Affichage des articles dont le libellé est Delerm (Philippe). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Delerm (Philippe). Afficher tous les articles

samedi 26 septembre 2009

un lapsus calami ou une coquille ?

"...In Memoriam, récit pour le moins original. Paul Léautaud y décrit dans le détail l'agonie de son père, et la pointe sèche se fait scalpel. Sans doute ce père-là, grand coureur de jupons, n'avait-il pas tout fait pour s'attacher l'affliction de son fils." Philippe Delerm, Maintenant, foutez-moi la paix, collection Folio, p. 75. Au lieu d'affliction, on s'attendrait à lire affection. Affliction (peine profonde) ne convient pas avec le verbe s'attacher, surtout dans une phrase à l'imparfait. C'est au moment de la mort de son père que Léautaud aurait pu avoir de l'affliction, et non dans le passé.

Philippe Delerm et André Dhôtel

"...un écrivain (Philippe Delerm) qui, au début du vingt et unième siècle, tente de survivre sans fax, sans ordinateur, sans téléphone portable et même sans machine à écrire à traitement de texte. C'est le même genre de caution que peut vous donner quelqu'un comme André Dhôtel, quand il vous dit qu'il traverse les villes uniquement en marcheur, en flâneur, en buveur de terrasse, et sans éprouver le besoin de se rendre dans les musées." Philippe Delerm, Maintenant, foutez-moi la paix, collection Folio, 2009, p. 94. (Un livre sur Paul Léautaud). La première phrase de ce livre : " Proust et Léautaud sont mes deux écrivains."

jeudi 24 septembre 2009

un été pour mémoire

Philippe Delerm,
Un été pour mémoire (collection Folio, 2004) :


1 ... tant de choses me dépassent, me ramènent malgré moi sur des chemins d'hier que j'avais refermés.
2 ... le nouveau curé ne monte plus que trois fois l'an pour dire la messe.
3 ... l'affairement de grand-mère et de maman se hâtant de convertir en confitures tous les fruits du jardin - ah ! ce linge sanguinolent de groseilles qu'elles tordaient au-dessus de la grande bassine de cuivre !
4. La vieille boîte en fer des biscuits Gondolo répandait ses trésors de vieux boutons dépareillés et rutilants.
5. Moi je rêvais du fouet superbe, orné de pompons bariolés qui trônait entre les licous, au mur de l'écurie.
6. Le présent hésitait, je me sentais entre deux mondes, plus près du monde disparu, plus près des heures évanouies.
7. Que c'était doux l'oubli qui se profile en faux reflet de la mémoire - les livres si longtemps vous suivent ou font semblant... - ah ! ces filets d'or éteint des couvertures de l'ancienne collection verte !
8. Le temps s'efface à trop se ressembler.
9. Terrasse immense de temps arrêté, avec dans le plaisir parfumé de l'instant toute la paix des nuits d'été.
10. Enfant, j'avais le droit, parfois, de dormir au jardin ; près du prunus, je m'enroulais dans des couvertures usagées qui sentaient bon la naphtaline.
11. Bonheur étale je revois les brûlantes moissons du temps où l'oncle Paul était encore paysan.
12. On voit passer les gens, et puis passer les choses, où l'on croyait tenir la vie des gens passés. Il me restait les mots, si difficiles au seuil de tant d'oubli, les mots qui se referment sur l'enfance, il ne reste que la chanson ; les mots ne disent rien que la chanson-douceur des choses qui s'en vont.
13. Mes rêves-souvenirs ont gardé le goût de l'été immobile, de l'eau claire à la fontaine des villages.
-
Ce petit texte de Philippe Delerm m'a fait penser à la poésie de Francis Jammes (1868-1938) et à mes étés d'enfant dans un village lorrain.