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mercredi 6 octobre 2021

la Rumeur, de tous les maux le plus véloce

La Rumeur, de tous les maux le plus véloce. Son mouvement fait sa force et sa marche accroît sa puissance... Ses pieds sont agiles, ses ailes sont rapides, c'est un monstre effroyable, gigantesque : autant son corps a de plumes, autant elle y recèle d'yeux en éveil - ô prodige - , autant de langues, autant de bouches qui parlent, autant d'oreilles qui se dressent. La nuit, elle vole entre terre et ciel en sifflant dans l'ombre, sans que le doux sommeil lui ferme les yeux ; le jour, elle se poste en sentinelle sur le faîte d'un toit ou sur les hautes tours  et terrifie les grandes villes, messagère aussi acharnée d'erreur et de mensonge que de vérité.
Virgile, L'Enéide, traduction de Paul Veyne, Le Livre de Poche, 2016, p. 158.

samedi 28 février 2009

Tempé et Athos

En repensant à mon billet sur le diamonitirion du Mont Athos, d'une façon hasardeuse, deux vers de Ronsard surgissent de ma mémoire : " De Tempé la vallée un jour sera montagne, Et la cime d'Athos une large campagne..." (Élégie).
Il serait dommage de ne pas citer les deux vers qui suivent : " Neptune quelquefois de blé sera couvert : La matière demeure et la forme se perd."
Et avec les deux rimes banales, certains diraient paresseuses, montagne et campagne, je passe à deux vers des Géorgiques de Virgile : " Quand la neige au printemps s'écoule des montagnes, Dès que le doux zéphyr amollit les campagnes." (Virgile, Géorgiques, I, 43-44, trad. Paul Valéry).
Et ainsi de suite, en cascade... Zéphyr ? Alors je pense à Cecilia Bartoli chantant : " Zeffiretti, che sussurrate, Ruscelletti, che mormorate, Consolate, Il mio desio..." (Petits zéphyrs qui chuchotez, petits ruisseaux qui murmurez, consolez mon désir).