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mardi 8 juin 2010

le tableau des fusillades du 3 mai 2008 de Francisco de Goya

" La lumière s'attache et s'associe au groupe des victimes, et plus particulièrement à l'homme du peuple que va abattre la salve imminente : Goya a su donner à son visage sans beauté l'expression simple qui est à la fois au-delà du courage et de l'épouvante ; les bras étendus dans l'attitude de la crucifixion, les mains percées, cet Espagnol aux traits grossiers prend soudain la dimension du Juif éternel, de l'Homme humilié par l'homme. "
Jean Starobinski, "Goya" dans 1789 - Les emblèmes de la raison, Champs Flammarion, 1979, p. 134.
Effectivement, la main droite de l'homme à la chemise blanche porte un creux marqué par une tache brune, mais sa main gauche ne porte aucune marque. La tache de la main droite n'est pas rouge. Il ne semble pas que Goya ait voulu faire de cet homme un Christ crucifié. Starobinski a exagéré son parallèle.

vendredi 23 avril 2010

Bernardin de Saint-Pierre et son jardin

Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre
Voeux d'un solitaire
Études de la nature, tome V, 1804, p. 21-22
" Cet observateur si attentif a devant lui dans l'univers végétal le double spectacle de la mort et de la vie. Il en décrit minutieusement les couleurs. Nous apercevons à un grossissement inusité l'éphémère beauté d'un jardin qui renaît de sa destruction. A lire ce texte , nous imaginons un instant nous trouver en deçà de l'histoire, dans un royaume exigu situé en marge de tous les évènements humains."
Jean Starobinski, 1789, les emblèmes de la raison, Champs Flammarion, 1969, p. 10-11.