Négresse marronne aux pieds de Virginie
Pendule du Musée François Duesberg - Mons (Belgique)
(photo du Musée)
Musée François Duesberg. Arts décoratifs 1775-1825. Pendules à sujets exotiques et bronzes dorés français, Mons, 1994, p. 12.
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"Un dimanche, au lever de l'aurore, leurs mères étant allées à la première messe à l'église des Pamplemousses, une négresse marronne se présenta sous les bananiers qui entouraient leur habitation. Elle était décharnée comme un squelette, et n'avait pour vêtement qu'un lambeau de serpillière autour des reins. Elle se jeta aux pieds de Virginie, qui préparait le déjeuner de la famille, et lui dit : « Ma jeune demoiselle, ayez pitié d'une pauvre esclave fugitive ; il y a un mois que j'erre dans ces montagnes demi-morte de faim, souvent poursuivie par des chasseurs et par leurs chiens. Je fuis mon maître, qui est un riche habitant de la Rivière-noire : il m'a traitée comme vous le voyez » ; en même temps elle lui montra son corps sillonné de cicatrices profondes par les coups de fouet qu'elle en avait reçus."
Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, Folio Gallimard, 2004, p. 126-127.
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Sur l'esclavage et le Code noir à l'Île de France, voir la lettre XII, Des Noirs, du Voyage à l'Île de France de Bernardin de Saint-Pierre. Dans cette même lettre, il raconte comment il avait obtenu la grâce d'une esclave marronne :
"Une esclave, presque blanche, vint, un jour, se jeter à mes pieds : sa maîtresse la faisait lever de grand matin et veiller fort tard ; lorsqu'elle s'endormait, elle lui frottait ses lèvres d'ordures ; si elle ne se léchait pas, elle la faisait fouetter. Elle me priait de demander sa grâce, que j'obtins."
- Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Voyage à l'Isle de France, à l'Isle de Bourbon, au Cap de Bonne-Espérance, etc., tome I, 1773, p. 198.
- Henri Bernardin de Saint-Pierre, Voyage à l'Île de France (Maurice), 1768-1771, Clermont-Ferrand, Éditions Paleo, 2008, p. 133.

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