"Cependant mes péchés se multipliaient ; et quand on eut arraché de mon flanc, comme un obstacle à mon mariage, la femme qui était ma maîtresse, mon cœur où elle était attachée en fut blessé et déchiré, et traîna longtemps sa plaie sanglante. Elle était retournée en Afrique en vous faisant le vœu de ne plus connaître désormais aucun homme et en me laissant le fils naturel qu'elle m'avait donné [qu'est-il devenu ?].
Et moi, malheureux, incapable d'imiter une femme, impatient de cette attente de deux années qu'il me fallait subir avant de recevoir de ses parents celle que je demandais, non point tant amoureux du mariage qu'esclave du désir, je me procurai une autre femme, une femme illégitime, pour nourrir et traîner, en quelque sorte, la maladie de mon âme, intacte et même aggravée, sous la garde d'une persistante habitude, jusqu'au règne de l'épouse. Ainsi elle ne guérissait pas, la blessure que m'avait faite l'arrachement de ma précédente amie ; mais après de vives, de brûlantes douleurs, elle se gangrénait et, moins ardent, mon mal en était encore plus désespéré."
Saint Augustin, Les Confessions, collection GF Flammarion, 2024, p. 127.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire