Plaque de l'Arbre de vie
(photos Musée de la Cour d'Or de Metz)
L'Arbre de vie du chancel de Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz
Musée de la Cour d'Or - Metz
Plaque et pilier de l'Arbre de vie :
"Une plante à tige sinueuse - vrai arbre de vie - occupe, sur la plaque comme sur le pilier, le champ central. Elle naît d'un calice strié de courtes tiges pastillées, à pied conique. Du calice tombe une palmette, à feuille triple sur la plaque, en forme de simple S sur le pilier. Le tronc - une torsade enserrée par deux tores sur la plaque - porte des branches aux feuilles en forme de cœur, vieux motif mérovingien (cf. cerf de l'ambon de Ligugé). Parfois une vrille de vigne est appelée à combler un vide.
La plaque possède en bordure un rinceau de feuilles plates - trente en tout - dont deux seulement ont été travaillées par le sculpteur qui leur a conféré du relief et des nervures."
Carol Heitz, "Le chancel de Saint-Pierre-aux-Nonnains à Metz", dans le Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1975, p. 100-101.
Feuilles de lierre de l'Arbre de vie :
"Un des panneaux de chancel en pierre de l'église Saint-Pierre de la Citadelle de Metz est orné d'un rinceau de ces mêmes feuilles [de lierre] sortant d'un vase. Ces feuilles sont ici couvertes de stries disposées en arête le long de la nervure médiane, dans le sens opposé à celui des nervures secondaires d'une feuille naturelle. Elles n'ont donc pas été tracées avec l'intention de reproduire les détails de la nature, mais certainement pour colorer la feuille et la faire mieux ressortir sur le fond lisse du panneau.
Les archéologues ne sont pas d'accord sur l'identité de cette feuille ni sur son origine. Ils la désignent généralement sous le nom de feuille cordiforme, comme si elle était feuille d'ornement d'espèce indéterminée. Émile Mâle voit en elle une feuille de lierre stylisée ressemblant à un as de pique. Quant à son origine, elle serait byzantine d'après Perkins, syrienne d'après Mâle. Le doute n'est pas possible : la feuille cordiforme est une feuille de lierre et son origine est romaine."
Denise Jalabert, La flore sculptée des monuments du Moyen Âge en France, chapitre I : "La flore sculptée de l'époque mérovingienne", Paris, Picard, 1965, p. 30-31, pl.7, B, pour le panneau du chancel à l'Arbre de vie.
L'Arbre de vie du chancel, un Arbre de Jessé ?
Philippe Martin, dans Metz au fil des siècles, Strasbourg, Édit. du Quotidien, 2014, p. 33, signale que cette plante est un Arbre de Jessé !!!
Émile Mâle, dans L'Art religieux du XIIe siècle en France, Paris, Armand Colin, 1966, p. 168-171, indique que Suger semble avoir inventé en 1144 pour Saint-Denis cette composition grandiose qu'on appelle l'Arbre de Jessé. Louis Réau, dans Iconographie de la Bible, II, Nouveau Testament, Paris, P.U.F., 1957, p. 129-140, a légèrement rectifié Émile Mâle en indiquant des exemples plus anciens de l'Arbre de Jessé que celui de Saint-Denis, et souligné que ces représentations n'étaient pas antérieures à la fin du XIe siècle. Mais c'est Suger qui a bien fixé le thème à Saint-Denis et qui lui a donné son expression définitive.



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