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jeudi 7 mars 2024
vendredi 8 juillet 2022
jeudi 30 septembre 2021
Blanche-Augustine Camus, Jardin fleuri
Blanche-Augustine Camus (Paris, 1884-1968), Jardin fleuri
huile sur toile - peinture néo-impressionniste
Musée Charles de Bruyères - Remiremont
jeudi 29 juillet 2021
vendredi 30 avril 2021
Salomon Certon, Le jardin merveilleux
Or dehors, le jardin près de la grande porte
Était environné de grande muraille forte,
Contenant quatre arpents d'espace grand et beau,
Planté d'arbres épais tous tirés au cordeau.
Qui partout le verger et croissent et fleurissent.
Les fruits délicieux sous les feuilles murissent,
La poire, l'abricot jaunement rougissant,
Le sucré courpandu, le raisin noircissant,
L'olive au fruit amer et à la liqueur douce,
Et le large figuier sa douce figue y pousse,
Et dix mille bons fruits sans cesse y pendillaient.
Jamais tant en hiver qu'en été n'y faillaient,
Les feuilles y gardaient leur honneur perdurable,
Et le suc doucereux n'y était périssable.
Toujours le doux Zéphyr y soufflant gracieux
Y fait croître et murir le fruit délicieux :
La poire suit la poire, et la fleurante pomme
Qui n'y manque jamais sort soudainement, comme
Sa compagne a muri, qui sitôt ne murit
Comme tout aussitôt une autre après fleurit :
Ainsi ces fruits sans fin l'un en l'autre vieillissent.
Les poires tout ainsi sur les poires fleurissent,
À la figue se tient la figue et le raisin
Se vieillit, renaissant le raisin son voisin,
Et ceux-ci les derniers fleurissaient à grand peine
Qu'à ceux-là la vieillesse était toute certaine.
La vigne verdoyante, abondante y croissait
Ses racines sous terre étendait et poussait,
Le raisin plaisamment sous la verge se range
Et sans cesse y promet éternelle vendange :
On voit l'une à l'abri se murir vitement,
Quand son fruit est cueilli l'autre soudainement
Se laisse vendanger : fruits en grande abondance
Croissent en ces jardins et bons par excellence,
Et tout le long de l'an on les voit à plaisir
Porter autant de fruits comme en veut le désir.
Salomon Certon, L'Odyssée d'Homère, chant VII, vers 112-128 du texte grec, Paris, 1604.
Courpandu, court-pendu, variété de pomme reinette, rouge et à courte queue.
jeudi 29 avril 2021
jeudi 8 avril 2021
le jardin merveilleux du roi Alkinoos dans l'Odyssée
"De la cour on entre dans un grand jardin de quatre arpents, enfermé d'une haie vive. Dans ce jardin il y a un verger planté d'arbres fruitiers en plein vent, toujours chargés de fruits ; on y voit des poiriers, des grenadiers, des orangers, dont le fruit est le charme des yeux, des figuiers d'une rare espèce, et des oliviers toujours verts. Jamais ces arbres ne sont sans fruit, ni hiver, ni l'été. Un doux zéphyr entretient toujours leur vigueur et leur sève ; et pendant que les premiers fruits mûrissent, il en produit toujours de nouveaux. La poire prête à cueillir en fait voir une qui naît ; la grenade et l'orange déjà mûres en montrent de nouvelles qui vont mûrir ; l'olive est poussée par une autre olive, et la figue ridée fait place à une autre qui la suit. D'un autre côté, il y a une vigne qui porte des raisins en toute saison. Pendant que les uns sèchent au soleil, dans un lieu découvert, on coupe les autres, et on foule dans le pressoir ceux que le soleil a déjà préparés ; car les ceps, chargés de grappes toutes noires qui sont prêtes à couper, en laissent voir d'autres toutes vertes qui sont prêtes à tourner et à mûrir. Au bas du jardin, il y a un potager très bien tenu, qui fournit toutes sortes d'herbages, et qui, par ses différents carrés toujours verts et toujours fertiles, réjouit toute l'année celui qui l'entretient. Il y a deux fontaines, dont l'une, se partageant en différents canaux, arrose tout le jardin, et l'autre, coulant le long des murs de la cour, va former devant le Palais un grand bassin qui sert à la commodité des citoyens."
Homère, L'Odyssée, tome 1, traduite par Anne Dacier, [1716], édition de 1818, vers 112-131.
"Et, au delà de la cour, auprès des portes, il y avait un grand jardin de quatre arpents, entouré de tous côtés par une haie. Là, croissaient de grands arbres florissants qui produisaient, les uns la poire et la grenade, les autres les belles oranges, les douces figues et les vertes olives. Et jamais ces fruits ne manquaient ni ne cessaient, et ils duraient tout l'hiver et tout l'été, et Zéphyros, en soufflant, faisait croître les uns et mûrir les autres ; la poire succédait à la poire, la pomme mûrissait après la pomme, et la grappe après la grappe, et la figue après la figue. Là, sur la vigne fructueuse, le raisin séchait, sous l'ardeur de Hélios, en un lieu découvert, et, là, il était cueilli et foulé ; et, parmi les grappes, les unes perdaient leurs fleurs tandis que d'autres mûrissaient. Et à la suite du jardin, il y avait un verger qui produisait abondamment toute l'année. Et il y avait deux sources, dont l'une courait à travers tout le jardin, tandis que l'autre jaillissait sous le seuil de la cour, devant la haute demeure, et les citoyens venaient y puiser de l'eau."
Les vers 112-131 de l'Odyssée, traduction de Leconte de Lisle, 1877.
"Aux côtés de la cour, on voit un grand jardin, avec ses quatre arpents enclos dans une enceinte. C'est d'abord un verger dont les hautes ramures, poiriers et grenadiers et pommiers aux fruits d'or et puissants oliviers et figuiers domestiques, portent, sans se lasser ni s'arrêter, leurs fruits ; l'hiver comme l'été, toute l'année, ils donnent ; l'haleine du Zéphyr, qui souffle sans relâche, fait bourgeonner les uns, , et les autres donner la jeune poire auprès de la poire vieillie, la pomme sur la pomme, la grappe sur la grappe, la figue sur la figue. Plus loin, chargé de fruits, c'est un carré de vignes, dont la moitié sans ombre, au soleil se rôtit, et déjà l'on vendange et l'on foule les grappes ; mais dans l'autre moitié, les grappes encore vertes laissent tomber la fleur ou ne font que rougir. Enfin, les derniers ceps bordent les plates-bandes du plus soigné, du plus complet des potagers ; vert en toute saison, il y coule deux sources ; l'une est pour le jardin, qu'elle arrose en entier, et l'autre, sous le soleil de la cour, se détourne vers la haute maison, où s'en viennent à l'eau tous les gens de la ville."
Les vers 112-131 de l'Odyssée, traduction de Victor Bérard, 1931, Folio Gallimard, 1999, p. 138.
"En sortant de la cour, près des portes, se trouve un grand
jardin de quatre arpents tout entouré de murs.
Là de grands arbres ont poussé avec richesse,
Là de grands arbres ont poussé avec richesse,
des poiriers, des pommiers aux fruits brillants, des grenadiers,
des figuiers doux, des oliviers en pleine force.
Ni l'été ni l'hiver les fruits ne font défaut,
toute l'année les arbres donnent, et sans relâche
un doux Zéphyr fait bourgeonner les uns, mûrir les autres.
La poire vieillit sur la poire, la pomme sur la pomme,
la grappe sur la grappe, et les figues l'une sur l'autre.
Là fut aussi planté une vigne opulente
dont une part, sur une terrasse exposée,
sèche au soleil ; en ce lieu déjà, on vendange,
en cet autre on foule les grappes ; devant, des ceps
perdent leurs fleurs, d'autres commencent à rougir.
Après le dernier rang de ceps, de belles plates-bandes
donnent toutes les plantes et verdoient en toute saison.
En ce jardin deux sources coulent ; l'une arrose
le clos entier, et l'autre, sous le seuil, s'en va
vers la haute demeure, où puisent les gens de la ville."
Les vers 112-131 de l'Odyssée, traduits en vers libres par Philippe Jaccottet, Paris, Le Club Français du Livre, 1955, p. 128. Cette traduction de l'Odyssée que j'ai lue en 1957. Relu l'Odyssée en 2021 en collection Folio Gallimard.
vendredi 2 avril 2021
dimanche 14 février 2021
le jardin du bonheur de Bernardin de Saint-Pierre
"Si jamais je travaille pour mon bonheur je veux faire un jardin comme les Chinois ; ils choisissent un terrain sur le bord d'un ruisseau. Ils préfèrent le plus irrégulier, celui où il y a de vieux arbres, de grosses roches, quelques monticules. Ils l'entourent d'une enceinte de rocs bruts avec leurs cavités et leurs pointes : ces rocs sont posés les uns sur les autres, de manière que les assisses ne paraissent point. Il en sort des touffes de scolopendre, des lianes à fleurs bleues et pourpres, des lisières de mousses de toutes les couleurs. Un filet d'eau circule parmi ces végétaux, d'où il s'échappe en gouttes ou en glacis. La vie et la fraîcheur sont répandues sur cet enclos, qui n'est chez nous qu'une muraille aride.
S'il se trouve quelque enfoncement sur le terrain, on en fait une pièce d'eau. On y met des poissons, on la borde de gazon et on l'environne d'arbres. On se garde bien de rien niveler ou aligner ; point de maçonnerie apparente : la main des hommes corrompt la simplicité de la Nature.
La plaine est entremêlée de touffes de fleurs, de lisières de prairies, d'où s'élèvent quelques arbres fruitiers. Les flancs de la colline sont tapissés de groupes d'arbrisseaux à fruits ou à fleurs, et le haut est couronné d'arbres bien touffus, sous lequel est le toit du maître.
Il n'y a point d'allées droites qui vous découvrent tous les objets à la fois ; mais des sentiers commodes qui les développent successivement. Ce ne sont point des statues, ni des vases inutiles ; mais une vigne chargée de belles grappes ou des buissons de roses. Quelquefois on lit sur l'écorce d'un oranger des vers agréables, ou une sentence philosophique, sur un vieux rocher.
Ce jardin n'est ni un verger, ni un parc, ni un parterre, mais un mélange semblable à la campagne, de plaines, de bois, de collines, où les objets se font valoir les uns par les autres. Un Chinois ne conçoit pas plus un jardin régulier, qu'un arbre équarri. Les voyageurs assurent qu'on sort toujours à regret de ces retraites charmantes ; pour moi j'y voudrais encore une compagne aimable et dans le voisinage un ami.
- Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Voyage à l'Isle de France, à l'Isle de Bourbon, au Cap de Bonne-Espérance, etc., tome I, 1773, p. 239-241.
- Henri Bernardin de Saint-Pierre, Voyage à l'Île de France (Maurice), 1768-1771, Clermont-Ferrand, Éditions Paleo, 2008, p. 155-156.
jeudi 10 septembre 2020
le jardin du cloître d'Etival
Le Jardin du Cloître à la place de l'ancien cloître de l'abbatiale d’Étival
Étival-Clairefontaine, Vosges
-
Le mur du collatéral nord de l'église abbatiale a reçu au XVIIIe siècle un placage d'arcs en plein cintre. Cette arcature décorative constituait un des côtés du cloître dont quelques travées existent encore, transformées en habitation, dans le prolongement du croisillon nord.
D'après André Philippe.
mercredi 6 mai 2020
quelques fleurs de mon jardin
Sauge de Russie ou Perovskia atriplicifolia
Rosier demi-tige
Pot de campanules
Fleurs de rhododendron
jeudi 9 avril 2020
jardin, une machine à voyager immobile
"On s'apercevait que ce jardin était une très ingénieuse machine à voyager immobile...
Tout, jusqu'à peut-être l'inclinaison des feuillages avait été combiné. Cet éblouissement qui vous frappait dès la première terrasse avait été préparé avec soin pour que Rachel soit obligée de fermer les yeux et de trouver tout de suite son chemin de Damas vers les rêves.
Il n'y avait là que des bambous noirs, extrêmement vernis, dont la gracilité laissait passer librement la lumière et dont le biseau multipliait le frémissement du soleil sur la mer. Par des glissements imperceptibles, les terrasses coulaient de terrasse en terrasse, portant des bouleaux élancés aux troncs en peau de cheval blanc, aux branchages étincelants comme des cristaux de lustres, de longs peupliers d'Italie ruisselants d'un vert doré ; des rangés d'ifs semblables aux ferronneries lancéolées des couvents espagnols, des cyprès de bronze. Ces arbres, soigneusement ébranchés jusqu'à trois mètres du sol, laissaient bondir librement une lumière blonde aux pieds de sel, à laquelle de vastes bassins plats pleins d'eau claire servaient de tremplin et de tapis de gymnasiarque. Des haies d'un buis qu'on avait choisi très sombre et très brillant bordaient les paliers, et quelques escaliers qui tombaient à pic vers la mer qui déroulait au fond de ces puits les replis d'un velours violet."
Jean Giono, Noé, Gallimard, 1961, p. 170-171.
mercredi 18 juillet 2018
samedi 9 juin 2018
tout pour le jardin... exposition aux Prémontrés de Pont-à-Mousson
Exposition Jardins entre Rêve et Réalité
Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson
25 mai >16 septembre 2018
mercredi 6 juin 2018
en marge de l'exposition des Prémontrés de Pont-à-Mousson
Eugène Grasset (Lausanne 1845 - Sceaux 1917)
Juin et Juillet de la série des douze mois de La Belle Jardinière
1896
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Exposition Jardins entre Rêve et Réalité
Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson
25 mai >16 septembre 2018
jeudi 14 mai 2015
jeudi 11 octobre 2012
vendredi 23 avril 2010
Bernardin de Saint-Pierre et son jardin
Voeux d'un solitaire
Études de la nature, tome V, 1804, p. 21-22
Jean Starobinski, 1789, les emblèmes de la raison, Champs Flammarion, 1969, p. 10-11.
jeudi 19 juin 2008
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