lundi 11 août 2008

le dernier éclair d'une lampe qui s'éteint

Je relève dans les Mémoires de Marbot ceci : " ...et nous étions maîtres de Nave de Avel, sans que les Anglais se fussent aperçus de notre mouvement, un des plus beaux que Masséna ait jamais conçus!...C'était le dernier éclair d'une lampe qui s'éteint..."
Cette dernière phrase est une très belle image, mais le substantif éclair est peut-être un peu fort. Lorsqu'une lampe à huile ou une bougie va s'éteindre d'elle-même, elle émet une lueur plus forte de sa flamme. C'est un petit phénomène bien connu.
Mais éclair est sans doute pris par Marbot, qui est un excellent écrivain, dans le sens abstrait : éclair de lucidité, de génie de la part du maréchal Masséna, dont la campagne du Portugal de 1810-11 avait manqué de prévoyance, de vigueur et d'autorité. Lors de la bataille de Fuentes de Oñoro du 5 mai 1811, Masséna, l'ancien enfant chéri de la victoire, avait 53 ans à un jour près. C'est un âge avancé pour un militaire à cette époque. Il devait sentir sur ses épaules tout le poids de toutes ces batailles inutiles auxquelles il avait participé et qui firent tant de morts dans toute l'Europe, depuis Lisbonne jusqu'à Moscou.
Mémoires du général baron de Marbot, tome II, Paris, 1983, p. 185.

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