Sainte Thérèse d'Avila
elle a comme attributs un dard de feu et son traité intitulé Le Château intérieur
DONAVIT MARIA THERESA DE LA GIRAUDIERE
vitrail d'Emmanuel Champigneulle, Bar-le-Duc, 1892
Église Saint-Pierre-Saint-Paul - Euville, Meuse
Est-ce Marie-Thérèse Goranflaux de la Giraudière (1866-1951) la donatrice de ce vitrail ? Les armes : d'or au lion passant de sinople, armé et lampassé de ? Le timbre : casque taré à 7 grilles ? et une croix de Lorraine ? Les supports : deux sauvages, leurs massues posées sur l'épaule.
"Quoique
j’aie très souvent le bonheur de jouir de la présence des anges, je ne les vois
que par une vision intellectuelle, semblable à celle dont j’ai parlé précédemment.
Dans celle-ci, le Seigneur voulut que l’ange se montrât sous cette forme : il n’était
point grand, mais petit et très beau ; à son visage enflammé, on reconnaissait
un de ces esprits d’une très haute hiérarchie, qui semblent n’être que flamme
et amour. Il était apparemment de ceux qu’on nomme chérubins ; car ils ne me
disent pas leurs noms. Mais je vois bien que dans le ciel il y a une si grande
différence de certains anges à d’autres, et de ceux-ci à d’autres, que je ne
saurais le dire. Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d’or,
et dont la pointe en fer avait à l’extrémité un peu de feu. De temps en temps
il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon cœur, et l’enfonçait jusqu’aux
entrailles ; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me
laissait tout, embrasée d’amour de Dieu. La douleur de cette blessure était si
vive, qu’elle m’arrachait ces gémissements dont je parlais tout à l’heure : mais
si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne
pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu. Ce n’est pas
une souffrance corporelle, mais toute spirituelle, quoique le corps ne laisse
pas d’y participer un peu, et même à un haut degré. Il existe alors entre l’âme
et Dieu un commerce d’amour ineffablement suave. Je supplie ce Dieu de bonté de
le faire goûter à quiconque refuserait de croire à la vérité de mes paroles. Les
jours où je me trouvais dans cet état, j’étais comme hors de moi ; j’aurais
voulu ne rien voir, ne point parler, mais m’absorber délicieusement dans ma
peine, que je considérais comme une gloire bien supérieure à toutes les gloires
créées."
Sainte Thérèse d'Avila, Livre de la vie, chap. 29 : la transverbération.

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