Quelques formules de Jean-François Rameau
dans Le Neveu de Rameau de Diderot
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- Triste, obscur, et tranché comme le destin ; tel est notre patron.
- Le mort n'entend pas sonner les cloches. C'est en vain que cent prêtres s'égosillent pour lui ; qu'il est précédé et suivi d'une longue file de torches ardentes ; son âme ne marche pas à côté du maître des cérémonies. Pourrir sous du marbre, pourrir sous la terre, c'est toujours pourrir.
- Tant y a, que, quand on ne sait pas tout, on ne sait rien de bien.
- Je ne m'avilis point en faisant comme tout le monde.
- La voix de la conscience et de l'honneur est bien faible, lorsque les boyaux crient.
- Dans la nature, toutes les espèces se dévorent ; toutes les conditions se dévorent dans la société.
- On a dit que bonne renommée valait mieux que ceinture dorée... Il faut, autant qu'il est possible, avoir le renom et la ceinture.
- Vous croyez que le même bonheur est fait pour tous. Quelle étrange vision !
- ... je vois une infinité d'honnêtes gens qui ne sont pas heureux ; et une infinités de gens qui sont heureux sans être honnêtes.
- ... car pourquoi voyons-nous si fréquemment les dévots si durs, si fâcheux, si insociables ? C'est qu'ils se sont imposés une tâche qui ne leur est pas naturelle.
- On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte ; et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère.
- C'est une lâcheté bien commune que celle d'immoler un bon homme à l'amusement des autres.
- Tout a son vrai loyer dans ce monde.
- Rien de stable dans ce monde. Aujourd'hui, au sommet ; demain au bas de la roue. De maudites circonstances nous mènent ; et nous mènent fort mal.
- ... je trouve qu'il n'est pas du bon ordre de n'avoir pas toujours de quoi manger.
- Quoi qu'on fasse, on ne peut se déshonorer , quand on est riche.
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Moi (Diderot) : " J'étais quelquefois surpris de la justesse des observations de ce fou (le neveu de Raneau) sur les hommes et sur les caractères..."
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