Jaulny : D'argent aux trois chevrons de gueules, à la bordure cousue d'or
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Parmi les monuments funèbres et les épitaphes conservés dans l'église Saint-Pierre, à Bâle, on remarque aujourd'hui encore l'inscription suivante contre la paroi méridionale du chœur :
Ainsi que nous l'apprend cette inscription, Ferry, ou Frédéric de Jaulny, gentilhomme d'ancienne race, avait dû s'exiler der la Lorraine, sa patrie, et avait trouvé refuge dans l'hospitalière République de Bâle la liberté de conscience, le droit de cité, et l'asile suprême du tombeau. En sa personne s'éteignait le nom et les armes d'une famille d'ancienne chevalerie lorraine, mentionnée dès le douzième siècle, et qui tenait dès cette époque le fief de Jaulny, ledit fief relevant de la châtellenie de Prény et du bailliage de Nancy.
À quelle époque Ferry de Jaulny fut-il gagné par la propagande très active que la Réforme faisait alors en Lorraine et le Barrois ? Nous ne pouvons exactement en fixer la date. Mais on rencontre sa signature avec celles de plusieurs de ses parents et alliés sur la Requête présentée en 1560 pour obtenir la liberté de leur conscience et de leur culte.
En 1566 nous voyons qu'il s'était allié à une famille également acquise à la Réforme, et qui s'éteignit au XVIe siècle. Son mariage avec Marguerite de Rivière lui apporta de nombreuses terres, tant en Lorraine que dans le Barrois.
Les persécutions dont les calvinistes étaient l'objet en Lorraine les obligèrent à plusieurs reprises à se réfugier dans les pays voisins où quelques-uns se fixèrent définitivement, abandonnant leurs biens ou les cédant à des membres de leur famille demeurés catholiques. Ferry de Jaulny séjourna quelque temps à Strasbourg où on le rencontre le 23 décembre 1567 avec Claude de Rivière son beau-frère. Puis il retourna à Metz où il avait des parents et où il figure comme témoin de plusieurs baptêmes de l'Eglise réformée. Là, Ferry de Jaulny et sa femme s'occupèrent de vendre leurs biens patrimoniaux, pour se conformer à l'Edit de Charles III du 14 septembre 1572. La terre de Jaulny passa aux mains de la famille des Armoises. Vers 1585 ou peu de temps avant, Ferry de Jaulny et sa femme arrivèrent à Bâle, où il y avait déjà une petite colonie de réfugiés français. Le 20 novembre 1585, Ferry de Jaulny et Marguerite de Rivière furent admis au droit de cité dans la ville de Bâle. Ferry de Jaulny ne devait jouir que pendant deux ans de la sécurité et du repos qu'il s'était acquis au prix de l'exil et de nombreux sacrifices.
Extraits de H. Dannreuther, "Une épitaphe lorraine à Bâle, Ferry de Jaulny, + 1587", dans les Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc, 1891, p. 87-94













