"Il y a peu, Franz-Olivier Gisbert fut rappelé à l'ordre par l'Arcom pour avoir osé dire que « s'il était juif, il n'aimerait pas vivre à Roubaix ». C'est son opinion et, du moins dans un pays encore libre, son droit absolu de l'exprimer. Au passage, la « haute autorité » en a profité pour tancer les journalistes de CNews qui ne l'ont pas contredit avec l'indignation qui, selon elle, s'imposait. Où sommes-nous, en Iran, en Chine ? On peut être en désaccord avec FOG (ce n'est pas mon cas, il n'a hélas dit que la vérité...), mais en quoi la police de la pensée doit-elle lui interdire d'exprimer sa pensée alors qu'il ne manque pas de médias publics ou privés pour le contredire si besoin ?"
"Dans ces conditions, on ne discute plus, on excommunie ! Je pourrais citer les soucis que nous connaissons tous, Onfray, Enthoven, Finkielkraut ou Philippe de Villiers en passant par FOG et votre serviteur, dès que nous osons parler sans langue de bois. On pourrait contester, argumenter, mais l'anathème, c'est tellement plus facile pour la police de la pensée ! Il va falloir désormais choisir : entrer en résistance au risque d'être interdit de parole par la bonne gauche et les autorités soi-disant « indépendantes » (en réalité, personne n'est jamais « indépendant », tout le monde a des opinions !) ou se soumettre à la langue de bois. Vraie question..."
Luc Ferry, dans Le Figaro du jeudi 13 août 2026.
Voir aussi, dans le même journal de ce jour, sur le même sujet, le très bon article de Jean-Éric Schoettl, ancien directeur général du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel de 1989 à 1992.
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