vendredi 17 avril 2026

40, rue des Châteaux, Cattenom


 Le  Château du 40 rue des Châteaux 
vue prise de la rue Victor Hugo
Cattenom, Moselle

Condoy, Sirène



Condoy (Honorio Garcia, dit) (Espagnol, 1900 - 1952), Sirène
1949, acajou, 45 x 226 x 48,5 cm
Musée national d'Art moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans Fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz
8 mai 2025 - 2 février 2027

Sylvie Germain commente le Songe de Constantin



Piero della Francesca, Le Songe de Constantin, partie de l'Histoire de la vraie Croix
Arezzo, Église San Francesco

"C'est la nuit. Une nuit vert bleuté, couleur d'ardoise. Au centre de cette nuit s'élève une tente. Sa forme conique évoque la coiffe portée par la mère de Constantin, sainte Hélène, qui figure dans des scènes ultérieures de la Légende. Le toit pointu de cette tente porte deux tons de rosé, très pâle et tendre au centre, et violine sur les bords. La tenture est ocre orangé. Elle est largement entrouverte, comme l'ample manteau de la Madone de la Miséricorde abritant des dévots agenouillés. Mais dans l'embrasure de la tente, c'est un homme allongé que l'on découvre.
Il dort, veillé par un jeune homme assis à ses pieds et par deux soldats en armure dressés de chaque côté de la couche impériale. Le souverain dort. Et son sommeil est calme, aucun  rêve ne le trouble. C'est un songe qui vient le visiter. Au-dessus de la lance tenue par l'un des gardes apparaît un ange dans une saignée de bleu turquoise. Son vol est léger, son corps évanescent, son geste droit, lumineux. Son bras est tendu vers le visage de l'empereur qu'il frappe de lumière. Cette clarté ocrée qui vient trouer la nuit semble sourdre de l'aile fine et transparente de l'ange. C'est l'instant où les paupières du dormeur s'illuminent ; il va ouvrir les yeux, va découvrir l'ange, suivre le geste de son bras se relevant pour luui révéler dans l'obscurité aqueuse du ciel le signe étincelant qui lui est destiné. Une croix blanche sur laquelle il lira : In signo hoc confide et vinces. Mais ce signe ne nous est pas montré, le regard ébloui de l'empereur non plus, et moins encore la face émerveillante de l'ange. Seul l'instant d'avant nous est montré, très frêle virgule effleurant l'opacité du temps, et cela avec une vitesse inouïe. Vitesse de la lumière. Vitesse si extrême, suraiguë, qu'elle confine à l'éternité."



"En fait tout l'œuvre de Piero della Francesca repose dans cette sérénité atemporelle, et l'irradie. Les formes, toujours monumentales, ne pèsent pas, elles se déploient avec grâce dans un espace fabuleusement calme où règnent l'équilibre, la précision et les accords. Équilibre de l'ombre et de la lumière, précision des lignes géométriques, accords des tons rosés, bruns, ivoire, verts, ocre et bleus toujours scandés de blanc. L'ensemble de son œuvre baigne dans une clarté matinale comme si ne l'éclairaient toujours que les premiers rayons du jour. Mais d'un jour perpétuel, étranger aux flux du temps. Un vaste jour placide teinté de couleurs douces et d'où se dégagent une sensation de fraîcheur, de bonheur chromatique, et une impression de grande force plastique, d'austérité et d'ingénuité."
Sylvie Germain, Le Monde sans vous, Albin Michel, 2011, p. 87-89.

Henri Focillon, Pierluigi de Vecchi, Tout l'œuvre peint de Piero della Francesca, Paris, Flammarion, 1968, pl. XIX-LII. 

jeudi 16 avril 2026

François Morellet, Deep Dark, Light Blue n° 3


 François Morellet, Depp Dark, Light Blue n° 3
2008, acrylique sur toile sur bois, tubes d'argon bleu, et système électrique, 300 x 300 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

Katharina Fritsch, Sarg [Cercueil]


 Katharina Fritsch (Allemande, née en 1956), Sarg [Cercueil]
panneau de fibre de bois et acrylique, 120 x 260 x 80 cm
Musée national d'Art moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans Fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz
8 mai 2025 - 2 février 2027

Jean Arp, Concrétion humaine


Jean Arp, Concrétion humaine (torse-fruit)
1934, marbre blanc, 32 x 56 x 43 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz - 8 mai 2025 > 2 février 2027

mercredi 15 avril 2026

Nicolas Pouvreau-Monti, Immigration, mythes et réalités


sainte Françoise, vitrail de l'église de La Maxe, Moselle



Sainte Françoise Romaine
vitrail de Michel Thiria, 1901
Église Saint-Baudier - La Maxe, Moselle 

mardi 14 avril 2026

une allusion à Lady Macbeth dans "La Puissance des ombres" de Sylvie Germain

"Il avait appris que des mains tachées du sang d'un être humain, et de ses larmes et de ses sueurs s'exsudant de son angoisse, et de ses baves et vomissures et de sa pisse coulant sous l'étau de la torture, ne peuvent plus retrouver leur propreté, leur candeur. Il suffit d'une tache, une seule tache, une seule fois, et la marque persiste à jamais, on peut bien la frotter, la gratter, la farder, elle ne disparaît pas. Elle s'enfonce sous la peau, sous les ongles, elle brûle à bas bruit dans des recoins de la chair, elle infecte la mémoire, aussi oublieuse soit-elle, elle contamine la pensée prise par moments de poussées de fièvre ardente, et qui la font trembler."
Sylvie Germain, La Puissance des ombres, Le Livre de Poche, 2024, p. 109.
Dans l'acte V, scène 1, de Macbeth de Shakespeare. Lady Macbeth : "Out, damned spot ! out, I say !"

Alex Israel, Self Portrait (Sunbrella)


Alex Israel (US, 1982), Sel Portrait (Sunbrella)
2014, acrylique et Bondo sur fibre de verre, 243,8 x 213,4 x 10,2 cm
Musée national d'Art moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans Fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz  :  8 mai 2025  >  2 février 2027

Maurizio Cattelan, Daddy, Daddy


 Maurizio Cattelan, Daddy, Daddy
2008, résine polyuréthane, acier et peinture époxy - 45,5 x 105 x 94 cm
Dimanche sans Fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz
8 mai 2025 - 2 février 2027

François Morellet, Dix trames du jaune à l'orange


 François Morellet, Dix trames du jaune à l'orange
1959, huile sur bois, 80 x 80 cm
Cholet, Estate François Morellet, 49006
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

le cénotaphe de l'abbé Nicolas dans l'église de La Maxe, Moselle


 Le cénotaphe d'Antoine NICOLAS, 1892
né à Vatimont le 22 septembre 1744, nommé curé de St-Beaudier en 1780
 et mis à mort pour la foi à Metz le 13 août 1798.
Église Saint-Baudier - La Maxe, Moselle 

lundi 13 avril 2026

Maurizio Cattelan, Felix


Maurizio Cattelan, Felix
2001, huile sur résine de polyvinyle, fibre de verre et acier
Dimanche sans Fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz
8 mai 2025 - 2 février 2027

Braque, Vanitas


 Georges Braque, Vanitas
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz - 8 mai 2025 > 2 février 2027

François Morellet, 2 fois 90°, 90°, 45°, 45°, etc. n° 1


 François Morellet, 2 fois 90°, 90°, 45°, 45°, etc. n° 1
1957, huile sur bois, 80 x 80 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026
-
"J'ai découvert il y a vingt ans environ, l'art linéaire musulman. Je n'ai jamais reçu ni avant, ni après un choc comparable. Cet art, qui s'est d'ailleurs développé en Espagne et aux Indes plus qu'au Moyen-Orient, est encore très peu étudié. C'est pour moi l'art le plus intelligent, le plus précis, le plus raffiné, le plus systématique qui ait jamais existé. Un art qui a su éliminer à la fois les rappels naturalistes, la sensibilité de la facture et la composition, toutes ces qualités pour moi primordiales, que je n'avais pu trouver dans l'art occidental."
François Morellet, Paroles d'artiste, éditions Fage, 2026, p. 14-15.

François Morellet, une peinture de 1950


François Morellet, Peinture
1950, huile sur toile, 81 x 60 cm
Cholet, Estate François Morellet, 50006
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

Euclide et la Tentation de st Antoine de Flaubert dans "La Robe prétexte" de François Mauriac

"Sous la lampe, mon occupation officielle était la géométrie qui m'eût peut-être séduit si je l'avais découverte à nouveau comme l'enfant Pascal. Mais je n'attendis point la trente-deuxième proposition d'Euclide pour glisser l'austère livre sous une Tentation de saint Antoine de Flaubert - témérité sans nom puisque, à l'autre bout de la salle, sœur Marie-Henriette faisait à grand-mère et à tante une lecture divertissante. C'était un ouvrage de l'Œuvre des bons livres : le Secret de la vieille demoiselle, par Marlitt. mais comme il était marqué de l'R qui signifie : poison dangereux pour la jeunesse, sœur Marie-Henriette lisait à voix presque basse et ne me détournait pas de m'enivrer des confidences que fait à Antoine l'Hélène des Troyens : « Un soir, debout, et le cistre à la main, je faisais danser des matelots grecs. La pluie, comme une cataracte, tombait sur la taverne, et les coupes de vin chaud fumaient... »"
Dans La Robe prétexte de François Mauriac.

Hélène :
Ils m'ont graissée avec des onguents, et ils m'ont vendue au peuple pour que je l'amuse.
Un soir, debout, et le sistre en main, je faisais danser des matelots grecs. La pluie, comme une cataracte, tombait sur la taverne, et les coupes de vin chaud fumaient. Un homme entra sans que la porte fut ouverte.
Simon le Magicien : 
C'était moi ! je t'ai retrouvée !
La voici, Antoine, celle qu'on nomme Sigeh, Ennoïa, Barbelo, Prounikos ! Les Esprits gouverneurs du monde furent jaloux d'elle, et ils l'attachèrent dans un  corps de femme. 
Elle a été l'Hélène des Troyens, dont le poète Stésichore a maudit la mémoire. Elle a été Lucrèce, la patricienne violée par les rois. Elle a été Dalila, qui coupait les cheveux de Samson. Elle a été cette fille d'Israël qui s'abandonnait aux boucs. Elle a aimé l'adultère, l'idolâtrie, le mensonge et la sottise. Elle s'est prostituée à tous les peuples. Elle a chanté dans tous les carrefours. Elle a baisé tous les visages.
Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Bibliothèque de la Pléiade, Œuvres I, 1951, p. 123. 

La trente-deuxième proposition d'Euclide :
Ayant prolongé un côté d'un triangle quelconque, l'angle extérieur est égal aux deux angles intérieurs et opposés; et les trois angles intérieurs du triangle sont égaux à deux droits.

Ivan Meštrović, La Mère de l'artiste


 

Ivan Meštrović (Vrpolje, Croatie, 1863 - South Bend, Indiana, 1962), La Mère de l'artiste
1911, marbre, 104,5 x 65,5 x 77 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz - 8 mai 2025 > 2 février 2027

dimanche 12 avril 2026

Gustave de Galard, peintre, mentionné dans "Les Anges noirs" de François Mauriac


Gustave de Galard, Portrait de Mme Antoine Merman, née Marie-Caroline Batré (1791 - 1852)
© Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
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"Entre les grandes consoles de faux Boulle, les fauteuils couverts de housses étaient rangés contre les murs, au-dessous d'assez bons portraits de la famille Du Buch, par ce peintre bordelais de la Restauration, de Gallard (sic). Le lustre, enveloppé de mousseline, se reflétait dans un épais guéridon Empire couvert d'albums, de photographies, de jeux de dames, de stéréoscopes. Et, parmi tous ces objets, il y avait aussi le chapeau du curé, étrange, cabossé, pareil à une chauve-souris morte."
Dans Les Anges noirs de François Mauriac.

Gustave de Galard (L'Isle-Bouzon, 1779 - Le Bouscat, 1841), peintre, lithographe, caricaturiste. Tableaux au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

François Morellet, 10 trames de carrés réguliers pivotées sur l'angle



 François Morellet, 10 trames de carrés réguliers pivotées sur l'angle
1970, encre sérigraphique sur bois, 80 x 80 cm
Cholet, Estate François Morellet, 70017
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026

Helen Frankenthaler, Spring Bank [La Rive au printemps]

Helen Frankenthaler (New York, 1928 - 2011),  Spring Bank [La Rive au printemps]
février 1974, acrylique sur bois, 273,5 x 269,5 cm
Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Dimanche sans Fin - Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Centre Pompidou-Metz
8 mai 2025 - 2 février 2027

Frankenthaler a joué un rôle clé dans la peinture américaine d'après-guerre. À vingt-trois ans, elle invente la technique du « soak-stain » en diluant la peinture avec de la térébenthine, qu'elle verse sur la toile non apprêtée pour tacher le tissu et créer des champs de couleurs fluides, radicalement différents des coups de pinceau gestuels et épais de l'expressionnisme abstrait. Ses œuvres atmosphériques et contemplatives, comme Spring Bank, évoquent par la couleur et la forme « la mémoire abstraite du paysage », et sont à l'origine de l'émergence du Color Field Painting, un courant majeur de l'art américain des années 1960.

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Helen Frankenthaler. Elle étudie auprès de Tamayo, puis de Meyer Shapiro à la Columbia University. Mais c'est la visite qu'elle rend à Pollock, en 1951, qui détermine la technique particulière lui donnant un rang à part dans l'Expressionnisme abstrait : elle est en effet plus attentive au fait que Pollock travaille au sol, sans toucher la toile du pinceau, qu'aux résultats du dripping. Dès 1952, elle teint ses toiles non préparées avec des pigments bruts dilués dans l'huile, ce qui lui permet une imprégnation du support en même temps que le surgissement de formes libres, aux contours flous, qui paraissent se former toutes seules. Elle accède ainsi à une peinture constituée uniquement de couleur et de lumière, sans illusion de profondeur, dont elle augmente encore, à partir de 1960, les effets de fluidité en n'utilisant qu'une seule couleur.
Dictionnaire de l'art moderne et contemporain, Paris, éditions Hazan, 1992, p. 236.

vitrail de Notre-Dame de La Salette de l'église de La Maxe, Moselle



Notre-Dame de La Salette apparaissant à Mélanie et Maximin
vitrail de Michel Thiria, 1901
Église Saint-Baudier, La Maxe, Moselle

l'abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson vue de la rive gauche de la Moselle




L'un des plus beaux bâtiments monastiques de la Lorraine

- Pierre Simonin, "Ancienne abbaye des prémontrés de Sainte-Marie-Majeure", dans Dictionnaire des églises de France, tome V AAlsace, Lorraine, Franche-Comté, Paris, Robert Laffont, 1969, p. 136-137.
- Pierre Sesmat, "L'église des Prémontrés de Pont-à-Mousson. Sa place dans l'histoire de l'architecture religieuse lorraine", dans Le Pays Lorrain, 1978, n° 4, p. 147-161.

samedi 11 avril 2026

François Morellet, Beaming π 150 B.J., 1 = 6°




 François Morellet, Beaming π 150 B.J., 1 = 6°
2002, acrylique sur bois, 80 x 150 x 155 cm
Cholet, Estate François Morellet, 02041
Exposition François Morellet 100 pour Cent
Centre Pompidou-Metz - 3 avril > 28 septembre 2026
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Cette sculpture en bois jaune est un parfait spécimen d'art concret. Par sa couleur primaire et les angles droits des éléments qui la constituent, elle s'inscrit pleinement dans cette tendance que Morellet a découverte à travers l'œuvre de Max Bill. Ses éléments sont arrangés entre eux selon un angle obtenu d'après des décimales du nombre π (pi). L'œuvre appartient à une série de pièces dont les dimensions, couleurs et matériaux varient, mais toutes suivent ce même principe. Comme sa traduction française « rayonnant », le mot anglais beaming signifie à la fois radiant et radieux. Cette sculpture se donne ainsi comme souriante, heureuse de sa géométrie ludique.

Max Bill. Peintre, sculpteur et architecte suisse. Il est d'abord élève au Bauhaus (1927-1929), où il rencontre Kandinsky, Klee, Moholy-Magi, et d'où il déduira pour toute sa carrière le principe d'une production issue de normes autonomes sans rapport avec les apparences quotidiennes. 
Dans son travail, il développe méthodiquement un art non figuratif, fondé sur la transposition formelle de lois purement mathématiques ou géométriques.
Dictionnaire de l'art moderne et contemporain, Paris, éditions Hazan, 1992, p 72.