Je viens de terminer la lecture de L'Occupation américaine, roman de Pascal Quignard ; alors des souvenirs sont remontés de ma mémoire.
Beaucoup de soldats américains de Toul-Rosières Air Base venaient le samedi soir se "distraire" à Nancy. Ils avaient leurs bars préférés où les hôtesses étaient "accueillantes". Près du quartier où j'habitais (place de la Croix-de-Bourgogne), il y avait deux de ces bars rue Gabriel Mouilleron, l'un à l'est de la rue Jeanne d'Arc, l'autre à l'ouest. Comme ces militaires US buvaient beaucoup le samedi soir, la jeep de la MP venait en ramasser quelques-uns lorsqu'il y avait de la bagarre ou lorsqu'ils étaient trop soûls.
À cette époque, vers 1955, le trafic de cigarettes était intense. Un grand adolescent de 18 ans, que j'ai connu, car il était élève du lycée Henri-Poincaré comme moi, faisait ce trafic, mais en petite quantité. Un jour, je l'ai suivi pour connaître l'endroit où il se ravitaillait ; c'était au bout de l'impasse Lemoine, au sud de la rue de Mont Désert. Il ramenait simplement une cartouche de cigarettes Pall Mall et parfois une de Kool. Il ramenait aussi, de temps en temps, du tabac pour la pipe : des boîtes métalliques plates Prince Albert et Half and Half. Il revendait les paquets de cigarettes à ses camarades de classe. Mais cela n'a duré que quelques mois, comme un jeu et surtout pour se faire de l'argent de poche.
C'est en Lorraine qu'il y avait le plus de bases et de camps américains, et même un hôpital américain près de Toul, c'était l'hôpital Jeanne d'Arc de Dommartin-lès-Toul.
Beaucoup de Français étaient contre la présence des soldats américains. Un jour, place de la Croix-de-Bourgogne, des militants brûlèrent un mannequin de paille habillé en soldat US, qu'ils avaient pendu à une branche de platane, en face de l'Hôtel de la Mutuelle de l'Est. D'autres personnes étaient satisfaites de leur présence, car les bases employaient du personnel français ; j'ai connu une de ces personnes qui travaillait à la base de Toul-Rosières comme secrétaire.
LE PAYS NATAL DE JLJ : LA LORRAINE
mercredi 14 octobre 2026
après la lecture de "L'Occupation américaine" de Pascal Quignard
l'église Saint-Martin de Thonne-le-Thil, construite en 1721
Église Saint-Martin - Thonne-le-Thil, Meuse
1 7 2 1
la Mort de saint Joseph, vitrail de l'église de Chauvency-le-Château
La Mort de saint Joseph
vitrail de Joseph Benoit, peintre verrier, Nancy, 1929
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
le larcin de l'enfant Augustin
"Il y avait dans le voisinage de notre vigne un poirier chargé de fruits qui n'avaient rien de tentant, ni la beauté ni la saveur. En pleine nuit (selon notre exécrable habitude nous avions prolongé jusque-là nos jeux sur les places), nous nous en allâmes, une bande de mauvais garçons, secouer cet arbre et en emporter les fruits. Nous en fîmes un énorme butin, non pour nous en régaler, mais pour le jeter aux porcs. Sans doute nous en mangeâmes un peu, mais notre seul plaisir fut d'avoir commis un acte défendu."
Saint Augustin, Les Confessions, GF Flammarion, 2024, p. 42.
mardi 13 octobre 2026
la cloche de chœur de l'église de Chauvency-le-Château, Meuse
cette petite cloche était tintée au commencement de la procession d'entrée de l'officiant
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
l'adieu au monde de Simplicissimus
Adieu, monde, car on ne peut se fier à toi ni rien espérer de toi ; dans ta maison, le passé a déjà disparu, le présent disparaît sous nos mains, le futur n'a jamais commencé, le plus constant tombe, le plus fort se brise et le plus durable prend fin ; donc tu es un mort parmi les morts et, de cent ans, tu ne nous laisse pas vivre une heure.
Adieu, monde, car tu nous rends prisonniers et ne nous rends jamais libres, tu nous lies et ne nous délies plus ; tu nous affliges et ne consoles ; tu voles, tu ne rends rien ; tu nous accuses et n'en as pas motif ; tu condamnes et n'écoutes aucune partie ; donc tu nous tues sans jugement et nous enterres sans trépas ! Il n'y a chez toi pas de joie sans chagrin, pas de paix sans désunion, pas d'amour sans soupçon, pas de calme sans crainte, pas d'opulence sans défauts, pas d'honneur sans tache, pas de biens sans mauvaise conscience, pas d'état sans plainte et pas d'amitié sans fourberie.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adieu, monde, car tu séduis chacun ; aux ambitieux tu promets les honneurs, aux agités le changement, aux présomptueux la faveur du prince, aux négligents des offices, aux fesse-mathieux mille trésors, aux gloutons et aux lubriques la joie et la volupté, aux ennemis la vengeance, aux voleurs le secret, aux jeunes une longue vie, et aux favoris tu promets la faveur indéfectible du prince.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Dieu te garde, monde, car lorsqu'on te suit on perd le temps en oubli, consume sa jeunesse à courir, marcher, sauter par dessus barrières et escaliers, par chemins et sentiers, par monts et par vaux, par forêts et solitudes, par mer et par eau, dans la pluie et la neige, le chaud et le froid, le vent et l'orage ; l'âge d'homme est consumé par taille et fonte du métal, par taille de la pierre, par la pioche et le rabot, l'agriculture et l'architecture, l'invention et l'ambition de pensées, la conception, la promotion, la déploration de projets, l'achat et la vente, la dispute, querelle, guerre, le mensonge et la duperie ; on consume l'âge tardif en plaintes et misères, l'esprit faiblit, l'haleine s'empeste, la face se ride, la taille se courbe, et les yeux s'obscurcissent, les membres trembles, le nez coule, la tête devient chauve, l'oreille décline, l'odorat se perd, le goût s'en va ; l'homme soupire et gémit, il est paresseux et faible et n'a in summa rien que peines et travaux jusqu'à sa mort.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Grimmelshausen, Les aventures de Simplicissimus, Paris, Fayard, 1990, p. 389-390. Première anaphore : Adieu, monde, répété 9 fois ; seconde anaphore : Dieu te garde, monde, répété 5 fois.
Dans sa préface, Pascal Quignard rapporte que le chapitre qui clôt le Simplicissimus est un des sommets des lamentos baroques, repris de Antonio de Guevara, un Adieu au monde qu'il relit tous les ans depuis qu'il l'a découvert.
Yves Krumenacker, La guerre de Trente Ans, Paris, Éditions Ellipses, 2008. "Cette guerre est assez mal connue en France, sans doute parce que ce pays n'y a participé que dans un second temps et qu'on s'est surtout battu en dehors de ses frontières. Elle n'évoque, au mieux, que les gravures de Jacques Callot ou les aventures de Simplicius Simplicissimus, le héros de Grimmelshausen."
la Charité de saint Martin, vitrail de l'église de Chauvency-le-Château
vitrail de Joseph Benoit, Nancy, 1929
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
lundi 12 octobre 2026
peintures de J. Collet sur la cuve de la chaire à prêcher de Thonne-le-Thil
Saint Jean
Jacques Collet, peintre demeurant à Halanzy, Belgique
(il a réalisé en 1777 cinq peintures murales dans l'église Saint-Denis de Juvigny-sur-Loison)
Église Saint-Martin - Thonne-le-Thil, Meuse
le saint curé d'Ars catéchisant, vitrail de l'église de Chauvency-le-Château
Le Saint Curé d'Ars catéchisant
vitrail de Joseph Benoit, Nancy, 1929
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
la statue de saint Amand de l'église de Chauvency-le-Château, Meuse
bois peint et doré - XVIIIe siècle
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
dimanche 11 octobre 2026
Daniel Firman, Duo, exposé au Puzzle de Thionville
Daniel Firman, DUO (Lodie, Paola, Denis, Amélie, David, Siet, Camille)
2013, résine polyuréthane, peinture
Exposition Corps en mouvement
Puzzle - Thionville
18 septembre - 7 novembre 2026
-
Daniel Firman. Formé aux Beaux-Arts de Saint-Étienne puis d'Angoulême, Daniel Firman développe depuis les années 1990 une pratique singulière de la sculpture, mêlant moulage sur le vivant, résine, vêtments et accessoires réels : une technique hyperréaliste qui brouille la frontière entre le vivant et l'inanimé.
st Amand baptise st Sigisbert, vitrail de l'église de Chauvency-le-Château
vitrail de Joseph Benoit, Nancy, 1932
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
Libellés :
Benoit (Joseph),
Chauvency-le-Château (Meuse),
st Amand,
st Sigisbert,
vitraux
samedi 10 octobre 2026
les vitraux de la chapelle N.-D. de la Libération de Chauvency-le-Château, Meuse
Benoit Frères, Nancy, 1953
Chauvency-le-Château, Meuse
vendredi 9 octobre 2026
Jésus tombe pour la troisième fois, station du chemin de croix d'Usselkirch, Moselle
IXe station du chemin de croix, station dite du Christ rampant, XVIIe siècle
Usselkirch, Boust, Moselle
saint Augustin, le spectacle dramatique et la sorte de plaisir que l'on en éprouve
"Les spectacles du théâtre me ravissaient : ils étaient pleins des images de mes misères et de substances où j'alimentais le feu qui me dévorait. Pourquoi veut-il s'affliger en contemplant des aventures tragiques et lamentables, qu'il ne voudrait pas lui-même souffrir ? Et cependant, spectateur, il veut de ce spectacle ressentir l'affliction, et en cette affliction consiste son plaisir. Qu'est-ce là, sinon une pitoyable folie ? Car nous sommes d'autant plus émus que nous sommes moins guéris de ces passions. Quand on souffre soi-même, on nomme ordinairement cela misère, et quand on partage les souffrances d'autrui, pitié. Mais quelle est cette pitié inspirée par les fictions de la scène ? Ce n'est pas à aider autrui que le spectateur est incité, mais seulement à s'affliger, et il aime l'auteur de ces fictions dans la mesure où elles l'affligent. Si le spectacle de ces malheurs antiques ou fabuleux ne l'attriste pas, il se retire avec des paroles de mépris et de critique. S'il éprouve de la tristesse, il demeure là, attentif et joyeux."
Saint Augustin, Les Confessions, GF Flammarion, 2024, p. 50.
jeudi 8 octobre 2026
saint Méen et saint Walfroy, statuettes de l'église de Chauvency-le-Château
Saint Méen de Bretagne et Saint Walfroy, apôtre des Ardennes
statuettes en bois, XVIIIe siècle
Église Saint-Amand - Chauvency-le-Château, Meuse
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- À Margut (Ardennes), commune située à quelques kilomètres au nord de Chauvency-le-Château, il existe la chapelle de l'ermitage Saint-Walfroy.
- Aux
temps mérovingiens, vers l'an 585, le diacre Walfroy, disciple de saint Martin
de Tours, vient dans le pays d'Yvois pour y vivre en ermite. Walfroy joint à la
prière une forme de pénitence originale : comme les stylites d'Orient, il se
tient sur une colonne, y endurant les rigueurs du climat ardennais. Sa prédication
et son exemple, attire à l’Évangile les habitants de la région qui finissent
par briser le signe de leur paganisme : la statue de la Dea Arduina vénérée sur
la colline. Obéissant à l'évêque de Trèves, Walfroy quitte sa colonne, évangélise
la région et construit, au sommet de la colline, une église en l'honneur de
saint Martin. Il en fait un foyer de vie religieuse. Il meurt peu avant l'an 600,
inhumé dans l'église qu'il a construite. Ses reliques ont été transportées à Yvois
(Carignan), le 7 juillet 979. D'après Wikipédia.
mercredi 7 octobre 2026
le portail de 1761 de l'église de Velosnes, Meuse
mardi 6 octobre 2026
la rareté d'art chinois et le tableau de l'Ecce homo d'un cabinet d'art
"J'entrai un jour avec un homme de qualité dans un cabinet d'art où étaient de belles raretés. Parmi les tableaux, je ne goûtai rien mieux qu'un Ecce homo pour l'expression de miséricorde par quoi il ravissait pour ainsi dire les spectateurs en compassion ; à côté se trouvait une charte de papier peinte en Chine où étaient des faux dieux des Chinois en majesté, dont une partie étaient faits comme des diables ; le maître de maison me demanda quelle pièce de son cabinet d'art me plaisait le mieux. Je montrai l'Ecce homo, mais il dit que je me trompais, car la peinture chinoise était plus rare et par conséquent plus précieuse ; il ne l'aurait pas donnée contre dix Ecce homo. Je répondis : « Monsieur, votre cœur est-il comme votre bouche ? » Il dit : « J'y veille. » Sur quoi je dis : « Ainsi le dieu de votre cœur et celui de votre bouche avoue que le portrait est le plus précieux. » « Rêveur ! » dit cet autre, « J'estime la rareté. » Je répondis : « Est-il chose plus rare et plus admirable que le fait que le Fils de Dieu ait souffert pour nous comme nous le représente ce tableau ? »"
Grimmelshausen, Les aventures de Simplicissismus, Paris, Fayard, 1990, p. 72.
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