"La lisière du bois appartient aux geais, à ces Jacques invisibles et criards qui filent dès que leur sentinelle a donné l'alerte. Que de fois j'ai vainement cherché dans leur fuite blanche et rousse les ravissantes plumes bleues qu'ils sèment pour nous !
Plus haut dans la futaie, un pic tambourine. Cri aigu, vol qui plonge et rebondit, comment le saisir ? Et pourtant le voici, rouge et vert, écureuil à plumes, qui joue à cache-cache le long d'un tronc, accroché de la griffe et accoté de la queue comme un élagueur de peupliers.
Plus secret, l'infatigable, le lointain coucou, que l'on poursuit en vain tout un après-midi d'avril. Il est là-bas, il est tout près... la voix lui manque, interloqué ; et puis le revoici derrière nous, et puis là-bas, là-bas encore... Est-ce le même ? Pauvre radoteur invisible, couleur de cendre rousse, reste farouche ; il vaut mieux t'imaginer resplendissant, comme les coucous des prés."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 128.
samedi 12 septembre 2026
geais, pic et coucou
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire