© MUDAAC EPINAL
Laurent de La Hire (Paris, 1606 - Paris, 1656), Mercure et Hersé
d'après Les Métamorphoses d'Ovide
huile sur toile, 143 x126 cm
Musée d'Art ancien et contemporain d'Epinal
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La collection des princes de Salm, Épinal, Musée départemental d'Art ancien et contemporain, 1993, p. 102-103.
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"De là le dieu qui porte le caducée [Mercure] avait pris son essor par un mouvement égal de ses ailes et, tout en volant, il contemplait d'en haut les champs de Munychie [presqu'île du Pirée], la terre chère à Minerve et les arbres du riant Lycée. Il advint que ce jour-là de chastes jeunes filles, ayant, suivant la coutume, chargé leurs têtes de corbeilles couronnées de fleurs, portaient à la citadelle de Pallas en fête les purs objets de son culte. Elles en revenaient , quand le dieu ailé les aperçoit ; au lieu de continuer tout droit sa route, il suit une ligne courbe, en décrivant toujours le même cercle. Quand un milan, oiseau rapide entre tous, a vu les chairs d'une victime, effrayé à l'aspect des ministres qui se pressent autour du sacrifice, il tournoie, sans se décider à s'éloigner, et il fait avidement la ronde, battant des ailes autour de la proie qu'il espère ; ainsi, au-dessus de la citadelle de l'Acté [ancien nom de l'Attique], l'agile dieu du Cyllène [montagne dans le nord de l'Arcadie] infléchit sa course et trace son circuit dans le même espace des airs. Autant Lucifer [étoile du matin, Vénus] l'emporte par l'éclat de ses feux sur les autres étoiles, et Phébé [la Lune] par sa lumière dorée sur Lucifer, autant Hersé surpassait toutes les vierges avec qui elle marchait. Elle était l'ornement de la procession et de ses compagnes. À la vue de ses traits, le fils de Jupiter fut saisi d'admiration ; suspendu dans les airs, il s'enflamma comme le plomb qui, lancé par la fronde baléare, vole, s'embrase dans son trajet et trouve sous les nues des feux qu'il ne connaissait pas. Le dieu change de route et, abandonnant le ciel, il se dirige vers la terre ; il ne se déguise pas, tant il a confiance dans sa beauté. Pourtant, si parfaite qu'elle soit, il lui donne par ses soins un attrait de plus : il lisse sa chevelure, il arrange sa chlamyde pour la faire tomber avec grâce, pour en étaler la bordure et toute la garniture d'or ; il polit sa baguette, qui, dans sa main droite, appelle et chasse le sommeil et, après avoir purifié ses pieds, il en fait briller les talonnières."
Ovide, Les Métamorphoses, Le Livre de Poche Classique, p. 97-98.