La culture contemporaine a connu une métamorphose et plus
rien, semble-t-il, ne résiste à cette dénaturation, voire à cet effacement de
sa valeur. La banalisation des arts et des lettres, le triomphe de la presse
people et la frivolité des politiques sont, pour Mario Vargas Llosa, les
symptômes d'un mal supérieur : la sacralisation du divertissement comme but
ultime de l'existence dans nos sociétés. Alors que, naguère, la culture était
un outil de formation et portait une exigence de lucidité, aujourd'hui la
primauté du spectacle est devenue la règle qui conduit à la distraction, au
sens propre, de toute conscience morale, intellectuelle et politique. Nous
vivons l'époque des fausses icônes, des denrées périssables de l'esprit, de la
forfaiture morale, en un mot, de l'aveuglement. Mario Vargas Llosa, nobélisé
pour avoir proposé une "cartographie des structures du pouvoir", tire
la sonnette d'alarme et fait ici le procès de notre époque, futile, volage,
suicidaire. Il revendique, une fois de plus, le droit à une culture autre qui,
plutôt que de nous imposer de nouvelles servitudes, nous rende plus libres.

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