Affichage des articles dont le libellé est Hokusai. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hokusai. Afficher tous les articles

vendredi 16 avril 2021

le petit oiseau s'est envolé


Quatre petites coupes au décor souris

 
 Le petit oiseau s'est envolé
petite coupe de la série décor souris de la faïencerie J. Vieillard et Cie de Bordeaux
-
Ce décor est inspiré d'une double page du volume 10 de la Manga d'Hokusai
-
Jacqueline du Pasquier, J. Vieillard et Cie. Histoire de la faïence fine de Bordeaux. De l'anglomanie au rêve orientaliste, Bordeaux, Mollat, 202, p. 112.

vendredi 29 août 2014

le poète Nakamaro contemplant la lune


"En cette même année 1830, ou dans des années qui la touche de très près, paraît Shika Shashinkiô, IMAGES DES POETES, une série de dix grandes impressions en couleur (H.50, L. 22 centimètres) qui, selon moi, est la série révélatrice du grand dessinateur et du puissant coloriste qu'est Hokousaï.
Dans ces dix compositions, du plus fier dessin, de la plus savante assurance dans le trait, la coloration de l'aquarelle qui les recouvre a une solidité, pour ainsi dire, un gras qui vous enlève toute impression d'un coloriage sur du papier, mais vous fait regarder ces images ainsi que vous regarderiez des panneaux recouverts de la plus sérieuse peinture à l'huile. Non, rien ne peut donner une idée de la grandeur, du pittoresque, de la couleur à la fois réelle et poétique des paysages en hauteur où se passent ces scènes lyriques.
Les titres de cette série de la plus grande rareté tantôt portent le nom d'un poète, tantôt le titre d'une poésie.
V. Sous un immense pin, au bord de la mer, au-dessus de rochers rouges ayant la forme accidentée de congélations, adossé à la balustrade d'une haute terrasse, dans un élégant mouvement de retournement de la tête en arrière, un homme contemple le ciel où brille la lune.
C'est le poète japonais Nakamaro, devenu ministre en Chine, qui a fait, en sa nouvelle patrie, un poème où il dit que, lorsque son âme se promène dans le ciel et qu'il voit cette lune qu'il a vue aux flancs de la montagne de Mikasa, près de Kasouga, cette lune le console, lui fait oublier les misères de l'existence, lui rappelle son Japon, - une pièce qui fut cause de sa disgrâce, par le témoignage qu'elle apportait de son attachement pour son ancienne patrie."
Edmond de Goncourt, Outamaro, Hokousaï. L'art japonais au XVIIIe siècle, U.G.E., 10/18, 1986, p. 247-248.
-
Quand Abe no Nakamaro (698-770) eut seize ans, il accompagna un envoyé diplomatique japonais en Chine pour essayer d'obtenir les secrets du système inventé par les Chinois pour le calcul du temps. Les visiteurs furent reçus de manière amicale par l'empereur de Chine, mais il fut refusé à Nakamaro de retourner dans son pays natal. Bien que retenu captif en Chine pour le reste de sa vie, il devint un administrateur capable et par la suite gouverneur provincial.  A un moment de sa carrière, il composa un célèbre poème pour exprimer sa nostalgie du Japon.
Ama no hara furisake mireba
Kasuga naru
Misaka no yama ideshi tsuki kamo.
Quand je regarde la plaine du ciel, je m'émerveille :
Est-ce la même lune qui se levait
Par-dessus le Mont Mikasa à Kasouga ?
Matthi Forrer, Hokusai, Prints and Drawings, München, Prestel-Verlag, 1991, n° 69.

mercredi 27 août 2014

le fantôme de la résidence aux assiettes



Katsushika Hokusai (1760-1849)
Le Fantôme de la résidence aux assiettes
c. 1830 - 26,2 x 18,9 cm
La servante Okiku, au corps composé d'assiettes de Delft,
 sortant du puits où elle s'était jetée.
-
"En 1830, paraissent en planches séparées : Hiakou monogatari, LES CENT CONTES : une série d'estampes fantomatiques, d'un caractère terrifique tout à fait extraordinaire et dont il n'a paru que cinq planches, peut-être à cause de l'effroi qu'elles causaient.
... une pâle tête de morte chevelue, à la bouche ouverte d'où un soupir se dessine sur le ciel noir comme le dessin d'un souffle sur de l'air glacé, et le haut du corps sortant d'un puits formé comme des anneaux d'un serpent et qui sont un enchaînement d'assiettes vertes. C'est l'apparition de la petite Okikou dont j'ai raconté l'histoire dans la MANGWA."
"La servante Okikou était dans une maison où il y avait dix précieuses assiettes, et elle eut le malheur d'en casser une. Et le propriétaire des assiettes adressa des reproches si durs à la fillette qu'elle se jeta dans un puits. Or, depuis ce jour, elle revient toutes les nuits au-dessus du puits et, de la maison où est le puits et des maisons voisines, on l'entend dire, l'une après l'autre, les légendes des assiettes, puis, arrivée à la dixième, à celle qu'elle a cassée, on l'entend, cette fois, pousser un sanglot si déchirant, si déchirant que le voisinage a dû charger un prêtre de la faire monter au ciel par ses prières."
Edmond de Goncourt, Hokousaï, 1896.
Edmond de Goncourt, Outamaro, Hokousaï. L'art japonais au XVIIIe siècle, U.G.E., collection 10/18, 1986, p. 245-246 et p. 206-207 pour l'histoire d'Okikou.