samedi 19 septembre 2020

le tympan du portail du Lion de la cathédrale de Verdun



Le tympan du portail du Lion
c. milieu du XIIe siècle
cathédrale de Verdun
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"Le portail du Lion est avec celui de Pompierre le plus beau portail roman qui nous ait été conservé en Lorraine. Il a peu souffert de son ensevelissement au XVIIIe siècle. La restauration de 1920 dut seulement refaire quatre colonnettes extrêmes qui manquaient et le quatrième chapiteau de droite. Les tailloirs comme les bases sont d'origine, mais nécessitèrent des réparations. L'archivolte a été reconstituée. Les quatre arcs sont en plein cintre et leurs arêtes ont reçu un riche décor végétal. L'arc inférieur s'orne de fleurs en oméga, munies de fruits en boule occupant le centre, décor dérivé de la fleur de diélytra. L'arc suivant s'orne de roses de mai groupées deux par deux, tandis que des feuilles en papillon séparent les groupes. Le troisième arc a reçu un décor de rinceaux  formant une suite de C  dont la concavité, tournée vers le tympan, est occupée par des feuilles qui s'épanouissent en éventail. L'arc supérieur est profilé en forme de tore nu et s'accompagne d'une archivolte à double guirlande de feuilles trilobées de fabrication récente.
Les chapiteaux des colonnettes disposées en ébrasement et qui reçoivent la retombée des arcs, sont d'une exécution parfaite et dérivent tous des chapiteaux corinthiens. Ils répondent aux chapiteaux de même type qu'on peut observer à l'intérieur. 
Le tympan, comme à Paray-le-Monial, est porté par deux corbeaux. La base du tympan, les arêtes des corbeaux et des piédroits de la porte ont reçu une décoration sculptée qui reproduit exactement les roses de mai et les papillons végétaux du deuxième arc du portail. 
Toute cette sculpture ornementale s'inspire des modèles d'Avallon ou de Saint-Philibert de Dijon. 
Le tympan offre un intérêt particulier, car il est un des rares exemples de représentation de personnages et d'êtres animés que nous possédions en Lorraine. Au centre apparaît un Christ en gloire dans une mandorle, tenant un livre ouvert et bénissant de la main droite. Il est accompagné des symboles des quatre évangélistes, l'ange de saint Matthieu, l'aigle de saint Jean, le bœuf ailé de saint Luc et le lion ailé de saint Marc. Cette sculpture, de bonne exécution, est proche parente de celle de Vézelay, de Charlieu, de Cluny, de Moutiers-Saint-Jean, et d'une manière générale de la Bourgogne toute entière où Garin est allé chercher ses modèles, mais sans avoir ni l'originalité, ni la vigueur des productions de cette province."
Hubert Collin, Les églises romanes de Lorraine, tome IV, Nancy, Société d'Archéologie Lorraine, 1986, p. 124-125. 

Fleurs en oméga renversé. Fruits en boule ?

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