"Mais aussitôt par les Barbares sensuels et vulgaires sous l’œil de qui je vague, je serai contrôlé, estimé, coté, toisé, apprécié enfin ; ils m'admonesteront, reformeront, redresseront, puis ils daigneront m'autoriser à tenter la fortune ; et je serai exploité, humilié, vexé à en être étonné moi-même, jusqu'à ce qu'enfin, excédé de cet abaissement et de me renier toujours, je m'en revienne à ma solitude, de plus en plus resserré, fané, froid, subtil, aride et de moins en moins loquace avec mon âme."
Maurice Barrès, Sous l’œil des Barbares, dans Romans et Voyages tome I, Robert Laffont, collection Bouquins, 1994, p. 82-83.
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