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mardi 7 novembre 2017

le capitaine Jean Ribaut atteint la côte de Floride le 30 avril 1562


Floridae Promontorium ad quod Galli appellunt, Gallicum ab illis nuncupatum
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591
Quand les Français arrivèrent en Floride, ils abordèrent une côte avec un vaste promontoire plat et couvert de grands arbres. En l'honneur du royaume de France, le capitaine Ribaut l'appela Cap François, situé environ à 30° de l'équateur.

Lemoyne de Morgues, Jacques (15..-1588). Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt, secunda in illam navigatione duce Renato de Landonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII . Quae est secunda pars Americae... Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,... Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Br. 1591. Pl. I.

" L'Amiral de Chastillon (1), un noble plus désireux du bien public que de sa fortune, apprit que la  volonté de son Prince était de reconnaître de nouvelles terres, aussi ne perdit-il pas de temps pour équiper des vaisseaux dans ce but, et de rassembler des hommes dignes d'une telle entreprise. Il choisit parmi eux le Capitaine Jean Ribaut, un homme ayant une solide expérience de marin et qui, ayant reçu son commandement, prit la mer le 18 février 1562.
Il partit avec seulement deux vaisseaux, mais il était bien accompagné par des gentilshommes, dont j'étais (2), et des soldats aguerris, et avec eux il eut les moyens de réussir quelque chose de remarquable et de mémorable depuis longtemps.
Il navigua pendant deux mois sans suivre la route habituelle des Espagnols. Il aborda près d'un cap ou promontoire, non formé de hautes terres (car la côte est complètement plate), mais couvert de hautes forêts, qu'il appela à son arrivée Cap François (3) en l'honneur de notre France. Ce cap est à environ 30° de l'équateur. En suivant la côte depuis cet endroit vers le nord, il découvrit une très belle et large rivière (4), qui lui donna la chance de jeter l'ancre et de partir en reconnaissance le matin suivant.
Au lever du jour, accompagné par le capitaine Fiquinville et plusieurs soldats de son équipage, il partit à terre et ne fut pas plus tôt arrivé au rivage de la rivière qu'il vit plusieurs indiens, hommes et femmes, qui étaient venus là spécialement pour recevoir les Français avec grande bienveillance et amitié. Ils démontrèrent leurs bonnes intentions par les paroles de leur roi et les présents de peaux de chamois avec lesquelles ils honorèrent le Capitaine.
Le jour d'après, le Capitaine fit ériger une colonne en pierre sur une petite butte sablonneuse pas loin de l'embouchure de la rivière et y fit graver dessus les armes de France."
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(1) Gaspard de Coligny, 1516-1572. 
(2) René de Laudonnière (l'auteur du récit), L'Histoire notable de la Floride située es Indes Occidentales, Paris, 1586.
(3) Cap François = Cape of Anastasia Island at St. Augustine (29°52' N), Floride. 
(4) St. Johns River que les Français appelèrent rivière de Mai.

samedi 4 novembre 2017

la réplique de la colonne érigée par Ribaut en 1562 à Fort Caroline



En F, la colonne érigée
(Gallorum Praefectus columnam, in qua Regis Galliarum insignia, statuit)
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, XVIe siècle


Jacques Le Moyne, Les Indiens Timucuas vénérant la colonne aux armes de France, 
érigée par le capitaine Jean Ribaut le 1er mai 1562
Atore, fils du chef Satouriona, montre à René de Laudonnière 
la colonne aux armes de France placée par Jean Ribaut
(Columnam à Praefecto prima navigatione locatam venerantur Floridenses)
gravure de Théodore de Bry, 1591


THIS  IS  A
REPLICA  OF  THE  MARKER
PLACED  ON  OR  NEAR   THIS SPOT
BY  JEAN  RIBAUT
MAY  FIRST  1562
IN  TAKING  POSSESSION
OF   FLORIDA   FOR   FRANCE
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Fort Caroline - National Memorial
(photo JLJ novembre 1993)

lundi 30 octobre 2017

René de Laudonnière fonde fort Caroline en Floride le 30 juin 1564




dessins de Jacques Le Moyne, gravures de Théodore de Bry, 1591
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"Fallait-il, ou non, continuer longtemps encore ces voyages de découverte, et, en ce cas, de quel côté se diriger. Vers le sud ? Mais on savait que le pays était marécageux, exposé aux inondations maritimes, et à peu près inhabitable. Vers le nord ? Il est vrai qu'on retrouverait l'emplacement de Charlesfort, et qu'on serait assuré d'un mouillage excellent pour les navires, sans parler d'un port commode, mais une triste expérience n'avait-elle pas appris tout récemment que cette contrée était stérile ? Ne valait-l donc pas mieux rester dans le pays où l'on se trouvait, et surtout aux alentours de cette belle rivière de May (St. Johns River, Florida), où le mil et les fruits poussaient en abondance, où les arbres des forêts fournissaient des bois de construction, où la chasse et la pêche assuraient des ressources quotidiennes, où l'on avait espoir enfin de découvrir des métaux précieux ? Tels furent les principaux objets d'une délibération solennelle (28 juin) à laquelle Laudonnière convoqua ses officiers, ainsi que les maîtres et pilotes de ses navires. Son avis prévalut ; car tous ceux qui, comme lui, avaient fait partie du premier voyage, penchaient pour la rivière de May. Il fut donc résolu qu'on s'y établirait, et aussitôt on vira de bord. le voyage de retour fut rapide, car dès le lendemain, 29 juin, on jetait à nouveau l'ancre à l'embouchure du fleuve.
On trouva d'abord une crique de moyenne grandeur, que bordait un joli bois. Mais l'emplacement ne parut pas très commode, et on se décida à pousser plus avant dans l'intérieur du pays, sur le territoire de Satouriona. Le pays était admirable ; à travers les forêts de sapins s'ébattaient des troupeaux de cerfs ; un val pittoresque, tout aussitôt nommé val Laudonnière par les soldats, débouchait près de la haute montagne découverte une semaine auparavant. L'endroit parut favorable pour y fonder un établissement. Les indigènes paraissaient accueillants, la région fertile, la température douce. De plus une petite île triangulaire, de facile défense, s'étendait dans le fleuve, et semblait appeler les colons. Laudonnière n'hésita plus : il débarrassa ses navires de tout le matériel qui les encombrait, renvoya tout de suite en France l'Elisabeth, avec son capitaine et une partie de l'équipage, mais retint les deux autres navires.
Avant tout Laudonnière devait pourvoir à la sécurité de ses hommes, et leur donner un abri. Le nombre des Indiens augmentait tous les jours : ils ne témoignaient aucun sentiment hostile ; au contraire ils étaient empressés et confiants, mais ils ne se décidaient qu'avec peine à donner des provisions ; on eût dit qu'ils attendaient pour déclarer leur sympathie que la permission en fût donnée par le cacique Satouriona, dont ils parlaient avec emphase, en vantant sa puissance et son courage.
Laudonnière comprit qu'il devait se faire respecter, et il commença la construction de son fort ; ce ne fit pas sans avoir appelé sur l'entreprise les bénédictions du ciel.
A l'ouest, la petite île triangulaire fut défendue par un rempart de gazon contre une attaque soudaine ; au sud-est et au nord-ouest la rivière servait à la place de fossé : mais on eut soin d'en garantir les approches par des palissades et des fascines. A l'intérieur, les Français construisirent quelques baraques en planches. Comme ils avaient entendu parler de la fureur des ouragans qui ravagent la côte, et enlèvent toitures et maisons, ils eurent soin, pour ne pas donner prise au vent, de construire ces baraques presque à ras du sol. Ils prirent aussi la précaution de bâtir en dehors de la citadelle le four destiné à cuire leur pain. les canons furent débarqués, et disposés de façon à battre les deux rives du fleuve. Deux des dessins de Jacques Le Moyne de Morgues se rapportent à la construction du fort (voir les deux dessins ci-dessus). On voit dans la première de ces planches nos compatriotes occupés à construire un abri. Les uns creusent, les autres apportent des terres, ceux-ci élèvent une maison en bois. des sentinelles observent la campagne, et rappellent qu'on est, sinon en pays ennemi, du moins dans une contrée encore peu connue. La seconde des planches de Le Moyne représente le fort achevé, et déjà garni de ses canons.
Laudonnière donna à la nouvelle citadelle le nom du souverain (Charles IX) dont il se considérait comme le mandataire, et le drapeau fleurdelisé flotta sur les murs de la Caroline.

Paul Gaffarel, Histoire de la Floride française, Paris, 1875, p. 56-59. Repris de :
L’histoire notable de la Floride située ès Indes Occidentales, contenant les trois voyages faits en icelle par certains capitaines & pilotes françois descrits  par le capitaine Laudonnière, qui y a commandé l’espace d’un an trois moys : à laquelle a esté adjousté un quatriesme voyage fait par le capitaine Gourgues. mise en lumière par M. Basanier. 

Pour les deux planches de Le Moyne :
Brevis narratio eorum quae in Florida Americae provincia Gallis acciderunt secunda in illam
navigatione duce Renato de Laudonniere Classis praefecto anno M. D. LXIIII. Quae est
secunda pars Americae… Auctore Jacobo Le Moyne cui cognomen de Morgues,… Nunc primum gallico sermone a Theodoro de Bry, … in lucem edita : latio vero donata a C.C.A., planches IX et X.

Sur René de Laudonnière :
Charles E. Bennett, Fort Caroline and its Leader, Gainesville, The University Press of Florida, 1976.

samedi 28 février 2015

Fort Caroline à Jacksonville


Le fort de forme triangulaire, appelé Caroline en l'honneur du roi de France Charles IX, fut construit à partir du 30 juin 1564 sous la direction de René de Laudonnière.
dessin de Jacques Le Moyne, gravure de Théodore de Bry, 1591

mercredi 30 avril 2008