lundi 27 juillet 2015

les adieux de st Augustin à sa mère ste Monique (et Maurice Barrès)


Les Adieux de saint Augustin à sa mère sainte Monique
au port d'Ostie, avant de s'embarquer pour l'Afrique
vitrail V. Höner - Joseph Janin, c. 1900
d'après le tableau d'Ary Scheffer
Église Saints-Abdon-et-Sennen de Golbey, Vosges
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Saint Augustin, Confessions, livre IX, chapitre X, paragraphe 23 : 
23. À l'approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que vous connaissiez et que nous ignorions, il arriva sans doute, par une disposition secrète de votre providence, que nous nous trouvâmes seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, qui donnait sur le jardin de la maison que nous habitions à Ostie, et dans laquelle, loin des bruits du monde, après les fatigues d'une longue route, nous attendions le moment de nous embarquer. Seuls, nous conversions donc avec une inexprimable douceur; oubliant le passé pour nous avancer vers ce qui était devant nous, nous cherchions entre nous, à la lumière de cette vérité qui n'est autre que vous-même, quelle devait être cette vie éternelle des saints, « que l’œil de l'homme n'a point vue, que son oreille n'a point entendue, et que son cœur ne peut comprendre. » (I Cor., II, 9)

 Maurice Barrès dans Sous l’œil des Barbares
"Alors il se trouva penché sur son propre univers, et il vaguait parmi ses pensées indécises. Il se rappelait qu'à la petite fenêtre d'Ostie qui donnait sur le jardin et sur les vagues (et ce fut une des heures les plus touchantes de l'esprit humain que ce soir de la triste plage italienne), Augustin et Monique, sa mère, qui mourut des fièvres cinq jours après, s'entretinrent de ce que sera la vie bienheureuse, la vie que l’œil n'a point vu, que l'oreille n'a pas entendue, et que le cœur de l'homme ne conçoit pas. Avec une intensité aiguë, il entrevit, qu'il n'avait, lui, rien à chercher, et que, seul, le vide de sa pensée, sans trêve lui battait dans la tête."

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