Aimé de Lemud (Thionville, 1816 - Nancy, 1887), L'Enfance de Callot
"Vous rappelez-vous l'Exposition des « Graveurs du Siècle » qu'il y eut à Paris, voici quelques années ? Je parcourais ses salles désertes, quand soudain une lithographie d'Aimé de Lemud m'arrêta, me vivifia, fit jaillir en moi un flot de poésie.
L'Enfance de Callot ! Cela plut vers 1839. Une belle fille bohémienne tient le petit Callot par la main. À grands pas ils marchent vers l'Italie. De toute mon âme je les accompagne. Ah ! que ne puis-je leur être utile !
Lemud, enfant de Thionville, quand il fit à Metz son apprentissage d'art, dut méditer avec nostalgie l'aventure de Callot qui, gamin de douze ans, pour voir de la belle peinture, se sauva de Lorraine jusqu'à Rome, avec des bohémiens. De là ce dessin, qui exprime notre esprit de l'Est, bien que pour le styliser il se soit souvenu du délicieux mythe méditerranéen, du petit Tobie guidé par l'ange. Le jeune, l'heureux Callot ! Les belles histoires dont le nourrit son guide ! Qu'ils sont excités ! C'est l'image aimable d'une forte vocation."
Maurice Barrès, Amori et dolori sacrum, Paris, collection Bouquins, Robert Laffont, 1994, p. 14.
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Félix Vazemmes, "Aimé de Lemud (1816-1887)", dans Graveurs et illustrateurs de Lorraine, Nancy, Éditions Jean-Marie Cuny, 1986, p. 93-97. L'Enfance de Callot p. 95.

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