En 1888 à Jaulny, sur 401,565 ha de terres, 56,054 ha étaient des vignes. Dans le recensement de 1911, 80 personnes (hommes et femmes) sont désignées comme vignerons ; dans celui de 1926, 6 personnes seulement (profession principale ?) ; dans celui de 1936, une seule personne est vigneron de profession.
Au XIXe siècle, comme le vin de Thiaucourt, le vin de Jaulny avait sa renommée. Mais le phylloxéra est constaté pour la première fois à Thiaucourt en septembre 1896. Au début du XXe siècle, après avoir arraché les anciennes vignes touchées par l'insecte, les vignerons replantent avec des plants américains.
Cet état des vignes, que j'ai réalisé pour Jaulny, indique les propriétaires et les mutations. Vers 1950, la plupart des vignes citées sur cet état n'existaient plus en réalité. Elles avaient été arrachées ou laissées à l'abandon, car situées sur des côtes trop pentues, comme celles aux lieux-dits des Plantes, des Côtes, des Côtes des Chênes. Un lieu-dit du cadastre de 1828 s'appelle Les Champs des Vignes, appellation remplacée dans le cadastre révisé de 1936 par Les Côtes. En 1950, il restait à Jaulny moins d'une dizaine de vignes en exploitation.
Je revois les sœurs Marie et Emma Fouillot, habillées en gris et noir, épouses des frères Edmond et Camille Grégoire, descendre par une fin d'après-midi d'été la rue de Viéville (Grande Rue), après avoir été biner dans leur vigne. Elles avaient chacune un ka à la main, ainsi était appelé à Jaulny le croc (houe à deux dents) du vigneron.
Documentation utilisée :
- Aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, les recensements, les cadastres, les matrices cadastrales de la commune de Jaulny.
- Monographie de la commune de Jaulny par l'instituteur (Portier), 1888, Bibliothèque municipale de Nancy, MS 1352 (820)16 HUD-LAI.
- Ed. Bécus, Le Canton de Thiaucourt, 1892, Bibliothèque municipale de Nancy, cote 8548, p. 115-116.
- Henry Poulet, "De la Meuse à la Moselle. La vallée du Rupt-de-Mad", dans Le Pays Lorrain, 1934, p. 460-464.
- François Baudin, Histoire économique et sociale de la Lorraine, tome I, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1992, p. 77-78. Page 81 : [après le phylloxéra] quelques hectares seront sauvés dans la région du Rupt de Mad.
- Jacqueline Mougin, Patois de Lorraine. Le parler de chez nous en Meurthe-et-Moselle, Haroué, Gérard Louis, 2005, p. 80 pour ka, p.119 pour quâ.



















