mardi 2 octobre 2012

les prétendus portraits de Robert et Claude des Armoises



"Ces portraits (sur une cheminée du château de Jaulny) auraient été redécouverts en 1871 sous une couche de plâtre, mais ils représenteraient Claude et Robert des Armoises, qui auraient été propriétaires de Jaulny.
C'est une théorie aventureuse, tant du point de vue historique que du point de vue artistique. Le château appartient en effet aux seigneurs de Jaulny du XIIe au XVIe siècle, jusqu'à la conversion au protestantisme de Ferry III en 1565. Ses biens sont confisqués et il s'exile à Bâle où il meurt. Les des Armoises sont de lointains parents des Jaulny à la suite d'un mariage au milieu du XVe siècle, où la dote d'Agnès de Jaulny leur avait apporté quelques terres. Mais le château appartient toujours à la lignée masculine des Jaulny. Ce n'est qu'en 1597 que Nicolas des Armoises s'y installe et prête hommage. Claude des Armoises n'a probablement jamais mis les pieds à Jaulny. Par ailleurs, côté histoire de l'art, l'usage des mascarons ou des grotesques n'apparaît guère que dans les années 1500. Ces profils assez médiocres picturalement ont été fortement retouchés, concèdent les mythographes. Il y a toute chance qu'ils aient été peints en 1871, comme le pense l'historien Pierre-Gilles Girault. Aucune inscription n'identifie d'ailleurs ces prétendus portraits. Enfin, il faudrait que Claude (des Armoises) soit Jeanne (la Pucelle), ce qui n'est pas gagné !"
Colette Beaune, Jeanne d'Arc, vérités et légendes, Perrin, collection Tempus, 2012, p. 215-216.
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Ces peintures ont été réalisées d'après le décor sculpté d'une porte en bois du début du XVIe siècle, déposée au Musée de la Cour d'Or de Metz, sur laquelle sont représentés, en médaillon et de profil, les portraits prétendus de Robert et Claude (ou Jeanne) des Armoises. Cette porte proviendrait de l'ancien hôtel messin de Robert des Armoises, démoli en 1852.
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Voir aussi :
- Hubert Collin, Anne Auguin, "La fausse Jeanne d'Arc de 1436. Variations sur le complexe d'Érostrate", dans Le Pays Lorrain, juin 2012, p. 129-134.

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