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samedi 8 août 2020

Philippe Muray est toujours d'actualité

Reprise de mon florilège de Désaccord parfait de Philippe Muray

- Fête comme idéologie, bienfaisance comme mode de contrôle, loisir généralisé.
- Ce n'est pas la compréhension du monde que poursuit le journaliste planétaire, c'est l'effet.
- La culture englobant les différentes disciplines artistiques et les réorientant vers une finalité résolument touristique, à l'intérieur du nouvel ordre social lui-même touristique (on vient, on paie, on regarde, on photographie, on camescopise, on approuve, on s'évacue).
- Le consensus est l'expression de la soumission au règne du quantitatif.
- La métamorphose des moindres événements en sitcom ou en soap.
- La façon dont les médias vous prennent en otage avec de l'aide humanitaire.
- Les médias, la forme contemporaine de la Rumeur.
- Dans la tête de chacun de nous tourne jour et nuit une sorte de mini-tribunal virtuel où nous n'arrêtons pas d'accuser, d'inculper, de dénoncer.
- Les métaphores sportives ont aujourd'hui tout envahi.
- L'humanité s'achève en survêtement avec Adidas.
- Le sport est une affaire de grande écoute à laquelle nul n'échappe.
- Qu'est-ce qu'une société disneylandisée ? Pour être appelée ainsi toute société où les maîtres sont maîtres des attractions et les esclaves spectateurs ou acteurs de celles-ci.
- Le culte de la jeunesse n'est qu'un élément parmi d'autres dans notre univers de Terreur sucrée ou d'euphémisation despotique.
- Les jeunes, superconsommateurs des fadaises imagées et télévisées.
- Plus l'ensemble social veut le bonheur, et plus l'art a de bonnes raisons de craindre le pire.
- L'empoisonnement forcé du bonheur en commun.
- Le symbole de la civilisation qui s'annonce : une superbe ceinture de sécurité.
- La prévention égalitaire universelle est en train de devenir le nouvel horizon indépassable du monde sans horizon.
- La soumission librement consentie passe par le divertissement.
- Funworld ! Le pays de la rigolade où le négatif est inconnu. La Ville dont le prince est un con entouré de feux d'artifices.
- Une grande liesse populaire vaut une vaccination de masse.
- Tout le travail du sacré est d'arriver à faire croire qu'il a des droits sur vous, des droits d'origine, imprescriptibles et précis.
- D'inépuisables belles âmes envahissent les écrans pour nous annoncer un monde sans frontières et sans caries, une humanité entièrement consacrée au nomadisme hilare et à la world music.
- Et malheur à ceux qui ne sentiraient aucun penchant pour la culpabilité ! Qui n'auraient aucune envie spéciale de partager moralement le malheur d'un autrui avec lequel ils oseraient, par-dessus le marché, dire qu'ils ne se sentent aucun point commun !
- Le deuil était un "travail intérieur" ? Il est devenu public. Il appartient à la catégorie des travaux publics.
- La mondification. L'homogénéisation du monde. Sa mise aux normes touristiques planétaires par indifférenciation de toutes les manières de vivre et de penser.
- La nature humaine contemporaine a horreur du vide juridique, c'est à dire des zones de flou où risquerait de s'infiltrer encore un peu de vie, donc d'inorganisation. Un tour d'écrou de plus chaque jour !
- Chaque "nouveau monde", pour se croire nouveau, a besoin d'un ancien monde, d'un Ancien Régime, blâmable et condamnable à merci. Au besoin, on l'invente. L'innocence du temps présent ne peut s'établir que sur la culpabilité du passé, même tout récent. Par le dévoilement des turpitudes de la vieille société, l'homme de l'époque actuelle se découvre encore plus propre qu'il ne croyait, encore plus beau, plus sain, plus réconcilié, plus colorisé, plus innocent et plus moral. Plus soumis aussi, et avec quel enthousiasme.
- L'univers est une BD.
- La musique, envahisseur universel.
- La brebis galeuse qui menace le contrat social en refusant de s'amuser avec les autres dans la cour de récréation.
- Le rock universel comme accomplissement de l'être ensemble.
- Toute la vitalité négative des arts s'abîme dans l'océan joyeux de la Positivité subventionnée.
- L'artistisation de la société entraîne la destitution de l'art par l'effacement de toute distinction entre art et non-art.
- Ces fêtes musicales monumentales et totalitaires.
- L'expansion irrésistible de l'industrie conviviale de la Culture, de la Commémoration et de la Communication réunies.
- La coalition du Bien et de la Culture a tari les dernières sources de l'énergie, c'est-à-dire de la contradiction.
- La prise de contrôle du genre humain par la surenchère des beaux sentiments est d'une invention assez récente.
- Les voyous publics (les médiateurs) ont aboli la pensée et mis à sa place le bavardage.

dimanche 18 août 2019

un livre prophétique, L'Empire du bien de Philippe Muray, est réédité


L'Empire du bien de Philippe Muray est réédité 
dans la collection Tempus des Éditions Perrin


Paru en 1991




dimanche 29 août 2010

petite bibliothèque Philippe Muray

- Céline, Denoël, collection Médiations, 1984. - Le 19e siècle à travers les âges, Denoël, 1984. - La Gloire de Rubens, Grasset, 1991. - L'Empire du Bien, Les Belles Lettres, 1991. - Après l'histoire, Les Belles Lettres, 1999. - Désaccord parfait, Gallimard, collection Tel, 2000. - Moderne contre moderne, Les Belles Lettres, 2005.
***
Cet ensemble de livres a été suffisant pour connaître et apprécier les idées, les goûts littéraires et artistiques de Philippe Muray.
Je dois avouer qu'il se répète assez souvent dans sa satire de la société contemporaine. Répétitions qui sont des variations souvent drôles.

Philippe Muray, Désaccord parfait - petit florilège

- Fête comme idéologie, bienfaisance comme mode de contrôle, loisir généralisé.
- Ce n'est pas la compréhension du monde que poursuit le journaliste planétaire, c'est l'effet.
- La culture englobant les différentes disciplines artistiques et les réorientant vers une finalité résolument touristique, à l'intérieur du nouvel ordre social lui-même touristique (on vient, on paie, on regarde, on photographie, on camescopise, on approuve, on s'évacue).
- Le consensus est l'expression de la soumission au règne du quantitatif.
- La métamorphose des moindres événements en sitcom ou en soap.
- La façon dont les médias vous prennent en otage avec de l'aide humanitaire.
- Les médias, la forme contemporaine de la Rumeur.
- Dans la tête de chacun de nous tourne jour et nuit une sorte de mini-tribunal virtuel où nous n'arrêtons pas d'accuser, d'inculper, de dénoncer.
- Les métaphores sportives ont aujourd'hui tout envahi.
- L'humanité s'achève en survêtement avec Adidas.
- Le sport est une affaire de grande écoute à laquelle nul n'échappe.
- Qu'est-ce qu'une société disneylandisée ? Pour être appelée ainsi toute société où les maîtres sont maîtres des attractions et les esclaves spectateurs ou acteurs de celles-ci.
- Le culte de la jeunesse n'est qu'un élément parmi d'autres dans notre univers de Terreur sucrée ou d'euphémisation despotique.
- Les jeunes, superconsommateurs des fadaises imagées et télévisées.
- Plus l'ensemble social veut le bonheur, et plus l'art a de bonnes raisons de craindre le pire.
- L'empoisonnement forcé du bonheur en commun.
- Le symbole de la civilisation qui s'annonce : une superbe ceinture de sécurité.
- La prévention égalitaire universelle est en train de devenir le nouvel horizon indépassable du monde sans horizon.
- La soumission librement consentie passe par le divertissement.
- Funworld ! Le pays de la rigolade où le négatif est inconnu. La Ville dont le prince est un con entouré de feux d'artifices.
- Une grande liesse populaire vaut une vaccination de masse.
- Tout le travail du sacré est d'arriver à faire croire qu'il a des droits sur vous, des droits d'origine, imprescriptibles et précis.
- D'inépuisables belles âmes envahissent les écrans pour nous annoncer un monde sans frontières et sans caries, une humanité entièrement consacrée au nomadisme hilare et à la world music.
- Et malheur à ceux qui ne sentiraient aucun penchant pour la culpabilité ! Qui n'auraient aucune envie spéciale de partager moralement le malheur d'un autrui avec lequel ils oseraient, par-dessus le marché, dire qu'ils ne se sentent aucun point commun !
- Le deuil était un "travail intérieur" ? Il est devenu public. Il appartient à la catégorie des travaux publics.
- La mondification. L'homogénéisation du monde. Sa mise aux normes touristiques planétaires par indifférenciation de toutes les manières de vivre et de penser.
- La nature humaine contemporaine a horreur du vide juridique, c'est à dire des zones de flou où risquerait de s'infiltrer encore un peu de vie, donc d'inorganisation. Un tour d'écrou de plus chaque jour !
- Chaque "nouveau monde", pour se croire nouveau, a besoin d'un ancien monde, d'un Ancien Régime, blâmable et condamnable à merci. Au besoin, on l'invente. L'innocence du temps présent ne peut s'établir que sur la culpabilité du passé, même tout récent. Par le dévoilement des turpitudes de la vieille société, l'homme de l'époque actuelle se découvre encore plus propre qu'il ne croyait, encore plus beau, plus sain, plus réconcilié, plus colorisé, plus innocent et plus moral. Plus soumis aussi, et avec quel enthousiasme.
- L'univers est une BD.
- La musique, envahisseur universel.
- La brebis galeuse qui menace le contrat social en refusant de s'amuser avec les autres dans la cour de récréation.
- Le rock universel comme accomplissement de l'être ensemble.
- Toute la vitalité négative des arts s'abîme dans l'océan joyeux de la Positivité subventionnée.
- L'artistisation de la société entraîne la destitution de l'art par l'effacement de toute distinction entre art et non-art.
- Ces fêtes musicales monumentales et totalitaires.
- L'expansion irrésistible de l'industrie conviviale de la Culture, de la Commémoration et de la Communication réunies.
- La coalition du Bien et de la Culture a tari les dernières sources de l'énergie, c'est-à-dire de la contradiction.
- La prise de contrôle du genre humain par la surenchère des beaux sentiments est d'une invention assez récente.
- Les voyous publics (les médiateurs) ont aboli la pensée et mis à sa place le bavardage.

Philippe Muray, Désaccord parfait, Tel Gallimard, 2000

samedi 28 août 2010

encore Philippe Muray

C'est seulement maintenant qu' ils découvrent Philippe Muray, et ceci grâce à Fabrice Luchini. L'acteur ayant été interviewé ce soir au journal de France 2 pour ses lectures au théâtre de l'Atelier.

samedi 21 août 2010

le rire libérateur de Philippe Muray

Quel plaisir de réécouter ce samedi sur France Culture l'émission d'Alain Finkielkraut sur Philippe Muray, avec la complicité de Fabrice Luchini (1). Philippe Muray, décédé en 2006 à l'âge de soixante ans, est plus que jamais d'actualité. Depuis son décès, la société festive poursuit son extension ; j'ai déjà parlé de l'établissement de la Nuit blanche à Metz par la nouvelle équipe municipale socialiste.
Ouvrez la radio (France Info) ou la télévision (surtout TF1) à l'heure du journal. Le journaliste commence par vous parler des derniers résultats et événements footballistiques !
"Si les métaphores sportives ont aujourd'hui tout envahi, c'est que le sport est devenu la métaphore même de la société sans Histoire dans laquelle nous nous enfonçons." (Muray en 1992)
"... le sport est une affaire de grande écoute à laquelle nul n'échappe. C'est la Grande Écoute elle-même." (idem)
Et sur la mode :
"L'humanité s'achève en survêtement avec Adidas." (idem)
(1) Lectures de textes de Philippe Muray par Fabrice Luchini au théâtre de l'Atelier à Paris. Dans l'émission de France Culture, Fabrice Luchini a lu notamment l'hilarant Martine Aubry fait concurrence à l'état civil.

lundi 17 août 2009

François Morellet, un artiste contemporain à Nancy

" Il n'y a plus que les artistes qui ne savent pas qu'ils ne sont plus des artistes et exigent le maintien de l'art qu'ils ont liquidé."
- Philippe Muray, Moderne contre moderne, Paris, Les Belles Lettres, 2005, p. 130.
***
" Après 1970, cet artiste, né en 1926, débute une troisième période créatrice par des oeuvres de plus en plus dépouillées, qui jouent avec leur support et l'espace qui les environne : maîtrise de la forme, qualité monumentale, juste rapport à l'architecture. "
BOF ... Mon regard s'arrête mais ne s'attarde pas ; et je ne suis pas convaincu par l'intérêt d'une telle oeuvre. C'est une oeuvre qui sert seulement de landmark...
Quelques artistes contemporains : Boltanski, Buren, Cane, Dezeuze, Hains, Jacquet, Lavier, Le Gac, Messager, Morellet (photo ci-dessus), Raynaud, Raysse, Rouan, Saytour, Venet, Villeglé, Viallat...

mardi 12 août 2008

le 19e siècle à travers les âges

A Nancy, les journées du Livre sur la Place auront lieu du 18 au 21 septembre place de la Carrière. A cette occasion, le magazine Lire et la Ville de Nancy organisent un concours dont l'objectif est de choisir Le Livre (le meilleur livre français) des trente dernières années) !!!... On peut voter en choisissant un livre parmi une liste de trente, depuis Désert de Le Clézio, le n° 1, jusqu'au n° 30 : Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano.
Un étonnant marketing culturel !... Mais quand j'ai vu dans la liste, pour l'année 1984, le grand ouvrage de Philippe Muray : Le 19e siècle à travers les âges... j'ai voté... Je ne fais qu'une citation de ce livre parce que l'abbé Grégoire est un grand Lorrain : " En 1826, un brave abbé nommé Grégoire et auteur d'une Histoire des sectes s'épouvante : Nous vivons dans un pays où l'incrédulité antichrétienne a pour parallèle l'inconcevable crédulité même des gens de lettres aux rêveries de Swedenborg, de Jacob Böhme et d'autres songe-creux."