mardi 3 février 2026

la fantaisie dans "Le vent reprend ses tours" de Sylvie Germain

"S'il retrouve Gavril, il le sortira de l'établissement où il est interné, il l'emmènera avec lui, ils voyageront, ils irons là où le vieil homme en aura envie ; ils parleront, ils se raconteront toutes ces années perdues loin  de l'autre et rappelleront à leur mémoire celles du passé. Quatre-vingts ans, ce n'est pas si âgé, se rassure Nathan, l'affiche des « Disparus » ne signale aucune infirmité physique ni déficience mentale particulière. Et si Gavril ne veut pas voyager, ils s'installeront là où il le voudra,  et s'il ne veut pas parler, ils garderont le silence. Ou ils joueront de l'un des instruments à souffle qu'inventait Gavril — de l'olifantastique, du cor-et-à-cri, du picologatome, de la trompette-à-rimes, du saxhoquet, du tuyau-soupir, de la flûte-à-couacs ou du poèmophone... À force de passer en revue les noms des instruments , de ces instruments fantasques et de s'efforcer de les visualiser, Nathan finit par s'endormir."

"Les jours suivants, il [Nathan] avait cherché l'échassier [Gavril] dans le quartier en vain. Deux semaines plus tard, il l'avait revu, sa haute silhouette se dandinait sur une place devant la terrasse d'un café ; il jouait de l'olifantastique dont le son évoquait le ululement du hibou aussi bien que le chant plaintif d'une baleine."

Sylvie Germain, Le Vent reprend ses tours, Paris, Albin Michel, 2019, p. 19-20 et 25.

un "je-ne-sais-quoi" de Sylvie Germain

" L'aspect de cet homme l'avait mise assez mal à l'aise ; la couleur de ses yeux, pareille à celle d'oiseaux nocturnes ou d'un  fauve décati, son  fort accent qui brouillait la compréhension de ce qu'il disait, et aussi ce je-ne-sais-quoi d'excentricité,  d'assurance et de désinvolture qu'elle avait flairé en lui."
Sylvie Germain, Le Vent reprend ses tours, Paris, Albin Michel, 2019, p. 179.

lundi 2 février 2026

Albert Marks, Vue de Metz


 Albert Marks (1871 - 1941), Vue de Metz
hst - 72 x 72 cm - sbd et 1917
HDV de Metz - 14.02.2026

dimanche 1 février 2026

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

 

samedi 31 janvier 2026

la poterne sud de l'enceinte fortifiée de Marsal, Moselle


Poterne sud, Marsal, Moselle
 

vendredi 30 janvier 2026

la source des Rhénanes d'Apollinaire est-elle dans Erckmann-Chatrian ?

"Sous l'influence des romans noirs anglais, Erckmann a débuté par des contes fantastiques que l'on relira longtemps, tout comme la plupart de ses œuvres. Si Sainte-Beuve n'a pas fait mention de son nom, ce fut uniquement pour des raisons politiques. Son influence est durable. Guillaume Apollinaire l'a certainement lu attentivement ᅳ nous en trouvons les preuves dans ses Rhénanes. Les contes d'Erckmann soutiennent la comparaison avec les contes d'E.T.A. Hoffmann."
Maxime Alexandre, "Littérature alsacienne", dans Histoire des littératures, III, Littératures françaises, connexes et marginales, Encyclopédie de la Pléiade, 1958, p. 1551.

J'ai relu les Rhénanes d'Apollinaire, les poèmes qui sont dans Alcools et dans Le Guetteur mélancolique, et, ayant lu pratiquement tout l'œuvre d'Erckmann-Chatrian, je n'ai pas trouvé d'indices ou de réminiscences comme quoi Apollinaire aurait lu attentivement ces deux auteurs, sauf peut-être le poème Schinderhannes (dans Alcools). Effectivement Schinderhannes, ce criminel, voleur et assassin, qui agissait en bande, est raconté et évoqué plusieurs fois dans Erckmann-Chatrian. Mais Apollinaire ayant séjourné en Allemagne, notamment en Rhénanie, d'août 1901 à août 1902, il est fort possible qu'il ait entendu parler de Schinderhannes. 

- Apollinaire, Œuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade, 1956, p. 111-124 et 529-539. 
- Erckmann-Chatrian, Schinderhans, publication en 18 feuilletons, du 14 mai au 1er juillet 1850, dans Le Toulonnais.
- Erckmann-Chatrian, Schinderhannes ou les Brigands des Vosges, 1855.
- Erckmann-Chatrian, Schinderhanns (nouvelle), dans la Revue Alsacienne, mars et avril 1878.


 Schinderhannes arrêté en 1802 près de Mayence et conduit par des gendarmes français
de Limbourg-sur-la Lahn à Francfort

jeudi 29 janvier 2026

l'explicit du "Chevalier des Touches" de Jules Barbey d'Aurevilly


"J'avoue que je m'en allai de cette maison de fous ne pensant plus qu' à Aimée de Spens. J'avais presque oublié Des Touches... Avant de sortir de sa cour, je me retournai pour le voir... Il s'était rassis sous son arceau, et, de cet œil qui avait percé la brume, la distance, la vague, le rang ennemi, la fumée du combat, il ne regardait plus que ces fleurs rouges auxquelles il venait de comparer Aimée, et dans l'abstraction de sa démence, peut-être ne les voyait-il pas..."
Jules Barbey d'Aurevilly, Le Chevalier des Touches, 1863. 

mercredi 28 janvier 2026

Maylis de Kerangal évoque le Havre d'Auguste Perret


La Porte Océane, vue aérienne


La Porte Océane du Havre, façade sur mer
Auguste Perret, architecte, 1952-1953
© Architecture 50

"Je remontais alors les artères du quartier Perret tels des couloirs de vent, tête baissée, mon sac US pendu à l'épaule, je filais sur le plan en damier, de case en case, de bloc en bloc, ignorant à l'époque que cette géométrie modulaire, ces canyons perpendiculaires et ces carrefours récurrents, ces tours et ces intersections, multipliant les risques de collision, les angles morts et les lignes de fuite, créaient un espace propice au hasard, au fortuit, aux coïncidences, un espace devenu la matrice de ma rêverie."

"Le Channel est un cinéma de quartier, orgueilleux et discret, curieusement situé dans l'un des passages qui connectent les artères commerçantes du centre-ville aux cours des ISAI (Immeubles sans affectation immédiate) de la reconstruction. Ces petits tunnels creusés au bas des immeubles, étayés de colonnes de béton bouchardé, sont obscurs et sonores, ils puent la pisse et le mégot mais offrent des raccourcis utiles, des porches où s'abriter de la pluie et des regards, où s'embrasser incognito, délient tout un système de circulation au revers des accès officiels, sorte de contre-carte du territoire, de celles que maîtrisent les riverains, les pompiers et quelques chiens."

"La ligne du tramway s'étire de la gare à la plage suivant l'axe historique que le crayon de l'architecte a exhumé des ruines de la guerre. Une perspective créée pour faire croire au rêve d'un horizon marin visible dès la descente du train, provoquer cet appel d'air et de lumière à peine le pied posé sur le quai, quand l'apparition de la mer est ici un évènement qui relève de la scénographie ᅳ maestria du teasing ᅳ : elle est la diva que l'on attend, que l'on pressent, que les mouettes annoncent, follettes, gueulardes, mais qui ne se montre qu'une fois doublées les deux tours de treize étages de la porte Océane, une fois franchie cette passe symbolique entre la ville et le rivage ᅳ voir la mer, voir la mer, c'était toujours là que nous réclamaient dès le marchepied du wagon ceux qui venaient nous rendre visite quand nous habitions ici [...]."

"Le tram glissait le long de l'avenue Foch, il glissait vers la porte Océane, et mes pensées glissaient à même vitesse, le long des façades rigoureuses, épurées, théâtrales, il glissait dans cette grande absence que l'on avait comblée après guerre par de l'architecture."

Maylis de Kerangal, Jour de ressac, Paris, Éditions Gallimard, 2024, p. 51, 52, 63, 80. 

mardi 27 janvier 2026

l'explicit de "Tobie des marais" de Sylvie Germain

"Une dernière fois Tobie s'offre en corps de substitution, en corps de totale compassion ; non plus pour une lutte, son père n'est plus en guerre avec le monde, il a rendu les armes. Tobie a compris que Théodore est en train de prodiguer ses adieux à ce monde en dansant jusqu'au vertige, plus léger et splendide à chaque nouvelle valse. Il pose sa joue contre l'épaule de son père, et il rit. Il rit pour chasser toute envie de crier, de pleurer, de juger. Il rit au diapason de la valse, avec allant et grâce.

Et son rire s'envole dans la nuit sur un air de valse étincelante, il tourne au ras du ciel pour demander à Dieu si les choses, vraiment, ont le droit d'être comme ça. Et les hélianthes plantés sur la tombe de Déborah dispersent leurs pétales comme autant de points d'interrogation  dans le vent nocturne."
Sylvie Germain, Tobie des marais, 1998.

lundi 26 janvier 2026

le tableau de "l'Arrestation du Christ" du Caravage décrit par Sylvie Germain


Le Caravage, L'Arrestation de Jésus, 1602
Galerie Nationale d'Irlande, Dublin
-
"[Du Caravage] il y a l'extraordinaire Arrestation de Jésus. Le cri ici est suggéré plus qu'affirmé, il est montré de profil. Seul le Christ est présenté de face, tous les autres, soldats et disciples, sont de profil, à commencer par Judas assenant un baiser brutal à Jésus. Des deux soldats, entièrement cuirassés, on n'aperçoit que le nez et une pommette, leurs yeux sont bandés d'ombre sous la visière du casque ; ils ne sont plus vraiment des hommes de chair, ils sont de métal luisant rehaussé de dorure et de lueurs, des hommes aux crânes de rhinocéros et aux bras de crabe. Derrière eux, à la droite du tableau, un homme dresse son visage hors de la nuit, il tient au bout de sa main levée une lanterne pour tenter d'éclairer la mêlée — cette fourbe embrassade doublée d'une ferme empoignade. À cette main levée répondent celles du Christ aux doigts entrecroisés, noués, tout en bas du tableau. Des lignes et des courbes puissantes traversent l'espace du tableau, y imprimant un vif mouvement de rotation. Mais le plus remarquable est le groupe ramassé sur la gauche, composé par trois visages liés les uns aux autres selon un rythme rapide et syncopé qui confère à l'image un aspect séquentiel, presque cinématographique. Judas, le front tout plissé, creusé d'une immense anxiété, le regard brûlé de doute, heurte la joue du Christ de ses lèvres tout en l'agrippant par l'épaule, et la tête du Christ bascule légèrement de côté sous le choc de ce baiser où tout à la fois se brisent l'amitié, la confiance et l'espoir. Et la face du maître trahi, déchu, exprime autant de lassitude que de douleur ; le dessin des sourcils, très sombre, et les paupières baissées, plombées d'ombre brune, rehaussent la pâleur du front et du nez que cingle la lumière.
Et, adossé au Christ, semblant même faire corps avec lui, il y a ce jeune homme de profil, bouche grande ouverte, tout comme sont largement écartés les doigts de sa main lancée en avant, dans le vide. Il profère un cri immense dans la nuit, un cri dont la source est en Judas, et qui a traversé le Christ avant d'affluer jusqu'en son corps de témoin, en sa bouche béante et en sa main haut levée, paume nue. Dans son geste de panique il fait s'envoler un pan de son vêtement, lequel flotte au-dessus des trois têtes collées les unes aux autres, les entourant d'une auréole rouge qui claque dans le vent du jardin, dans le vent du désastre."
Sylvie Germain, Tobie des marais, Paris, Gallimard, 1998, p. 171-172.

dimanche 25 janvier 2026

l'explicit de "Jean Cavalier" d'Eugène Sue


"Ainsi finit la guerre des Cévennes. Les protestants renoncèrent bientôt à tout espoir de délivrance ; leur sort ne changea pas : ils continuèrent d'être mis hors la loi."
Eugène Sue, Jean Cavalier ou les Fanatiques des Cévennes, 1840. 

samedi 24 janvier 2026

visite du Musée Guimet le 8 septembre 2001


Plat en  porcelaine aux trois jarres 
Japon, époque Edo - © Musée Guimet

vendredi 23 janvier 2026

une petite audience de mon blog, mais une audience internationale


Une audience pour une journée

encore une musique de chats... torturés...


  Thyl Ulenspiegel et Lamme Goedzak califourchonnent jambe de-ci, jambe de-là sur leurs ânes


"Ce jour-là, Philippe roi [Philippe II, roi d'Espagne et du Portugal], ayant mangé trop de pâtisseries, était plus que de coutume mélancolique. Il avait joué sur son clavecin vivant, qui était une caisse renfermant des chats dont les têtes passaient à des trous ronds, au-dessus des touches. Chaque fois que le roi frappait sur une touche, celle-ci, à son tour, frappait le chat d'un dard ; et la bête miaulait et se plaignait à cause de la douleur. 
Mais Philippe ne riait point."
Dans La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandre et ailleurs de Charles de Coster, 1869,  Livre troisième, chapitre XLI, p.192.
Charles de Coster aurait-il lu Athanase Kircher ?

Voir mon post du 15.03.2010 :
"Même dans ce simple divertissement, Kircher avait mis toute sa science. Une fois ouvert, le buffet d'orgue dévoila un mécanisme fort complexe. Lorsqu'on appuyait sur l'une des pédales, un système de transmission admirable faisait mouvoir une sorte de marteau qui s'abattait brusquement sur la queue d'un chat sanglée sur une plaquette de bois. Tous les matous de ce clavier à deux octaves avaient été longuement sélectionnés par Athanase pour leur faculté naturelle à miauler sur un certain ton. Ils étaient enfermés dans de petites boîtes ne laissant dépasser que leur queue, et même s'ils paraissaient n'apprécier que très médiocrement le traitement qui leur était infligé, ils n'en tenaient pas moins leur rôle à la perfection."
Jean-Marie Blas de Roblès, Là où les tigres sont chez eux, Éditions J'ai Lu, 2009, p. 358.

jeudi 22 janvier 2026

Christian Saint-Étienne, Trump et nous


attentat contre Retz, coincé entre les deux battants d'une porte

"Comme je sortais de la Grande Chambre, je rencontrai, dans le parquet des huissiers, M. de la Rochefoucauld, qui rentrait. Je n'y fis point de réflexion, et j'allai dans la salle pour prier mes amis de se retirer. Je revins après le leur avoir dit ; et comme je mis le pied sur la porte du parquet, j'entendis une fort grande rumeur, dans la salle, des gens qui criaient : « Aux armes ! » Je me voulus retourner pour voir ce que c'était ; mais je n'en eus pas le temps, parce que je me sentis le cou pris entre les deux battants de la porte, que M. le la Rochefoucauld avait fermée sur moi, en criant à MM. de Coligni et de Ricousse de me tuer. Le premier se contenta de ne pas le croire ; le second lui dit qu'il n'en avait point d'ordre de Monsieur le Prince [Condé]. Montrésor, qui était dans le parquet des huissiers, avec un garçon de Paris appelé Noblet, qui m'était affectionné, soutenait un peu un des battants, qui ne laissait pas de me presser extrêmement. M. de Champlâtreux, qui était accouru au bruit qui se faisait dans la salle, me voyant en cette extrémité, poussa avec vigueur M. de la Rochefoucauld : il lui dit que c'était une honte et une horreur qu'un assassinat de cette nature ; il ouvrit la porte et il me fit entrer. [...] 
Deux ou trois criailleurs de la lie du peuple, du parti de M. le Prince, qui n'étaient arrivés dans la salle que comme j'en ressortais, s'avisèrent de crier, en me voyant de loin : « Au Mazarin ! » Beaucoup de gens du même parti, et Chavagnac entre autres, m'ayant fait civilité lorsque je passai, et m'ayant témoigné joie de l'adoucissement qui commençait à paraître, deux gardes de Monsieur le Prince, qui étaient aussi fort éloignés, mirent l'épée à la main. Ceux qui étaient les plus proches de ces deux premiers crièrent « Aux armes ! » Chacun les prit. Mes amis mirent l'épée et le poignard à la main ; et, par une merveille qui n'a peut-être jamais eu d'exemple, ces épées, ces poignards et ces pistolets demeurèrent un moment sans action ; et, dans ce moment, Crenan, qui commandait la compagnie de gendarmes de M. le prince de Conti, mais qui était aussi de mes anciens amis, et qui se trouva, par bonheur, en présence avec Laigue, avec lequel il avait logé dix ans durant, lui dit : « Que faisons-nous ? nous allons faire égorger Monsieur le Prince et Monsieur le Coadjuteur. Schelme [coquin, en allemand] qui ne remettra l'épée dans le fourreau ! » Cette parole, proférée par un des hommes du monde dont la réputation pour la valeur était la plus établie, fit que toute le monde, sans exception, suivit son exemple."
Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956, p. 553-554.

mercredi 21 janvier 2026

l'explicit de "Thérèse Desqueyroux" de François Mauriac

"Thérèse avait un peu bu et beaucoup fumé. Elle riait seule comme une bienheureuse. Elle farda ses joues et ses lèvres, avec minutie ; puis, ayant gagné la rue, marcha au hasard." 
François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, 1927.

mardi 20 janvier 2026

visite du Musée Maillol le 8 septembre 2001


 Aristide Maillol, Jeune fille de profil


l'explicit d' "Anchise" de Maryline Desbiolles

"Quand tout est accompli [Anchise s'est suicidé dans sa voiture, en y mettant le feu], que la carcasse noircie de la voiture continue d'épingler l'après-midi qui s'éteint, quelque chose se rompt doucement, on s'aperçoit qu'on est pris dedans, dans le vacarme de la campagne qu'on entend enfin, le vent léger dans le peuplier qui tremble, l'impatience de fauvettes, le caquet des perdrix rouges, un merle, une alouette lulu s'échinant à discourir entre les cris hirsutes des geais, l'aboiement des chiens, des voix d'enfants dans le vallon et plus loin l'aigle de Boneli qui lâche sa plainte brève, aiguë comme une pierre fine, sans compter tout ce qu'on ne sait pas reconnaître ni la moisson crissante des insectes. La campagne c'est cette musique, cette agitation de branches, de feuilles et de cris qui s'enfle et s'architecture quand on ferme les yeux."
Maryline Desbiolles, Anchise, Éditions du Seuil, 1999. Prix Femina.

lundi 19 janvier 2026

antiquités égyptiennes du Louvre, relevé très sommaire du 28 octobre 2000



Cercueil de Sennefer, ouvrier de la Tombe pꜢ ḫr
bois peint, fin de la XVIIIe dynastie, 1336-1295 avant J.-C.
sur le devant du cercueil sont représentés Hâpy, Inpou (Anubis) et Qebehsenouf
Musée du Louvre - photo © Franck Raux


Sur Sennefer :

dimanche 18 janvier 2026

travailleuse Adt exposée au Musée de de la Tour aux puces de Thionville


 Travailleuse à décor japonisant
manufacture Adt de Pont-à-Mousson, 1890-1900
(Musée Au Fil du Papier, Pont-à-Mousson)
-
L'âme du Levant - L'imaginaire japonais à l'œuvre
Exposition au Musée de la Tour aux puces - Thionville
26 novembre 2025 - 26 avril 2026

samedi 17 janvier 2026

chess pieces of the British Museum


© The Trustees of the British Museum


A hoard of 78 pieces was found in 1831 in the parish of Uig on the Isle of Lewis in the Outer Hebrides in what was described as a 'subterranean' chamber. Eleven pieces from the same find are in the National Museum of Antiquities of Scotland in Edinburgh. From the pieces it is clear that the hoard was not made up of a number of complete sets, and as none of the carving is incomplete, a workshop hoard is most unlikely. Perhaps they formed part of the stock of a merchant ship wrecked on the shores of the island, subsequently hidden and not recovered. The pieces show virtually no signs of wear.

The form of the chessmen and the decoration on the back of the thrones on which the kings, queens and some of the bishops are seated, have led to pieces being dated from the middle to the end of the 12th century and to their being attributed to either Britain or Scandinavia. It is difficult to find a parallel for the figure style, except in other gaming pieces, and even amongst these the Lewis pieces are more stylized and rigid than any others that survive. It is unlikely that they were carved later than the middle of the century, unless they were produced in a very remote centre, but their very high quality and especially the subtlety of their decorative carving would not support this. They belong to a group of carvings whose style is found in both Scandinavia and East Anglia: at, for example, Lund Cathedral and Ely Abbey, regions that were linked by trading and by political and close ecclesiastical contacts. The actual carving of such pieces of walrus ivory could have been carried on either side of the North Sea.  The British Museum      

vendredi 16 janvier 2026

un assemblage monochrome de Louise Nevelson


Louise Nevelson (Kiev, 1899 - New York, 1988), Assemblage monochrome
Galerie Virelay - 3, place de L'Étang-Saint-Jean - Nancy 

lundi 12 janvier 2026

la victoire de Rethel remportée le 15 décembre 1650, racontée par Gondi

 "Le 18 [décembre 1650],  la nouvelle arriva que M. le maréchal du Plessis [commandant les troupes royales] avait gagné une grande bataille contre M. de Turenne ; que le dernier qui venait au secours de Rethel et qui l'avait déjà rendu au maréchal du Plessis par Liponti, qui y commandait la garnison espagnole, s'étant voulu retirer, avait été forcé de combattre dans la plaine de Sompuis ; qu'il s'était sauvé à toute peine, lui cinquième, , après y avoir fait des merveilles ; qu'il y avait perdu plus de deux mille hommes tués sur la place, du nombre desquels était un des frères de l'électeur Palatin, et six colonels ; et près de quatre mille prisonniers, entre lesquels étaient dom Stevan de Gamarre, la seconde personne de l'armée ; Boutteville, qui est aujourd'hui M. de Luxembourg, le comte de Bossut, le comte de Quintin, Haucour, Serisi, le chevalier de Jairzé et tous les colonels. L'on ajoutait que l'on avait pris vingt drapeaux et quatre-vingt-quatre étendards . Vous ne doutez pas de la consternation du parti des Princes [parti anti Mazarin], mais vous ne pouvez pas figurer. Je n'eus toute la nuit chez moi que des pleureux et des désespérés ; je trouvai Monsieur atterré."
Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956, p. 417.

"Après un bref séjour de deux semaines à Paris, Mazarin part pour l'armée le 1er décembre [1650]... Il emporte avec lui de l'argent, destiné à la solde des troupes [royales], et des justaucorps pour garantir les soldats du froid... Le 9 décembre, le maréchal Du Plessis-Praslin met le siège devant Rethel. Le 14, le gouverneur de la place, Giovanni Degli Ponti, officier italien ayant le grade de maréchal de camp dans l'armée espagnole, capitule malgré l'approche de Turenne qui vient le secourir. L'or de Mazarin n'aurait pas été étranger à sa reddition. 
La ville une fois conquise, le conseil de guerre s'assemble et le ministre, approuvé par le maréchal et ses officiers, décide de livrer bataille à l'ennemi qui n'est plus très éloigné. Une force de 7 000 fantassins et de 5 000 cavaliers, munie seulement de deux canons s'ébranle à la rencontre de Turenne. Celui-ci dispose de 4 000 fantassins et de 8 000 cavaliers ; son armée se compose de ses propres régiments [trois régiments d'infanterie française (dont le sien, Turenne-infanterie) et de cinq régiments de cavalerie allemande], de troupes espagnoles sous le commandement de don Esteban de Gamarre, de troupes lorraines et de partisans des princes. 
L'affrontement se déroule le 15 décembre, au sud-ouest de Vouziers, entre les villages de Sommepy (Marne) et de Semide (Ardennes) [...] Le maréchal Du Plessis remporte une victoire éclatante sur Turenne qui, son cheval blessé, manque d'être pris. L'armée royale s'empare de vingt drapeaux et de 84 étendards. Don Esteban de Gamarre, Bouteville et ceux des colonels qui n'ont pas été tués sont faits prisonniers. Parmi les morts de la journée figurent le prince Philippe de Bavière, âgé de 23 ans, beau-frère de la frondeuse Anne de Gonzague [la Palatine], tombé à la tête de son régiment et, chez les royaux, le comte Du Plessis, fils aîné du maréchal."
Michel Pernot, La Fronde, Paris, Éditions de Fallois, 1994, p. 189-190. 

dimanche 11 janvier 2026

le concerto pour piano d'Edvard Grieg


À  midi, j'ai écouté en mangeant, sur SR Kultur,  le concerto pour piano et orchestre en la mineur d'Edvard Grieg. Une merveille, avec sa vigueur, sa virtuosité, son thème lyrique du premier mouvement. J'ai moins aimé le second mouvement, un adagio un peu étouffé par les cors et les bassons. Par contre, le troisième mouvement, allegro moderato e marcato de danse, est magnifique.
Je suis un inconditionnel des soixante-six Pièces lyriques pour piano de Grieg. Elles sont d'une grande richesse mélodique. Je les ai écoutées peut-être une dizaine de fois. On regrette seulement qu'elles soient si courtes.