Départ de Sancho Panza pour l'île de Barataria
château de Compiègne - (c) RMN
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" Salio, en fin, Sancho, acompañado de mucha gente, vestido a lo letrado, y encima un gaban muy ancho de chamelote de aguas leonado, con una montera de lo mismo, sobre un macho a la jineta, y detras dél, por orden del Duque, iba el rucio, con jaeces y ornamentos jumentiles de seda y flamantes. Volvia Sancho la cabeza de cuando en cuando a mirar a su asno, con cuya compañia iba tan contento, que no se trocara con el Emperador de Alemania. Al despedirse de los Duques, les beso las manos, y tomo la bendicion de su señor, que se la dio con lagrimas, y Sancho la recibio con pucheritos." Don Quijote, II (1615), capitulo XLIV.
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1. Traduction de François de Rosset, 1618, revue par Jean Cassou, 1949 :
" Sancho partit enfin en nombreuse compagnie, habillé en lettré, et portant un grand manteau de camelot ondé et de couleur fauve, avec un bonnet de même étoffe, montant un mulet à la genette, et, derrière lui, venait par ordre du duc, le grison, harnaché pompeusement et décoré d'ornements chevalins de roche soie. Sancho tournait la tête à tout coup pour regarder son âne, dont la compagnie le rendait si content qu'il n'eût pas changé son sort pour l'empire d'Allemagne. En prenant congé du duc et de la duchesse, Sancho leur baisa les mains et reçut la bénédiction de son maître, qui la lui donna la larme à l'oeil, et Sancho la reçut avec de gros soupirs qui ne l'embellissaient point."
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2. Traduction de Louis Viardot, 1836 :
" Enfin Sancho partit, accompagné d'une foule de gens. Il était vêtu en magistrat, portant par-dessus sa robe un large gaban de camelot fauve, et, sur la tête, une montera de même étoffe. Il montait un mulet, à l'écuyère, et derrière lui, par ordre du duc, marchait le grison, paré de harnais en soie et tout flambants neufs. De temps en temps Sancho tournait la tête pour regarder son âne, et se plaisait tellement en sa compagnie, qu'il ne se fût pas troqué contre l'empereur d'Allemagne. Quand il prit congé du duc et de la duchesse, il leur baisa les mains ; puis il alla prendre la bénédiction de son seigneur, qui la lui donna les larmes aux yeux, et que Sancho reçut avec des soupirs étouffés comme un enfant qui sanglote. "
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3. Traduction de Claude Allaigre, 2001 :
" Finalement Sancho partit avec une nombreuse escorte, en tenue de lettré avec, par-dessus, un très ample manteau en camelot à reflets fauves, coiffé d'un bonnet de même tissu, sur un mulet sellé à la genette ; derrière lui, sur ordre du duc, suivait le grison, paré d'un harnais de soie et d'ornements asiniens flambant neufs. Sancho tournait la tête de temps en temps pour regarder son âne dont la compagnie le rendait si heureux qu'il n'aurait pas changé son sort pour tout l'empire d'Allemagne.
En prenant congé du duc et de la duchesse, il leur baisa les mains, puis il reçut la bénédiction de son maître, qui la lui donna les larmes aux yeux, tandis que Sancho faisait des grimaces pour retenir les siennes. "
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4. Traduction de Jean-Raymond Fanlo, 2008 :
" Sancho partit enfin, accompagné de beaucoup de monde, vêtu en juriste sous son très ample manteau en camelot ondé de couleur fauve, avec un bonnet de même étoffe. Il montait à la genette un mulet, et derrière lui suivait, conformément aux ordres du duc, le roussin avec de flamboyants harnachements et des ornements âniers en soie. De temps à autre, Sancho tournait la tête pour regarder son âne, dont la compagnie le rendait si joyeux, qu'il n'aurait pas changé sa place pour celle de l'empereur d'Allemagne.
En prenant congé du duc et de la duchesse, il leur baisa les mains, et il prit la bénédiction de son maître, qui la lui donna les larmes aux yeux. Il la reçut en étouffant les siennes."
