Mais quelles que soient les aventures nouvelles qui nous attendent en compagnie d'un cheval pie traversé par la foudre, JAMAIS NOUS NE QUITTERONS LE GRAND PAYS.
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vendredi 7 novembre 2025
dimanche 26 mars 2023
les oiseaux c'est la gloire du monde
Les oiseaux c'est la gloire du monde... Presque tous les chants d'oiseaux déchirent l'air... S'il n'y avait plus les oiseaux, nous ne saurions pas qu'il y a mille espaces, et mille moments en un seul... Tous les oiseaux vous font comprendre la séparation...Vous ne connaissez pas Saumaut. C'est un village tout près. Il y a un vallon où les oiseaux s'assemblent, des ramiers, des canards, des freux, toutes sortes d'oiseaux. Et là-bas vous pouvez presque les toucher, si vous avez le cœur pur. Pourquoi ? Parce que c'est un lieu de paix. Un miracle !
Extraits du Couvent des pinsons d'André Dhôtel.
Oiseaux cités dans Le Couvent des pinsons, autres que ceux mentionnés ci-dessus : héron, troglodyte, merle, hirondelle, pinson, rousserolle effarvatte, butor, corbeau, hirondelle blanche, martin-pêcheur, balbuzard, geai, grue, corneille, milan, rossignol des murailles, chouette, cigogne.
Dans ce roman il y a une attention spéciale pour les loriots :
"Il [Perlu] réussit, en sifflant d'une certaine manière, à déloger deux loriots de la cime des peupliers, et les jeunes malins [des garçons et des filles] tout ébaubis avaient pu croire que ces oiseaux en or c'était de la magie tropicale.... Ils ont décidé d'aimer les oiseaux."
"Le loriot c'était un oiseau d'or avec des ailes noires. On l'entendait souvent chanter vers la cime des peupliers. Son chant était comme une fioriture dans une mélodie de merle, mais il n'y avait pas de mélodie. Rien que la fioriture. Or il est très rare qu'on aperçoive le loriot, malgré sa splendeur. On peut vivre toute une vie sans le voir jamais. Il faut une chance."
André Dhôtel a avoué n'avoir jamais vu de loriots.
Dominique Mermoux, Un loriot
dimanche 12 juin 2022
Christian Bobin et André Dhôtel
« Voilà
comme je vous lis, cher André Dhôtel : vos livres, vous les écrivez pour amener
l’homme à la hauteur de la femme, rude tâche en vérité. Vous tenez ensemble la
chair — le flux d’une histoire peuplée — et l’esprit — la délivrance de l’amour
par l’amour. Ensemble : ce mot est un clef d’or à votre trousseau de phrases. Les
hommes et les femmes apparaissent, dans la vie commune, si peu faits les uns
pour les autres que c’en est parfois comique, souvent désespérant. En vous
lisant je retrouve une communauté possible, une communauté intacte dessous la
communauté détruite. La vieille opposition du réel et du songe, cette
distinction amère avec laquelle on agace les dents des jeunes gens, elle est
chez vous révoquée : rien ne fait plus rêver que le réel pur. Et puis,
permettez-moi cette insolence, le miracle est que par endroits vous écrivez si
mal : dans chacun de vos livres j’ai trouvé une zone d’ennui, un marais où l’histoire
devenait brumeuse et où les phrases n’avançaient presque plus. J’ai bientôt
compris que ces pertes étaient indispensables à l’éclat du livre, qu’elles étaient
même une partie constituante de cet éclat, comme les broussailles font corps
avec la clairière qu’elles protègent. Il y a, certes, des écrivains qui ont un
plus beau toucher de phrase que vous, mais la plupart sont si encombrés d’eux-mêmes
que leur livre ne sait comment nous parvenir : cérémonieux, pesant, il s’effondre
avant de nous atteindre. Vous, vous avancez à pas léger. Vous ressemblez à votre
héroïne qui, je ne sais plus dans lequel
de vos récits, je les confonds tous, murmure, en tournant le dos à un ami trop
raisonneur : je ne songe jamais à ce qui se passera plus tard. »
Christian
Bobin, L'épuisement, Gallimard, 2015
mercredi 20 septembre 2017
les cailloux de la voie
Sur le ballast les cailloux s'entassaient le long de l'infini des rails.
- Sur quoi tu médites ?
- Par exemple sur le nombre de cailloux de la voie. Cela dépasse le nombre de secondes qui vous restent à vivre, et quand même nos secondes ça fait une somme qui n'a rien à voir avec tous les comptes, parce qu'une seule seconde ça peut déjà donner des étincelles jusqu'à l'infini.
André Dhôtel, Le Train du matin
André Dhôtel, Le Train du matin
dimanche 18 octobre 2009
jeudi 31 juillet 2008
Félix et Tiburce dans "Pays Natal" d'André Dhôtel
J'ai relu Pays natal d'André Dhôtel le 4 mars 1990
Voici quelques phrases ou groupes de mots que j'ai soulignés dans le livre :
- une merveille d'insouciance.
- on ne songeait à rien, comme lorsqu'on attend un événement improbable.
- Félix avait par contre une passion singulière pour les appareils des anciens murs, et il remarqua avec quel soin les pierres avaient été taillées selon d'agréables proportions.
- ... une sorte de contrée inconnue de tous où la lumière était reine.
- ... la beauté menaçante de cette cour.
- M. Prestaume, qui s'occupait à pincer les tomates, s'était redressé avec difficulté. Son visage rayonnait curieusement. Il paraissait dominer sa vieillesse fragile avec une délicate habileté et une idée presque joyeuse des limites de la vie où il se tenait en équilibre sur de maigres jambes.
- ...ils entendirent le carillon du beffroi de Sainte-Walburge. - Le carillon, moi, je n'oublierai jamais, disait Félix pour braver sa fatigue.
- Mais cela valait la peine justement parce que c'était sans signification.
- L'autre jour je suis entré dans une église et j'ai eu peur.
- Sur une péniche un coq chanta.
- C'était ce qu'on appelle le cœur brisé, et cela faisait rayonner incroyablement ces chaumes, ces herbages, et ces bosquets à cause d'un espoir qui n'était pas l'espoir de ceci ou de cela, seulement l'espoir sans rien qu'on puisse attendre.
- Un mépris splendide. (phrase nominale)
- ... il ne s'agit plus de s'amuser à des rêves, il faut rêver sérieusement.
- Depuis qu'ils étaient tombés dans cette misère, par leur sottise (une sottise passionnée mais quand même...), ils ne savaient que mâcher et remâcher des problèmes sans issue, sinon dans ces moments où il y avait une sorte de fissure par laquelle ils voyaient soudain un éclair de bonheur insensé (Phrase purement dhôtelienne caractérisant souvent les personnages de ses romans).
- Voilà à quoi sert la pêche à la ligne, à préparer les coeurs à l'avenir.
- Le ciel d'un bleu transparent environnait une péniche reflétée qui transportait sa lessive éclatante.
- Les regards peuvent être le plus beau don qui puisse se faire.
- Dieu, que j'aime entendre les trains!
- Il aurait fallu se mettre à genoux dans la neige, se coucher dans la neige, dormir jusqu'à la mort et se réveiller dans l'oubli le plus total, avec une certitude totale et la vision définitive d'un visage aimant et aimé.
- Les regards lumineux de la jeune fille étaient une certitude, un don extraordinaire, la vérité qui enveloppait toutes les vérités les plus incroyables. (un personnage de Dhôtel s'appelle Lumineux...)
- ... un jeu baroque de circonstances.
- C'était désolé, sans promesses.
- Rien de beau, mais la petite route mal goudronnée les enthousiasmait, parce qu'il semblait qu'elle menait dans des recoins tout à fait abandonnés et inconnus où plus rien ne compterait.
- ... il y a des façons de saluer qui transfigurent les gens que l'on salue.
- C'est drôle que l'être le plus familier puisse s'effacer tout d'un coup, pas oublié bien sûr, au contraire inoubliable, mais passé à côté, dans la catégorie des gens qui ne vous connaissent pas, et qui n'ont aucune raison de savoir que vous existez.
- Lorsqu'on attend quelqu'un en dehors de toute possibilité, c'est comme une ouverture sur l'infini. En fait seul l'infini peut répondre à l'attente. (deux phrases purement dhôteliennes)
- ... et il entendit chanter le loriot dans la cime du hêtre. (sur le loriot, voir Le Couvent des pinsons de Dhôtel)
- Alors il lança un appel.
Alors il y eut l'infini. Il ne connut cet infini que lorsqu'il rouvrit les yeux. La lumière de l'après-midi n'avait pas changé, mais les choses étaient cette fois sens dessus dessous.
- La lumière de ses yeux et de son visage n'avait pas vieilli d'un jour, depuis ce temps...
samedi 29 mars 2008
paroles, paroles...
" Enfin rien que des paroles, disait Maximin. Comme des feuilles qui descendent à l'automne. Et puis un jour le vent se lève. Peut-être vous n'avez jamais entendu le vent au fond de la forêt, quand il vous déchire le coeur ? "
-
- André Dhôtel, Les Disparus, 1976, p. 10.
mercredi 19 mars 2008
arctia caja, papillon nocturne
"...il marchait pendant des heures sous les bois
rien que pour trouver un papillon rare..."
(A. Dhôtel, Bonne nuit Barbara, 1978, p. 111)
(photo Gyula Zarand)
-
André Dhôtel, Terres de Mémoire, 1979, p.178-179.
mardi 18 mars 2008
romans et nouvelles d' André Dhôtel

Je viens de lire trois livres [d’André Dhôtel]. J’y ai
retrouvé un goût d’adolescence, le désir contradictoire de parvenir vite au
dernier mot et de ralentir l’allure des phrases, tellement on est bien dans la
cabane d’encre, sous le feuillage d’une voix . J’ai commandé cinq autres
de [ses] livres à mon libraire. Et je les lirai. Tous. Et je ferai venir les
autres ensuite.
Christian Bobin
samedi 15 mars 2008
"Pays Natal" d'André Dhôtel

Je viens de lire trois livres [d’André Dhôtel]. J’y ai
retrouvé un goût d’adolescence, le désir contradictoire de parvenir vite au
dernier mot et de ralentir l’allure des phrases, tellement on est bien dans la
cabane d’encre, sous le feuillage d’une voix . J’ai commandé cinq autres
de [ses] livres à mon libraire. Et je les lirai. Tous. Et je ferai venir les
autres ensuite.
Christian Bobin
vendredi 14 mars 2008
vannerie en Dhôtelland
huile sur toile - 95 x 120 cm
(Musée de l'Ardenne - Charleville-Mézières)
-
" M. Alleume tenait un gros commerce de vannerie. Il avait une dizaine d'ouvriers qui travaillaient à la fabrication et il possédait de grandes oseraies dans les vallées...
Le lendemain, Fabien fut tiré du lit par un des ouvriers, et se rendit auprès du contremaître qui lui expliqua en quelques mots qu'il travaillerait sous la direction de Félix...
C'était plus difficile qu'il aurait cru et, le premier jour, Fabien peina beaucoup à disposer et à tordre les brins d'osier pour confectionner des paniers assez simples."
André Dhôtel, Le Mont Damion, 1964, p. 74-76.
la Bar, rivière du département des Ardennes
-
" Les marais qui s'étendent le long de la petite rivière sinueuse forment jusqu'à la forêt d'immenses champs de roseaux coupés de fausses prairies et de bourbiers. On y trouve quelques sentiers perdus à travers des herbes vagues."
- André Dhôtel, Les Mystères de Charlieu-sur-Bar, 1962, p. 27.
l'écluse de Montgon du canal des Ardennes
Canal des Ardennes
maison de l'éclusier
-
" Pour l'heure, la corne des péniches chantait au fond de la vallée de Morgon (dix-sept écluses). Il y avait de loin en loin le bruit des moteurs et celui de l'eau sous les étraves, tellement le bourg restait silencieux, presque sans autos."
André Dhôtel, Les Mystères de Charlieu-sur-Bar, 1962, p. 9-10.
- Morgon = Montgon
le Mont Damion vu de La Berlière
-
" Après Berlière, le ruisseau suivait la route sur cinq cents pas et s'enfonçait dans les taillis juste sur le Mont Damion. Jamais Fabien n'avait vu le mont d'aussi près. "
-André Dhôtel, Le Mont Damion, 1964, p. 119.
-
On ne peut plus monter sur le mont Damion ! Il est clôturé en réserve de chasse ...
jeudi 13 mars 2008
le lac de Bairon
le lac supérieur est une réserve
(3 août 1989)
-
" Je te mènerai bientôt aux étangs de Bairon, répondit (Martinien)...
Cette année-là, on se réunissait dans un pré exigu en bordure d'une anse de l'étang. Des roseaux à balais abritaient la baignade. L'énorme moignon d'un peuplier émergeait de l'eau. Les gamins et les gamines venaient là, en secret, apprendre à nager."
André Dhôtel, "Idylle au Chesne-Populeux", dans Idylles, 1961, p. 14.
Le Chesne-Populeux = Le Chesne.
la maisonnette du garde-barrière
(10 août 1989)
-
" Il existe un charmant et ancien système d'ouverture des barrières champêtres. Lorsqu'un cultivateur veut franchir la voie il tire sur une sonnette qui avertit le garde et celui-ci, grâce à une grande manivelle, enroule un câble qui lève la petite barrière à cent pas ou à deux cents pas."
André Dhôtel, La Tribu Bécaille, 1963, p. 237.
mardi 11 mars 2008
le canal des Ardennes au Chesne
La péniche Maryvonne
(10 août 1989)
Le Chesne, une localité du Dhôtelland
" A cet instant la trompe d'une péniche a retenti derrière moi, tout près. Ces trompes vous font penser à l'immensité des campagnes, aux milliers d'arbres et de fleurs qu'il y a dans le matin ensoleillé."
le bazar de Vouziers et André Dhôtel

Vouziers (Ardennes), Le Prisunic
(9 août 1989)
C'est l'ancien Bazar de Vouziers évoqué dans le roman Un Jour viendra d'André Dhôtel.
Il date de 1922-23.
-
- André Dhôtel, Terres de Mémoire, 1979, p. 163-176.
- " ...je voudrais travailler au bazar de Verziers. J'aime tellement le bazar de Verziers."
André Dhôtel, Les Disparus, 1976, p. 289. Verziers = Vouziers.
-
Je viens de lire trois livres [d’André Dhôtel]. J’y ai
retrouvé un goût d’adolescence, le désir contradictoire de parvenir vite au
dernier mot et de ralentir l’allure des phrases, tellement on est bien dans la
cabane d’encre, sous le feuillage d’une voix. J’ai commandé cinq autres de [ses]
livres à mon libraire. Et je les lirai. Tous. Et je ferai venir les autres
ensuite.
Christian Bobin
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