coucou, que l'on  poursuit en vain tout un après-midi d'avril. Il est là-bas, il est tout près... la voix lui manque, interloqué ; et puis le revoici derrière nous, et puis là-bas, là-bas encore... Est-ce le même ? Pauvre radoteur invisible, couleur de cendre rousse, reste farouche ; il vaut mieux t'imaginer resplendissant, comme les coucous des prés."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 128.

saint Wendelin, une statue moulée de l'église de Kirschnaumen, Moselle


 Saint Wendelin, protecteur des animaux domestiques et des récoltes,
patron secondaire de Kirschnaumen
Église Saint-Rémi - Kirschnaumen, Moselle 
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Pour les représentations de saint Wendelin en Moselle, voir :
- Jacques Carel, "L'église Saint-Martin de Rustroff", dans Annuaire de la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine, 1976, p. 78, note 25. L'auteur mentionne une quarantaine de représentations en Moselle.
- Alphonse Wolbrett, "Remarques historiques sur le culte de saint Wendelin", dans Pays d'Alsace, n° 110, 1980. Le culte de saint Wendelin en Lorraine, p. 4-5.
- Dominique Heckenbenner, "Saint Wendelin", dans Comme on connaît ses saints, on les honore. Images de saints vénérés en Lorraine, Sarrebourg, 1993, p. 205.

vendredi 11 septembre 2026

les oiseaux dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot

"Assise sur le rocher à l'écart des rues, la maison ignore presque les moineaux piaillants, les hirondelles qui raient le ciel de vols et de cris, mais elle connaît les oiseaux des arbres et des prés.
Le vallon est leur paradis. Ils y trouvent les cimes et les fourrés, l'eau, l'herbe et la mousse, la draperie des clématites sur les vieilles pierres, les pommiers barbus et chenilleux, les berges creuses où se nouent les racines. Ils y trouvent aussi la paix, dans l'absence des hommes.
Comment oublier dans l'enchantement d'un matin de Pâques, le jeune soleil entre les volets, l'air vif, les lilas en bourgeons, et toutes ces voix ? Si l'été les apaise et les éloigne, l'automne les ramène aux graines mûres, aux baies du sureau : rouges-queues, verdières [sic], pinsons, bouvreuils, et des troupes de mésanges acrobates qui se chamaillent en épluchant les branches. Et quand la neige a tout caché, quand le gel a tout raidi, le vallon envoie jusqu'aux fumiers tièdes, aux paillis des granges, jusqu'aux fleurs de la vitre, jusqu'à la main tendue où le rouge-gorge se pose..."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 127-128.