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mercredi 23 septembre 2026

Catholicisme, Vocabulaire typologique du patrimoine


Isabelle Duhau, Mireille-Bénédicte Bouvet, Bernard Ducouret, Laurence de Finance,
Emmanuel Fritsch, Emmanuel Louis, Maïna Masson-Lautier, Josiane Pagnon
Catholicisme,  Vocabulaire typologique du patrimoine
Les Editions du Patrimoine, Paris, 2026, 1 000 pages, 950 illustrations

jeudi 27 août 2026

la Description de l'Égypte, une grande aventure éditoriale


Paul-Marie Grinevald, La Description de l'Égypte, une grande aventure éditoriale (1802-1830)
Éditions de l'Institut Français d'Archéologie Orientale  

vendredi 12 juin 2026

Theodore Dalrymple, Culture du vide


 Theodore Dalrymple, Culture du vide
Éditions Carmin 

mardi 2 juin 2026

mardi 21 avril 2026

Nancy, site patrimonial remarquable


Martine Tronquart, Yann Vaxelaire, Nancy,  Site patrimonial remarquable
Éditions Libel, 2026 

mercredi 15 avril 2026

samedi 7 mars 2026

Michel Guénaire, Maurice Barrès. Le grand écrivain retrouvé


Michel Guénaire, Maurice Barrès. Le grand écrivain retrouvé
 Éditions Perrin, 2026, 526 p.
Il avait l'admiration d'André Gide, de Marcel Proust, de François Mauriac,
 d'André Malraux, de Louis Aragon, de Henry de Montherlant, de Léon Blum, 
de Pierre Drieu la Rochelle, du général de Gaulle, de François Mitterrand, de Roger Nimier...

"Dans ce que vous écrivez il y a certains changements de ton qui n'existent qu'en musique."
Marcel Proust 

"À aucun âge de notre histoire et Rousseau mis à part, il ne s'est levé un écrivain plus complétement original."
Léon  Blum

"Barrès est un grand écrivain, il se défendra bien tout seul."
Julien Gracq

"De Barrès à Gide, l'homme ne monte pas il descend. Quant à l'écrivain, il n'est qu'à voir le désossement progressif de la prose française, faute d'autres maîtres que des escamoteurs pour ressentir l'absence de Barrès que n'a pu combler Giraudoux. S'il me fallait choisir, je me dirais barrésien."
Louis Aragon

"J'éprouve à lire le nouveau Barrès une des plus fortes et plus exquises joies que j'ai goûtée depuis longtemps. Je parle de La Mort de Venise. Voilà de l'excellent." 
André Gide

jeudi 12 février 2026

mercredi 4 février 2026

Cahier Sylvie Germain - L'Herne


Cahier Sylvie Germain - L'Herne janvier 2026

Depuis quarante ans, Sylvie Germain a construit une œuvre d’une grande originalité qui se démarque tant par la puissance de son imaginaire que par la profondeur de sa réflexion philosophique et spirituelle. Sa vision du monde passé et actuel ainsi que ses préoccupations éthiques rendent sa lecture nécessaire dans un monde troublé en perte de repères. Ce Cahier se veut une mise en perspective qui permet de renouveler l’approche de l’œuvre de Sylvie Germain et d’approfondir l’étude de sa spécificité dans le champ littéraire actuel. Refusant tout dogmatisme, elle décentre, déplace et renverse nos perceptions et nos modes de pensée en questionnant des thèmes universels (le mal, la mémoire, la quête de sens, la folie,…) et contemporains (violences intra-familiales et incestueuses ; traumatismes des guerres, hantise de la disparition, exclusion des minorités, solitude contemporaine,…).        

samedi 31 janvier 2026

catalogue de la statuaire royale de la XIXe dynastie de l'ancienne Egypte


 Hourig Sourouzian, Catalogue de la statuaire royale de la XIXe dynastie
Institut Français d'Archéologie Orientale

mercredi 28 janvier 2026

Maylis de Kerangal évoque Le Havre d'Auguste Perret


La Porte Océane, vue aérienne


La Porte Océane du Havre, façade sur mer
Auguste Perret, architecte, 1952-1953
© Architecture 50

"Je remontais alors les artères du quartier Perret tels des couloirs de vent, tête baissée, mon sac US pendu à l'épaule, je filais sur le plan en damier, de case en case, de bloc en bloc, ignorant à l'époque que cette géométrie modulaire, ces canyons perpendiculaires et ces carrefours récurrents, ces tours et ces intersections, multipliant les risques de collision, les angles morts et les lignes de fuite, créaient un espace propice au hasard, au fortuit, aux coïncidences, un espace devenu la matrice de ma rêverie."

"Le Channel est un cinéma de quartier, orgueilleux et discret, curieusement situé dans l'un des passages qui connectent les artères commerçantes du centre-ville aux cours des ISAI (Immeubles sans affectation immédiate) de la reconstruction. Ces petits tunnels creusés au bas des immeubles, étayés de colonnes de béton bouchardé, sont obscurs et sonores, ils puent la pisse et le mégot mais offrent des raccourcis utiles, des porches où s'abriter de la pluie et des regards, où s'embrasser incognito, délient tout un système de circulation au revers des accès officiels, sorte de contre-carte du territoire, de celles que maîtrisent les riverains, les pompiers et quelques chiens."

"La ligne du tramway s'étire de la gare à la plage suivant l'axe historique que le crayon de l'architecte a exhumé des ruines de la guerre. Une perspective créée pour faire croire au rêve d'un horizon marin visible dès la descente du train, provoquer cet appel d'air et de lumière à peine le pied posé sur le quai, quand l'apparition de la mer est ici un évènement qui relève de la scénographie ᅳ maestria du teasing ᅳ : elle est la diva que l'on attend, que l'on pressent, que les mouettes annoncent, follettes, gueulardes, mais qui ne se montre qu'une fois doublées les deux tours de treize étages de la porte Océane, une fois franchie cette passe symbolique entre la ville et le rivage ᅳ voir la mer, voir la mer, c'était toujours là que nous réclamaient dès le marchepied du wagon ceux qui venaient nous rendre visite quand nous habitions ici [...]."

"Le tram glissait le long de l'avenue Foch, il glissait vers la porte Océane, et mes pensées glissaient à même vitesse, le long des façades rigoureuses, épurées, théâtrales, il glissait dans cette grande absence que l'on avait comblée après guerre par de l'architecture."

Maylis de Kerangal, Jour de ressac, Paris, Éditions Gallimard, 2024, p. 51, 52, 63, 80. 

vendredi 23 janvier 2026

encore une musique de chats... torturés...


  Thyl Ulenspiegel et Lamme Goedzak califourchonnent jambe de-ci, jambe de-là sur leurs ânes


"Ce jour-là, Philippe roi [Philippe II, roi d'Espagne et du Portugal], ayant mangé trop de pâtisseries, était plus que de coutume mélancolique. Il avait joué sur son clavecin vivant, qui était une caisse renfermant des chats dont les têtes passaient à des trous ronds, au-dessus des touches. Chaque fois que le roi frappait sur une touche, celle-ci, à son tour, frappait le chat d'un dard ; et la bête miaulait et se plaignait à cause de la douleur. 
Mais Philippe ne riait point."
Dans La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandre et ailleurs de Charles de Coster, 1869,  Livre troisième, chapitre XLI, p.192.
Charles de Coster aurait-il lu Athanase Kircher ?

Voir mon post du 15.03.2010 :
"Même dans ce simple divertissement, Kircher avait mis toute sa science. Une fois ouvert, le buffet d'orgue dévoila un mécanisme fort complexe. Lorsqu'on appuyait sur l'une des pédales, un système de transmission admirable faisait mouvoir une sorte de marteau qui s'abattait brusquement sur la queue d'un chat sanglée sur une plaquette de bois. Tous les matous de ce clavier à deux octaves avaient été longuement sélectionnés par Athanase pour leur faculté naturelle à miauler sur un certain ton. Ils étaient enfermés dans de petites boîtes ne laissant dépasser que leur queue, et même s'ils paraissaient n'apprécier que très médiocrement le traitement qui leur était infligé, ils n'en tenaient pas moins leur rôle à la perfection."
Jean-Marie Blas de Roblès, Là où les tigres sont chez eux, Éditions J'ai Lu, 2009, p. 358.

jeudi 22 janvier 2026

lundi 5 janvier 2026

Chantal Delsol, La Tragédie migratoire et la Chute des empires


Augustin d’Hippone, saint Augustin pour les chrétiens, a vécu à l’époque angoissante où son monde était en train de se défaire (Ve siècle). Après une existence tumultueuse, il est mort dans sa ville assiégée par les Vandales.
L’analogie s’impose entre son époque et la nôtre. Dans les deux cas, un empire très civilisé, puissant et orgueilleux se voit investi et finalement démantelé par des cultures plus frustes et moins avancées, qu’à son époque on appelait « barbares ». Dans les deux cas, l’empire en question est responsable de graves manquements, parce que la puissance court toujours à la démesure et à la violence. Dans les deux cas l’empire menacé manifeste une culpabilité, chrétienne alors, aujourd’hui postchrétienne, vis-à-vis des envahisseurs qu’un mystérieux complexe l’empêche de repousser efficacement. Dans les deux cas, la fin qui approche laisse penser à quelque apocalypse, et il en est de toutes sortes. Les temps sont noirs et incertains. L’esprit s’avance dans cette obscurité.
Mais l’espérance est toujours neuve. Augustin, jeunesse chahuteuse, âme tourmentée, cœur casanier détestant les voyages, ne redoutait pour lui-même qu’une chose : se donner « une vie gonflée de vent ». C’est peut-être le sens de la vie qui manque le plus aux époques comme la nôtre. L’auteur de La Cité de Dieu est un penseur des commencements, un écrivain de la promesse. À nous, qui sommes des tard-venus, il peut en apprendre beaucoup.

Chantal Delsol est philosophe et écrivain, professeur émérite des universités en philosophie politique. Elle a créé et dirigé l’Institut Hannah-Arendt fondé en 1993. Elle est membre de l’Académie des sciences morales et politiques

lundi 15 décembre 2025

l'évasion du cardinal de Retz du château de Nantes, épisode 3/3, la meule de foin

Je trouvai au lieu destiné M. de Brissac et M. le chevalier de Sévigné, avec le bateau. Je m'évanouis en y entrant. L'on me fit revenir en me jetant un verre d'eau sur le visage. Je voulus remonter à cheval quand nous eûmes passé la rivière ; mais les forces me manquèrent, et M. de Bissac fut obligé de me faire mettre dans une fort grosse meule de foin, où il me laissa avec un gentilhomme à moi, appelé Montet, qui me tenait entre ses bras. Il emmena avec lui Joli, qui, seul avec Montet, m'avait pu suivre, les chevaux des trois autres ayant manque ; et il tira droit à Beaupréau, en dessein d'y assembler la noblesse pour me venir tirer de ma meule de foin. J'y demeurai caché plus de sept heures, avec une incommodité que je ne puis vous exprimer. J'avais l'épaule rompue et démise ; j'y avais une contusion terrible ; la fièvre me prit sur les neuf heures du soir ; l'altération qu'elle me donnait était encore cruellement augmentée par la chaleur du foin nouveau. Quoique je fusse sur le bord de la rivière, je n'osais boire, parce que, si nous étions sortis de la meule, Montet et moi, nous n'eussions eu personne pour raccommoder le foin qui eût paru remué et qui eût donné lieu, par conséquent, à ceux qui couraient après moi d'y fouiller. Nous n'entendions que des cavaliers qui passaient à droite et à gauche. Nous reconnûmes même Coulon à sa voix. L'incommodité de la soif est incroyable et inconcevable à qui ne l'a pas éprouvée. M. de la Poise-Saint-Offanges, homme de qualité du pays, que M. de Brissac avait averti en passant chez lui, vint, sur les deux heures après minuit, me prendre dans cette meule de foin, après qu'il eut remarqué qu'il n'y avait plus de cavalerie aux environs. Il me mit sur une civière à fumier, et il me fit porter par deux paysans dans la grange d'une maison qui était à lui, à une lieue de là. Il m'y ensevelit encore dans le foin ; mais, comme j'y avais de quoi boire, je m'y trouvais même délicieusement.

- Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956. Épisode 3, p. 796-797.
- Louis Batiffol, Biographie du cardinal de Retz, Paris, Hachette, 1929, p. 143-146 pour les trois épisodes.
- Simone Bertière, La vie du Cardinal de Retz, Paris,  Éditions de Fallois, 1990, p. 364-366.
- Michel Pernot, La Fronde, Paris, Éditions de Fallois, 1994, p. 379.
- Mémoires de Guy Joly, conseiller au Châtelet de Paris, Paris, 1825, p. 308-321. C'est l'auteur qui donne le plus de détails. 

dimanche 14 décembre 2025

l'évasion du cardinal de Retz du château de Nantes, épisode 2/3, la fuite à cheval

Aussitôt que je fus à cheval, je pris la route de Mauve, qui est, si je ne me trompe, à cinq lieues de Nantes, sur la rivière, et où nous étions convenus  que M. de Brissac et M. le chevalier de Sévigné m'attendraient avec un bateau pour la passer. La Ralde, écuyer de M. le duc de Brissac, qui marchait devant moi, me dit qu'il fallait galoper d'abord pour ne pas donner le temps aux gardes du Maréchal de fermer la porte d'une petite rue du faubourg où était leur quartier, et par laquelle il fallait nécessairement passer. J'avais un des meilleurs chevaux du monde, et qui avait coûté mille écus à M. de Brissac. Je ne lui abandonnai pas toutefois la main, parce que le pavé était très mauvais et très glissant ; mais un gentilhomme à moi, qui s'appelait Boisguérin, m'ayant crié de mettre le pistolet à la main, parce qu'il voyait deux gardes du Maréchal, qui ne songeaient pourtant pas à nous, je l'y mis effectivement ; et en le présentant à la tête de celui des gardes qui était le plus près de moi, pour l'empêcher de se saisir de la bride de mon cheval, le soleil, qui était encore haut, donna dans la platine ; la réverbération fit peur  à mon cheval, qui était vif et vigoureux ; il fit un grand soubresaut, et il retomba des quatre pieds. J'en fus quitte pour l'épaule gauche qui se rompit contre la borne d'une porte. Un gentilhomme à moi, appelé Beauchesne, me releva ; il me remit à cheval ; et, quoique je souffrisse des douleurs effroyables et que je fusse obligé de me tirer les cheveux, de temps en temps, pour m'empêcher de m'évanouir, j'achevai ma course de cinq lieues devant que Monsieur le Grand Maître [de l'artillerie, le fils de La Meilleraye], qui me suivait à toute bride avec tous les cocus de Nantes, au moins si l'on en veut croire la chanson de Marigni, m'eût pu joindre.

- Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956. Épisode 2, p. 793-794.
- Simone Bertière, La vie du cardinal de Retz, Paris, Éditions de Fallois, 1990, p. 362-364. 

samedi 13 décembre 2025

l'évasion du cardinal de Retz du château de Nantes, épisode 1/3, la corde et le bâton

[Du château de Vincennes, Retz a été transféré au château de Nantes le 30 mars 1654.] 
Je vous ai déjà dit que je m'allais quelquefois promener sur une manière de ravelin, qui répond sur la rivière de Loire ; et j'avais observé que, comme nous étions au mois d'août, la rivière ne battait pas contre la muraille et laissais un petit espace de terre entre elle et le bastion. J'avais aussi remarqué qu'entre le jardin qui était sur le bastion et la terrasse sur laquelle mes gardes demeuraient quand je me promenais, il y avait une porte que Chalucet y avait fait mettre pour empêcher les soldats d'y aller manger son verjus. Je formai sur ces observations mon dessein, qui fut de tirer, sans faire semblant de rien, cette porte après moi, qui, étant à jour par des treillis, n'empêcherait pas les gardes de me voir, mais qui les empêcherait au moins de pouvoir venir à moi ; de me faire descendre par une corde que mon médecin et l'abbé Rousseau, frère de mon intendant, me tiendraient, et de faire trouver des chevaux au bas du ravelin et pour moi et pour quatre gentilhommes que je faisais état de mener avec moi. Ce projet était d'une exécution très difficile. Il ne se pouvait exécuter qu'en plein jour, entre deux sentinelles qui n'étaient qu'à trente pas l'une de l'autre, à la portée du demi-pistolet de mes six gardes, qui me pouvaient tirer à travers les barreaux de la porte. Il fallait que les quatre gentilhommes qui devaient venir avec moi et favoriser mon évasion fussent bien  justes à se trouver au bas du ravelin, parce que leur apparition pouvait aisément donner de l'ombrage.
Je me sauvai un samedi 8 août [1654], à cinq heures du soir ; la porte du petit jardin se referma après moi presque naturellement ; je descendis, un bâton entre les jambes [à califourchon sur une pièce de bois, dite palonnier de carrosse, à laquelle était fixée une solide corde de 15 brasses de long], très heureusement, du bastion, qui avait quarante pieds de haut. Un valet de chambre, qui est encore à moi, qui s'appelle Fromentin, amusa mes gardes en les faisant boire. Ils s'amusaient eux-mêmes à regarder un jacobin qui se baignait et qui, de plus, se noyait. La sentinelle, qui était à vingt pas de moi, mais en lieu d'où elle ne pouvait pourtant me joindre, n'osa me tirer, parce que, lorsque je lui vis compasser sa mèche, je lui criai que je le ferais pendre si il tirait, et il avoua, à la question, qu'il crut, sur cette menace, que le Maréchal [Charles de La Porte, duc de La Meilleraye], était de concert avec moi. Deux petits pages qui se baignaient, et qui, me voyant suspendu à la corde, crièrent que je me sauvais, ne furent pas écoutés, parce que tout le monde s'imagina qu'ils appelaient les gens au secours du jacobin qui se baignait. Mes quatre gentilhommes se trouvent à point nommé au bas du ravelin, où ils avaient fait semblant de faire abreuver leurs chevaux, comme si ils eussent voulu aller à la chasse. Je fus à cheval moi-même, devant qu'il y eût seulement la moindre alarme, et, comme j'avais quarante-deux relais posés entre Nantes et Paris, j'y serais infailliblement le mardi à la pointe du jour, sans un  accident que je puis dire avoir été le fatal et le décisif du reste de ma vie.

- Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956. Épisode 1, p. 789 et 792.
- Simone Bertière, La vie du cardinal de Retz, 1990, Éditions de Fallois, Paris, p. 359-362. 

jeudi 11 décembre 2025

la maison de Pierre Loti


J'ai visité la maison de Pierre Loti en 1983

 


Presses de la Renaissance - 1986

mercredi 10 décembre 2025

le bien public et la course aux offices

L'expression de « bien public » n'est pas un vague slogan. Il s'agit d'une notion d'origine savante, commune à la philosophie et au droit, mais n'en avait pas moins pris place au cœur du dialogue politique depuis le XIIIe siècle. Et si les féodaux l'empruntent pour désigner leur rébellion contre le roi, c'est qu'elle est chargée d'une signification politique très forte et possède une puissante charge mobilisatrice : elle implique une mystique de la solidarité de tous, à laquelle le roi se doit de se conformer pour être obéi et aimé. Mais le manque de sincérité des prétentions réformatrices des princes rebelles apparaît au premier coup d'œil. Le Bien public,  « converti en bien particulier », devient une addition d'intérêts distincts. Ce qui motive les féodaux, c'est la course aux « offices ».
Joël Blanchard, Philippe de Commynes, Paris, Fayard, 2006, p. 64.

samedi 25 octobre 2025

le résumé express d'un livre de Balzac : Ursule Mirouët

Ce petit livre s'appelait Ursule Mirouët.
Imaginez un jeune puceau de dix-neuf ans qui somnolait encore dans les limbes de l'adolescence, et n'avait jamais connu que les bla-bla révolutionnaires sur le patriotisme, le communisme, l'idéologie et la propagande. Brusquement, comme un intrus, ce petit livre me parlait de l'éveil du désir, des élans, des pulsions, de l'amour, de toutes ces choses sur lesquelles le monde était, pour moi, jusqu'alors demeuré muet.
Malgré mon ignorance totale de ce pays nommé La France (j'avais quelquefois entendu le nom de Napoléon dans la bouche de mon père, et c'était tout), l'histoire d'Ursule me parut aussi vraie que celle de mes voisins. Sans doute, la sale affaire de succession et d'argent qui tombait sur la tête de cette jeune fille contribuait-elle à renforcer son authenticité, à augmenter le pouvoir des mots. Au bout d'une journée, je me sentais chez moi à Nemours, dans sa maison, près de la cheminée fumante, en compagnie de ces docteurs, de ces curés... Même la partie sur le magnétisme et le somnambulisme me semblait crédible et délicieuse.
Dai Sijie, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, collection Folio, 2006, p. 72-73.