mardi 27 janvier 2026

l'explicit de "Tobie des marais" de Sylvie Germain

"Une dernière fois Tobie s'offre en corps de substitution, en corps de totale compassion ; non plus pour une lutte, son père n'est plus en guerre avec le monde, il a rendu les armes. Tobie a compris que Théodore est en train de prodiguer ses adieux à ce monde en dansant jusqu'au vertige, plus léger et splendide à chaque nouvelle valse. Il pose sa joue contre l'épaule de son père, et il rit. Il rit pour chasser toute envie de crier, de pleurer, de juger. Il rit au diapason de la valse, avec allant et grâce.

Et son rire s'envole dans la nuit sur un air de valse étincelante, il tourne au ras du ciel pour demander à Dieu si les choses, vraiment, ont le droit d'être comme ça. Et les hélianthes plantés sur la tombe de Déborah dispersent leurs pétales comme autant de points d'interrogation  dans le vent nocturne."
Sylvie Germain, Tobie des marais, 1998.

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