mercredi 18 février 2026

la rose et les tulipes de Lunéville



Claude Henri Schmitt, Village aux mirabelles


Village aux mirabelles
peinture - 1984 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

mardi 17 février 2026

l'explicit de "Germinie Lacerteux" des Frères Goncourt

"À la fin, la vieille demoiselle [Mlle de Varandeuil] se laissa tomber à genoux dans la neige, entre deux croix dont l'une portait 9 novembre et l'autre 10 décembre. Ce qui devait rester de Germinie devait être à peu près là. Sa tombe vague était ce terrain vague. Pour prier sur elle, il fallait prier au petit bonheur entre deux dates, ᅳ comme si la destinée de la pauvre fille avait voulu qu'il n'y eût, sur la terre, pas plus de place pour son corps que pour son cœur !"
Edmond et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, 1864.

"Par-delà le plaisir du paradoxe (que les Goncourt ne se refusent jamais !) et un soupçon de vanité irritant que leur talent devrait plus souvent faire pardonner, il faut enfin reconnaître en Germinie Lacerteux un livre courageux, d'une profondeur de compréhension psychologique et d'une nouveauté formelle inaugurale pour l'époque, et d'une noblesse d'émotion et de sentiment qui avait au moins le mérite de trancher radicalement, par sa franchise et sa hauteur, sur l'atmosphère morale ambiante. Avec cette œuvre forte et dérangeante, les Goncourt éperonnaient de tous leurs nerfs la littérature de leur temps."
Nadine Satiat, docteur en littérature comparée.

les personnages de roman selon Sylvie Germain

"Tous les personnages sont des dormeurs clandestins nourris de nos rêves et de nos pensées, eux-mêmes pétris dans le limon des mythes et des fables, dans l'épaisse rumeur du temps qui brasse les clameurs de l'Histoire et une myriade de voix singulières, plus ou moins confuses. Des dormeurs embués de nuit, pénétrés de chants lointains et de murmures, et tressaillant d'un désir de jour, de chants audibles, de langage intelligible."
"Les personnages, ces êtres composites engendrés à la croisée de multiples influences, sont néanmoins uniques. On ne peut pas les réduire à de simples artifices construits par un auteur en mal de bavardage. Ils sont pareils à nous, à n'importe quel individu : ils veulent exister, exister dans et par le regard des autres, être reconnus, lus avec attention, patience et sensibilité."
Sylvie Germain, Les Personnages, Gallimard, 2004,  p. 12 et 32.

Claude Henri Schmitt, Ferme vosgienne


 Ferme vosgienne
peinture - 1983 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

Claude Henri Schmitt, Paysan


 Paysan
peinture - 1986 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

lundi 16 février 2026

d'après Louise Nevelson, un assemblage ocre jaune


D'après Louise Nevelson (Kiev, 1899 - New York, 1988), Assemblage monochrome
Galerie Virelay - 3, place de L'Étang-Saint-Jean - Nancy  

Claude Henri Schmitt, Bateaux à marée basse


 Bateaux à marée basse
peinture - 1985 - 54 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

dimanche 15 février 2026

Séverine Depoulain, Maurice Barrès, écrivain et journaliste littéraire


Séverine Depoulain, Maurice Barrès, écrivain et journaliste littéraire
Honoré Champion - 2025 

l'explicit des "Revenentes" de Georges Perec

"C'est règlé, c'est feenee, c'est termeené ! Et, légèrement crevés, mets éméchés et enchentés, Hélène, Thérèse, Estelle et mezeeg, tels les Mesqetères, de se prendre les gemmes, et de les mettre de l'Evêché, et d'émerger dens les ténèbres d'Exeter, et de reprendre, pépères, le jet vers cette chère Frence."
Georges Perec, Les Revenentes, 1972.

deux tableaux abstraits de Claude Henri Schmitt


peinture sans titre - 1996 - 81 x 54 cm
(on dirait un Jean Bazaine)


peinture sans titre - 1984 - 81 x 100 cm
-
 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, 1935 - Mazirot, 2021)
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

samedi 14 février 2026

l'explicit de "La Vie mode d'emploi" de Georges Perec

"Il reposait sur son lit, tout habillé, placide et boursoufflé, les mains croisés sur la poitrine. Une grande toile carrée de plus de deux mètres de côté était posée à côté de la fenêtre, réduisant de moitié l'espace étroit de la chambre de bonne où il avait passé la plus grande partie de sa vie. La toile était pratiquement vierge : quelques traits au fusain, soigneusement tracés, la divisaient en carrés réguliers, esquisse d'un plan en coupe d'un immeuble qu'aucune figure, désormais, ne viendrait habiter."
Georges Perec, La Vie mode d'emploi, 1978.

Claude Henri Schmitt, 14 juillet à Mazirot, Vosges


 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, Moselle, 1935 - Mazirot, Vosges, 2021)
14 juillet à Mazirot, Vosges
peinture - 1984 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

"Mazirot : le petit village où CHS s’est installé avec sa famille en 1980 et où il a vécu jusqu’à sa mort en 2021. Un petit village de 200 âmes où l’on a hissé le drapeau bleu blanc rouge devant la mairie à l’occasion du 14 juillet. C’est à Mazirot, dans l’atelier qu’il s’était aménagé dans les combles de la maison familiale que CHS a produit la plus grande partie de son œuvre. "
D'après Karin Schmitt    

Claude Henri Schmitt, Algérien


 Algérien
aquarelle - 1998 - 65 x 50 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

Claude Henri Schmitt au Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz



D'après Henri Matisse
peinture - 1996 - 146 x 114 cm




Table CHS d'après Georges Braque
peinture - 1985 - 81 x 100 cm
-
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026 

vendredi 13 février 2026

Marcel Proust empruntant des équivalents à la liturgie catholique

"Quelquefois quand, après m'avoir embrassé, elle ouvrait la porte pour partir, je voulais la rappeler, lui dire « embrasse-moi une fois encore », mais je savais qu'aussitôt elle aurait son visage fâché, car la concession qu'elle faisait à ma tristesse et à mon agitation en montant m'embrasser, en m'apportant ce baiser de paix, agaçait mon père qui trouvait ces rites absurdes [...]. Or la voir fâchée détruisait tout le calme  qu'elle m'avait apportée un instant avant, quand elle avait penché vers mon lit la figure aimante, et me l'avait tendue comme une hostie pour une communion de paix où mes lèvres puiseraient sa présence réelle  et le pouvoir de m'endormir."

"Je voulus embrasser maman, à cet instant on entendit la cloche du dîner. « Mais non, voyons, laisse ta mère, vous vous êtes assez dit bonsoir comme cela, ces manifestations sont ridicules. Allons,  monte ! » Et il me fallut partir sans viatique ; il me fallut monter chaque marche de l'escalier, comme dit l'expression populaire « contrecœur », montant contre mon cœur qui voulait retourner près de ma mère parce qu'elle ne lui avait pas, en m'embrassant, donné licence de me suivre."

"Quand je fus en bas, elle [Françoise] était en train, dans l'arrière-cuisine qui donnait sur la basse-cour, de tuer un poulet qui par sa résistance désespérée et bien naturelle, mais accompagnée par Françoise hors d'elle, tandis qu'elle cherchait à lui fendre le cou sous l'oreille, des cris de « sale bête ! sale bête ! », mettait la sainte douceur et l'onction de notre servante  un peu moins en lumière qu'il n'eût fait, au dîner du lendemain, par sa peau brodée d'or comme une chasuble et son jus précieux égoutté d'un ciboire."

"Devant nous, dans le lointain, terre promise ou maudite, Roussainville, dans les murs duquel je n'ai jamais pénétré, Roussainville, tantôt, quand la pluie avait déjà cessé pour nous, continuait à être châtié comme un village de la Bible par toutes les lances de l'orage qui flagellaient obliquement les demeures de ses habitants, ou bien était déjà pardonné par Dieu le Père qui faisait descendre vers lui, inégalement longues, comme les rayons d'un ostensoir d'autel, les tiges d'or effrangées se son soleil reparu."

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Le Livre de Poche Classique, 2017, p. 56, 71, 167 et 197.

deux portraits inédits de René II, duc de Lorraine !!!



Deux portraits inédits de René II, duc de Lorraine, découverts par ChatGPT
dans le réseau labyrinthique segmenté de son IA
(ChatGPT n'a pas réussi à faire apparaître le vrai blason)

Claude Henri Schmitt, Wölwa I


 Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, Moselle, 1935 - Mazirot, Vosges, 2021), Wölwa I
 monotype - 2006 - 81 x 65  cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

Une Wölwa est dans la mythologie germanique une magicienne ou voyante capable d'entrer en contact avec les dieux en se mettant dans un état extatique.

jeudi 12 février 2026

Ferghane Azihari, L'Islam contre la modernité

l'explicit d' "Un homme qui dort" de Georges Perec

"Non. Tu n'es plus le maître anonyme du monde, celui sur qui l'histoire n'avait pas de prise, celui qui ne sentait pas la pluie tomber, qui ne voyait pas la nuit venir. Tu n'es plus l'inaccessible, le limpide, le transparent. Tu as peur, tu attends. Tu attends, place Clichy, que la pluie cesse de tomber."
Georges Perec, Un  homme qui dort, 1967.

Clauder Henri Schmitt, Tableau abstrait I


  Claude Henri Schmitt (Hargarten-aux-Mines, 1935 - Mazirot, 2021), Tableau abstrait I, sans titre
peinture - 1991 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

mercredi 11 février 2026

Claude Henri Schmitt, Völundskvädet IV


 Völundskvädet IV
(Völunddskvädet, poème en vieux norrois, traduit en suédois)
monotype - 2007 - 100 x 81 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

Claude Henri Schmitt, Lagash II


 Lagash II
monotype - 1998 - 65 x 54 cm
Exposition  Claude Henri Schmitt
Le passe-frontières
Château de Courcelles - Montigny-lès-Metz
7 février - 29 mars 2026

vantardise et style du cardinal de Retz

 "Tout le monde me suivit, et j'en eus besoin, car je trouvai cette fourmilière de fripiers toute en armes. Je les flattai, je les caressai, je les injuriai, je les menaçai : enfin je les persuadai. Ils quittèrent les armes, ce qui fut le salut de Paris [!], parce que, si ils les eussent eues encore à la main, à l'entrée de la nuit, qui s'approchait, la ville eût été infailliblement pillée.
Je n'ai guère eu en ma vie de satisfaction plus sensible que celle-là ; et elle fut si grande, que je ne fis pas seulement de réflexion sur l'effet que le service que je venais de rendre devait produire au Palais-Royal."
Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956, p. 91.

"À l'en croire, il aurait sauvé non seulement le régiment des gardes, mais tout Paris, en marchant, par une manœuvre de diversion, dans la direction des Halles. Il se flatte assurément. Le peuple de déposa pas les armes et, si la ville échappa au pillage, c'est parce qu'il construisit des barricades."
Simone  Bertière, La vie du cardinal de Retz, Paris, Éditions de Fallois, 1990, p. 158.

l'explicit de "Quel petit vélo au guidon chromé..." de Georges Perec

"Alors Pollak Henri et nous autres, on s'en est revenu sur la route versaillaise. On a repris le train jusques aux Invalides. On s'est partagé les bouquins, les cigarettes, les chocolats. On est allé boire un pot à la terrasse du Sélect et on  a vidé la bouteille de whisky. Et puis chacun est rentré chez soi. Et plus jamais on a entendu parler de ce mauvais coucheur."
Georges Perec, Quel petit vélo au guidon chromé au fond de la cour ?, 1966.