"Assise sur le rocher à l'écart des rues, la maison ignore presque les moineaux piaillants, les hirondelles qui raient le ciel de vols et de cris, mais elle connaît les oiseaux des arbres et des prés.
Le vallon est leur paradis. Ils y trouvent les cimes et les fourrés, l'eau, l'herbe et la mousse, la draperie des clématites sur les vieilles pierres, les pommiers barbus et chenilleux, les berges creuses où se nouent les racines. Ils y trouvent aussi la paix, dans l'absence des hommes.
Comment oublier dans l'enchantement d'un matin de Pâques, le jeune soleil entre les volets, l'air vif, les lilas en bourgeons, et toutes ces voix ? Si l'été les apaise et les éloigne, l'automne les ramène aux graines mûres, aux baies du sureau : rouges-queues, verdières [sic], pinsons, bouvreuils, et des troupes de mésanges acrobates qui se chamaillent en épluchant les branches. Et quand la neige a tout caché, quand le gel a tout raidi, le vallon envoie jusqu'aux fumiers tièdes, aux paillis des granges, jusqu'aux fleurs de la vitre, jusqu'à la main tendue où le rouge-gorge se pose..."
Joseph Cressot, Le Jean du bois, Stock, 1980, p. 127-128.
vendredi 11 septembre 2026
les oiseaux dans "Le Jean du bois" de Joseph Cressot
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