dimanche 20 septembre 2026
gros et petits dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot
jeudi 17 septembre 2026
un soir de fenaison, mon père bat sa faux
samedi 12 septembre 2026
geais, pic et coucou
"La lisière du bois appartient aux geais, à ces Jacques invisibles et criards qui filent dès que leur sentinelle a donné l'alerte. Que de fois j'ai vainement cherché dans leur fuite blanche et rousse les ravissantes plumes bleues qu'ils sèment pour nous !
Plus haut dans la futaie, un pic tambourine. Cri aigu, vol qui plonge et rebondit, comment le saisir ? Et pourtant le voici, rouge et vert, écureuil à plumes, qui joue à cache-cache le long d'un tronc, accroché de la griffe et accoté de la queue comme un élagueur de peupliers.
Plus secret, l'infatigable, le lointain coucou, que l'on poursuit en vain tout un après-midi d'avril. Il est là-bas, il est tout près... la voix lui manque, interloqué ; et puis le revoici derrière nous, et puis là-bas, là-bas encore... Est-ce le même ? Pauvre radoteur invisible, couleur de cendre rousse, reste farouche ; il vaut mieux t'imaginer resplendissant, comme les coucous des prés."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 128.
vendredi 11 septembre 2026
les oiseaux dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot
"Assise sur le rocher à l'écart des rues, la maison ignore presque les moineaux piaillants, les hirondelles qui raient le ciel de vols et de cris, mais elle connaît les oiseaux des arbres et des prés.
Le vallon est leur paradis. Ils y trouvent les cimes et les fourrés, l'eau, l'herbe et la mousse, la draperie des clématites sur les vieilles pierres, les pommiers barbus et chenilleux, les berges creuses où se nouent les racines. Ils y trouvent aussi la paix, dans l'absence des hommes.
Comment oublier dans l'enchantement d'un matin de Pâques, le jeune soleil entre les volets, l'air vif, les lilas en bourgeons, et toutes ces voix ? Si l'été les apaise et les éloigne, l'automne les ramène aux graines mûres, aux baies du sureau : rouges-queues, verdières [sic], pinsons, bouvreuils, et des troupes de mésanges acrobates qui se chamaillent en épluchant les branches. Et quand la neige a tout caché, quand le gel a tout raidi, le vallon envoie jusqu'aux fumiers tièdes, aux paillis des granges, jusqu'aux fleurs de la vitre, jusqu'à la main tendue où le rouge-gorge se pose..."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 127-128.
lundi 7 septembre 2026
la Ville dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot
"La Ville, la vraie, la seule qui fût peuplée de foires, de fêtes, de colèges, de casernes et de séminaires, de marchands et d'auberges, de juges et de prêtres, c'était celle qui, au bout d'une route de cinq lieues, arrondit ses remparts et dresse ses tours au bord d'un plateau.
Mes camarades avaient déjà fait le voyage. Ils savaient ce qu'est la foire où l'on mène les vaches et d'où l'on ramène les petits gorets. Ils avaient participé aux inconcevables réjouissances de la Saint-Mammès. Pour moi, il n'en était pas question : nous n'avions ni cheval ni voiture et le chemin de fer coûtait vingt sous. Quant à faire dix lieues à pied [aller et retour], même sur l'herbe des accotements, c'était trop pour de petites jambes et des souliers d'occasion. Les hommes et les femmes le faisaient, gaillardement, en une matinée parfois, tel le grand-père, un ballot de cuir sur le dos."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Éditions Stock, 1980, p. 104-105.
La Ville, c'est Langres, Haute-Marne. Le village de Joseph Cressot, c'est Chatoillenot, Haute-Marne. Il y a 26 km de Chatoillenot à Langres.
Ce livre, Le Jean du bois, que j'ai trouvé dans la boîte aux livres du parc Napoléon de Thionville, a appartenu à Nicolas Gertner, professeur et adjoint au maire de Thionville. Il habitait, dans les années 1970-1980, 8 rue du Chemin-couvert à Thionville ; c'est ce qui est indiqué à la 3e page de couverture avec la date du 28 juin 1980.



