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samedi 1 juillet 2023

el corazón triste

Réveillé tôt ce matin et n'arrivant pas à me rendormir, j'ai ressenti un peu de vague à l'âme. Après un moment de légère hébétude, du fond de la mémoire sont remontés ces quatre mots : tengo el corazón triste.
Non, je n'avais pas le cœur triste, juste un peu el corazón cansado, ayant hier au jardin taillé deux lauriers et une haie de thuyas.
Mais d'où venait corazón triste ?
Subitement cela m'est revenu. C'est dans la Cancion del fuego fatuo de El Amor brujo de Manuel de Falla : Malhaya el corazón triste que en su llama quiso arde...
J'avais acheté le disque de cette œuvre  de Falla à l'âge de 18 ans et je l'avais passé et repassé. Et corazón triste était resté dans ma mémoire.
La chanson du feu follet était chantée par une gitane à la voix rauque, une voix de mezzo-soprano ou de contralto.
Et si maintenant j'écris "contralto", je saute directement en pensée au poème de Théophile Gautier :
" Que tu me plais, ô timbre étrange !
Son double, homme et femme à la fois,
Contralto, bizarre mélange,
Hermaphrodite de la voix ! "
(une strophe de Contralto)
C'est ainsi, je ne peux m'empêcher de faire des associations de cette sorte. Avec une mémoire trop pleine de références culturelles et autres, voit-on encore clairement et entièrement la réalité d'aujourd'hui ?

mardi 30 novembre 2021

une giclée de lumière dans une ondée de chevelure


Une jeune femme blonde du tableau de La Transfiguration de Pierre-Paul Rubens
du Musée des Beaux-Arts de Nancy
-
Pour le tableau de La Transfiguration de Rubens :
Le premier musée de Nancy. De l'an II au sacre de Napoléon, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2001, p. 191-192, cat. 143.
Sur Pierre-Paul Rubens :
- Philippe Muray, La Gloire de Rubens, Paris, Grasset, 1991, p. 104 et 265.

mardi 31 mars 2020

la parodie d'une page de Théophile Gautier par les frères Goncourt

La parodie truculente de la page où d'Albert évoque le bonheur suprême dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier, par d'Edmond et Jules de Goncourt dans Charles Demailly.

Telle est cette page de Gautier : "Voici comme je me représente le bonheur suprême : -  c'est un grand bâtiment carré sans fenêtres au dehors : une grande cour entourée d'une colonnade de marbre blanc, au milieu une fontaine de cristal avec un jet de vif-argent à la manière arabe, des caisses d'orangers et de grenadiers posées alternativement ; par là-dessus un ciel très bleu et un soleil très jaune ; - de grands lévriers au museau de brochet dormiraient ça et là ; de temps en temps des nègres pieds nus avec des cercles d'or aux jambes, de belles servantes blanches et sveltes, habillées de vêtements riches et capricieux, passeraient entre les arcades évidées, quelque corbeille au bras, ou quelque amphore sur la tête. Moi, je serais là, immobile, silencieux, sous un dais magnifique, entouré de piles de carreaux, un grand lion privé sous mon coude, la gorge nue d'une jeune esclave sous mon pied en manière d'escabeau, et fumant de l'opium dans une grand pipe de jade."


 (photo egyptophile.blogspot.com)

Il est très possible que Théophile Gautier se soit inspiré du tableau d'Horace Vernet (1789-1863), Le Massacre des mamelouks dans le château du Caire, où est représenté Méhémet-Ali, assis sur des tapis, un grand lion sous son coude droit, et fumant le narguilé.

***
Voici la parodie du petit eldorado (1) de Gautier par les Goncourt :
"Quand je voudrais être heureux, je le serai dans un jardinet, un tout petit morceau de terre bien borné et sans vue. J'aurai là-dedans une énorme citrouille assise par terre, sous un parasol de grandes feuilles, avec sa tige verte enroulée comme le tuyau de pipe d'un pacha accroupi..., j'aurai une pièce d'eau faite d'une moitié de tonneau ; sur l'eau nageront de ces petites lentilles vertes, au milieu des quelles sauteront et plongeront des grenouilles... Une cigogne auprès du puits méditera sur une patte... Puis un singe, dont je tiendrai la corde en main... un singe qui grignote et grimace... j'achèterai, tu comprends, un rayon de soleil pour tout ce petit monde-là... J'aurai encore un gong... Ce sera un paradis..."
Edmond et Jules de Goncourt, Charles Demailly, 10/18, 1990, p. 73-74.
Une autre référence à Gautier dans Charles Demailly, p. 174 : "... je connais de très braves gens qui aimeraient mieux avoir la guerre civile que l'auteur de Mademoiselle de Maupin à l'Académie."

1. Ce petit eldorado (c'est ainsi que je l'appelle) a été repris et amplifié dans Fortunio : "L'Eldorado, le palais d'or, comme Fortunio l'avait baptisé, ne mentait pas à son titre : l'or y étincelait de toutes parts, et la maison dorée de Néron ne devait assurément pas être plus magnifique. Représentez-vous une grande cour encadrée de colonnes torses de marbre blanc aux chapiteaux et aux fûts dorés, entourés d'un cep de vigne aussi doré, avec des grappes en prisme de rubis. Sous ce portique quadruple s'ouvraient les portes des appartements, faites en bois de cèdre précieusement travaillé.
Au milieu de la cour s'enfonçaient quatre escaliers en porphyre, avec des rampes et des repos conduisant à une piscine, dont l'eau tiède et diamantée baissait jusqu'aux dernières marches ou montait jusqu'au niveau du sol, selon la profondeur que l'on voulait obtenir.
Le reste de l'espace était rempli par des orangers, des tulipiers, des angsoka [asoca] à fleurs jaunes, des palmistes, des aloès, et toutes sortes de plantes tropicales venant en pleine terre...
Il passait là des journées entières, dans une immobilité parfaite, assis sur une pile de carreaux et les pieds appuyés sur une de ses femmes, suivant d'un regard nonchalant les spirales bleuâtres de la fumée de son houka."
Théophile Gautier, Fortunio et autres nouvelles, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1977, p. 123 et 125.

mercredi 21 juin 2017

le rouge chez Georges Perec et Théophile Gautier

"On pouvait voir Amanda Von Comodoro-Rivadavia, la star à qui la Columbia avait garanti par contrat un milliard pour trois films. Amanda portait - sancta simplicitas - un pantalon bouffant  d'ottoman incarnat, un ras de cou corail, un caraco purpurin,  un obi colcotar, un foulard carmin, un vison nacarat ; bas rubis, gants cramoisis, bottillons minium à hauts talons zinzolins."
Georges Perec, Œuvres I, La Disparition, Bibliothèque de la Pléiade, 2017, p. 317. 

Dans Fortunio de Théophile Gautier, j'ai relevé : nacarat, cerise, ponceau, cramoisi, pourpre, cardinal, incarnat, écarlate, rubis et rouge comme une fleur de cactus.

dimanche 28 février 2016

Tiburce fit les rêves les plus blonds du monde


Madeleine
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"Lorsque les volets de la Descente de croix s'entrouvrirent, Tiburce éprouva un éblouissement vertigineux, comme s'il eût regardé dans un  gouffre de lumière ; la tête sublime de la Madeleine flamboyait victorieusement dans un océan d'or, et semblait illuminer de ses rayons l'atmosphère grise et blafarde tamisée par les étroites fenêtres gothiques.
La vue de cette figure fut pour Tiburce une révélation d'en haut ; des écailles tombèrent de ses yeux, il se trouvait face à face avec son rêve secret, avec son espérance inavouée : l'image insaisissable qu'il avait poursuivie de toute l'ardeur d'une imagination amoureuse, et dont il n'avait pu apercevoir que le profil ou un dernier pli de robe, aussitôt disparu ; la chimère capricieuse et farouche, toujours prête à déployer ses ailes inquiètes, était là devant lui, ne fuyant plus, immobile dans la gloire de sa beauté.
A l'aide de fortes lorgnettes, notre amoureux scrutait sa beauté jusque dans les touches les plus imperceptibles. Il admirait la finesse du grain, la solidité et la souplesse de la pâte, l'énergie du pinceau, la vigueur du dessin, comme un autre admire le velouté de la peau, la blancheur et la belle coloration d'une maîtresse vivante : sous prétexte d'examiner le travail de plus près, il obtint une échelle de son ami le bedeau, et, tout frémissant d'amour, il osa porter une main téméraire sur l'épaule de la Madeleine."
Théophile Gautier,  La Toison d'or. Romans et nouvelles, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1977, p. 148.
N.B. Cette Madeleine de Rubens est celle du tableau de la Transfiguration du Musée des Beaux-Arts de Nancy, et non celle de la Descente de croix de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers.

Sur Rubens : 
- Frans Baudoin, Pietro Pauolo Rubens, Paris, Albin Michel, 1977. 
- Philippe Muray, La Gloire de Rubens, Grasset, 1991. Pour comprendre et aimer Rubens.

vendredi 28 août 2015

deux rêves de bonheur opposés

Un rêve de bonheur au XVIIIe siècle :
" Je mènerai une vie sage et chrétienne..., je m'occuperai de l'étude et de la religion, qui ne me permettront point de penser aux dangereux plaisirs de l'amour. Je mépriserai ce que le commun des hommes admire ; et comme je sens assez que mon cœur ne désirera que ce qu'il estime, j'aurai aussi peu d'inquiétudes que de désirs. Je formai là-dessus, d'avance, un système de vie paisible et solitaire. J'y faisais entrer une maison écartée, avec un petit bois et un ruisseau d'eau douce au bout du jardin, une bibliothèque composée de livres choisis, un petit nombre d'amis vertueux et de bon sens, une table propre, mais frugale et modérée. J'y joignais un commerce de lettres avec un ami qui ferait son séjour à Paris, et qui m'informerait des nouvelles publiques, moins pour satisfaire ma curiosité que pour me faire un divertissement des folles agitations des hommes (1)." 

  Un rêve de bonheur au XIXe siècle :
" C'est un grand bâtiment carré sans fenêtres au dehors : une grande cour entourée d'une colonnade de marbre blanc, au milieu une fontaine de cristal avec un jet de vif-argent à la manière arabe, des caisses d'orangers et de grenadiers posées alternativement ; par là-dessus un ciel très bleu et un soleil très jaune ; de grands lévriers au museau de brochet dormiraient çà et là ; de temps en temps des nègres pieds nus avec des cercles d'or aux jambes, de belles servantes blanches et sveltes, habillées de vêtements riches et capricieux, passeraient entre les arcades évidées, quelque corbeille au bras, ou quelque amphore sur la tête. Moi, je serais là, immobile, silencieux, sous un dais magnifique, entouré de piles de carreaux, un grand lion privé sous mon coude, la gorge nue d'une jeune esclave sous mon pied en manière d'escabeau, et fumant de l'opium dans une grande pipe de jade (2)." 

1. Abbé Prévost, Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, Le Livre de poche classique, 2005, p. 118-119. 
2. René Jasinski, Les années romantiques de Théophile Gautier, Paris, 1929, p. 312 : un extrait de Mademoiselle de Maupin. Gautier a peut-être été inspiré par un portrait de Méhémet-Ali, le vice-roi d'Egypte, par Horace Vernet. Voir aussi le palais d'or de l'Eldorado dans Fortunio de Gautier (chapitre XXIV), qui a amplifié le texte de Mademoiselle de Maupin cité ci-dessus.

dimanche 17 avril 2011

Nathalie Stutzmann, contralto


Nathalie Stutzmann, contralto
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1er Prix de chant et art lyrique 1983
du Conservatoire de Nancy
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" Que tu me plais, ô timbre étrange !
Son double, homme et femme à la fois,
Contralto, bizarre mélange,
Hermaphrodite de la voix ! "
(Théophile Gautier, Xe strophe de "Contralto" d' Émaux et camées)
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" Une voix de femme superbe, un contralto d'une puissance mélancolique et profonde,... exhalant une plainte de tendresse, éperdue, d'une ampleur tragique..."
(Émile Zola, dans L'Argent)

mardi 29 mars 2011

voyage autour de mon bureau - 14.

Les trois livres que j'ai lus au cours
de mon voyage autour de mon bureau
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1. Pascale Fautrier, Chopin, Folio Biographies, 2010.
Dans sa discographie, l'auteur a choisi pour l'intégrale des Nocturnes l'interprétation de Samson François en plus de celle d'Arthur Rubinstein. Ce sont de très bons choix.
2. Laurence Sterne, Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme, traduction de Charles Mauron, GF Flammarion, 1982.
J'ai relevé beaucoup de références à Don Quichotte de Cervantès.
"... l'inégalé Chevalier de la Manche, lequel m'est très cher et m'eût fait faire plus de chemin pour l'aller voir que le plus grand héros de l'antiquité."
3. Gautier journaliste. Articles et chroniques. Choix de textes, présentation, notes, chronologie, bibliographie et index par Patrick Berthier, GF Flammarion, 2011.
Les articles sur les artistes plasticiens ont beaucoup d'intérêt : Delacroix, Decamps, Ingres, Préault, Courbet, Millais et Hunt, deux peintres anglais, Chassériau, Baudry et Bouguereau, Gavarni, Gustave Doré, Manet, Monet, etc.
Alexandre Decamps est l'un des peintres les plus admirés de Gautier. Il a critiqué, présenté, décrit, cité plus d'une centaine de toiles de ce peintre (1). Les musées français montrent le plus souvent de petits Decamps bitumeux, sauf au musée des Beaux-Arts de Brest où on peut admirer Les Danseurs Albanais.
Pour voir de belles toiles de Decamps, il faut aller à Londres à la Wallace Collection. Decamps était le peintre contemporain favori de Richard Seymour-Conway, 4ème marquis de Hertford. Il a acquis 25 tableaux de Decamps sur les 28 que compte la collection de Richard Wallace. En juin 2000, les trois tableaux de Decamps que j'ai le plus admirés : Le Supplice des crochets, Cadji-Bey, chef de la police de Smyrne, faisant sa ronde (le plus souvent dénommé La Patrouille turque), L'Abreuvoir avec son grand mur peint d'une façon extraordinaire (2).
1. Claudine Lacoste-Veysseyre, La Critique d'art de Théophile Gautier, Montpellier, 1985, p. 64-66.
2. Par hasard, je tombe sur un passage d' Un hiver à Majorque où George Sand exprime son enthousiasme pour Decamps : " Decamps, le grand maître de la caricature sérieuse et ennoblie jusqu'à la peinture historique, l'homme de génie, qui sait donner de l'esprit, de la gaieté, de la poésie, de la vie en un mot, aux murailles même ."

jeudi 3 février 2011

célébration de Théophile Gautier

Dans cet ex-libris on reconnaît en bas, à gauche la déesse cobra Ouadjyt de Basse-Egypte, à droite la déesse vautour Nekhbèt de Haute-Egypte, surmontées du faucon, seigneur du ciel, Horakhty, forme majeure du soleil. Ces trois dieux sont flanqués d'un pilier djed, signe de stabilité, à la forme non orthodoxe, car trop arrondie.
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Théophile Gautier, qui est inscrit sur la liste des Célébrations 2011 du ministère de la Culture, pour le 200e anniversaire de sa naissance, est l'un de mes six auteurs préférés du XIXe siècle, après Balzac et avant Nerval, les frères Goncourt et Huysmans.
Au début des années 1980, je crois avoir lu tous les titres de Gautier disponibles dans l'édition française à ce moment-là. Pour les autres, je suis allé les emprunter à la bibliothèque municipale de Nancy ; comme par exemple certains récits de voyage : Caprices et Zigzags, Italia, Voyage pittoresque en Algérie, Voyage en Russie, et aussi Portraits contemporains et Les Beaux-Arts en Europe.
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Études critiques et biographiques de ma bibliothèque :

- Book-Senninger (Claude), Théophile Gautier, auteur dramatique, Nizet, 1972.
- Jasinski (René), Les Années romantiques de Théophile Gautier, Vuibert, 1929.
- Lacoste-Veysseyre (Claudine), La Critique d'art de Théophile Gautier, Montpellier, Université Paul-Valéry, 1985.
- Richer (Jean), Études et recherches sur Théophile Gautier prosateur, Nizet, 1981.
- Savalle (Joseph), Travestis, métamorphoses, dédoublements. Essai sur l'oeuvre romanesque de Théophile Gautier, Minard, 1981.
- Senninger (Claude-Marie), Honoré de Balzac par Théophile Gautier, Nizet, 1980.
- Tild (Jean), Théophile Gautier et ses amis, Albin Michel, 1951.
- Voisin (Marcel), Le Soleil et la Nuit. L'imaginaire dans l'oeuvre de Théophile Gautier, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1981.
- Bulletins de la Société Théophile Gautier, Montpellier, Université Paul-Valéry :
n° 2 (1980), n° 3 (1981), n° 5 (1983), n° 6 (1984), n° 7 (1985),
n° 8 "Théophile Gautier et la musique" (1986).
- Théophile Gautier. L'Art et l'Artiste. Actes du colloque international, Montpellier, Université Paul-Valéry, 1982.
- Catalogue de l'exposition Théophile Gautier et les Artistes de son temps, Ville de Montpellier, Musée Fabre, 1982.
- Le Roman de la momie. Les Amours d'une princesse égyptienne. Catalogue d'exposition, Abbaye Saint-Gérard de Brogne (Belgique), 3 mai - 31 octobre 1997.
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Le dernier livre acheté :
- Gautier journaliste. Articles et chroniques. Choix de textes, présentation, notes, chronologie, bibliographie et index par Patrick Berthier, collection GF Flammarion, 2011.

lundi 25 octobre 2010

la muraille d'Istanbul

Une tour restaurée de la muraille terrestre d'Istanbul
photo JLJ 1987
" Les remparts, composés de deux rangs de murailles flanquées de tours carrés, ont à leurs pieds un large fossé comblé maintenant par des cultures et revêtu d'un parapet de pierre, ce qui formait trois enceintes à franchir. Ce sont les antiques murailles de Constantin, telles que les assauts, le temps, les tremblements de terre, les ont faites ; dans leurs assises de briques et de pierre, on voit encore les brèches ouvertes par les catapultes, les balistes, les béliers et cette gigantesque couleuvrine, mastodonte de l'artillerie, que servait sept cent canonniers et qui lançait des boulets de marbre du poids de six cents livres. "
Théophile Gautier, Constantinople, Paris, La Boîte à Documents, 1990, p. 205.

jeudi 2 juillet 2009

la musique de la chanson du pêcheur

Quel plaisir j'ai eu d'entendre récemment sur France Musique Régine Crespin chanter Ô, ma lyre immortelle, les ultimes stances du final de l'opéra Sapho de Charles Gounod !
Pour cet air, Gounod a repris la musique de sa mélodie Ma belle amie est morte (La chanson du pêcheur ), paroles de Théophile Gautier.
Ce poème de Gautier, dont le titre exact est Lamento - La chanson du pêcheur (in Poésies diverses), était paru seul en 1837 avec une musique d'Hippolyte Monpou (1804-1841), mais intitulé Sur la mer, une chanson vénitienne d'une admirable mélancolie (1).
Ce poème de Gautier a été aussi mis en musique par Berlioz, la troisième mélodie de son chef-d'oeuvre Les Nuits d'été, par Fauré, Félicien David, Louis Lacombe (1818-1884), Jacques Offenbach, Émile Paladilhe (1844-1926) et André Gédalge (1856-1926).
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(1) Poésies complètes de Théophile Gautier, publiées par René Jasinski, Paris, A.G. Nizet, 1970, tome 1, p. LV-LVI et tome II, p. 137-138.