"À Dieu ne plaise que je médise du vin ! Généreux sang de la grappe, frère de celui qui coule dans les veines de l'homme ! que de nobles
inspirations tu as ranimées dans les esprits défaillants ! que de brûlants
éclairs de jeunesse tu as rallumés dans les cœurs éteints ! Noble suc de la terre, inépuisable et patient comme elle, ouvrant comme elles les sources
fécondes d'une sève toujours jeune et toujours chaude, au faible comme au
puissant, au sage comme à l'insensé ! - Mais il est ton ennemi, comme il est
l'ennemi de la Providence, celui-là qui cherche en toi un stimulant à d'impurs
égarements, une excuse à des délires grossiers ! Il est le profanateur des dons
célestes, celui qui veut épuiser tes ressources bienfaisantes, abdiquer et
rejeter avec mépris dans la main de Dieu même le trésor de sa raison."
George Sand, Lettres d'un voyageur, Lettre X,
Œuvres autobiographiques, tome II, Bibliothèque de la Pléiade, 1971, p.
882-883.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire