Dans ma lecture de La Confession d'un enfant du siècle d'Alfred de Musset, je suis arrivé au milieu du livre. Mais pourquoi lire du Musset en 2009 ? C'était comme au poker, pour voir...
Comment peut-on lire ce paragraphe sans rire :
"Ange éternel des nuits heureuses, qui racontera ton silence ? Ô baiser ! mystérieux breuvage que les lèvres se versent comme des coupes altérées ! ivresse des sens, ô volupté ! oui, comme Dieu, tu es immortelle ! Sublime élan de la création, communion universelle des êtres, volupté trois fois sainte, qu'ont dit de toi ceux qui t'ont vantée ? ils t'ont appelée passagère, ô créatrice ! et ils ont dit que ta courte apparition illuminait leur vie fugitive. Parole plus courte elle-même que le souffle d'un moribond ! vraie parole de brute sensuelle, qui s'étonne de vivre une heure et qui prend les clartés de la lampe éternelle pour une étincelle qui sort d'un caillou ! Amour, ô principe du monde ! flamme précieuse que la nature entière, comme une vestale inquiète, surveille incessamment dans le temple de Dieu ! foyer de tout, par qui tout existe ! les esprits de destruction mourraient eux-mêmes en soufflant sur toi ! Je ne m'étonne pas qu'on blasphème ton nom ; car ils ne savent pas qui tu es, ceux qui croient t'avoir vu en face parce qu'ils ont ouvert les yeux ; et, quand tu trouves tes vrais apôtres, unis sur terre dans un baiser, tu ordonne à leurs paupières de se fermer comme des voiles, afin qu'on ne voie pas le bonheur."
Que reste-t-il de l'œuvre de Musset ? Seulement Lorenzaccio me semble-t-il. Que Musset reste au Purgatoire des lettres. Il y est bien. Baudelaire avait raison en le traitant de langoureux, aimé des âmes tendres et molles. Qu'il était prolixité et verbiage.
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