mardi 18 juin 2019

l'église de l'ancienne abbaye cistercienne de Droiteval, Vosges


L'abbaye cistercienne de Droiteval a été établie au fond de l'étroit vallon de l'Ourche,
affluent de la Saône, entouré de collines boisées




Tour-clocher rajoutée en 1858 devant la face sud du croisillon sud du transept







la porte sud avec son linteau supporté par deux impostes en quart de rond


décor de l'imposte de droite


la façade occidentale


la porte de la façade occidentale


le linteau de la porte nord décoré d'une croix pattée et fichée


Saint Bernard de Clairvaux


Retombée des voûtes à la croisée du transept (dessin de Georges Durand)


Plan restauré de l'église abbatiale d'après Georges Durand
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Il résulte d'une charte non datée d'Henry de Lorraine (1126-1165), évêque de Toul, qu'Aubert de Darney, Helvide, sa femme et Leytard, leur fils, donnèrent à l'église de Droiteval tout le droit qu'ils avaient sur le lieu où l'abbaye était située. Bien que la pièce ne le dise pas expressément et qu'elle suppose même l'abbaye déjà existante, on la considère généralement comme son acte de fondation. On place la charte vers 1140. L'église qui subsiste, avec sa voûte sur croisée d'ogives sur le carré du transept, n'est certainement pas plus ancienne, mais non pas beaucoup plus récente.
L'abbaye de Droiteval qui était une abbaye de femmes de l'ordre de Citeaux était sous le patronage de l'abbé de Citeaux.
Bâtie en grès d'un grain assez gros, l'église est d'une simplicité toute cistercienne, et n'a d'autre luxe que le soin apporté à sa construction. Elle comprend une nef dépourvue de bas-côtés, un transept et un chœur à chevet plat. Bien que parallèle à celui de la nef, l'axe du transept est à environ 50 cm plus au sud que celui-ci. 
La nef a servi longtemps de hangar. Le transept et le choeur ont été restaurés en 1858 pour servir de chapelle à la forge installée dans l'ancien monastère. L'arc doubleau séparant la nef du transept a été muré, le transept désorienté est devenu la nef principale, l'ancien chœur a été transformé en chapelle latérale, et un clocher, dont le rez-de-chaussée sert de porche, a été élevé hors œuvre contre le pignon sud du croisillon méridional.
La nef n'est pas voûtée. C'est une grande salle oblongue, éclairée par des fenêtres romanes assez petites, ébrasées à l'intérieur et à l'extérieur ; elles sont placées fort haut et sont disposées à des intervalles inégaux, comme les travées elles-mêmes, six de chaque côté. Dans le mur méridional, de grandes fenêtres cintrées on été percées à une époque plus moderne.
Le croisillon nord du transept est plus profond que celui du sud. Les deux croisillons et le chœur sont voûtés en berceau plein cintre ; le carré du transept est couvert d'une voûte sur croisée d'ogives, les ogives étant en plein cintre, ainsi que les arcs doubleaux. Ceux-ci, dont le profil est rectangulaire, sans moulures, retombent sur des piédroits rectangulaires aux impostes moulurées. Le profil des ogives de la croisée est simplement rectangulaire aux arêtes abattues. Suivant la mode du pays, ces ogives vont se perdre en s'amincissant dans l'angle formé par la rencontre des arcs doubleaux.
À l'extérieur, la porte de la façade occidentale n'est qu'une simple baie en plein cintre surbaissé, entouré d'un autre plus large faisant saillie sur le mur, auquel il se raccorde, au-dessus du cintre, par un talus horizontal, et retombant sur d'épais massifs de maçonnerie. Au-dessus s'élève une fenêtre romane ; à chaque angle de la façade occidentale s'élève un contrefort.
Le long des façades latérales nord et sud, les travées sont séparées par des contreforts, ou plutôt des bandeaux plats. Il est à remarquer que ces travées, d'inégales largeurs, vont en diminuant de l'ouest à l'est. Dans les murs latéraux, deux petites portes ont reçu un essai d'ornementation. toutes deux sont pratiquées dans la muraille, sans la moindre saillie ; mais l'une, dans la seconde travée au sud, a son linteau supporté par deux corbeaux en quart de rond ; au-dessus du linteau, il y a un arc de décharge en plein cintre avec un tympan. L'autre porte, qui se trouve dans la première travée du côté nord, a son linteau décoré d'une croix pattée et fichée, inscrite dans un cercle, le tout gravé au trait.

D'après Georges Durand, Églises romanes des Vosges, Paris, Édouard Champion Libraire-Éditeur, 1913, p. 190-193.

Claudon (Vosges).
Chapelle Notre-Dame de Droiteval. Église de l'ancienne abbaye cistercienne ; restaurée en 1930. Nef unique à plafond, contreforts prévus pour une voûte de six travées ; transept voûté d'ogives à la croisée, en berceau aux croisillons et de même au chevet plat ; un cordon de grosses billettes au départ de toutes les voûtes. Sur le mur du croisillon sud, la date MCXXVIII.
Notice d'André Laurent, dans le Dictionnaire des  Églises de France, sous-tome VA, Paris, Robert Laffont, 1969, p. 36.

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