jeudi 16 avril 2015

Médée et Eson


Taque de cheminée
Vénus - Médée et Éson - Galathée
collection privée - Rettel
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Éson, le père de Jason, est près de la mort, épuisé par la vieillesse. Jason demande à Médée de retrancher une part de ses années pour les ajouter à celles de son père. Médée ordonne d'apporter en plein air le corps affaibli d'Éson et, l'ayant plongé par ses chants dans un profond sommeil qui lui donne l'apparence de la mort, elle l'étend sur un lit d'herbes. Dans un bassin de bronze, Médée fait cuire des racines, des graines, des fleurs et des sucs noirâtres. Elle y mêle des pierres, du sable, de la rosée recueillie la nuit sous la pleine lune, les ailes maudites d'une stryge, les entrailles d'un loup, etc. Elle agite le tout avec une branche desséchée d''olivier et mélange le fond à la surface. Voici que ce vieux rameau qu'elle a fait tourner dans le bassin brûlant, verdit d'abord, puis, en quelques instants, se couvre de feuilles et tout à coup se charge de lourdes olives. A cette vue, Médée tire une épée du fourreau ; elle ouvre la gorge du vieillard, laisse écouler son vieux sang et le remplace par les sucs qu'elle a préparés dans le bassin de bronze ; à peine Éson les a-t-il absorbés par sa bouche ou par sa blessure que sa barbe et ses cheveux de blancs deviennent noirs ; sa maigreur disparaît ; la pâleur et la flétrissure de son visage s'évanouissent ; ses membres reprennent toute leur vigueur ; Éson s'étonne ; il se retrouve tel qu'il était quarante ans auparavant.
D'après Ovide, Les Métamorphoses, Gallimard, collection Folio, 1992, p. 225-230.

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