vendredi 27 août 2010

voiles blanches et blanches colombes

Est-ce Gérard de Nerval qui, pour la première fois, a comparé les voiles des bateaux à des colombes ? Dans Corilla, j'ai noté cette belle phrase : " ... la mer noircissait dans le golfe, et les voiles blanches se hâtaient vers la terre comme des colombes attardées...(1)." De plus, écrire voiles pour bateaux c'est faire une synecdoque, prendre la partie pour le tout. Pendant longtemps j'ai cru que c'était Paul Valéry qui, dans la célèbre première strophe du Cimetière marin, avait comparé pour la première fois les voiles des bateaux à des colombes : " Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes ; Midi le juste y compose de feux La mer, la mer, toujours recommencée ! O récompense après une pensée Qu'un long regard sur le calme des dieux ! " Ce toit tranquille étant la mer. Peut-être qu'à l'époque de Valéry, cette comparaison était déjà un poncif.
1. Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Le Livre de poche classique (édition de Michel Brix), 1999, p. 95.