lundi 14 mars 2011

Cervantès et Nodier

"Si j'étais capable de ressentir quelques mouvements de haine contre Cervantès, je lui reprocherais peut-être d'avoir contribué plus que personne à nous ravir ces délicieuses fantaisies du génie des siècles intermédiaires (les livres de chevalerie, comme par exemple Amadis de Gaule), qu'il brisa aussi facilement que don Quichotte avait fait des marionnettes de Ginésille ; mais je suis obligé de convenir que cette œuvre de destruction, qui nous a valu d'ailleurs un des plus beaux livres qu'ait produits l'imagination des modernes, était probablement la condition indispensable de sa destinée littéraire."
Charles Nodier, "Du fantastique en littérature", dans Rêveries, Paris, Éditions Plasma, 1979, p. 69.

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